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Le Tournoi de Camelot. Fourre-tout foutraque

Le Tournoi de Camelot, un petit jeu de plis asymétrique sur le thème des Chevaliers de la Table Ronde. Chaotique.


Le Tournoi de Camelot

Camelot ! Capitale du roi Arthur, siège de son pouvoir. Un lieu légendaire, central dans le mythe arthurien. Le mythe arthurien s’inscrit dans le corpus connu sous le nom de Matière de Bretagne (en contrepoint de la Matière de France et de la Matière de Rome), et comprend différents cycles, dont le plus connu est la Quête du Graal. On y trouve également l’histoire de Tristan et Iseult, Excalibur, la forêt de Brocéliande, la ceinture verte de Gauvain, et bien d’autres légendes, qui ont infusées dans la culture occidentale au fil des siècles. Des éléments que l’on retrouve dans ce petit jeu de plis Le Tournoi de Camelot.

Les adaptations de la légende arthurienne sont nombreuses. On peut citer, dans le désordre, le Cycle d’Avalon de Marion Zimmer Bradley, le Parsifal de Wagner, Le Holy Grail des Monty Python, ou le Kaamelott d’Alexandre Astier. Un de mes préférés reste, malgré son côté kitsch, l’Excalibur de John Boorman, avec sa chevauchée fantastique :

Arthur et ses chevaliers ont aussi été adaptés sur différents supports ludiques avec Quest, en 1978, Pendragon, jeu de rôle des années 90, ou Les Chevaliers de la Table ronde, de Bruno Cathala et Serge Laget, en 2005.

Ils ont aussi, plus ou moins indirectement, été à l’origine de plusieurs jeux plus ou moins complets, Alexandre Astier présentant différents jeux dans la série Kaamelott, aux règles toujours très obscures et compliquées, comme le fameux Cul de Chouette ou le Sirop :

Le Tournoi de Camelot, le jeu

Les règles du Tournoi de Camelot ne sont pas aussi absconses que le Cul de Chouette et le Sirop. Mais elles restent dans un domaine qu’on pourrait qualifier de… « compliqué ».

Sur le papier, c’est simple : Le Tournoi de Camelot est un jeu de plis, avec 4 couleurs et un atout.

Mais.

Mais chaque personne dispose, en fonction de son personnage, d’un ou des pouvoirs, qui vont lui permettre de changer les règles. À son tour, une fois, ou tout le temps, selon la carte. Il y a 8 personnages, chacun avec un pouvoir spécial, qui s’appliquera tout le temps, et autant de cartes « Légendes ». Chaque carte Légende est associée à un personnage et s’activera différemment selon le personnage. Une fois activée, son pouvoir spécial s’appliquera lui aussi tout le temps.

Les pouvoirs sont tous différents et variés. Certains permettront de jouer des cartes spéciales, de changer la manière de gagner, ou seront plus pénalisants. Certains doublent le nombre de points perdus ! Une belle asymétrie, qui est normalement compensée par la carte Légende. On doit savoir modifier sa manière de jouer en fonction des avantages ou désavantages de son personnage. Ce qui ajoute, sur le papier, un intérêt au jeu.

Chaque personne reçoit une carte personnage et sa carte Légende associée. Mais qui reste cachée tant qu’elle n’est pas activée. Ainsi que 400 points de vie.

Rien dans les manches

Le jeu se déroule en plusieurs manches. À chaque manche, on reçoit 12 cartes. Le ou la première joueuse va ouvrir le jeu, le pli avec une carte, et les autres vont devoir suivre à la couleur ou couper s’ils ne peuvent pas suivre. S’ils ne peuvent pas couper, ils doivent défausser une carte, et perdent automatiquement 5 points de vie. C’est le ou la joueuse qui a fourni la plus petite carte, à moins qu’un pouvoir ne change la règle, qui ramasse le pli, et qui ouvrira le pli suivant. Du pur jeu de plis, donc.

Une fois les 12 cartes jouées, on compte le nombre de points de vie dans les plis ramassés, et déduit ce total de son score. Les personnes avec le total le plus bas vont alors piocher une carte de pouvoir, qui devrait leur permettre de rééquilibrer la partie à la manche suivante.

Si un ou une joueuse arrive à 0 points de vie ou moins, la partie s’arrête et la personne qui a le plus de points de vie remporte le tournoi.

Le Tournoi de Camelot, verdict

Le Tournoi de Camelot est la VF d’un « vieux » jeu sorti en 2017. 5 ans plus tard, il est rejaillit des fonds de tiroir.

J’ai apprécié le côté didactique du jeu. Il y a foultitude d’informations sur le Cycle Arthurien, et chaque personnage et légende fait l’objet d’une explication au verso de la carte. Les joueurs et joueuses intéressés pourront y apprendre beaucoup de choses. Un bon point pour l’éditeur, qui n’a pas seulement plaqué un thème sur son jeu de plis.

En revanche, l’asymétrie est trop asymétrique. Les pouvoirs sont parfois trop puissants par rapport aux autres, ou viennent avec des désavantages qui vont fortement pénaliser, voire y soustraire le plaisir de jeu. C’est dommage.

La multitude de pouvoirs, et les changements apportés par ceux-ci dans le déroulement du jeu peuvent aussi perturber les participants au tournoi. Si je joue ça, on comptera comme ça, sauf si l’autre fait ceci, qui va changer telle règle, etc. On peut s’y perdre facilement. Le Tournoi de Camelot laisse un sacré goût de chaos à la table. On ne joue pas au Cul de Chouette, mais presque.

Ajoutez à cela le fait que toutes les cartes ne sont pas distribuées, et qu’il est donc impossible de deviner ce que les autres ont en main, et vous aurez perdu les joueurs et joueuses de jeux de plis classiques. En plus des distraits.

Un jeu de plis asymétrique, avec des règles compliquées et une asymétrie mal calibrée. À réserver aux fans du roi Arthur et de sa table ronde, et encore.

Note : 3 sur 5.

  • Auteur et autrices : Ken Shannon, Karen Boginski, Jody Barbessi
  • Illustratrice : Jody Barbessi
  • Éditeur : OriGames
  • Nombre de joueurs et joueuses : 3 à 6 (tourne mieux à 4)
  • Âge conseillé : Dès 14 ans (aussi possible dès 12 ans)
  • Durée : 45′
  • Thème : Chevaliers de la Table Ronde
  • Mécaniques principales : Plis

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Article écrit par Clément de la Team Gus&Co. Adepte des jeux rapides, son pire ennemi est le paralyseur. Spécialiste des jeux de plis, des casse-têtes et des ours. Il a deux chats, trop de plantes et une mémoire défaillante. Devise : « Faut que ça poppe ! »

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