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Trasteros : Petit jeu, grande claque ludique

📦 Petit format, grandes surprises ! Trasteros transforme le chinage en défi stratégique. Pourquoi ce jeu mérite de sortir du garde-meubles.


Trasteros : Jouez à Louis la Brocante

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.


Vous pouvez écouter cet article sous forme de podcast ici, généré par IA. Et nous sommes également sur Apple Podcast & sur YouTube Podcast ici :

L’essentiel en 3 points :

  • Trasteros est un jeu de draft espagnol au thème brocante, petit format, à moins de 20€ avec du matériel de qualité.
  • Le gameplay combine draft ouvert, gestion de main, et placement d’ouvriers en parties de 30 minutes, accessible aux familles et joueurs confirmés.
  • Seul bémol : le thème, omniprésent, reste plaqué sur la mécanique – on joue plus les chiffres et couleurs que les objets.

Vous adorez les vide-greniers mais détestez vous lever à l’aube et marchander sous la pluie ? Trasteros vous propose le frisson de la chine, sans les courbatures ni les réveils à 5h du matin.

Vous vous êtes levé à l’aube pour être sûr d’arriver dans les premiers… En tant qu’antiquaire, les bonnes affaires se font dès le petit matin, vous le savez bien ! Un thermos de café bien chaud à la main, un calepin dans l’autre, vous arpentez les allées parsemées d’un bazar aussi hétéroclite que bariolé… Mais votre regard d’expert est affûté. Cette platine vinyle vintage, elle pourrait plaire à votre nouveau client, non ? À moins que ce lot d’assiettes brisées, pour votre habitué amateur de kintsugi, ne soit plus pertinent dans l’immédiat…

Vite, il faut prendre une décision et réserver ces trouvailles auprès des vendeurs, car vous avez repéré des concurrents pas loin. Mais sans précipitation non plus, pour ne pas trahir un trop grand intérêt qui pourrait attirer leur attention !

Trasteros, non mais qu’est-ce que c’est que ce nom ? D’emblée, le titre ne fait pas rêver, et ce n’est pas la traduction française (Garde-meubles) ou anglaise (Storeroom Inc.) qui aidera davantage… Mais alors, me direz-vous, pourquoi avoir été tester ce truc, qu’est-ce qui l’a fait apparaître dans notre radar ludique ?

Eh bien, à l’instar d’un paquet de céréales bien marketé, le visuel de couverture coloré, évoquant le vide-greniers (terme qui aurait été, à notre humble avis chez Gus&Co, bien plus parlant), nous a intrigués. Un jeu sur les objets qu’on chine sur les puces ? Original, amusant, et pour tout dire, une activité que nous sommes nombreux et nombreuses à apprécier. Aussi, l’idée de faire un jeu là-dessus méritait d’être examinée. Et sans trop vous spoiler, on peut déjà vous dire qu’on a bien fait. Test et critique en toute objectivité (si tant est qu’une telle chose existe) ci-dessous !

Trasteros, churros, tacos… Kézakos ?

On vient de vous le dire sans honte, ce qui a piqué notre curiosité, c’est la boîte. Preuve supplémentaire, si besoin était encore d’en apporter, que l’emballage extérieur, ça compte quand même. De dimensions modestes, facile à transporter, elle attire l’œil par sa fraîcheur, et le thème est tout de suite suggéré. On s’imagine déjà fouiller dans ce capharnaüm pour dénicher LA perle ! Un bon point, donc. C’est d’autant plus gratifiant pour l’illustrateur, Jorge Tabanera Redondo, qu’il est aussi… l’auteur du jeu ! Une double casquette pas vraiment fréquente, c’est à saluer.

Trasteros, en espagnol, ça se traduit littéralement par « garde-meubles » en français… Je n’ai aucune idée de la réalité que cela peut recouvrir culturellement : est-ce que nos camarades hispaniques chinent vraiment dans ce genre de lieux ? Peut-être que des lecteurs avisés de Gus&Co pourront nous dire en commentaires si c’est le cas… Le fait est que, pour un Français, la brocante, ça se joue davantage dans la rue, le week-end, à même le sol ou sur des petits tréteaux. Chez nos amis britanniques, ce sont plutôt les « car boot sales » (littéralement, les ventes directement au coffre de la voiture) qui sont monnaie courante, souvent sur des parkings de lieux publics ou même carrément… des champs.

