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Jeux de plateau

Sanctuary : La suite simplifiée d’Ark Nova attendue pour 2025

🦒 Envie d’un Ark Nova accessible ? Sanctuary nous offre un puzzle zoologique plus court, tout en gardant l’intensité du jeu d’origine.


Sanctuary

En bref :

  • Une version allégée d’Ark Nova : Sanctuary reprend son ADN tout en simplifiant les mécaniques et en raccourcissant les parties.
  • Un puzzle de tuiles thématique : placez animaux, bâtiments et projets de conservation pour créer le zoo idéal.
  • Accessibilité élargie : durée de 40 à 100 minutes, règles plus abordables, et jusqu’à 5 joueurs.

Un soir, devant une partie d’Ark Nova interminable, Mathias Wigge a eu un éclair de génie : et si l’aventure animale se jouait en moins d’une heure ?

Sanctuary est présenté comme le « petit frère » d’Ark Nova sorti en 2021 et en VF l’année d’après, le jeu de stratégie zoologique qui a connu un succès de ouf ces dernières années. Imaginé par le même auteur, Mathias Wigge, Sanctuary promet de reprendre le thème passionnant de la gestion de zoo et de la conservation animale, tout en en simplifiant les mécaniques pour offrir une expérience plus accessible. Les attentes sont donc élevées, tant chez les joueurs et joueuses d’Ark Nova curieux de découvrir cette version allégée, que chez un public plus large qui avait été séduit par le thème du zoo mais rebuté par la complexité du jeu original.

Est-ce que Sanctuary réussira-t-il à conserver la richesse et la profondeur stratégique de son aîné tout en raccourcissant la durée des parties et en allégeant les règles ? Faisons le point sur les annonces de ce nouveau titre.

Genèse du projet et fiche d’identité

Sanctuary (intitulé Arten Garten en version originale allemande) vient d’être officiellement annoncé ce printemps 2025. Il est le fruit du travail de Mathias Wigge, l’auteur d’Ark Nova, qui signe ici son deuxième jeu. L’éditeur allemand Feuerland Spiele est de nouveau aux commandes. D’après les informations communiquées, Sanctuary est attendu fin 2025, possiblement lors du salon d’Essen, le grand rendez-vous du jeu de société en octobre. La version française sera assurée par Super Meeple, qui annonce une sortie pour octobre 2025 au tarif d’environ 45 €.

Côté DA, on retrouve plusieurs noms bien connus pour l’illustration et le graphisme : Dennis Lohausen, Christof Tisch et Felix Wermke sont crédités. Cela marque un changement notable, puisque Ark Nova utilisait principalement des photographies d’animaux et avait une charte graphique parfois jugée… austère. Les premières images de Sanctuary laissent penser que ce dernier conservera une approche visuelle fonctionnelle (pictogrammes, photos et illustrations sobres). Néanmoins, on peut espérer qu’avec ces illustrateurs à bord, la présentation globale gagne en cohérence.

Sanctuary reste fermement ancré dans l’univers d’Ark Nova. On y incarne un responsable de zoo moderne, engagé dans des projets de conservation de la faune. Mathias Wigge et Feuerland (l’éditeur de la VO) partent d’un constat : Ark Nova a cartonné par son thème universel et accrocheur (les animaux, la préservation de la nature) mais restait un jeu « expert » complexe et très riche en matos, ce qui limitait son public.

L’idée de Sanctuary est donc née de la volonté de proposer une expérience plus épurée et rapide, sans pour autant en faire une simple version junior. D’ailleurs, Feuerland a apposé son label « Black Fire » sur la boîte allemande, indiquant que le jeu vise encore un public de joueurs avertis malgré tout. On peut voir là une démarche similaire à celle de Terra Mystica et Terra Nova – le second ayant simplifié le premier pour le rendre plus accessible, tout en conservant ses grandes lignes stratégiques.

