SPIEL Essen 2026 : 10 jeux qu’on a hâte d’essayer
🔭 SPIEL Essen 2026 (22-25 octobre) : Kingdom Come, -60°, Queen Alice, Greylune… 10 jeux à essayer sur le plus grand salon ludique.
Article écrit par :
Amélie
Spiel Essen 2026 : mechs, échiquier et Bohême, les 10 jeux qui nous démangent
Vous pouvez écouter cet article sous forme de podcast ici, généré par IA. Et nous sommes également sur Apple Podcast & sur YouTube Podcast ici :
L’essentiel en 3 points :
- SPIEL Essen 2026, le plus grand salon de jeu du monde, se tient du 22 au 25 octobre : 81 200 m², 921 exposants, plus de 1 500 nouveautés annoncées.
- Samedi complet, vendredi vendu à 90 % au 5 octobre : billets uniquement en ligne, aucune caisse sur place.
- Notre radar va du mastodonte Kingdom Come au Greylune de William Attia.
Dans deux semaines, la Ruhr va de nouveau sentir le carton neuf et le café trop serré. SPIEL Essen 2026 occupe pour la première fois ses huit halls, et le samedi est déjà complet. Avant de plonger dans les allées, on a épluché les listes de nouveautés, les livrets de règles et les fiches éditeurs : voici les dix tables où l’on veut vraiment s’asseoir.
Essen 2026 : plus grand, plus dense, plus difficile à couvrir
On l’avoue : chaque année, on se jure d’arriver à Essen avec une liste courte. Et chaque année, on ressort avec un sac à dos qui frôle l’hernie discale. Ce ne sera pas plus simple en 2026.
Du jeudi 22 au dimanche 25 octobre, SPIEL s’étend pour la première fois sur les huit halls de la Messe Essen, avec l’ouverture du hall 8. La surface passe à 81 200 m², contre 77 500 l’an dernier. Dans son communiqué du 3 septembre, l’organisateur annonce 921 exposants venus de 53 pays, « bien plus de 1 500 » nouveautés et une jauge maximale de 230 000 visiteurs. Pour mémoire, l’édition 2025 avait accueilli 220 000 personnes et 948 exposants. Deux chiffres à ne pas confondre : l’un est une fréquentation réelle, l’autre une capacité.
Côté pratique, les portes ouvrent de 10 h à 19 h du jeudi au samedi, et de 10 h à 18 h le dimanche. Les billets se vendent uniquement en ligne, sans caisse sur place ; le billet journalier adulte coûte 25 €. Et il faut se dépêcher : le samedi est complet, le vendredi vendu à 90 %, le jeudi à 75 % et le dimanche à plus de 50 %, selon l’orga.
Le salon déborde aussi de ses halls. Une nouvelle entrée Nord dessert le hall 5, Asmodee y déploie près de 200 tables (on vous en parlait récemment), et le jeudi soir 22 octobre, la Grugahalle accueille une partie géante des Loups-Garous de Thiercelieux pour les 25 ans du jeu, animée par Rocket Beans TV. Ajoutez une arène de laser tag Warhammer 40 000, le concours de peinture Golden Demon, les premiers TCG Awards et l’illustrateur Peter Mohrbacher comme ambassadeur : on vous laisse faire le calcul du temps qui reste pour jouer (sans parler de manger, aller aux toilettes, aller faire un… spa dans le meilleur spa d’Allemagne, si si)
D’où notre parti pris. Ceci n’est pas un « top des meilleurs jeux d’Essen » (impossible avant d’y avoir joué), mais une liste de dix tables qui méritent qu’on leur sacrifie une, deux, voire trois heures. Toutes les infos ci-dessous sont un état des lieux au 10 octobre : à Essen, stocks, langues et calendriers peuvent bouger jusqu’au dernier moment (oui, c’est déjà arrivé, avec des jeux bloqués à la dernière minute à la douane).
Les dix jeux qu’on veut mettre sur la table
Kingdom Come: Deliverance – The Board Game : la Bohême en trèèèèèèèèèèèèèèès grande boîte

