« Ça te dirait une partie de Gwent ? » Enfin en vrai !
🎴 « Ça te dirait une partie de Gwent ? » Après 10 ans d’attente, le jeu de cartes du sorceleur arrive en boutique. Notre verdict complet !
Gwent, le jeu de cartes légendaire : Jetez une pièce au sorceleur !

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.
Vous pouvez écouter cet article sous forme de podcast ici, généré par IA. Et nous sommes également sur Apple Podcast & sur YouTube Podcast ici :
L’essentiel en 3 points :
- Gwent, le mini-jeu culte de The Witcher 3, sort enfin en version physique et fidèle au jeu vidéo.
- Un jeu de duel tactique où chaque joueur choisit une faction, mêlant stratégie, bluff et gestion de ressources.
- Superbes illustrations identiques au jeu original, cartes de qualité sleevables, mais plateau papier et jetons en carton qui auraient mérité plus d’attention.
Vous souvenez-vous de cette époque où sauver le monde dans The Witcher 3 pouvait attendre… parce qu’un PNJ vous proposait une partie de Gwent ?
C’était un soir hivernal sans lune, le genre de soir lugubre à vous glacer le sang, tant le froid et l’obscurité rivalisent pour plonger le pauvre voyageur errant dans l’adversité… L’auberge était quasi déserte, et le faible feu dans la cheminée peinait à réchauffer ma chair. Assis devant une chope de bière tiède et fade, j’entendis alors la porte grincer sinistrement, et une silhouette encapuchonnée se profila dans l’embrasure.
D’un pas calme et silencieux, l’individu aux cheveux blancs et au visage émacié s’approcha de ma table, ses yeux jaunes perçants aussi luisants que les deux lames qu’il portait sur son dos. Lentement, il pencha son visage vers le mien, et à cet instant, je crus que ma dernière heure était venue… Je fis ma prière, et en fermant les paupières tout en retenant mon souffle, je l’entendis lâcher ces mots : « Hé, mec, ça te dirait une partie de Gwent ? »
Au commencement… Hmmm… Fuck
Au début, il y avait les dinosaures, et puis ils sont morts et sont devenus du pétrole… et après, les sorceleurs sont arrivés. Bon, je caricature, mais pour résumer, le Gwent, c’est un peu ça. Ça remonte.
Et c’est peu dire qu’il était attendu et connu… comme le loup blanc (ha ha, facile celle-là). Eh bien le voilà, 10 ans pile après la sortie du dorénavant mythique jeu vidéo « The Witcher 3 : Wild Hunt », le non moins mythique « Gwent, le jeu de cartes légendaire » (ça va, les chevilles ?) sort enfin chez nos ludothèques favorites. Et quand j’ai appris que j’allais être chargé de couvrir ce petit événement pour Gus&Co, je dois vous avouer que j’étais à la fois frétillant comme une… ablette, mais aussi quelque peu… inquiet. Il y a tant à dire sur la genèse du jeu lui-même, sur son design, sur son gameplay, sur son univers maintes fois décliné sur des supports aussi divers que variés… Une richesse qui peut faire peur et submerger, comme un noyeur qui vous emporterait dans l’eau bourbeuse d’un marais putride.
De plus, ce jeu, c’est une arlésienne : il a été encensé, espéré, annoncé, mais il s’est fait sans cesse désirer ces dix dernières années. Sera-t-il à la hauteur des attentes de sa communauté ? Des miennes ? C’est donc avec la fébrilité d’un enfant le matin de Noël que je découvre avec vous ce cadeau ardemment fantasmé… En implorant la déesse Melitele d’exaucer mes prières.

De « Le Gwent, c’est quoi donc que c’est » ?