Contenu de la boîte

Que trouvera-t-on dans la boîte de Sanctuary ? Sans surprise, beaucoup de matériel rappelle Ark Nova, mais avec quelques différences notables. Voici le contenu principal attendu :

  • 135 tuiles « Zoo » uniques – Ce sont des hexagones qui représentent tour à tour des animaux, des bâtiments ou des projets de conservation. Ces tuiles constituent le cœur du jeu (alors qu’Ark Nova s’appuyait surtout sur des cartes). Chaque tuile comporte des symboles et effets spécifiques. On peut s’attendre, par exemple, à des tuiles d’animaux détaillant l’espèce et son habitat requis, des tuiles de bâtiments apportant des bonus (kiosques, enclos spéciaux, pavillons thématiques…), ou encore des tuiles de projet de conservation indiquant des objectifs à réaliser.
  • Des plateaux individuels – Chaque joueureuse disposera d’un plateau Zoo personnel, très probablement modulable ou double-face comme dans Ark Nova. C’est sur ce plateau que seront placées les tuiles acquises, formant peu à peu la carte de votre parc zoologique. Le plateau comprendra certainement des emplacements hexagonaux à remplir et peut-être des bonus de placement (on pense aux bonus de recouvrement d’Ark Nova qui récompensaient certaines configurations).
  • Pions, jetons et plateaux annexes – Bien que les informations officielles restent à préciser, on peut s’attendre à divers pions en bois ou en carton : marqueurs pour les pistes de score (attractivité du zoo et conservation), jetons de monnaie ou de ressources (Argent, jetons bonus…), peut-être des tuiles spéciales « enclos vide » ou autres éléments nécessaires au gameplay. Un plateau central pourrait regrouper les pistes de score et éventuellement une réserve de tuiles disponibles à l’achat.

Pour visualiser la différence majeure de matériel : il n’y aura aucune carte Animal dans Sanctuary, celles-ci étant remplacées par les tuiles. Le jeu se recentre donc sur un matériel tangible à assembler (les hexagones à placer), ce qui augure d’un aspect puzzle plus prononcé.

Aperçu des mécaniques de jeu

Dans Sanctuary, votre but sera de construire le zoo le plus performant et attractif possible, tout en menant à bien des projets de conservation. Concrètement, chaque joueur va acquérir et placer des tuiles représentant des animaux, des infrastructures ou des initiatives écologiques, de manière optimale sur son plateau zoo. Ces tuiles ont des effets variés qui permettent soit d’augmenter l’attractivité de votre parc (générant du revenu, attirant des visiteurs…), soit de progresser vers des objectifs de conservation (gagner des points « verts » liés à la sauvegarde d’espèces, aux relâchers d’animaux, etc.).

En fin de partie, comme dans Ark Nova, on peut s’attendre à un système de score double (points d’attractivité et points de conservation) dont l’équilibre déterminera le vainqueur – Ark Nova utilisait l’intersection de deux pistes de score, il sera intéressant de voir si Sanctuary reprend ce calcul original ou propose un décompte plus classique.

Selon la description officielle, différents effets sur les tuiles vous aideront à atteindre les objectifs de conservation et à augmenter l’attractivité de votre zoo. On retrouve bien l’idée des deux axes de réussite à gérer en parallèle. Chaque partie proposera une offre de tuiles différente, et “votre objectif est de trouver la meilleure combinaison… pour construire l’établissement zoologique le plus performant”. La variabilité sera assurée par les 135 tuiles uniques disponibles, garantissant que deux parties ne se ressemblent pas – de la même manière que le deck de 250+ cartes d’Ark Nova rendait chaque expérience très différente.

Exemples de tuiles de Sanctuary (matériel prototype en allemand). De gauche à droite : tuile “Ornithologe” (un projet de conservation, bande rose, avec un effet de placement de tuile bonus), tuile d’habitat “Am Fluss” (« Au bord du fleuve », bande verte centrale, probablement une zone aquatique à intégrer au zoo), et tuile “Afrika-Pavillon” (bâtiment thématique, bande bleue, offrant l’effet de piocher une carte/tuile). Chaque tuile comporte des symboles d’icônes d’animaux (en haut) et des bonus ou conditions (cases jaunes avec pictogrammes).