Kingdom Come: Deliverance, c’est le mastodonte de l’année, et il est tchèque de bout en bout : un jeu vidéo de Warhorse Studios, adapté par CGE, signé Tomáš Holek (SETI) et Vlaada Chvátil (Through the Ages, Mage Knight), qui font équipe pour la première fois. On y commence comme simple roturier de la Bohême de 1403, armé d’une dague et de pas grand-chose d’autre.
CGE parle d’un « jeu d’aventure épique mêlé d’éléments d’eurogame ». Concrètement : du deckbuilding, des tests de compétences pour voler, se battre ou se faire des amis, de l’équipement qui compte (chasser le cerf sans arc, c’est rarement une bonne idée), et un monde ouvert. Avant chaque partie, on choisit une intrigue par ville parmi trois possibles. Le jeu est compétitif, mais sans affrontement direct entre joueurs.
Pourquoi on veut l’essayer ? Pour voir si ce duo de rêve parvient à garder la fluidité d’un eurogame dans une boîte aussi gargantuesque. Mais à 149,99 € et jusqu’à plusieurs heures par session, le mot « curiosité » ne suffit plus : l’expérience devra justifier le prix, le volume et le temps demandé.
Fiche express — CGE · Tomáš Holek & Vlaada Chvátil · 1–4 joueurs · 14+ · environ 80 min par joueur · 149,99 € (199,99 $) · hall 3, stand 3V400 · anglais uniquement à Essen · VF : aucune annonce officielle.
-60° (Sixty Below) : le grand froid version gros plateau

Un nouveau gros Pfister, ça ne se refuse pas. Avec Peter Prinz (Thebes), l’auteur de Great Western Trail et de Maracaibo nous envoie dans une uchronie : en 1971, mais pas tout à fait le nôtre, des équipes de recherche débarquent en Antarctique. Il faut bâtir un réseau de stations, explorer la banquise et atteindre le premier le site d’impact d’une mystérieuse météorite.
Au menu : gestion de cartes, exploration, projets scientifiques et une bonne dose de prise de risque. La boîte annonce quatre plateaux double couche, 240 cartes et 140 figurines en RE-Wood, ce qui explique en partie son tarif. C’est exactement le genre de promesse qui peut produire soit un formidable récit stratégique, soit trois heures de comptabilité blanche sur fond de banquise. Essen permettra de trancher.
Fiche express — Nanox Games, distribution dlp games · Alexander Pfister & Peter Prinz · ill. Martin Mottet · 1–4 joueurs · 120–180 min · 12+ · 84,90 € prix conseillé (environ 80 € en précommande retirée au salon) · éditions allemande et anglaise · VF : aucune annonce.
Queen Alice : quand l’échiquier devient une roue d’actions

C’est l’un des chouchous de la communauté ludique. Ce jeu espagnol s’inspire de De l’autre côté du miroir de Lewis Carroll. À son tour, on joue une carte pour déplacer la pièce d’échecs correspondante selon son mouvement habituel ; la case d’arrivée fournit à la fois une ressource et une action. Les auteurs appellent ça le « chess-building ».
Pendant ce temps, on fait pencher Alice vers la Reine rouge ou la Reine blanche, et seuls certains de ses vœux rapporteront des points. Un cœur d’action limpide, entouré d’un euro très chargé : une preview publiée le 7 octobre salue la boucle cartes-échiquier, mais pointe aussi un risque de paralysie face au nombre de pistes et de bonus. Ce sera notre test : l’échiquier crée-t-il une vraie interaction spatiale, ou n’est-il qu’une jolie interface pour son moteur personnel ?
Fiche express — Combo Games · Héctor Carrión & David Heras Pino · ill. Amelia Sales · 1–4 joueurs · 30–120 min · 14+ · 69 € le jeu de base à Essen (100 € avec Upgrade Pack et sac) · première édition multilingue incluant le français · démonstrations annoncées vendredi et samedi.
Drillers : creuser plus profond, ou savoir remonter

Le deuxième CGE de la liste est plus compact, et franchement plus golerie. Des mechs explorent une mine abandonnée par une corporation oubliée. Plus on descend, plus les minerais valent cher ; mais le carburant fond, les dégâts s’accumulent, et il faut bien remonter pour vendre sa cargaison et améliorer sa machine. Toutes les cartes sont multi-usages, et les drones peuvent automatiser la logistique.
Ce qui nous hype de ouf : CGE promet que « chaque décision affecte tout le monde ». Si c’est vrai, on tient un deckbuilder où l’on regarde enfin ce que fait la voisine. Gros buzz à la Gen Con 2026.
Fiche express — Czech Games Edition · Adam Španěl & Říman · 1–4 joueurs · environ 30 min par joueur · 12+ · 49,99 € · hall 3, stand 3V400, avec rencontre des auteurs · VF : chez Iello.
Greenwood : des pouvoirs personnels que les autres peuvent utiliser