Mais gardez vos petits doigts crochus et avides dans vos poches, d’abord, un petit préambule… Qu’est-ce que le Gwent ? Eh bien, il s’agit à l’origine d’une mise en abyme ludique, d’un jeu dans le jeu. Entendez par là que dans The Witcher 3, où l’on interprétait le célèbre Geralt de Riv, on pouvait se rendre dans les tavernes et s’adonner à un jeu de cartes type Magic : l’Assemblée ou Hearthstone (pour ne citer qu’eux en comparaison). Pour faire simple, il s’agissait d’un mini-jeu de duel face à un adversaire unique, où chacun composait son paquet avec le panel de cartes en sa possession. Sur la table, l’affrontement se faisait à base de personnages, de créatures et d’effets divers, et le but était de défaire son adversaire sur deux des trois manches possibles.
Ce jeu a déjà bien failli ne pas voir le jour, dès le début. En effet, les concepteurs, Rafał Jaki et Damien Monnier, l’ont soumis un peu comme une idée de dernière minute au studio CD Projekt Red. Et quand on voit le résultat et l’engouement qu’il a suscité, on se dit que ça aurait quand même été dommage qu’une telle idée finisse aux oubliettes…
« The Witcher 3 : Wild Hunt » a incontestablement marqué l’histoire du jeu vidéo et posé les jalons modernes du RPG en monde ouvert. En tant que fan (et donc pas objectif), je ne suis peut-être pas le mieux placé pour vous le présenter si vous n’y avez jamais joué. Mon collègue Ramus vous en parlerait sans doute mieux que moi, mais il brille notamment par sa liberté d’action, la maestria de sa direction artistique et la maturité de son univers. La richesse et l’authenticité de ce dernier sont accentuées par moult détails, dont l’existence du Gwent fait partie.
De tout temps, l’homme a joué, qu’il fût rustre mercenaire ou noble chevalier, comme en attestent les osselets, dés, cartes et jeux d’échecs auxquels il s’adonnait pour se distraire entre deux batailles rangées. Aussi l’ajout d’un loisir de ce type dans ce monde, pourtant inventé de toutes pièces, lui donne davantage de corps et de véracité. Dans The Witcher 3, on mange, on dort, on vit, on meurt, on aime, on hait, on fait l’amour et la guerre… et on joue au Gwent, aussi, parfois.
Le pari de ce mini-jeu « in-game » fut un succès. Au point que certains joueurs se détournèrent même des quêtes et de l’histoire principales, préférant collectionner les cartes de Gwent plutôt que de chasser des monstres. CD Projekt Red sent le filon et décide de donner en 2016 une vie indépendante au jeu de cartes sur ordinateur pour commencer, puis sur consoles, mobiles et tablettes en 2019. Il connaîtra des évolutions graphiques et de règles, jusqu’à la version actuelle qu’est « Gwent: The Witcher Card Game » (excellent jeu également, bien qu’un peu différent, que je ne peux que vous conseiller).
Et la version physique alors ? Eh bien, réclamée à corps et à cris par la communauté, elle ne voit pas le jour… Au point que les fans, impatients, finissent par s’emparer du bébé et décident de créer eux-mêmes le jeu en PnP (Print and Play) à partir de visuels récupérés dans les jeux vidéo notamment. Ces tentatives étaient partagées sur Reddit ou des forums de fans, mais leur existence fut chaotique, car elles furent souvent retirées après les remontrances de CD Projekt Red pour usage de visuels protégés.
Finalement, ces versions pirates ont été peu à peu abandonnées à la suite de l’annonce en 2023 du développement officiel par la maison mère polonaise (enfin !)
En France, le jeu sera édité par No Loading Games et distribué par Gigamic. Il a été développé par No Loading Games en collaboration avec CD Projekt Red. Il est conçu pour 1 à 5 personnes dès 14 ans, avec des parties de 20 minutes et un prix d’environ 35€.

Du matériel : de l’acier pour les humains, de l’argent pour les monstres
« Gwent, le jeu de cartes légendaire » a donc pour toile de fond celle de The Witcher. C’est à la base une saga de nouvelles et de romans sortie de l’imaginaire d’un écrivain polonais au nom imprononçable pour nous, pauvres Latins… Andrzej Sapkowski s’est inspiré du folklore et de la mythologie slaves pour créer un univers de fantasy sombre et désespéré, où les humains (et les elfes, et les nains) qui y évoluent sont parfois pires que les monstres qu’ils côtoient.