Bref, une même activité qui se manifeste sous des formes différentes suivant la géographie. Et du coup, « Garde-meubles », ce n’est pas très parlant, et c’est dommage, parce que le jeu risque de louper son public à cause d’un terme inapproprié qui recouvre une réalité différente (en France, c’est davantage l’endroit où l’on va stocker tout son bazar dans l’attente d’un déménagement, par exemple… pas très évocateur).

Pardonnez cette parenthèse linguistique, mais cela a son importance, tant le choix d’un nom (comme celui d’un visuel) peut orienter le consommateur/joueur vers l’achat… et faciliter ou entraver la voie pourtant cruciale vers l’ouverture, ou non, de la boîte.

Et ça aurait été regrettable de ne pas atteindre ce stade, car quand on ouvre la boîte, on n’est pas déçu ! Dans un petit réceptacle qui ne paie pas de mine, on en a pour son argent : pour moins de 20 € (prix conseillé), le matériel est au top. Des cartes de qualité et superbement illustrées, des marqueurs « billets de banque » en carton épais, et surtout, surtout, de très jolis (et nombreux) pions en bois colorés et imprimés ! Bravo BrainPicnic. Franchement, l’édition française peut en prendre de la graine, car souvent, pour le même tarif, on doit se contenter de plastique ou de carton, pas toujours de grande qualité…

Ce n’est pas la première fois qu’on constate cela dans les productions ludiques de nos voisins ibériques, et on ne peut pas s’empêcher de penser que, décidément, ils gagneraient à être davantage (re)connus. Y a-t-il un élitisme dans le jeu de société ? On ne sait pas, on pose juste la question. Mais c’est un autre débat. D’autant plus que c’est bien gentil, mais si le jeu est beau et bien fini, mais pas terrible à jouer, eh bien ça n’a pas grand intérêt. Sauf que…

Aaah… freak out ! L’antique, c’est chic…

… spoiler alert : le jeu est chouette. Non mais vraiment, hein.

Voilà, fin de l’article, merci de nous avoir lus.

Nan, ok… On va développer bien sûr, mais on divulgâche déjà : franchement, ça vaut le coup de l’essayer.

Tout au plus pourra-t-on reprocher une écriture des règles pas tout à fait optimale (du moins en français, l’un des trois exemplaires avec l’espagnol et l’anglais des livrets fournis dans la boîte). Mais rien d’insurmontable. On aurait apprécié des photos pour illustrer les propos, ou un petit QR code vers une vidéo explicative, comme cela se fait de plus en plus, mais on ne va pas chipoter non plus. Avec une seconde lecture et un peu de concentration et de clarté d’esprit (qui nous a peut-être manqué après les excès des fêtes de fin d’année ? hum hum…), ça passe crème. Et après, une fois bien pigé et pris en main, c’est très fluide.

Alors, c’est quoi le but du jeu ? Eh bien, ça va être d’être l’antiquaire le plus riche à l’issue de 4 jours (tours de jeu) de chinage. Pour cela, vous allez devoir vendre vos découvertes à vos clients attribués en début de partie (et d’éventuels autres qui se présenteront), et qui ont des goûts et des demandes bien précises.

Devant vous se trouveront 4 « garde-meubles » (on a préféré s’imaginer des vide-greniers) dans lesquels on trouvera une rangée de 4 objets aléatoires. Ces objets ont des numéros allant de 0 (zéro) à 6, ainsi que 5 couleurs différentes (on notera l’effort des petits pictogrammes pour les daltoniens). L’objectif va être de collecter les objets correspondant à la demande faite par vos clients, sélectionnés par vos soins dans un tirage également aléatoire, afin de les satisfaire et qu’ils vous paient rubis sur l’ongle les lots que vous leur aurez trouvés.

Ainsi, par exemple, certains clients ne souhaitent que des objets portant des numéros différents, d’autres préfèrent des numéros identiques, certains (les VIP) ne préfèrent que des couleurs spécifiques, d’autres collectionnent les assiettes cassées (les zéros), etc. Sachant que vous ne pouvez avoir que 9 cartes en main à chaque fin de journée, vous allez devoir drafter intelligemment dans ce marché ouvert d’objets et de clients pour optimiser au mieux vos gains.

Mais ce serait encore trop simple. Pour corser le jeu, certains objets seront face cachée, dissimulés dans des caisses. S’il y a une indication sur celles-ci quant à leur contenu (une tranche approximative dans laquelle se situe l’objet mystère), le chiffre exact est inconnu. Choisir une telle caisse est donc un pari. Heureusement, il existe un moyen de contourner ça. À tout moment, si vous dépensez un jeton « café », vous pouvez jeter un œil pour voir ce qui s’y cache… et réduire l’aléa.

