LEGO se met (bientôt) au vert
🧱 LEGO passe au vert : un investissement colossal 💰 Pourquoi le géant du jouet est prêt à payer le prix fort pour l’environnement. 🌱
LEGO : du pétrole aux briques écologiques
Imaginez un monde où jouer avec des LEGO devient un acte écologique…
Dans un monde où la conscience environnementale ne cesse de croître, et tant mieux, l’industrie du jouet fait face à un défi de taille : comment concilier plaisir ludique et responsabilité écologique ? LEGO, le géant danois du jouet, semble avoir trouvé la réponse en s’engageant dans une ambitieuse révolution verte. Cette initiative pourrait bien redéfinir les standards de toute une industrie. Et encore une fois, tant mieux.
Actuellement, la production de briques LEGO repose largement sur l’utilisation de pétrole. Selon les données fournies par l’entreprise, la fabrication d’un kilo de briques nécessite environ deux kilo de pétrole. Pas glop ! Face à ce constat, LEGO a décidé de prendre les devants en se fixant des objectifs ambitieux.
« Notre objectif est de remplacer plus de la moitié de nos briques par des matériaux renouvelables ou recyclés d’ici 2026 », a déclaré à Reuters il y a quelques jours Niels Christiansen, PDG de LEGO. Un défi de taille quand on sait que seulement 22% du matériau utilisé dans les briques LEGO n’est actuellement pas issu des combustibles fossiles.
La quête du matériau parfait : un défi technologique
Pour atteindre cet objectif, LEGO s’est lancé dans une véritable course à l’innovation. L’entreprise a déjà testé plus de 600 matériaux alternatifs, cherchant le parfait équilibre entre durabilité, résistance et « cliquabilité » – cette caractéristique unique qui permet aux briques de s’emboîter parfaitement.
Lego ne cherche pas simplement un matériau ‘vert’. Ils doivent trouver une alternative qui conserve toutes les qualités qui ont fait le succès de leurs briques pendant des décennies.
Cette quête du matériau idéal implique l’exploration de diverses pistes, allant de l’utilisation d’huiles de cuisson usagées à la valorisation de déchets de l’industrie alimentaire. Des recherches qui placent LEGO à l’avant-garde de l’innovation dans le domaine des plastiques biosourcés. Rappelez-vous, à l’instar du Re-Wood, le tout nouveau matériel en bois recyclé utilisé désormais dans tous les (gros) jeux du tchèque CGE (Kutna Hora, SETI).
Le coût de l’innovation : un investissement (colossal) pour l’avenir
Cette transition écologique a un coût, et LEGO est prêt à l’assumer. L’entreprise a annoncé être disposée à payer jusqu’à 70% de plus pour obtenir de la résine certifiée renouvelable. Un investissement conséquent qui témoigne de l’engagement de LEGO dans cette démarche.
« Cela représente une augmentation significative du coût de production d’une brique LEGO », admet Niels Christiansen. « Mais nous considérons cet investissement comme nécessaire pour l’avenir de notre entreprise et de la planète. »
Pour mettre ces chiffres en perspective, selon une étude de Grand View Research, le marché mondial des bioplastiques devrait atteindre 19,93 milliards de dollars d’ici 2025, avec un taux de croissance annuel composé de 18,8%. LEGO, avec son initiative, se positionne donc sur un marché en pleine expansion.
Une course contre la montre
LEGO s’est fixé des objectifs ambitieux : 50% de matériaux renouvelables ou recyclés d’ici 2026, et 100% d’ici 2032. Ces échéances, qui peuvent sembler lointaines, représentent en réalité un défi considérable pour une entreprise de cette envergure.
Pour mettre ces objectifs en perspective, il est intéressant de noter que d’autres acteurs de l’industrie du jouet ont également pris des engagements similaires. Mattel, par exemple, vise à utiliser uniquement des plastiques recyclés, recyclables ou biosourcés dans tous ses produits d’ici 2030.
Les défis techniques : quand la chimie rencontre le jeu
La transition vers des matériaux durables soulève de nombreux défis techniques. Le défi principal réside dans la création d’un matériau qui possède toutes les propriétés mécaniques du plastique traditionnel, tout en étant écologique et économiquement viable à grande échelle.
Parmi les défis spécifiques, on peut citer :
- La stabilité thermique : les briques LEGO doivent résister à des températures élevées sans se déformer.
- La durabilité : les nouvelles briques doivent avoir une durée de vie comparable aux briques actuelles, qui peuvent durer des décennies.
- La coloration : obtenir des couleurs vives et stables avec des matériaux biosourcés est un défi en soi.
L’effet domino : LEGO, catalyseur d’une révolution industrielle ?
L’initiative de LEGO pourrait avoir des répercussions bien au-delà de l’industrie du jouet. En investissant massivement dans les plastiques renouvelables, l’entreprise danoise espère créer un effet d’entraînement sur toute la chaîne d’approvisionnement.
LEGO espère que leur engagement incitera les fournisseurs à développer de nouveaux matériaux plus écologiques. Clairement, à terme, cela pourrait bénéficier à de nombreux secteurs industriels.