Si vous vivez dans une grotte et avez loupé la (discutable ?) série Netflix qui en est la dernière manifestation, imaginez un western médiéval fantastique sentant bon la terre retournée, dont le personnage principal serait un genre de Clint Eastwood chargé de dégommer des créatures affreuses, dans un monde où décidément, ton voisin amical est peut-être ton pire ennemi… Ah oui, et il y a un barde aussi, pour la légèreté, et des sorcières sexy mais sacrément badass.
Pour ceux qui connaissent l’univers, vous ne serez pas dépaysés, car les illustrations (superbes) des cartes sont les mêmes que celles utilisées dans The Witcher 3 : Wild Hunt. Oui, vous m’avez bien entendu, les mêmes. Exactement. En effet, les visuels réalisés par l’équipe de CD Projekt Red ont été conservés à l’identique, exauçant le souhait de la communauté de fans de voir le jeu virtuel d’origine matérialisé tel quel.
Les cartes que manipulait Gwynbleidd dans le jeu vidéo sont donc les mêmes que celles que vous avez dans les mains. Quoi de mieux pour s’imaginer, l’espace d’une partie, dans une taverne de Novigrad ? Si vous ajoutez à cela un petit fond sonore tiré de la magnifique B.O. signée Marcin Przybyłowicz, eh bien vous y êtes (utilisez internet si vous n’avez pas de troubadour sous la main)…
La boîte n’est pas en reste avec sa taille compacte et sa couverture élégante, qui met en scène Geralt et sa fille adoptive Ciri en plein duel, surmontée du titre en lettres embossées. Le choix d’un effet bois ajoute un côté rustique et authentique, tout à fait raccord avec l’univers médiéval. Un bel écrin donc, qu’on a hâte d’ouvrir, encore plus qu’une boîte de chocolats pendant un régime summer body.
À l’intérieur, la magie s’estompe toutefois quelque peu en découvrant un plateau de jeu papier, certes qualitatif, mais qu’on aurait espéré en carton. Déception. On imagine la volonté louable de contenir le tarif par l’éditeur, ce qui semble confirmé par la présence de jetons de score et de manche, d’une pièce de tirage au sort et d’un tableau de score en carton (ni bois, ni métal, ni acrylique).
Au final, rien de rédhibitoire, et on peut même se dire que d’un point de vue économique autant qu’écologique, cela se justifie pleinement. Tout au plus, on s’interrogera sur l’utilité d’une face recto-verso pour le plateau de score (?), et du manque de jetons si on joue à plus de deux (ce qui est pourtant prévu dans les règles). Dommage.
Parlons des règles d’ailleurs : succinctes (un livret de 12 pages), elles n’en sont pas moins bien rédigées et claires, agrémentées d’illustrations utiles pour appuyer le propos. Toutefois, encore une fois, si vous connaissez le jeu d’origine, vous serez en terrain connu, car rien (ou presque) ne change, et vous pourrez vous lancer (en duel au moins) immédiatement dans une partie, avec l’enthousiasme impatient d’un chien redécouvrant un vieux bâton oublié, enterré au fond du jardin.

Terminons cet unboxing avec de (très) bonnes surprises, à savoir les 436 cartes du jeu au format « classique » poker : TOUTES les cartes du jeu sont présentes, aucune nécessité d’acquérir des extensions et/ou des sachets supplémentaires. Et ça, c’est vraiment appréciable. De plus, leur format permet de les protéger aisément, ce que tout bon passionné s’empressera de faire avec délectation, et qui aurait été plus complexe si elles avaient été au format « tarot » (comme dans le jeu vidéo original).
Pour finir, et c’est la cerise sur le gâteau, lorsqu’on retire les paquets du thermoformage, on découvre de petites cales en carton au fond… Eh bien figurez-vous qu’ils ont pensé à tout, à savoir qu’un jeu de cartes sous pochettes prend évidemment plus de volume que la normale… L’enfer du ludiste, si vous me permettez, faisant que la boîte ne ferme pas bien. Sauf que là, tout a été anticipé : retirez la petite hauteur en carton, glissez votre paquet protégé, et hop, le tour est joué. Astucieux. On aime.