Toutefois, vous ne disposez évidemment que d’un nombre limité de ces cafés, et pour en récupérer, il faudra dépenser une action à votre tour pour vous rendre à la machine, ou bien collecter un nouveau client (qui sera un objectif – et une carte – supplémentaire dans votre main). Ces actions sont matérialisées par des « agents » de votre magasin d’antiquités, symbolisées par des jetons de 2 tailles différentes : le plus petit (junior) permet une action « simple » et le plus grand (senior) une action « améliorée » (concrètement, un gain double, que ce soit en nombre de cafés ou d’objets collectés).

La dernière action possible, on vous l’a dit, est le positionnement à l’entrée d’un garde-meubles pour récupérer un ou deux objets dans la file. Et là aussi, tout n’est pas si simple, car non seulement les places sont limitées, mais en plus on y pratique la règle du « dernier arrivé, premier servi ». Concrètement, si un objet dans la file vous intéresse, vous pouvez être tenté de vous y placer rapidement, mais si vous le faites, c’est au risque de voir un adversaire s’intéresser et se positionner à son tour dans la même file, et du coup, se servir avant vous quand la phase de récupération arrivera… avec le danger que son dévolu se jette sur l’objet que vous convoitiez. Il faudra donc la jouer fine et savoir se lancer au bon moment.

Une fois que tous les joueurs ont placé leurs jetons agents sur la machine à café, les clients ou les garde-meubles, la phase de collecte est résolue dans l’ordre, et l’on procède à l’éventuelle vente de fin de journée. Sachez qu’il faut vendre au minimum 3 objets à un même client, et que vous pouvez résoudre plusieurs ventes en même temps. Toute carte restante au-delà de 9 devra être défaussée, avec une perte de 1 000 $ à la clé (oups). Donc, s’il peut être judicieux de conserver des objets et/ou des clients pour le tour suivant, il faut néanmoins garder en tête que votre main n’est pas illimitée, et il faudra faire des choix ! Vendre plus tôt et ramasser moins, ou plus tard et engranger plus au risque de devoir vous départir de cartes à cause d’un excès par appât du gain ? À vous de voir.

À la fin de la journée, on prépare la journée (tour) suivante en renouvelant intégralement les objets et les clients récupérables, qu’ils aient été collectés ou pas. Et on joue ainsi 4 jours/tours, ce qui n’est ni trop ni trop peu, et entraîne des parties très dynamiques et fluides, rapidement pliées en moins de 30 minutes.

Et ça, dans une petite boîte… c’est possible ?

C’est donc un jeu de draft ouvert avec gestion de main et système de collection et d’objectifs (plus ou moins secrets) qui nous est proposé dans ce « Trasteros ». Il y a aussi un peu de placement d’ouvriers avec les pions agents. Si à ça on ajoute un petit peu de pari et de mémorisation avec les objets cachés dans les caisses fermées, cela nous fait un petit jeu qui, derrière ses apparences mignonnes et légères, s’avère bien plus riche et intéressant que sa petite boîte ne pouvait laisser présager. On pouvait douter que ça le fasse, mais à l’instar de Hassan Cehef, c’est possible.

Avec autant de mécaniques, de prime abord, on peut avoir peur que tout ça soit assez lourd (en tout cas, nous, on l’a craint), et au final, pas du tout. Au contraire, une fois bien compris, les tours s’enchaînent très facilement, et les parties également. Car il y a une petite courbe d’apprentissage sympathique, ce qui amène à des matchs disputés et des scores finaux en général assez serrés. Il y a évidemment une part de hasard dans les tirages, mais pas plus que dans un jeu type Splendor (que, pour paraphraser la pub Dior, on adore).

Petit bonus : on a plein de petits clins d’œil pop culture (mais pas que) dans les illustrations à découvrir, que ce soit dans les objets ou dans les clients. C’est assez savoureux de reconnaître Hayao Miyazaki dans l’acheteur d’assiettes cassées amateur de kintsugi, ou de vendre l’album Yellow Submarine des Beatles à Anna Wintour, ou encore une console NES à Karl Lagerfeld. Cela amène de la légèreté à un jeu qui, sans ça, aurait pu être un peu froid, pour ne pas dire comptable, avec son système de collection de chiffres et/ou de couleurs.

Trasteros, verdict

Alors, Trasteros (Garde-meubles / Storeroom Inc.), c’est bien ?

Ben oui ! On vous l’a dit dès le début (faut suivre, hein… pfff) !