Grâce à ces tuiles, Sanctuary met l’accent sur le placement spatial : il faudra imbriquer judicieusement les hexagones sur votre plateau pour maximiser les synergies. On retrouve là un côté puzzle plus prononcé que dans Ark Nova (où le placement des enclos importait moins que les cartes en main). Ici, “votre objectif est de trouver la meilleure façon d’assembler vos animaux, vos bâtiments et vos projets sur la carte de votre zoo”.

Comparaison avec Ark Nova : différences et points communs

Comment Sanctuary se compare-t-il à son prédécesseur Ark Nova sur le plan du gameplay ? Voici un aperçu comparatif des deux jeux :

AspectArk Nova (2021)Sanctuary (2025)
ComplexitéJeu expert, règles foisonnantes, icônes nombreuses (niveau exigeant).Jeu intermédiaire, mécaniques épurées et plus intuitives, accessible dès 12+.
DuréeLongue (90–150 min selon joueurs).Réduite (40–100 min annoncées) pour des parties plus courtes.
Nombre de joueurs1 à 4 joueurs (solo compétitif contre un score).1 à 5 joueurs (solo probablement présent également).
Matériel principal~255 cartes (Animaux, Sponsors, Projets), tuiles Enclos, plateaux.135 tuiles (Animaux, Bâtiments, Projets) à placer, aucune carte Animal.
Mécaniques majeuresSélection d’actions (5 cartes), gestion de main, placement d’enclos.Sélection d’actions, draft/choix de tuiles, puzzle de placement.
Objectifs/ScoreDeux pistes à croiser : Attractivité vs Conservation.Attractivité vs Conservation également, à voir si le scoring reprend le croisement.

En un coup d’œil, on constate que Sanctuary reprend l’ADN ludique d’Ark Nova (mêmes thèmes, même système d’actions à puissance variable, double objectif attirer/conserver) tout en opérant des choix de simplification ciblés :

  • Le remplacement des cartes par des tuiles devrait réduire la part de hasard (piocher une mauvaise main en début de partie d’Ark Nova pouvait handicaper) et rendre le jeu plus tangible pour les joueurs et joueuses (on voit toutes les options disponibles sur la table). En contrepartie, la variété absolue sera un peu moindre (135 tuiles uniques contre ~250 cartes uniques dans Ark Nova), mais l’expérience sera plus contrôlée.
  • La durée de partie devrait s’en trouver fortement raccourcie. Ark Nova souffrait pour certains de sa longueur (2 à 3h souvent). Sanctuary cible des parties autour d’1h – 1h30 max à 4-5 joueurs, et possiblement 45 minutes à 2 joueurs. Cela ouvre le jeu à des créneaux plus faciles à caser (soirées de semaine, jouer plusieurs parties d’affilée…).
  • Le niveau de complexité globale descend d’un cran. Plusieurs sources comparent Sanctuary à des jeux de poids moyen comme Wingspan ou Everdell en termes de complexité ressentie. Ark Nova était parfois comparé à Terraforming Mars ou aux gros euros type Brass du fait de ses nombreux paramètres ; Sanctuary, lui, viserait un public « amateur plus », comme l’audience de Wingspan (un jeu de gestion d’oiseaux accessible) – tout en restant un jeu stratégique et non un pur familial. On pourrait dire qu’il aspire à être pour Ark Nova ce que Terra Nova a été pour Terra Mystica : une porte d’entrée plus grand public vers un excellent jeu de stratégie initialement costaud.
  • Sanctuary demeure un jeu de gestion exigeant – il ne faut pas le confondre avec un hypothétique « Ark Nova Kids ». Feuerland l’a souligné en conservant le label expert sur la boîte et en ne baissant l’âge recommandé que de 14 à 12 ans. Il faudra toujours optimiser, anticiper, et jongler avec des symboles (icônes d’habitat, de continents, de types d’animaux… qui figuraient sur les cartes Ark Nova et semblent aussi présentes sur les tuiles Sanctuary). Les joueurs et joueuses d’Ark Nova retrouveront donc leurs repères et ne devraient pas s’ennuyer, tandis que les nouveaux venus auront un défi à leur mesure sans être submergés.