En conclusion, on tire globalement notre chapeau : le matériel est vraiment à la hauteur, et surtout pour un prix contenu à un niveau correct. Pour 35€, on a TOUT ce dont on a besoin pour jouer, dans sa totalité. Pour quelques euros de plus, on aurait apprécié avoir des petits efforts sur certains éléments (plateau, jetons), mais là aussi, rien n’est laissé au hasard… Si vous êtes un passionné, rien ne vous empêche de « pimper » votre exemplaire.
En effet, des évolutions sont possibles et vendues séparément, notamment des tapis de jeu en néoprène (très classes), des sachets de cartes holographiques qui brillent (mon précieux !), des protections officielles illustrées… Bref, si vous avez le budget et l’envie, vous pourrez améliorer votre jeu. À noter qu’une version « deluxe » (et en anglais) est annoncée pour les aficionados complets (ou Bernard Arnault), avec coffret en bois, cartes format tarot, pièce en métal et jetons acryliques, pour la modique somme d’environ… 200€ (ouch).

Du gameplay : Une épée n’est qu’une épée. La main et l’esprit sont les véritables armes.
Alors c’est bien beau tout ça, me direz-vous, mais comment on joue ?
Eh bien, chaque joueur commence par choisir en début de partie une faction parmi les 5 disponibles : les Monstres, l’Empire Nilfgaardien, les Royaumes du Nord, Scoia’tael et Skellige. Chacune a un pouvoir qui lui est propre et qui influence la partie, et à chacune correspond un paquet de cartes. Chaque deck comporte environ 85 cartes dont 5 leaders.
Pour faire simple :
Les Monstres jouent sur le débordement de l’adversaire avec des nuées de créatures résistantes, façon pack des All Blacks un peu énervé.
Les Nilfgaardiens abusent des espions et des ruses pour défaire leurs adversaires (toute ressemblance avec la politique actuelle est fortuite). Ils sont les seuls à gagner s’ils arrachent une égalité !
Les Royaumes du Nord sont les champions du boost, de la bataille rangée et des engins de siège, et n’ont rien à envier aux CRS un soir de manif.
Les Scoia’tael (à vos souhaits) sont des genres d’elfes agiles, maîtres dans l’art de la guérilla sylvestre, et qui décident toujours qui commence le tour.
Skellige, enfin, est une sorte de faction viking nordique adepte du combat et qui devient plus forte et féroce avec celui-ci, genre Conor McGregor sous amphétamines.

Les cartes sans faction, dites « neutres », sont répliquées dans les 5 decks afin qu’elles soient disponibles pour chacun sans avoir besoin de faire de concession, ou de les redistribuer et éviter ainsi des manipulations incessantes. En voilà plutôt une bonne idée !
Deux options s’offrent alors :
- soit vous jouez avec les decks préconstruits (préparés à l’avance et constitués avec les cartes reconnaissables à la petite étoile blanche qu’elles portent en bas à gauche).
- soit vous en constituez un (en respectant les règles de construction. Chaque deck doit ainsi contenir au minimum : 1 carte leader (avec pouvoir), 22 cartes unités (standards, ou héros qui sont insensibles aux effets quels qu’ils soient), 10 cartes spéciales maximum (ex : météo).
Toutefois, gardez à l’esprit que plus vous mettrez de cartes dans votre paquet, moins vous aurez de chances de tomber spécifiquement sur chacune d’elles. Nous ne saurions que trop vous conseiller, surtout si c’est votre première partie, de commencer avec les decks préconstruits pour vous familiariser avec le jeu.
Ensuite, on tire au sort pour décider qui est le premier joueur, en jouant à pile ou face (avec la pièce fournie, ou toute autre qui vous conviendra si, comme moi, vous avez « pimpé » votre jeu avec une pièce métallique, pour soigner l’atmosphère médiévale). Chaque joueur pioche ensuite 10 cartes pour constituer sa main.