Greenwood commence comme une carte postale de forêt enchantée, avant de retourner le décor : les druides du Haut Cercle capturent et exploitent des créatures mystiques, et nous incarnons des esprits décidés à les libérer.
Le point mécanique le plus prometteur vient des compagnons. À son tour, on peut utiliser son propre compagnon, celui d’un autre joueur, ou envoyer un compagnon agir dans la forêt. Dans la variante avancée, les clans apportent des capacités particulières… que les adversaires peuvent eux aussi exploiter. Cette porosité nous plaît beaucoup : l’asymétrie est souvent devenue synonyme de « chacun reçoit son pouvoir spécial et joue avec ». Ici, mon pouvoir est aussi une opportunité pour vous, et regarder le plateau du voisin redevient obligatoire.
Fiche express — Feuerland Spiele · Christos Giannakoulas & Manolis Zachariadis · ill. Martin Mottet & Maurice Mosqua · 1–4 joueurs · environ 40 min par personne· 14+ · 79,90 € prix conseillé allemand · VF annoncée chez Super Meeple.
Braided Skies : Stonemaier prend les airs

Braided Skies, ou le grand et gros jeu d’automne de Stonemaier nous embarque dans l’univers Smoking Bones, créé et illustré par Andrew Bosley (Everdell, Tapestry). Premier jeu d’une série, il nous fait diriger une compagnie de tourisme en dirigeable : on attire des voyageurs, on explore terre et ciel, on améliore ses opérations et on gère ses pierres de vol, les « tapstones ».
Le jeu est signé Dan Germain, et Stonemaier le classe lui-même dans sa catégorie « Heavy ». L’éditeur le compare à Narak ou Galactic Cruise, ce qui place la barre assez haut.
Fiche express — Stonemaier Games · Dan Germain · ill. Andrew Bosley · 1–5 joueurs · 60–90 min · 14+ · boutique en ligne Stonemaier à partir du 14 octobre, disponible à Essen, boutiques en anglais fin novembre · VF : Grail Games, ni date ni prix.
Timespan : une civilisation en 90 minutes

Un jeu de civilisation de l’âge de pierre à l’ère spatiale en 90 minutes : sur le papier, ça ressemble à une promesse de campagne électorale. Chez Alion Games, Kristian Amundsen Østby (Automania, Bad Company) et Kenneth Mindre font traverser quatre âges à leur civilisation, en posant personnages, bâtiments et technologies sur une ligne temporelle personnelle.
L’idée qui nous accroche : quand de nouvelles cartes entrent, les plus anciennes sortent du cadre et finissent au « cimetière ». Là où tant de jeux de civilisation récompensent l’empilement, Timespan pose une question plus maligne : qu’est-ce qu’une civilisation accepte de laisser derrière elle pour avancer ? Culture, science et exploration (bateaux, avions puis vaisseaux) font le reste.
Fiche express — Alion Games · Kristian Amundsen Østby & Kenneth Mindre · ill. Gjermund Bohne & Nilanjan Malakar · 1–5 joueurs · 90 min · 12+ · environ 65 € chez IPA · édition anglaise · hall 3 · VF : aucune annonce.
Gaudí : faire du trencadís sans casser le jeu

2026 marque le centenaire de la mort d’Antoni Gaudí, et Devir lui consacre un jeu signé Dani Garcia (Barcelona, Windmill Valley). On traverse la vie de l’architecte en marquant des points dans trois piliers : Nature, Catalogne et Religion. Le piège, et la belle idée : seuls vos deux scores les plus faibles comptent à la fin. Il faut construire équilibré, ce qui sied plutôt bien à un jeu sur un architecte.
Sur trois manches, on tourne autour d’un grand lustre central pour récupérer cartes et tuiles de trencadís, ces mosaïques de fragments brisés, qu’on assemble sur son plateau personnel. Un thème fort porté par la mécanique, en une heure annoncée : au milieu des tables de trois heures, c’est une respiration bienvenue.
Fiche express — Devir · Dani Garcia · ill. Edu Valls · 1–4 joueurs · 60 min · 10+ · 49,99 $ sur la boutique américaine de Devir · langues affichées : catalan, anglais, italien, portugais, espagnol · VF : IELLO.
Carl von Linné : classer le vivant à la loupe

