Soigner et former : Le pouvoir des jeux de société
💊 Votre prochaine partie pourrait sauver des vies ! Le pouvoir thérapeutique et pédagogique des jeux de société en médecine.
Quand le jeu de société s’invite à l’hôpital : Soigner et former autrement
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L’essentiel en 3 points :
- Une étude italienne montre que les jeux de société améliorent significativement le bien-être et le lien social chez les personnes atteintes de démence.
- À Taïwan, le jeu sérieux DentSafe booste efficacement les connaissances des étudiants dentaires rend l’apprentissage plus engageant.
- Le jeu de société s’affirme comme un outil polyvalent, accessible et peu coûteux pour le soin et la formation médicale.
Une table de jeu en maison de retraite. Des rires, des souvenirs qui remontent, des personnes atteintes de démence qui se reconnectent.
Et si on vous disait que votre boîte de jeu préférée pouvait aider une personne atteinte de démence à retrouver le sourire, ou même former votre futur dentiste ? Non, ce n’est pas une blague. En 2025, la science s’est penchée très sérieusement sur le pouvoir de nos chères boîtes dans des contextes médicaux plutôt inattendus.
Imaginez : d’un côté, une maison de retraite en Italie où l’on utilise des jeux modernes pour recréer du lien. De l’autre, une fac dentaire à Taïwan où l’on apprend la sécurité des patients en lançant des dés. Deux univers radicalement différents, mais un outil commun : le jeu.
Le jeu de société est-il en train de devenir un outil médical à part entière ? Allez hop, suivez-moi pour un périple au cœur de ces recherches passionnantes qui prouvent que jouer, c’est (aussi) du sérieux.
Jouer pour se reconnecter (même avec la démence)
Direction l’Italie. Ce 18 septembre est paru dans Frontiers une recherche super intéressante. Une équipe de psychologues a tenté un pari : utiliser les jeux de société comme « médicament sans effets secondaires » auprès de 36 résidents âgés (86 ans de moyenne) atteints de démence. Pendant trois mois, deux fois par semaine, ils ont joué.
L’objectif n’était pas de guérir la maladie, mais de soutenir ce qui reste : les capacités cognitives et, surtout, le bien-être.
Les résultats ? Sur le papier, les effets cognitifs sont modestes. On note une amélioration de la « fluence verbale » (trouver ses mots plus facilement) après un mois. Mais sur la durée, pas de miracle. Les chercheurs pensent que la routine des mêmes jeux a pu limiter l’effet « nouveauté ».
Mais c’est sur le plan humain que la magie a opéré.
Pendant les sessions, l’ambiance changeait du tout au tout. Les soignants parlent de sourires, d’engagement, d’une atmosphère détendue. Le jeu a « stimulé la socialisation » et provoqué des échanges de souvenirs. Une animatrice raconte : « Les personnes deviennent plus tolérantes envers les limitations de chacun et continuent même de se fréquenter en dehors de l’atelier ».
Là où la maladie isole, le jeu recrée du lien. Et ça, ça n’a pas de prix. Même si l’étude n’a pas montré de diminution de la dépression (l’étude était peut-être trop courte), le constat est clair : ces moments ludiques apportent du plaisir pur. Un simple mémory ou un jeu de devinettes peut devenir un véritable outil pour améliorer la qualité de vie.
DentSafe : Apprendre sans (trop) se prendre la tête
Changement radical d’ambiance avec une autre recherche publiée en avril 2025 dans BMC Medical Education. On file cette fois à Taïwan, où 75 étudiants et étudiantes en chirurgie dentaire et hygiène dentaire ont découvert DentSafe. C’est un « serious game« , un jeu de plateau conçu spécifiquement pour leur apprendre les règles essentielles de sécurité des patients. Gestion des risques, hygiène, prévention des erreurs médicales… Bref, tout ce qui est crucial, mais pas forcément hyper fun à apprendre en cours magistral.
Le jeu utilise un plateau et des cartes « cas cliniques » et « événements ». Les joueurs doivent gérer un patient de A à Z : vérifier son identité, ses allergies, éviter les chutes ou les erreurs de site opératoire. C’est une simulation inspirée de la vraie vie, mais sans le stress de faire une boulette sur un vrai patient.
Est-ce que ça marche ? Oui, et même très bien. Tous les étudiants ont amélioré leurs connaissances après la session de jeu. Ils ont mieux retenu les protocoles et mieux compris comment les appliquer.