La particularité du Gwent (et ce qui en fait tout le sel) tient en cet aspect : cette main de départ de 10 cartes devra durer TOUTES les manches éventuelles de la partie ! Cela oblige à savoir gérer son effort et apprendre à sentir quand il est judicieux de mettre la pression à son adversaire, ou quand il vaut mieux passer et se retirer pour préserver ses forces pour les manches suivantes.
On peut toutefois changer jusqu’à deux cartes de sa main successivement en prenant une nouvelle carte de sa pioche et en remélangeant une carte dans son paquet. Ce « mulligan » optionnel permet de limiter la malchance (et/ou de tenter de forcer sa chance) et d’améliorer sa main en début de partie.
Et c’est parti (pour le show) ! À son tour, chaque joueur peut accomplir 1 action parmi 3 possibles :
- activer le pouvoir de son leader (une seule fois dans la partie, à moins que ce pouvoir soit passif et donc permanent)
- jouer une carte
- ou passer son tour (et ne plus pouvoir rejouer de la manche)

Le champ de bataille est divisé en 3 zones : mêlée, distance et siège. Les cartes unité et héros ne peuvent être posées que dans celles où elles sont autorisées à l’être (indiqué par un pictogramme « icône de portée »).
De plus, certaines cartes spéciales n’affectent qu’une certaine zone (et parfois les deux joueurs), d’où l’importance de bien choisir son placement quand on a le choix.
Chaque carte unité ou héros a une valeur de force, indiquée en haut à gauche, et éventuellement des capacités qui sont déclenchées lorsqu’elles sont jouées. Ces capacités sont symbolisées par des pictogrammes, qui sont repris sur des aides de jeu.
Chaque carte ainsi jouée rejoint votre armée, et son score de force s’ajoute aux autres pour constituer votre valeur pour la manche. Plus ce total est élevé, plus l’ascendant que vous prenez est important. On peut décider de gonfler le jabot et surenchérir, ou de passer. Lorsqu’on cesse de faire le coq et qu’on passe, l’adversaire peut jouer autant de fois qu’il le souhaite avant de passer à son tour, ce qui met fin à la manche. On fait alors les comptes, et le plus haut total de force gagne. S’il y a égalité, c’est une défaite pour les deux !
Une partie se joue en 2 manches gagnantes, symbolisées par des gemmes rouges (ou des petits rubis acryliques si, comme moi, vous êtes malade et faites du tuning ludique). En apparence simpliste, le jeu s’avère, vous le verrez, plus tactique qu’il n’y paraît, mêlant stratégie, bluff et gestion de main.

Si le Gwent est à l’origine un jeu de duel exclusivement, d’autres modes de jeux, amicaux ou compétitifs, ont été imaginés par l’éditeur ! On trouvera un mode solo (contre un automa), 2 vs 2 (en équipes), multi (battle à 3 à 5 joueurs) ou tournoi (deckbuilding avancé)…
Pour ce dernier, des règles spécifiques s’appliqueront, avec des limites de construction : un maximum de 130 points de force cumulé dans le deck, 2 soigneurs ou espions maximum, et 5 cartes spéciales au plus, ce à des fins d’équilibrage, et d’éviter des matchs dégénérés. D’ailleurs, des tournois sont prévus en boutique, avec des goodies à la clé !
Verdict : Il n’y a pas de moindre mal. Le mal c’est le mal.
Alors, Gwent, the legendary card game, est-ce que c’est aussi légendaire que ça ?
Oh que oui.
Punaise.
On l’a attendu ce jeu. Et pour le 10ème anniversaire de The Witcher 3 : Wild Hunt, on l’a enfin. Tous ceux qui ont parcouru le Continent virtuellement, à pieds ou à dos d’Ablette, ne pourront que se réjouir de la nouvelle. Un jeu dans le jeu devenu tellement emblématique qu’il a même connu son lot de détournements humoristiques.
