La carte mondiale des éditeurs de jeux de société

Cette carte nous a pris pas mal de temps à réaliser. Elle présente tous les pays qui compte un ou plusieurs éditeurs de jeux de société (jeux vidéo et jeux de rôle exclus).

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Intéressant, non?

La plupart des pays européens sont présents : Suède, Suisse, France, Italie, Grèce, Espagne, Portugal, Angleterre, Allemagne, Autriche, Estonie, Pologne, République Tchèque, Belgique, Hollande, Danemark, Finlande, même Roumanie et Bulgarie. Rajoutez à cela la Russie, Taïwan, le Japon et la Corée du Sud, ainsi que les USA et le Canada et vous avez fait le tour de la planète des éditeurs de jeux de société.

Dingue de réaliser que la majorité de la planète ne produit aucun jeu! Quand on prend l’exemple de la France et de l’Allemagne et leur nombre colossal d’éditeurs, on peut facilement émettre l’hypothèse de l’effet d’entraînement: plus il y a de jeux, plus il y a de joueurs, plus il y a de gens motivés par en créer, éditer et distribuer, donc plus il y a de jeux et plus il y a de joueurs.

Et au Sénégal, ils ne jouent pas aux jeux de société, ou au Bangladesh, ou au Venezuela? A quand un éditeur de jeux marocain, uruguayen ou malais?

Est-ce uniquement un loisir de « riches », sachant qu’un jeu de société coûte quand même entre 20 et 70 Francs suisses / 15-50 euros?

14 Comments

  1. Sans vouloir polémiquer, je trouve la question un peu naïve, l’habitant de l’hémisphère sud, quand il se lève, sa seule préoccupation est de savoir s’il va avoir un repas dans la journée pour lui et sa famille … Le jeu de société est un loisir comme un autre, réservé à nous autres occidentaux plein aux as, bien portants et avec du temps libre ! Je ne retrouve pas l’origine exacte de cette citation pendant la révolution française qui disait (approximativement) : Interdire le superflu tant que chacun n’a pas l’essentiel. Ce qui m’amène à une autre question 🙂 Il existe des réseaux de recyclage pour les livres scolaires et autres ordinateurs usagés, des campagnes de financement pour l’accès aux périodiques et aux monographies dans les écoles du sud, pourquoi pas du recyclage de vieux jeux de société pour les gamins des pays du sud ??? Ca existe déjà à votre avis ?
    Salutations,

    1. Euh, Sébastien, merci pour votre commentaire, mais la réponse est aussi un peu naïve, non? « l’habitant de l’hémisphère sud »? Comment ça? Tous ? « Sa seule préoccupation est de savoir s’il va avoir un repas dans la journée ». Un peu court, généralisateur, simpliste et… méchant, au final. Ne trouvez-vous pas?

    2. Aucune question n’est naïve je pense, et si on s’arrête à ne pas poser les questions naîves, eh bah on est mal barrer. Je ne pensais pas que les deux tiers de la planète ne se souciait que de manger.Je ne redirais pas ce qui a ete dit precedemment.
      Quand on parle d’awale, de majhong, de Go, de Klasiko (jeu du tigre et des moutons)… je ne pense pas que l’on parle de jeux de « l’habitant du nord ». Le jeu est mondial, peut-être que la culture du jeu en revanche est differente , mais ne m’y connaissant pas beaucoup je ne pourrais pas m’attarder la-dessus.
      L’editeur est-il essentiel pour jouer? ou en tout cas l’est-il dans Tous les pays?
      Je pense qu’il faut se mefier des comparaisons entre nos styles de vie et ceux des autres, les cultures sont differentes. Mais je me trompe peut-être.
      Bonne journee

  2. Je n’imagine même pas une partie de Pandémie au Zaïre, Soudan, RDC ou Gabon …
    Ou de Junta en Colombie ou Bolivie …

    Trêve de plaisanterie, lors de mes voyages j’ai très souvent rencontré des jeux traditionnels de type Awele, Dominos, Mah Jong (diaspora chinoise oblige … on en trouve un peu partout), le Carom en Inde, beaucoup de jeux de lancer s’apparentant aux quilles ou pétanque, les jeux de cartes, etc.

    Alors oui tous les peuples jouent toutefois beaucoup restent centrés sur les jeux traditionnels.

    1. Tout juste Sylvain. Certainement aussi une question de distribution. Comment ça Augustus n’est pas distribué à Oulan-Bator? Mais que fait Asmodée?

  3. Les clichés sur l’hémisphère sud ont la dent dure… mais comme de nombreux pays les jeux traditionnels restent les plus populaires, comme les jeux mancala, le yoté ou encore le fanorona à Madagascar (pour l’Afrique en tout cas). En général c’est l’apanage des artisans ou des magasins à touristes.

  4. Géographe de formation, je m’intéresse à votre article qui soulève des questions intéressantes.

    Les éditeurs de jeux dont vous parlez participent à une véritable industrie des loisirs et s’organisent selon une distribution industrielle dans le cadre d’une division internationale du travail (de la conception à la commercialisation en passant par la production de plus en plus délocalisées vers les pays ateliers). On trouve les consommateurs dans les pays à fort pouvoir d’achat (de la Triade aux pays du sud émergents, en amérique latine et en asie surtout) où le temps de travail diminue avec constance depuis des décennies.
    Certains continents ou espaces de marginalisation en sont exclus comme ils le sont globalement des flux mondiaux hélas. Mais il ne faut pas généraliser :
    – Dans les pays du sud frappés par les affres du mal-développement, une minorité de la population a accès à ces produits et aux informations (ne serait-ce que la possibilité de consulter ce blog sur internet), tandis que les masses pauvres sont absorbées par des activités économiques de survie, en se limitant éventuellement à des jeux traditionnels à fort contenu rituel.
    – Dans les pays du nord, ne serait-ce qu’en France, n’oublions pas qu’une partie non négligeable de la population n’a pas si facilement accès à ces produits qui demeurent d’une certaine façon des produits culturels, par manque de moyens ou d’instruction.

    Il y aurait beaucoup d’autre chose à dire, par exemple sur les interdictions religieuses (Islam radical) ou le phénomène d’acculturation, mais je ne peux transformer ma contribution en cours.

    Bonne journée

  5. Tout le monde joue, c’est un fait.
    Je suis persuadé, comme d’autres, que le jeu est un besoin fondamental partagé par au moins tous les mammifères. Je pense même que ce besoin est encore plus prégnant chez l’Homme, probablement en raison du développement exceptionnel de ses capacités cérébrales.

    Tout le monde joue, mais tout le monde ne joue pas aux jeux de société, qui ne sont qu’un moyen parmi d’autres d’assouvir ce besoin (un des tout meilleurs à mon sens, malheureusement trop méconnu par ci et méprisé par là). Ce qui signifie que tous ceux qui ne pratiquent pas les jeux de société se doivent de trouver d’autres exutoires ludiques : le sport, le travail, les jeux de pouvoir et de séduction, l’humour, le rêve, la création, la lecture, la musique, la manipulation, l’enrichissement, etc. Corollaire : une bonne partie des actions néfastes que nous exerçons ne sont qu’un moyen pervers d’assouvir ce besoin de jouer mal compris et non assumé.

    Il va sans dire que la diffusion à très grande échelle de notre loisir préféré améliorerait grandement l’état du monde ;D

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