Surtout, les étudiants et étudiantes ont adoré. Ils ont trouvé la formation plus interactive et engageante. Ils se sentent mieux préparés à gérer les incidents. DentSafe a réussi à rendre vivants des concepts abstraits et à motiver les troupes là où les cours classiques les laissent souvent passifs.
Pourquoi le jeu est un outil puissant
Qu’est-ce qui relie ces seniors vulnérables et ces étudiants stressés ? Dans les deux cas, le jeu les rend acteurs.
En jouant, on n’est plus un patient passif ou un étudiant qui subit. On réfléchit, on communique, on prend des décisions dans un cadre sécurisé. C’est la force de la simulation ludique : on peut se tromper sans conséquences graves. Mieux vaut oublier de vérifier une allergie dans DentSafe que dans la vraie vie !
Le jeu crée aussi une bulle d’échange. On voit des personnes âgées s’entraider et se valoriser. On voit des étudiants réservés débattre avec animation. Le plaisir de l’activité décuple la motivation.
Et n’oublions pas l’aspect pratique : les jeux de société ne coûtent pas cher. C’est accessible, facile à transporter et réutilisable. Une économie du jeu qui le rend très attractif comme complément aux approches classiques.
Ce n’est que le début
Attention, ne nous emballons pas. Ces deux études restent préliminaires. L’étude italienne portait sur un petit groupe et n’avait pas de groupe témoin. Pour DentSafe, l’expérience n’a eu lieu que dans une seule université, et le jeu ne remplace pas la pratique clinique réelle.
Mais ce qui est fascinant, c’est de voir comment le jeu peut créer un pont entre des mondes si différents. Il parle aux personnes fragilisées en leur offrant du plaisir et du sens. Il parle aux étudiants en rendant l’apprentissage vivant.
Longtemps, le jeu a été vu comme trop « léger » pour le milieu médical. Mais aujourd’hui, la recherche d’approches non médicamenteuses et de pédagogies actives converge vers lui.
Ces études de 2025 démontrent qu’intégrer le ludique au sérieux est tout sauf contradictoire. Elles ouvrent la voie à une médecine et une éducation plus humaines, participatives et créatives. Et si, finalement, nous avions tout à gagner à jouer un peu plus, y compris là où on l’attend le moins ? Les dés sont jetés… avec sérieux.
Au final, ces initiatives sont une formidable bouffée d’air frais. Elles prouvent que même dans les contextes les plus sérieux, lancer les dés peut changer la donne. Vivement la généralisation des ordonnances ludiques !
FAQ : Le pouvoir thérapeutique et pédagogique des jeux de société en milieu médical
Les jeux peuvent-ils aider en santé et en formation ?
Oui. Des études de 2025 montrent qu’ils stimulent les patients atteints de démence et facilitent l’apprentissage des étudiants en santé. Ils favorisent la participation, le lien social et la mémorisation.
Comment aident-ils les personnes atteintes de démence ?
Les séances de jeu en maison de retraite ont amélioré l’humeur, la socialisation et le plaisir des résidents. L’effet cognitif reste faible, mais l’impact humain et émotionnel est fort.
Y a-t-il des limites ?
Oui : petit échantillon, pas de groupe témoin et effets limités sur la dépression. Ces résultats doivent être confirmés.
Comment le jeu aide-t-il la formation médicale ?
Le serious game DentSafe a formé des étudiants en dentisterie à la sécurité des patients. Tous ont progressé, retenu davantage et trouvé l’apprentissage plus motivant qu’un cours classique.
Pourquoi ça marche ?
Le jeu rend actif, sécurise l’erreur, crée du dialogue et coûte peu cher. C’est une approche simple et efficace.
Quel avenir pour ces pratiques ?
Le jeu ne remplace pas les méthodes classiques, mais il humanise le soin et l’enseignement. Il apporte plaisir, lien et engagement.
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One Comment
Achille Donnet
Bel article, bravo ! Je suis éducateur en psychiatrie avec des adolescents à Lausanne et les jeux font partie de notre programme thérapeutique. Nous avons même réalisé et publié un jeu avec nos patients sur le thème de la formation professionnelle, Postulo aux éditions LEP. Le jeu permet d’aborder des sujets difficiles avec un angle plus léger et encourage une prise de recul. C’est un outil très puissant, surtout quand on connaît bien l’énorme variété des jeux sur le marché, on peut travailler plein de choses ! Merci pour votre travail passionnant et au plaisir d’échanger avec vous.