En termes d’accessibilité des règles, Sanctuary sera probablement plus simple à expliquer. Ark Nova nécessitait un certain temps de prise en main (beaucoup d’icônes, des exceptions, etc.). Avec quatre actions claires et un matériel réduit, la mise en place et l’explication devraient être plus rapides. Super Meeple, l’éditeur VF, excelle souvent à proposer des règles en français bien vulgarisées ; gageons qu’il en sera de même ici pour guider les nouveaux joueurs pas à pas.

Concernant la durée, l’éditeur annonce 40 à 100 minutes. Cette fourchette large s’explique par le nombre de joueurs : on peut estimer environ 20 minutes par joueur une fois les règles assimilées, d’où ~1h20 à 4 joueurs. C’est quasiment la moitié du temps d’une partie d’Ark Nova à 4. Cela rend Sanctuary bien plus dynamique et digeste, tout en conservant une profondeur appréciable. De plus, le rythme alterné action par action et l’absence de temps mort (puisque chacun planifie son zoo sans bloquer les autres, sauf interaction minime sur l’offre de tuiles) en feront un jeu fluide.

À noter que la config (1–5 joueurs) est un petit plus par rapport à Ark Nova (limité à 4 sans extension). Jouer jusqu’à 5 pourra rallonger un peu la partie, mais c’est un argument de vente pour les groupes nombreux. Même si bon, 5 n’est pas vraiment… nombreux. Et inversement, en duo ou solo, on aura un jeu rapide, presque un casse-tête stratégique personnel.

Au final, Sanctuary s’oriente vers le segment « kénérgame » (jeu pour joueurs passionnés mais accessible), comme on les appelle parfois – à mi-chemin entre le familial-plus et l’expert. Avec un âge indiqué 12+, il pourra attirer des familles de joueurs, des adolescents, là où Ark Nova nécessitait souvent d’être encadré par un vétéran du jeu de société. Cette ouverture plus large pourrait permettre à Sanctuary de rencontrer un succès commercial encore plus important, en capitalisant sur la renommée de son grand frère tout en étant moins intimidant.

Un nouveau refuge ludique à surveiller

En proposant Sanctuary, Mathias Wigge et Feuerland Spiele ambitionnent de créer un véritable refuge ludique accessible sans pour autant trahir ce qui a fait la force d’Ark Nova. Sur le papier, tous les ingrédients semblent réunis : un thème toujours aussi fort et fédérateur, des mécaniques éprouvées mais allégées juste ce qu’il faut, et l’expérience d’une équipe ayant conscience des attentes. Sanctuary pourrait ainsi combler un vide entre deux publics – assez profond pour satisfaire les gamers en mal de stratégie animale, et assez simple pour accueillir des joueurs moins aguerris dans son zoo.

Bien sûr, il reste des questions en suspens. La simplification sera-t-elle synonyme d’une légère perte de saveur pour les fans endurcis, ou au contraire d’un meilleur équilibre du jeu ? Les choix graphiques feront-ils l’unanimité une fois le produit final dévoilé ? Et surtout, Sanctuary réussira-t-il à renouveler l’exploit d’Ark Nova en termes de succès critique et commercial, voire à le dépasser en touchant un public plus large ?

Il est encore tôt pour le dire, mais l’enthousiasme autour du projet est déjà bien présent. Si vous êtes, comme nous, un ou une grande fan d’Ark Nova en quête de sessions plus courtes, ou un curieux attiré par l’idée de gérer un zoo sans vouloir digérer un gros livret de règles, gardez l’œil ouvert sur Sanctuary. En attendant sa sortie prévue fin 2025, les discussions et révélations à venir nous permettront d’en savoir plus. Une chose est sûre : ce sanctuaire ludique sera l’un des rendez-vous à ne pas manquer, avec l’espoir qu’il tienne toutes ses promesses et devienne, à son tour, un incontournable des soirées jeux de société.

Bref, si vous rêvez de voir un tigre, un caméléon et un koala cohabiter en moins d’une heure, Sanctuary sera votre nouveau zoo de poche !


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