Critique de jeu : Merkator

Le nouveau gros jeu d’Uwe Rosenberg. Enchaînant désormais, année après année, les gros plateaux, Agricola en 2007 (critique Gus&Co ici), Le Havre en 2008 (critique Gus&Co ici), Loyang en 2009 (critique Gus&Co ici), 2010 n’est pas en reste avec Merkator.

Pas glam.


On trouvait le thème du jeu Le Havre pas très glamour, Merkator est pareil. Il s’agit ici d’honorer des contrats commerciaux en Europe au 17e siècle. Même le matériel n’est de loin pas glamour, des mini-cubes en bois multicolores, un plateau terne et simplissime, des contrats vides, aucune illustration chatoyante.

Mécanique.

Comme d’habitude avec l’auteur qui adore décidément les jeux de commerce (Bohnanza, Loyang), on est dans un pickup & delivery, autrement dit un jeu de chauffeur-livreur, où il va falloir obtenir des ressources et les revendre. Merkator est plus profond que le nerveux Valdora (Schacht), plus riche que le benêt Bombay (Demaegd).

Tout le sel du jeu réside dans la manière d’alimenter les ressources. Selon les déplacements des joueurs sur le plateau, effectués au moyen de paiement de jetons sabliers obtenus précédemment, les cubes apparaissent d’une manière ou d’une autre. Même quand ce n’est pas leur tour, les autres joueurs peuvent également vendre leurs contrats au tour du joueur actif. S’ils ont une carte bonus qui est censé leur ramener des cubes supplémentaires, ils n’en gagnent alors moins bien évidemment, faut pas pousser non plus. Le jeu recèle quantité d’astuces intéressantes telle que la perte de ressources qui arrive à certains moments.

N’empêche, le tout laisse un amer goût de déjà-vu, ailleurs, souvent. Et surtout d’un grand chaos (pour pas dire foutoir). Pourquoi ? Parce qu’il y a tellement, qu’au final on ne maîtrise pas grand-chose : contrats, bâtiments avec conditions de victoire particulières, cubes qui apparaissent et disparaissent, et deux mille ressources différentes.

L’auteur voulait certainement offrir la possibilité aux joueurs de remporter des points de multiples manières, tel Agricola par exemple, mais au final la course des contrats est la plus importante. En effet, le premier joueur à obtenir un contrat à 10 met le terme à la partie et remporte aussitôt une carte à 14 points, ce qui est énorme.

Des cubes en veux-tu en voilà!


Rarement dans un jeu on aura vu autant de cubes, et donc de ressources diverses: vin, fer, huile de poisson, tissu, épices, etc. Tous ces cubes seront donc vendus par l’entremise de contrats qui rapporteront alors des points de victoire en fin de partie. Pour les allergiques des jeux à l’allemande, passez votre chemin, puisque l’on est en plein dedans.

Conclusion

Après cette courte critique, disons que si vous êtes un fan incontestable des jeux de Rosenberg (comme nous), que vous aimez les jeux de commerce (mais sans négociation entre joueurs) avec plein de cubes dedans, que les thèmes inexistants et peu groovy vous attirent, que vous ne cherchez pas l’originalité ludique, Merkator vous plaira.

Au vu des sorties frénétiques et annuelles de l’auteur, il est très difficile de ne pas comparer ses jeux parmi, et Merkator n’arrive (toujours) pas à dépasser la plus belle création ludique de l’auteur, Agricola, bien plus riche, complexe et chatoyant.

Rendez-vous est pris avec Uwe à Essen11 pour son désormais traditionnel jeu annuel, en espérant qu’il soit un peu plus inspiré que pour Merkator.

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