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Critiques de jeux,  Jeux de plateau

Philharmonix : Quand Mozart pilote un X-Wing (et que ça marche… presque)

🎹 Philharmonix : Quand Mozart rencontre Star Wars. Un jeu de gestion beau mais exigeant. La partition vaut-elle le coup ?


Philharmonix : Mozart dans l’Espace, fausse note ou chef-d’œuvre ?

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.


Vous pouvez écouter cet article sous forme de podcast ici, généré par IA. Et nous sommes également sur Apple Podcast & sur YouTube Podcast ici :

L’essentiel en 3 points :

  • Un mélange fun et rafraîchissant de gestion d’orchestre et de science-fiction, servi par une direction artistique clivante mais riche.
  • Le système de coût d’action variable crée une tension économique et une interaction indirecte savoureuse.
  • Malgré des qualités techniques indéniables, le jeu souffre d’une certaine linéarité et d’une longueur qui dilue l’émotion.

Vous avez déjà essayé de faire jouer la 5ème Symphonie à un poulpe géant en apesanteur ?

Dans l’espace, personne ne vous entendra crier. Par contre, si vous foirez votre solo de violoncelle sur la planète Vega, tout le secteur Malaya va vous huer. Bienvenue dans Philharmonix, cet OVNI ludique qui ose le grand écart facial entre le Space Opera et la musique de chambre.

C’est le genre de pitch qui nous fait écarquiller les yeux à la rédac’. Imaginez un instant : la guerre galactique est finie (enfin !), et les peuples de la galaxie ne se battent plus à coups de lasers, mais à coups de… symphonies. Vous n’êtes pas un amiral de flotte, mais un chef d’orchestre manager. Votre mission ? Recruter des aliens baroques, monter une scène en 3D (littéralement) et devenir le Karajan du cosmos.

Édité par les Macédoniens d’Archona Games (connus pour Small Samurai Empires) et imaginé par Faris Suhaimi, ce jeu a levé des jolis fonds sur Kickstarter en février-mars 2024. Mais derrière le matériel « deluxe » et les illustrations chatoyantes de Daniel Cunha, la partition est-elle aussi harmonieuse qu’elle en a l’air ? On a sorti nos baguettes et nos scaphandres pour vérifier.

Philharmonix plateau

Une mécanique bien huilée (comme un piston de trompette)

Soyons clairs : sous ses airs loufoques, Philharmonix est un Eurogame expert pur et dur. Pas de dés qu’on lance au petit bonheur la chance, ici, on gère.

Le cœur du réacteur ? Un système de coût d’action variable absolument savoureux. Vous avez une jauge de « Tempo » (vos points d’action). Au début, tout est abordable. Mais dès qu’un joueur choisit une action (Recruter, Composer, Jouer…), son coût augmente pour tout le monde ! C’est là que le jeu devient méchant (et on adore ça). Faut-il se précipiter pour recruter ce soliste à tentacules tant qu’il est pas cher, ou économiser pour une symphonie majeure ? C’est une tension permanente, un dilemme constant entre l’opportunisme et la planification.

Philharmonix  2

De la « Deluxification » massive

Si vous aimez quand ça déborde de la table, vous allez être servis. Philharmonix est un monstre sur table. Presque littéralement. Entre le plateau central immense, les plateaux joueurs double-couche en forme de vaisseau-violon et, surtout, cette fameuse estrade en 3D à assembler pour poser vos musiciens… c’est visuellement spectaculaire.

C’est beau ? Oui. C’est pratique ? Pas toujours, pas vraiment. L’estrade a la fâcheuse tendance d’être aussi stable qu’un pupitre sur un bateau ivre, et les pictos demande une bonne paire de lunettes (et quelques tours de chauffe) pour être décodés.

Philharmonix, verdict

Ou : Il manque le « la »

Alors, est-ce le chef-d’œuvre de l’année ? Pas tout à fait. Philharmonix est un jeu techniquement irréprochable. Ça tourne, ça s’imbrique, c’est malin. Mais… c’est parfois (un peu) froid. On enchaîne les actions (Recruter > Entraîner > Jouer) dans une boucle très linéaire qui manque parfois de crescendo dramatique.

Les parties peuvent s’étirer (comptez bien 2h30 à 4 joueurs), et on cherche parfois cette petite étincelle, ce moment d’émotion pure où le cœur s’emballe. C’est un excellent exercice de gestion, une prise de tête profonde, mais qui ressemble parfois plus à une répétition technique parfaite qu’à un concert enflammé qui vous tire les larmes.

Un très bon jeu pour les experts qui cherchent de l’originalité thématique et qui ne craignent pas une interaction un peu punitive. Pour le chef-d’œuvre absolu, on attendra le rappel.

La durée d'une partie (2h30+), c'est :

On a aimé : L’audace du thème qui nous change des marchands de la Renaissance, le système de Tempo qui fait fumer le cerveau, et le matériel qui en jette (l’estrade !).

On a moins aimé : La mise en place un peu longue, l’estrade qui tangue si on respire trop fort, et ce sentiment de froideur mécanique malgré les couleurs flashy.

C’est plutôt pour vous si… Vous aimez les gros jeux experts, optimiser chaque point d’action et que vous avez une grande table (très grande).

Ce n’est plutôt pas pour vous si… Vous cherchez du fun immédiat, des parties pliées en 1h ou si l’idée de lire des chiffres romains sur un plateau surchargé vous donne la migraine.

Philharmonix ne vous fera peut-être pas pleurer d’émotion comme un Requiem, mais il dirigera vos neurones à la baguette.

Oui, mais avec quelques réserves.

Note : 3.5 sur 5.

  • Label Dé Vert : Non. Pour en savoir plus sur le label Dé Vert, c’est ici.
  • Création : Faris Suhaimi
  • Illustrations : Daniel Cunha
  • Édition : Archona Games
  • Nombre de joueurs et joueuses : 1 à 4 (meilleur à 3-4, voire 4)
  • Âge conseillé : Dès 14 ans (bonne estimation)
  • Durée : 2-3h
  • Thème : Science-fiction, musique
  • Mécaniques principales : Dés, placement d’ouvriers. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici

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