Jouer solo: Négociateur, Prise d’Otages

Temps de lecture: 3 minutes

Cette critique vous est proposée par Clément, le spécialiste des jeux solo sur Gus&Co

  • Date de sortie : 2015 pour la VO, février 2018 pour la VF
  • Auteur : A.J. Porfirio
  • Illustrateur : Kristi Harmon
  • Editeur : Don’t Panic Games pour la VF
  • Nombre de joueurs : 1
  • Age conseillé : dès 14 ans
  • Durée : 30 minutes
  • Thème : Policier
  • Mécaniques principales : Dés, stop-ou-encore

Un forcené, des otages, et un négociateur, vous. Il vous faudra parlementer avec le preneur d’otage pour obtenir leur libération.

Mais il faudra aussi gérer le stress, le vôtre et celui de votre interlocuteur, le temps, et la confiance.

Comment ça marche ?

D’abord, il faut de la place. Plein de place.

En haut, le preneur d’otage, et ses revendications. Au milieu, le plateau de gestion des otages, de la tension, et du bavardage, ainsi que les cartes Terreur, qui représentent le temps. En dessous, les cartes actions, qui seront achetables avec le bavardage.

La joueuse débute le tour avec des cartes d’actions en main (moins de 10). Ces cartes lui permettront de parlementer avec le terroriste, et d’essayer de réduire la tension (ce qui permettra de lancer plus de dés), d’augmenter le niveau de bavardage (pour acheter des cartes actions pour le tour suivant), et, finalement, de libérer des otages.

Sur chaque carte action, trois effets, en fonction du nombre de réussites (un 6 ou un 5) sur les dés, qui seront jetés lors de l’action. Plus la tension est basse, plus on peut lancer de dés, et donc augmenter ses chances. Mais si on échoue, il y a des effets négatifs.

Une fois que la joueuse a fini ses actions (soit par choix, soit parce qu’elle a échoué à un test et que le forcené a mis fin à la conversation), elle peut dépenser des points de bavardage pour acheter des cartes (mais pas celles qu’elle vient de jouer). Tout point non dépensé est perdu.

Elle retourne ensuite la carte Terreur du haut du paquet, et applique son effet. Et c’est reparti pour un tour, jusqu’à la fin.

La fin ? Soit les otages sont morts, soit le terroriste s’est échappé, auquel cas vous avez perdu, soit vous avez sauvé au moins la moitié des otages et capturé le forcené, et c’est gagné.

Alors, c’est bien?

On va commencer par le mauvais. La boite et la mise en place sont trop grandes. C’est un jeu de cartes pour une personne, et on a l’impression d’avoir un jeu pour 4.

Les dessins sont … moches. Les lunettes de soleil et le bouc font série allemande du dimanche soir sur France 3. Et ce n’est pas un compliment.

Mais.

Mais le jeu et le thème sont bien imbriqués. On se prend au jeu, on fait face à des choix compliqués (sacrifier deux otages pour gagner, ou prendre le risque de perdre sans les tuer ?), la pression monte…

La mécanique est bien conçue, on ne peut pas (trop) stacker pour tout balancer, il faut construire, monter son plan à plusieurs coups. Mais en sachant que tout peut se perdre sur un mauvais jet de dé, ou sur une carte Terreur mal anticipée. 

J’ai vibré avec mes otages, je les ai sauvés (presque), j’ai gagné, j’ai perdu. Oui.

Et encore une dernière chose

Depuis sa sortie remarquée en VO en 2015, le jeu a connu plusieurs extensions, dont plusieurs mini-boosters avec de nouvelles cartes. Nous ne les avons pas essayées. Elles doivent en toute logique apporter du renouveau au jeu. A tester, donc.

Vous pouvez trouver le jeu chez Philibert

4 Comments

  1. Salut à tous et merci pour vos articles toujours (voire presque) éclairants.
    Juste aussi pour dire que le thème de ce jeu (au-delà de la mécanique donc) est exécrable !
    Sans humour, faut même durant la partie faire exprès de sacrifier des otages pour gagner…mouais, bof, bof. Comment se prendre à un tel jeu ?
    Voilà, voilà…

    1. C’est un choix qui peut se présenter, en effet. Et c’est justement la charge émotionnelle et morale qui donne son intérêt au jeu. Je ne suis pas un monstre (enfin je ne crois pas l’être), et faire ce choix n’a pas été facile (https://fr.wikipedia.org/wiki/Dilemme_du_tramway )
      Mais si le choix n’entraîne pas de perte (relative), il n’y a pas de risque, et donc pas d’intérêt. C’est comme ça, comme dit la chanson.

      Il eut sans doute été possible de faire ce jeu avec un autre type de token, comme de l’argent pas exemple. Mais je pense que le jeu aurait vraiment perdu de son intérêt (il n’y a pas de chose plus « chère » que la vie d’une personne, comme nous le montre l’actualité récente).

  2. Ceci dit, je respecte l’appréciation de ce jeu mais je ne comprends pas que vous, si attachés aux thèmes des jeux chroniqués, vous n’en faites aucune allusion.
    Allez, pas grave, bonne continuation à vous et bons jeux.
    Et puis dans le genre jeu solo avec du fun y’a ce qu’il faut : Legendary Marvel, Sentinels of the Multiverse, Apex et bien d’autres…

  3. Clément, je n’ai pas dit et je ne pense surtout pas que les joueurs adeptes de ce jeu sont des monstres. Je n’en suis pas là tout de même. Je trouve juste, dommage, incompréhensible, bête qu’un tel thème soit joué « sérieusement ».
    La mécanique du jeu, excellente ceci-dit, aurait aussi bien fonctionné dans tout autre thème ET avec de l’humour.
    Tous les jeux de société auxquels nous jouons, vous et moi, ont tous un point commun : ne pas se prendre au sérieux, ne pas prendre au sérieux…

    Voilà, voilà, je me répète, pas grave mais faudrait pas que les JDS prennent le créneau de la connerie ambiante.
    Qu’ils restent intelligents et fun !
    Bons jeux à tous et encore bravo pour votre site.

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