En effet, dans un monde sombre et déchiré par la violence, les intrigues et la mort, la proposition inopinée par un PNJ d’une partie de Gwent paraissait parfois incongrue, presque comique. Voir Geralt, le chasseur de monstres, passer sans transition d’une quête urgente, d’une mission dangereuse à une pause pour taper le carton, c’était pour le moins burlesque. Comme si le temps s’arrêtait momentanément, et que plus rien n’importait si ce n’est cette parenthèse ludique.
Et c’est bien ça qu’on retrouve en essence dans la boîte de Gwent, the legendary card game : la promesse d’une évasion momentanée dans l’imaginaire du jeu. Un jeu simple mais pas simpliste, absorbant, beau, dont les parties s’enchaînent rapidement. Facile à expliquer, mais difficile à maîtriser. Et qui, à défaut d’auberge près de chez vous, se savourera dans votre salon au coin du feu, avec un air médiéval et un partenaire / adversaire de bonne compagnie.
Conclusion : Ce monde n’a pas besoin d’un héros. Il a besoin d’un professionnel
On aime
- La fidélité au jeu vidéo d’origine The Witcher 3 : Wild Hunt
- La simplicité apparente et la profondeur cachée du gameplay
- La beauté des illustrations et l’atmosphère de l’univers
On aime moins
- Le matériel un peu « cheap » (surtout le plateau)
- Le mode solo (le Gwent, c’est du duel !)
- Rien. Ah si… Hmm… je déteste les portails
C’est fait pour vous si…
- Vous êtes fans de l’univers et du jeu d’origine
- Vous aimez le bluff et pousser votre adversaire à la faute
- Vous appréciez d’enchaîner les parties rapides
Ce n’est pas fait pour vous si…
- Vous n’aimez ni le poker ni composer avec le hasard
- Les jeux à licence vous sortent par les yeux
- Vous êtes davantage branché froufrous à la Bridgerton
Gwent prouve qu’un bon mini-jeu ne meurt jamais. Il attend juste le bon moment pour sortir de sa taverne virtuelle et venir squatter votre table de salon, une pinte de bière et un paquet de cartes à la main.

Grandiose !

FAQ : Gwent, le jeu de cartes légendaire
Qu’est-ce que Gwent à l’origine ?
C’est le mini-jeu culte intégré à The Witcher 3: Wild Hunt. Deux joueurs s’y affrontent pour remporter deux manches sur trois à l’aide de cartes représentant héros, créatures et sorts. Le succès a été tel que beaucoup ont passé plus de temps à jouer au Gwent qu’à chasser des monstres.
Pourquoi une version physique ?
Après dix ans de demandes, CD Projekt Red a enfin répondu aux fans. Jusqu’ici, seules des versions artisanales circulaient. L’édition officielle (développée par No Loading Games et distribuée par Gigamic) marque la première version complète et légale du jeu.
Que contient la boîte ?
436 cartes, un plateau en papier, des jetons, une pièce de tirage, un livret de règles et des cales pour cartes protégées. Le tout pour environ 35 €. Le matériel est fidèle au jeu vidéo, même si certains auraient préféré des composants plus luxueux.
Le jeu est-il complet ?
Oui. Tout est inclus dès la boîte de base — pas d’extensions nécessaires. Des accessoires “deluxe” (pièce en métal, tapis néoprène) existent pour les collectionneurs.
Comment se déroule une partie ?
Chaque joueur choisit une faction, pioche 10 cartes et doit gérer sa main pour trois manches. On joue, bluffe ou passe son tour pour remporter deux manches sur trois. Aucune pioche supplémentaire : tout repose sur la gestion de ses 10 cartes.
Quelles sont les factions ?
- Monstres : puissance brute et surnombre.
- Nilfgaard : espionnage et ruse.
- Royaumes du Nord : renforts et engins de siège.
- Scoia’tael : agilité et initiative.
- Skellige : force qui s’amplifie avec le combat.
Y a-t-il d’autres modes de jeu ?
Oui : solo contre un automa, 2v2, mode “Battle” jusqu’à 5 joueurs, et tournoi avec deck-building avancé.
Pour qui est fait Gwent ?
- À recommander si vous aimez The Witcher, le bluff, la stratégie rapide et les duels tendus.
