Jeux 2026, mecha, article banniĂšre
Jeux de plateau

Du Mardi Gras aux Gundam : L’annĂ©e ludique 2026 s’annonce folle

🃏 Du bluff venimeux de Carnival of Sins au rouleau compresseur annoncĂ© de Gundam Assemble, 2026 commence dĂ©jĂ  Ă  parler fort. Et parfois trĂšs, trĂšs longtemps.


ForĂȘt & mechas : 5 jeux qui donnent le ton en 2026

L’essentiel en 3 points :

  • Carnival of Sins a mis le feu au FIJ Cannes avec son bluff vicieux et ses dĂ©s asymĂ©triques.
  • Le papa de Race for the Galaxy dĂ©barque enfin en boutique avec Dark Pact, son premier deck-builder.
  • Les licences Ă©crasent tout : Bandai part en guerre contre Warhammer avec des mĂ©chas, et One Piece nous promet 6 heures de coop Ă©pique.

Trop de jeux, pas assez de soirées. Le drame classique.

Un d20 noir et or. Un Gundam Ă  monter. Un pacte dĂ©moniaque. Un raid sur Onigashima qui veut vous manger l’aprĂšs-midi. VoilĂ . On a connu des dĂ©buts d’annĂ©e plus calmes.

On va pas se mentir. 2026 s’annonce comme une annĂ©e complĂštement folle pour nos tables de jeu. Et un enfer pour nos portefeuilles. Entre les claques qu’on a prises au dernier FIJ de Cannes, les annonces japonaises qui tombent de nulle part, et les vieux loups du game design qui sortent de leur grotte
 le calendrier dĂ©borde.

Le drame habituel ? Trop de bons jeux. Clairement pas assez de soirées.

PlutÎt que de vous balancer une liste interminable de 50 sorties, comme chaque dimanche, on a filtré. On a gardé cinq titres. Cinq paris éditoriaux. Des salles et des ambiances radicalement différentes, et franchement ? Zéro tiédeur.

Carnival of Sins : le petit jeu vicieux qui a braqué Cannes

Carnival of Sins

On commence par la grosse pĂ©pite. Si vous traĂźniez prĂšs du Palais des Festivals fin fĂ©vrier, vous n’avez pas pu le louper. Une petite boĂźte noire et dorĂ©e sur le stand d’Actarus Éditions. Autour des tables, ça riait trĂšs fort. Ça pestait. Ça se trahissait sans aucune vergogne. Carnival of Sins s’est tranquillement hissĂ© dans notre top des jeux du FIJ. Devant certains gros laurĂ©ats, ouais.

Le pitch ? Mardi Gras, La Nouvelle-OrlĂ©ans. Sous les masques, vous incarnez les sept pĂ©chĂ©s capitaux pour devenir le boss du Carnaval. En pratique, c’est lĂ  que ça devient gĂ©nial : Ă  chaque manche, on jette sept dĂ©s asymĂ©triques — du d4 au d20, avec un d6 blanc qui vient tout casser. Et tout le monde joue en mĂȘme temps, face cachĂ©e, l’une de ses sept cartes PĂ©chĂ©.

Gourmandise chope le dĂ© le plus fort. Paresse ramasse bĂȘtement le dĂ© qui a roulĂ© le plus prĂšs de lui. ColĂšre oblige quelqu’un Ă  relancer (souvent au pire moment pour lui). Sept manches. Sept cartes Ă  usage unique.

Ce qui rend le truc si bon, c’est cette tension ridicule entre la proba des dĂ©s et la lecture de vos potes. Qui a dĂ©jĂ  grillĂ© son Avarice ? Qui garde sa ColĂšre pour le coup de grĂące ? En 15 minutes montre en main et pour Ă  peine 22 balles, le ratio plaisir/prix est indĂ©cent. Ça sort le 13 mars. Foncez. Mais sĂ©rieux, ne faites confiance Ă  personne.

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Dark Pact : Lehmann craque un pont avec le deck-building

Dark Pact

Tom Lehmann n’a plus grand-chose Ă  prouver. L’auteur pondu Race for the Galaxy et Res Arcana. Il construit des moteurs ludiques comme d’autres respirent. Mais Ă©tonnamment, Dark Pact est son tout premier « vrai » deck-builder. AnnoncĂ© en 2023, repoussĂ© dans tous les sens par des galĂšres de douanes
 il dĂ©barque enfin. Et l’attente en valait la peine.

On y joue des chercheurs en occultisme. SĂ©ances spirites, exorcismes
 l’ambiance est ultra dark. Mais le cƓur du jeu, la vraie folie, c’est la mĂ©canique. Lehmann a posĂ© 13 conditions de victoire diffĂ©rentes. Treize !

Certaines paraissent totalement neuneu au dĂ©but. Genre accumuler 20 actions inutilisĂ©es. Sauf qu’il a balancĂ© des cartes multiplicatrices (x2, x3) qui s’empilent. L’effet boule de neige est vertigineux. Vous galĂ©rez pendant quelques tours et soudain, bam, tout s’aligne et le moteur explose. C’est du Dominion sous stĂ©roĂŻdes, passĂ© Ă  la moulinette d’un gĂ©nie.


The Trial of the Forest : l’aventure indĂ© qui monte

Rebel Studio (les Polonais derriÚre Nemesis) montrent enfin les muscles avec une grosse création 100% maison. Et leur bébé intrigue pas mal.