Cette stratégie s’inscrit dans une tendance plus large de l’industrie. Selon un rapport de l’Association européenne des bioplastiques, la capacité de production mondiale de bioplastiques devrait passer de 2,11 millions de tonnes en 2020 à 2,87 millions de tonnes en 2025.
L’implication des consommateurs : le programme LEGO Replay
LEGO ne se contente pas de revoir sa production, l’entreprise implique également ses consommateurs dans sa démarche écologique. Le programme LEGO Replay, récemment étendu au Royaume-Uni, permet aux utilisateurs et utilisatrices de donner une seconde vie à leurs vieilles briques.
Dans leur stratégie « verte », LEGO Replay est une initiative qui leur tient particulièrement à cœur. Elle permet non seulement de réduire les déchets, mais aussi de sensibiliser leurs clients et clientes (nous !) à l’importance du recyclage.
Depuis son lancement aux États-Unis en 2019, le programme a permis de recycler plus de 2 millions de briques LEGO, démontrant l’engagement des consommateurs dans cette démarche écologique. 2 millions. Joli !
Conclusion : LEGO, pionnier d’un avenir plus vert, ou enfumage ?
L’initiative de LEGO va bien au-delà d’un simple changement de matériau. Elle représente une nouvelle vision de l’industrie du jouet, plus responsable et plus durable. En s’engageant dans cette voie, LEGO ne se contente pas de suivre une tendance, mais se positionne comme un véritable leader de l’innovation durable.
Bon, pour être un poil plus… critiques et lucides, on peut se dire que oh, super, LEGO prend le train de l’écologie. C’est (pas) super original. Ils ont finalement réalisé que l’utilisation de plastiques à base de pétrole ne rendait pas service à la planète. Cela leur a pris du temps. Mais ne nous laissons pas berner par la rhétorique « nous sauvons le monde ». Il y a plusieurs choses à critiquer.
Tout d’abord, l’affirmation selon laquelle l’entreprise adoptera des matériaux renouvelables ou recyclés d’ici à 2026 semble ouf, mais creusons un peu la question. À l’heure actuelle, seuls 22 % de leurs matériaux ne sont pas d’origine fossile. Ils ont essayé plus de 600 matériaux différents, et pourtant, ils ont toujours du mal à en trouver un qui ne rende pas leurs précieuses petites briques trop fragiles ou trop difficiles à assembler. Quel est l’intérêt d’un produit qui se désagrège entre les mains ou qui ne s’emboîte pas correctement ? Les enfants qui jouent avec ces briques sont peut-être trop jeunes pour s’en apercevoir, mais les adultes, eux, ne s’en priveront pas.
Et le coût ? On parle de payer jusqu’à 70 % de plus pour ces matériaux « verts ». Cela semble très noble… jusqu’à ce que l’on se rende compte qui paie la note. Spoiler : ce n’est pas LEGO. C’est vous, le consommateur, la consommatrice qui allez devoir payer encore plus cher des pièces de plastique déjà ridiculement surévaluées. En gros, ils nous font payer pour leur coup de pub. Woah, quelle générosité !
Parlons également de leur calendrier. L’objectif est que 50 % des briques soient renouvelables d’ici à 2026 et 100 % d’ici à 2032. Pardon, mais pensent-ils vraiment que la planète peut attendre aussi longtemps ? D’autres entreprises s’efforcent de parvenir à une durabilité totale bien plus tôt, et LEGO traîne encore les pieds. De plus, ils ont fait des promesses similaires dans le passé (vous vous souvenez de 2019 ? 2023 ?), mais où sont les progrès ? On a l’impression qu’ils ne font ces annonces que tous les deux ans pour rester à la une, sans, pour l’instant, grand résultat.
Et je ne parle même pas des défis techniques auxquels ils sont confrontés : stabilité thermique, durabilité, cohérence des couleurs. Ils sont tous importants, bien sûr, mais s’ils ne peuvent pas les surmonter, alors quel est l’intérêt de toute cette croisade verte ? Il s’agira simplement d’un autre cas de bonnes intentions qui n’aboutissent jamais.
Et leur programme LEGO Replay ? Si on regarde le verre à demi rempli, on se dit « dingue ». Mais pour le verre à demi vide, c’est plutôt une… blaguounette. Ils ont recyclé 2 millions de briques depuis 2019. Impressionnant ? Pas du tout. Si l’on considère les milliards de briques qu’ils ont vendues au fil des décennies, 2 millions sont une goutte d’eau dans l’océan.
Alors, oui, même si l’initiative verte de LEGO peut sembler bonne sur le papier, elle est truffée de défauts, de retards et d’un grand nombre de promesses. Vides ? C’est à vous de juger. S’ils parviennent vraiment à faire ce qu’ils veulent, je serai peut-être impressionnée, mais je reste un poil dubitative.
Reste à voir comment cette initiative inspirera d’autres acteurs de l’industrie du jouet, du jeu, et au-delà, pavant la voie vers un futur où plaisir ludique et responsabilité écologique iront de pair. Rendez-vous en 2026.
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