Ne vous arrêtez pas à son titre, mal choisi (on trouve) et pas très vendeur. Il ne lui rend clairement pas honneur. Fort heureusement, il est sauvé par sa patte artistique, chamarrée, drôle et attrayante. Et son thème qui parlera à beaucoup d’entre nous.

De plus, pour une somme modique, vous avez un jeu bien conçu avec un matériel de qualité (cette pléthore de pions en bois dans une si petite boîte !), et ça, c’est assez rare pour être noté. Sans rivaliser avec la gamme Tiny Epic de chez Pixie Games, on arrive à un niveau de finition plus que très satisfaisant.

Enfin, et ce n’est pas le moindre de ses points forts, le gameplay est bien pensé, avec un niveau de difficulté raisonnable et une profondeur suffisamment conséquente pour avoir envie d’y revenir, qu’on soit avec un public familial+ ou plus avancé. Et sincèrement, on n’aurait pas parié dessus en s’arrêtant à la couverture.

Un léger bémol toutefois : si le thème est sympathique, il n’en reste pas moins quelque peu plaqué sur la mécanique. Certes, il est omniprésent, se rappelle bien à notre bon souvenir tout au long de la partie grâce aux visuels bien fichus, mais à aucun moment on ne se sent vraiment dans la peau d’antiquaires en quête d’objets vintage. Le système, bien huilé, finit par prendre le pas sur le thème, et malgré les efforts de l’illustrateur/auteur, on se prend à faire attention aux chiffres et aux couleurs plus qu’aux objets et aux clients. Concrètement, vous ne cherchez pas à réunir 5 assiettes cassées pour votre client préféré amateur de kintsugi, mais plutôt à collecter 5 cartes 0 (zéro) pour accomplir la carte objectif correspondante. Et ça, c’est un peu dommage.

Mais bon, nul n’est parfait ! Et ce serait bouder notre plaisir que de médire sur Trasteros. Car il n’en reste pas moins une très bonne surprise, et sans vouloir vous le survendre, vous auriez tort de ne pas l’essayer. Derrière ses petits airs de rien, il en a davantage sous le capot/couvercle qu’il ne le laisse supposer ! Et au pire, eh bien, dites-vous que vous pourrez essayer de le refourguer… dans un vide-grenier 😉

On a aimé :

  • Une direction artistique chaleureuse avec des clins d’œil pop culture savoureux (Miyazaki, Lagerfeld, Anna Wintour… le name-dropping vintage de l’année !)
  • Un rapport qualité/prix qui ferait rougir n’importe quel autre éditeur (autant de pions en bois pour ce prix, c’est presque de l’arnaque… en notre faveur)
  • Des parties dynamiques qui s’enchaînent comme les cafés un dimanche de brocante

On a moins aimé :

  • Des règles qui auraient mérité un petit coup de plumeau (ou au moins des illustrations et un QR code explicatif)
  • Un thème qui reste en vitrine plus qu’il ne s’invite vraiment à la table – on joue aux chiffres, pas aux antiquaires
  • Un titre (Trasteros/Garde-meubles) qui fait autant rêver qu’un inventaire de déménagement

C’est plutôt pour vous si…

  • Vous êtes du genre à vous lever à 6h le dimanche pour être premier au vide-grenier du quartier
  • Vous aimez les jeux où la taille de la boîte est inversement proportionnelle au plaisir
  • Vous cherchez un jeu familial+ qui a du répondant sans prendre la tête

Ce n’est plutôt pas pour vous si…

  • Vous avez besoin de vous sentir plongé dans un univers pour apprécier un jeu (ici, c’est plus « Excel coloré » que « simulation d’antiquaire »)
  • Vous détestez le hasard des tirages (même si ici, c’est gérable comme le cholestérol : avec modération et stratégie)
  • Vous jugez un jeu à son nom (parce que là, clairement, il part avec un handicap)

Trasteros, c’est un peu comme une bonne trouvaille de brocante : un nom qui ne paie pas de mine, une apparence modeste, mais une fois qu’on l’a en main, on se demande comment on a fait pour vivre sans. Et à ce prix-là, ce serait vraiment dommage de passer à côté !

Très bon !

Note : 4 sur 5.

  • Label Dé Vert : Non. Pour en savoir plus sur le label Dé Vert, c’est ici.
  • Création : Jorge Tabanera Redondo
  • Illustrations : Jorge Tabanera Redondo
  • Édition : Brain Picnic
  • Nombre de joueurs et joueuses : 2-4
  • Âge conseillé : Dès 10 ans
  • Durée : 20-30 minutes
  • Thème : Brocante
  • Mécaniques principales : Draft, gestion de main, collection. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.

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