Après Galileo Galilei, la série Pioneers of Science de Pink Troubadour s’attaque au père de la taxonomie, sous la plume de Michal Peichl (Forestry). Le cœur du jeu est un système de lentilles : on place chaque action sur des lunettes, une loupe ou un microscope, qui l’exécutent une, deux ou trois fois. On part en expédition, on rapporte des spécimens, on cultive un jardin botanique et on publie.
La question sera de savoir si le jeu nous fait comprendre son sujet, ou s’il nous apprend surtout à convertir trois cubes bruns en deux points bleus. On a hâte de vérifier, la loupe à la main.
Fiche express — Pink Troubadour · Michal Peichl · ill. Stanislava Pajonková & Michal Řezníček · 1–4 joueurs · 60–120 min · 12+ · 75 € · édition anglaise, précommande Essen avec deux promos · VF : aucune annonce.
Greylune : William Attia revient au placement… et surtout au retrait

L’auteur de Caylus revient à un principe qu’il connaît par cœur : ce qui compte, ce n’est pas seulement où l’on pose ses pions, mais quand on les reprend. On place ses villageois entre les cartes du village au printemps, on les récupère l’été pour gagner des pièces, acheter des objets ou recruter des compagnons. Chacun avance dans les saisons à son rythme, sans jamais pouvoir revenir en arrière. Greylune, Concrètement ? C’est l’évolution mécanique de Spyrium, ce bijou de feu Ystari de 2013 (que trop de gens ont snobé à l’époque…).
Dans un salon où les boîtes à 80, 100 ou 150 € vont aspirer l’attention, Greylune joue une autre carte : moins de matos de dingue, davantage de tension dans le timing.
Fiche express — Sorry We Are French · William Attia · ill. David Sitbon & Ulric · 2–4 joueurs · 45–90 min · 14+ · édition française · 25,50 €.
Nos conseils pour survivre à huit halls
Quelques tendances se dégagent nettement : une vague tchèque (deux CGE, un Pink Troubadour), des adaptations de jeux vidéo (Kingdom Come…), des éditeurs ibériques en forme (Combo Games, Devir) et un mode solo devenu quasiment obligatoire. Pour en profiter sans finir en zombie :
- Préparez votre parcours avec l’application officielle et ses plans interactifs : avec huit halls, se promener au hasard revient à perdre une
journéesemaine. - Achetez vos billets maintenant, et uniquement sur la billetterie officielle : le samedi est complet, et l’orga met en garde contre les faux revendeurs.
- Faites les gros jeux en début de journée : démos et retraits de précommandes partent vite.
- Vérifiez langue, poids et prix avant de céder au fameux « on ne le trouvera plus jamais après Essen ». Acheter n’est pas la même chose que ramener.
- Venez en train si vous le pouvez : la gare centrale d’Essen est reliée au salon en quelques minutes de tram.
Et surtout, gardez du temps pour la petite boîte inconnue qui vous fera de l’œil au détour d’une allée : c’est souvent elle qui fait le salon. Nous, on y sera, carnet en main (et dos en compote. Cette année, c’est notre chroniqueur Gaëtan qui s’y colle. Le pauvre). À Essen, la meilleure stratégie reste la même que dans Drillers : savoir jusqu’où creuser… et garder assez de carburant pour remonter avec ses cartons.
✍️ Sans compter le podcast (DALIA 4), cet article a un niveau DALIA de 1.
Rejoignez notre communauté :
Rejoignez notre chaîne WhatsApp
Gus&Co : 100% Indépendant, 0% Publicité
Vous avez aimé cet article ? Depuis 2007, nous faisons le choix difficile de refuser la publicité intrusive pour vous offrir une lecture confortable. Mais l'indépendance a un prix (hébergement, temps, achat de jeux).
Pour que cette aventure continue, vous avez deux moyens de nous soutenir :
☕ Soutenir Gus&Co sur Tipeee