- À éviter si vous fuyez le hasard, les licences, ou préférez les jeux narratifs.
Le verdict ?
Une adaptation fidèle, élégante et complète. Gwent capture parfaitement l’esprit du jeu vidéo : simple à apprendre, profond à maîtriser, et terriblement addictif. Dix ans d’attente pour un classique instantané.
- Date de sortie : Octobre 2025
- Langue : Française
- Assemblé en : Chine
- ITHEM : 5 sur 5. Pour en savoir plus sur l’ITHEM dans les jeux de société, c’est ici.
- IGUS : 5 sur 5. Pour en savoir plus sur l’IGUS dans les jeux de société, c’est ici.
- EcoScore : C. Si vous voulez en savoir plus sur l’EcoScore dans les jeux de société, c’est ici

- Label Dé Vert : Non. Pour en savoir plus sur le label Dé Vert, c’est ici.
- Création : Rafal Jaki & Damien Monnier
- Illustrations : CD Projeckt RED
- Édition : No Loading Games
- Nombre de joueurs et joueuses : 1 à 5
- Âge conseillé : Dès 14 ans
- Durée : 20 minutes
- Thème : Fantastique
- Mécaniques principales : Cartes, deck building, affrontement, gestion de main. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.
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10 Comments
Starkiller
Je l’attendais avec tellement d’impatience ! Je l’ai espéré si longtemps ! J’ai hâte de pouvoir l’inclure dans ma ludothèque. En ce qui concerne le plateau en papier, il m’est avis que c’est surtout pour nous pousser à prendre les mats en néoprène officiels… Tout comme les sleeves officielles qui existent… Les petits malins, ils m’auront sur ce coup là !
Fred de Gus&Co
Ha ha, pareil!
Arnaud
Merci pour cette review 🙂
Un petit détail cependant, No Loading Games est bien le développeur et éditeur qui a travaillé avec CDPR, Hachette UK est le distributeur pour l’UK!
Fred de Gus&Co
Merci pour cette précision.
Aurel
Essayer au flip.Jeux sortie trop tôt en France, traduction au fraises concernant les regles et certaines cartes.attendez la réédition avec corrections
Fred de Gus&Co
Ah oui? Ça ne m’a pas marqué. Des exemples ?
doudou
Je ne pense pas que ce soit la traduction qui soit mal faite, c’est pareil en anglais.
Par exemple, on nous dit que « les héros sont les seules cartes qui ne sont affectées par aucune capacité spéciale (carte spéciale, carte unité ou carte chef) ».
Pour certaines capacités, il est précisé que la carte héros n’est pas affectée (par exemple : Incinération, Leurre).
D’accord, c’est déjà indiqué dans la règle de base, mais pourquoi d’autres capacités ne le mentionnent pas (Sonnerie de la charge, Morale regonflée par exemple) ?
Par conséquent, ce n’est pas très clair.
Un autre exemple, la carte Berserker nous dit de jouer une carte spécifique de la réserve et de retirer Berserker, mais ils ont oublié de préciser que cette capacité ne s’applique qu’après avoir joué une capacité Mardrome.
Il y a plein de petites imprécisions — rien de rédhibitoire — mais ça pourrait être bien mieux.
Fred de Gus&Co
Oui, en effet… Quand on a pratiqué le Gwent dans The Witcher 3, le jeu vidéo d’origine, ça semble évident, mais quand on découvre, ça peut sembler assez flou, je l’accorde…
JB
Bonjour,
J’ai peut-être loupé l’info dans la review mais comment se passe le comptage des points ? Dans le jeu vidéo, on a l’avantage d’avoir un ordinateur qui compte pour nous en temps réel. Là, quand on joue une carte météo par exemple, il faut nous même calculer la pénalité de points sur toute une ligne ? Pareil pour les cartes héros qui renforcent toute une ligne ?
Merci d’avance !
Fred de Gus&Co
Eh bien oui, il faut faire travailler un peu ses méninges et faire ses comptes en live avec la piste de score, mais rien d’insurmontable tout de même!