L’Ă©quinoxe approche. Les clans de la VallĂ©e Verte se fritent amicalement pour Ă©lire leur nouveau Gardien. Le truc cool, c’est que le designer Giancarlo Spinelli nous a concoctĂ© un drĂŽle d’hybride. Un jeu oĂč chaque carte jouĂ©e ne se contente pas de vous filer des ressources : elle Ă©crit carrĂ©ment l’histoire de votre perso. On explore, on se bat, on forge sa propre lĂ©gende.

Visuellement, c’est une claque. L’illustratrice Anna « Mikado » Przybylska a donnĂ© au jeu une patte unique. On est sur du poids « initié » (comptez 1h Ă  2h), sans la sĂ©cheresse d’un groooooos jeu expert en mode Excel. PrĂ©vu pour mai en VF direct en boutique. Pas de Kickstarter interminable. Moi je dis oui.

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Gundam Assemble : Bandai veut la peau de Warhammer

Gundam Assemble

Alors lĂ , c’est le tremblement de terre de l’annĂ©e. Bandai Spirits, le gĂ©ant absolu du jouet japonais, lance son propre wargame de figurines. En clair : ils viennent chasser sur les terres de Games Workshop. Frontalement.

On parle de figurines de 5 cm sur grappes. Comme des vrais Gunpla, il va falloir les assembler. Et les peindre, si vous ĂȘtes chauds. Sur la table ? Des batailles d’escarmouche sur grilles hexagonales, pensĂ©es par Justin Gary (oui, le crĂ©ateur d’Ascension). C’est du solide. Vous pouvez mĂȘme faire des combats anachroniques complĂštement fous entre diffĂ©rentes sĂ©ries Gundam.

Le starter pack sort Ă  35 balles, une broutille dans le monde de la fig, avec 6 mechas iconiques. Lancement mondial en octobre. S’ils gĂšrent bien leur plateforme de tournois, ça va faire trĂšs, trĂšs mal (Ă  Warhammer. Et Ă  nos porte-feuilles).

One Piece Dawn of Liberation : le monstre coop

On finit avec l’ovni. Oubliez le jeu de cartes One Piece qui cartonne. LĂ , KessCo nous sort un monstre narratif en coop de
 4 Ă  6 heures. Sur l’arc de Wano.

Leur Kickstarter a explosĂ© en moins de trois minutes il y a quelques jours tout dĂ©but mars. On y incarne un Ă©quipage (parmi 17 persos jouables), on gĂšre des missions, on fouille, et on va taper Kaido. Ce qui est dingue, c’est que le systĂšme est hyper ouvert. Pas d’ordre de tour rigide, une coopĂ©ration naturelle, et vos persos Ă©voluent vraiment en accomplissant leurs objectifs.

Alors oui. 6 heures, c’est chaud Ă  caler dans un agenda d’adulte. Mais ils ont prĂ©vu un vrai systĂšme de « sauvegarde » pour ne pas y laisser votre santĂ© mentale. Ça ressemble furieusement Ă  la campagne ultime pour les fans d’Oda.

C’est la campagne D&D rĂȘvĂ©e pour les fans de One Piece. Livraison prĂ©vue au troisiĂšme trimestre 2026 (si TOUTES les planĂštes s’alignent, et si on a encore du pĂ©trole sur la planĂšte pour produire tout ça
). Si vous avez un groupe solide et des dimanches pluvieux Ă  tuer, c’est le gros morceau de 2026.


Ce que ces cinq jeux racontent déjà de 2026

Ce quintet ne partage ni le mĂȘme format, ni le mĂȘme public, ni la mĂȘme stratĂ©gie commerciale. Et c’est exactement pour ça qu’il nous interpelle aujourd’hui.

Carnival of Sins rappelle qu’un jeu court, mĂ©chant juste comme il faut, avec une identitĂ© matĂ©rielle forte, peut encore crĂ©er un vrai petit Ă©vĂ©nement. Dark Pact montre qu’un auteur reconnu peut revenir sur un terrain trĂšs balisĂ© – le deckbuilding – avec un angle de design suffisamment marquĂ© pour relancer la curiositĂ©. The Trial of the Forest dĂ©fend une voie plus fragile, mais aussi plus rare : celle du jeu narratif compĂ©titif Ă  portĂ©e “initiĂ©e”. Gundam Assemble joue la carte infrastructure, communautĂ©, gamme, et vise large sans s’excuser. One Piece, lui, assume un projet presque excessif. Trop long pour certains. Donc potentiellement parfait pour d’autres.

Le point commun ? Aucun de ces jeux ne semble vouloir occuper le milieu tiĂšde. MĂȘme le plus accessible du lot a du mordant. MĂȘme le plus industriel essaie de proposer un cadre de jeu rĂ©el. Et, franchement, c’est plutĂŽt une bonne nouvelle.

Parce qu’au fond, 2026 ne nous demande pas seulement “à quoi voulez-vous jouer ?”. Il nous demande aussi “combien de temps, d’argent, d’énergie, et de curiositĂ© ĂȘtes-vous prĂȘts Ă  mettre sur la table ?”. Question un peu rude. TrĂšs bonne question quand mĂȘme.

Et la rĂ©ponse, comme souvent, sera sans doute la mĂȘme : ça dĂ©pend du groupe. Mais entre nous ? On garderait quand mĂȘme un Ɠil trĂšs appuyĂ© sur le petit carnaval noir et or, sur le pacte dĂ©moniaque Ă  retardement, et sur les mechas qui avancent Ă  pas comptĂ©s vers octobre. Oui, ça fait trois. On avoue, chez Gus&Co, on n’a jamais Ă©tĂ© trĂšs bons pour n’en choisir qu’un.


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