Écologie,  Jeux de plateau

L’écoconception des jeux et des jouets, une impatience publique

Une enquête auprès de 2 800 foyers révèle que la majorité préfère des jeux durables. L’écoconception a de l’avenir devant elle.


Écoconception et Spielwarenmesse

Il n’y a pas que Essen comme méga salon du jeu en Allemagne. Il y a aussi la Spielwarenmesse. Le salon du jouet de Nuremberg. En réalité, selon les chiffres, c’est d’ailleurs le salon du jeu et du jouet le plus important au monde. Et elle commence justement aujourd’hui, en ligne, annulée en présentielle. Une tendance lourde en 2022 ? L’écoconception. Et les éditeurs, comme la clientèle, s’intéressent de plus en plus à l’écoconception.

Vous n’avez peut-être jamais entendu parler d’elle. Et pour cause, la Spielwarenmesse est réservé aux professionnels de la branche du jeu de société et du jouet, aux représentants de la presse ainsi qu’aux entreprises invitées. Si Essen attire environ mille éditeurs chaque année, la Spielwarenmesse, elle, en attire presque le triple, environ 2 850 exposants issus de 60 pays qui viennent présenter leurs nouveautés à 79 000 grossistes, acheteurs et distributeurs du monde entier. Des chiffres qui donnent le tournis.

À noter, par ailleurs, en parlant d’Essen, pour bien commencer l’année, que la société derrière la Spielwarenmesse a justement racheté le salon du jeu d’Essen le premier janvier 2022.

Il y a quelques jours, juste avant l’ouverture de ce méga salon du jeu et du jouet, l’organisateur a mandaté un institut indépendant pour mener une étude sur les habitudes de la consommation du jeu et du jouet. Le constat est sans appel, la grande majorité demande une écoconception.

Écoconception

Il existe de nombreuses définitions de l’écoconception. Selon la norme officielle française d’écoconception, il s’agit d’un intégration systématique des aspects environnementaux dès la conception et le développement de produits, avec pour objectif la réduction des impacts environnementaux négatifs tout au long de leur cycle de vie. Cette approche dès l’amont d’un processus de conception vise à trouver le meilleur équilibre entre les exigences, environnementales, sociales, techniques et économiques dans la conception et le développement de produits.

Pour simplifier, et selon la Norme ISO14006 v2020, il s’agit d’une approche méthodique qui prend en considération les aspects environnementaux du processus de conception et développement dans le but de réduire les impacts environnementaux négatifs tout au long du cycle de vie d’un produit.

Autrement dit, l’écoconception s’intéresse à toutes les étapes de la création et de l’usage d’un produit, quel que soit ce produit. Les jeux de société et les jouets y compris.

Quête et enquête

Quelques jours, quelques minutes avant d’ouvrir ses portes aujourd’hui, la Spielwarenmesse a donc mandaté une société espagnole externe, l’AIJU, l’institut technologique des produits et loisirs pour enfants, pour s’intéresser aux pratiques, aux demandes des gens des jeux et des jouets.

👉 À lire également : « Le jeu le plus écologique est celui qui n’est pas produit ».

L’enquête a été menée auprès de 2 800 ménages avec des enfants âgés de 0 à 11 ans. Elle a été menée en Allemagne, Italie, France, Chine, Espagne, Royaume-Uni et États-Unis en 2021.

Selon les conclusions de l’étude, le matériau utilisé est un indicateur particulièrement important pour les parents pour déterminer si un jouet est durable. Pour 74% d’entre eux, cela signifie du bois, suivi de bambou (64%), de plastique recyclé (63%) et de bioplastiques (60%).

Plus des deux tiers des personnes ont eu des expériences positives antérieures avec des jouets qui ont suivi des processus d’écoconception. La durabilité et la sécurité des jeux et des jouets étaient des facteurs décisifs, en plus de leur qualité.

Prix et boutiques

En ce qui concerne le prix, la majorité des gens interrogés percevaient des jouets durables aussi plus chers que les autres jouets. Mais ce que l’étude démontre, c’est qu’ils sont toutefois prêts à payer davantage pour des produits de jouets qui respectent l’environnement.

Il a été constaté que 27% des répondants ont indiqué qu’ils paieraient 5% à 10% de plus pour de tels produits, tandis que 26% seraient prêts à accepter une prime de prix pouvant atteindre 5%.

En outre, l’étude révèle également les sources d’informations que les gens utilisent. Les sources en ligne sont les plus fréquemment utilisées, telles que des sites Web (28%), des réseaux sociaux (23%) et Internet plus généralement (22%). Pour 20% d’entre eux, les boutiques « en dur » représentent un point de contact important.

Lors de la décision d’achat, 56% disent avoir été guidés par des étiquettes de qualité et des certificats. 55% de la clientèle font confiance aux informations des fabricants. Tandis que 41% s’appuient sur des recommandations du personnel de vente dans la boutique.

À noter, enfin, que tous ces chiffres et résultats seront présentés aujourd’hui-même, mercredi 2 février à 15h45, en ligne et en anglais, par l’institut AIJU qui a mené l’enquête, sur la plateforme numérique de la foire du jeu.

Pour faire écho à cette étude, la Spielwarenmese a par ailleurs lancé cette année Toys Go Green, une plateforme dédiée à l’écoconception de l’industrie du jeu et du jouet.

Ecoconception, écoconclusion

Ce qu’on retire de cette étude, c’est que comme déjà précédemment avec le rapport de l’UEJ, L’Union des Éditeurs de Jeux, les éditeurs de jeux et de jouets, et le salon de la Spielwarenmese s’intéressent de plus en plus aux aspects d’écoconception et de durabilité de leurs produits.

Les résultats de l’étude sont sans appel. La grande majorité des gens qui achètent jeux et jouets demandent des produits durables. Et pour s’aligner et répondre à cette demande, l’industrie commence à réfléchir, autrement. Il était temps ! Si l’industrie du jouet commence, timidement, à inclure quelques labels et indication de matériaux utilisés, le jeu de société a encore du chemin à parcourir. Aucun éditeur de jeux de société, n’inclut l’étiquette de l’EcoScore, par exemple. Ce n’est évidemment pas la solution, juste une indication.

Pourtant lancée en 2019 sur plusieurs blogs et magazines, trois ans plus tard, les éditeurs sont frileux d’utiliser une telle indication. Par peur de refroidir la clientèle ? Mais après cette nouvelle étude parue aujourd’hui, c’est peut-être en passe de changer. Les gens se tournent plus volontiers vers l’écoconception.

Avec notre planète qui s’enfonce de plus en plus dans une crise environnementale préoccupante, on veut continuer à augmenter, mais autrement. Plastique, emballage, matériaux, lieu de production, l’industrie du jeu et du jouet va peu à peu devoir se réinventer. L’écoconception n’est certainement pas LA solution, mais c’en est une, parmi bien d’autres. La durabilité s’inscrit donc dans le… durable.

Et vous, est-ce que vous rejoignez les résultats de cette enquête ? Êtes-vous sensible aux aspects de durabilité des jeux et jouets que vous achetez ?


2 Comments

  • jeremiecambon

    Je travaille comme vendeur à domicile de jeux et jouets pour une petite entreprise à taille humaine, Casa Case , on ne vend que des jeux fabriqué en France ou en Europe, en sélectionnant de préférence des jeux ecoconçus, et notre activité augmente ! La preuve que le public demande plus d’humain, plus de proximité, plus d’écologie, même dans leur loisir ! ( Et encore mieux, je livre à vélo !)

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