1932, Allemagne. La République de Weimar est en danger. Monsieur Hitler et ses fascistes essayent de prendre le pouvoir. Les libéraux élus au Bundestag doivent les empêcher d’arriver à leur fins. Mais tout le monde est-il bien ce qu’il dit ?
Wahou! Après une critique d’un jeu sur des… otages, en voici une sur un jeu avec… Hitler.
Cette critique vous est proposée par Clément.
- Date de sortie : 2016 pour la VO
- Auteur : Mike Boxleiter, Tommy Maranges, Max Temkin
- Illustrateur : Mackenzie Schubert
- Editeur : Goat Wolf & Cabbage
- Nombre de joueurs : de 5 à 10
- Age conseillé : Public averti
- Durée : 45 minutes
- Thème : Allemagne nazie, politique
- Mécaniques principales : bluff, contre-bluff, sur-bluff
Comme dans les loups-garous de Thiercelieux, chaque joueuse a un rôle.
Il y en a trois possibles : Libéral, fasciste ou Hitler. A 5 et 6 joueuses, Hitler connait son complice. Au delà, les fascistes se connaissent et connaissent Hitler, mais celui-ci ne connait pas les fascistes.
A chaque tour de jeu, une nouvelle présidente est désignée (en tournus automatique), et celle-ci nomme une chancelière, qui devra être élue par les autres joueuses. Si le vote est positif, la présidente pioche trois cartes législatives, en écarte une, et donne les deux restantes à la chancelière, qui en choisira une, et la posera sur le plateau de jeu. Il existe deux types de cartes législatives, les cartes libérales et les cartes fascistes, les secondes plus nombreuses que les premières.
Les libérales gagnent si elles posent 5 cartes libérales, ou si elle tuent Hitler, ce qui n’est possible qu’à partir du moment où 3 cartes fascistes ont été posées. Les fascistes gagnent si elles posent 6 cartes fascistes, ou si Hitler est élu chancelier alors qu’il y a au moins 4 cartes fascistes posées.
Il existe différentes options, en fonction du nombre de joueuses, et pour résoudre les éventuels votes égaux.
Comme vous le devinez, c’est un jeu d’enfoiré. Il est conseillé de mentir, et d’accuser les autres à tort. Tout est possible, tant que l’on est pas pris. La mauvaise foi est recommandée, la capacité à monter des bateaux en une seconde est essentielle. Vos longues soirées de poker seront mises à contribution. Évitez toutefois de jouer avec des acteurs professionnels, vous n’avez aucune chance.
Alors, c’est bien?
Le jeu a fait le buzz quand il est sorti, et c’est surtout à cause de son thème. Les créateurs ont levé plus de 1.7 million de dollars sur un objectif de 55 000 dollars, il n’est plus disponible nulle part en boite…
Ne nous voilons pas la face, le jeu serait tout aussi intéressant sans le background nazi (comme un Junta, par exemple), mais il n’aurait pas ce petit parfum sulfureux. Et c’est ce parfum qui rend ce jeu ce qu’il est.
Interaction forte, longues discussions de justification, campagne électorale, bluff, coups bas… C’est le genre de jeu qui me plait, et j’assume. Oui. Pas pour son thème bien sûr. Mais pour sa mécanique.
Attention, ce n’est pas un loup garou ou un Mafia, le jeu est destiné à un public averti, et on évitera de jouer avec des trop jeunes ou avec le tonton raciste. De préférence entre gens de bonne compagnie et sans arrière pensée.
De même, on évitera de discuter après coup des parties dans des endroits publics, au risque de s’attirer des regards en biais 😨
Si le jeu n’est plus disponible en boite, vous pouvez télécharger les fichiers du jeu sur http://secrethitler.com/ et les imprimer vous-même. Ou trouver quelqu’un qui l’a déjà fait 😊

