Analyses & psychologie du jeu,  Jeux de plateau

Jeux coopératifs. Ce que les équipes qui gagnent plus souvent ont en commun

Les jeux coopératifs demandent de trouver des solutions à des problèmes. Quelle est la clé du succès ?


Jeux coopératifs et intelligence

Il y a quelques jours nous vous avons proposé un article sur le group-think, sur la pensée collective, et comment elle pouvait interférer dans la prise de décision dans des jeux coopératifs. Intéressons-nous aujourd’hui à un tout autre aspect, plutôt… surprenant.

Savez-vous ce qui prédit à quel point un groupe sera intelligent ? Est-ce le QI du membre le plus intelligent du groupe ? Non. Est-ce le QI moyen de tous les membres du groupe ? Non plus. Est-ce prédit par combien les gens aiment travailler ensemble ? Non. Ce sont toutes des suppositions raisonnables. Alors au final, qu’est-ce qui prédit à quel point un groupe sera intelligent ? Comptez le nombre de femmes.

Voulez-vous constituer une équipe de personnes vraiment intelligentes, capables de résoudre les problèmes les plus compliqués, de relever les défis les plus épineux, de gagner aux jeux coopératifs en mode difficile ? Assurez-vous que votre équipe compte des femmes. Les groupes, mixtes, conduisent à une meilleure sensibilité sociale, une clé pour une dynamique de groupe et une prise de décision plus intelligentes.

Selon cette fabuleuse recherche menée en juin 2018 par Anita Williams Woolley à l’Université Carnegie Mellon et Thomas Malone au MIT, à mesure que la proportion de femmes dans un groupe augmente, le comportement intelligent de ce groupe augmente également.

➡️ Vous pouvez télécharger la recherche complète en PDF et en anglais ici.

Graphique tiré de la recherche

Comment ont-ils procédé pour cette recherche? Les chercheurs ont réuni de parfaits inconnus. Ils les ont mis ensemble dans une pièce pendant plusieurs heures et ils leur ont donné des problèmes difficiles à résoudre. Certains des problèmes étaient plutôt amusants. On leur a fourgué une… brique, et ils ont dû générer autant d’utilisations possibles pour la brique. Ils ont obtenu un point pour chaque nouvelle idée. Un exercice habituel en atelier de créativité. D’autres problèmes étaient beaucoup plus difficiles à gérer. Il s’agissait de décisions éthiques épineuses.

On leur a dit qu’une star de basketball universitaire avait soudoyé un instructeur pour changer une note d’examen. Et les équipes devaient trouver comment traiter l’instructeur et l’élève. Ils ont obtenu des points pour avoir géré la situation et pour avoir équilibré tous les intérêts divergents.

Avec des équipes composées de femmes, les équipes ont obtenu plus de points pour la tâche et également, les équipes ont obtenu des résultats plus percutants.

T’es trop sensible

Pourquoi les groupes avec plus de femmes ont-ils obtenu de meilleures résultats et solutions ? Est-ce que les femmes sont plus intelligentes que les hommes ? Oui, absolument. Pas.

Non, ce n’est pas que les femmes en solo soient plus intelligentes que les hommes en solo. Non, les hommes, ne vous inquiétez pas, ce n’est pas ça.

Alors, c’est quoi ? Les groupes qui comptaient plus de femmes disposaient de plus de sensibilité sociale.

La sensibilité sociale est la capacité personnelle de percevoir et de comprendre les sentiments et les points de vue des autres. Pourquoi la sensibilité sociale est-elle importante lorsque nous travaillons et jouons ensemble, en équipe ?

La sensibilité sociale démontre que l’on est conscient des autres.

La sensibilité sociale permet de reconnaître les indices dans une conversation. Il s’agit, par essence, de lire le langage corporel et les informations ainsi transmises à son entourage. Selon la recherche, les groupes qui comptaient une proportion plus élevée de femmes ont montré une sensibilité sociale accrue.

La capacité de comprendre et de démontrer une sensibilité sociale au sein d’une équipe augmente le taux de réussite global, comme le démontre cette recherche de 2012.

Vous commencez peut-être à vous demander si les hommes, en général, se montrent moins disposés, moins réactifs aux signaux lancés par la communication non verbale de groupe. Selon la recherche du MIT de 2018, cela semble être le cas. Mais évidemment, on ne parle pas de tous les hommes ici. Certains en sont capables, d’autres, pas. Et vous ?

Une conclusion pour conclure

Alors, quels sont les enseignements de cette intéressante recherche ? Tout d’abord, pour prendre de bonnes, de meilleures décisions de groupe, en groupe, pour un jeu coopératif, une partie de jeu de rôle ou tout travail en équipe, il ne suffit pas de mettre quelques avantages et inconvénients sur le tableau blanc et d’en discuter ensuite.

Vous devez également faire attention à la dynamique de groupe. Cela nécessite de prendre des décisions plus… intelligentes, raisonnées, rationnelles.

Et deuxième chose à retenir de cette recherche, que trop de femmes connaissent comme une réalité, c’est que les femmes sont souvent absentes ou pas, peu, moins écoutées. Pour augmenter ses chances de réussite, à un jeu coopératif, un scénario de jeu de rôle ou un travail d’équipe, nous devons nous assurer que les femmes sont présentes et entendues.

Dans certains groupes dans le monde réel, hors-jeu, les femmes sont souvent… hors-jeu, trop souvent aux contributions marginalisées ou tout simplement ignorées. Les groupes avancent sans elles. Et c’est bien dommage, car les femmes, selon la recherche, encore une fois, semblent apporter de réelles compétences sociales cruciales pour le travail d’équipe. Les femmes doivent pouvoir s’exprimer et nous, les hommes, devons apprendre à écouter.

Alors la prochaine fois que vous jouerez à un jeu coopératif, assurez-vous d’avoir une ou plusieurs femmes dans votre équipe. Et aussi, qu’elles parlent plus, et quand c’est le cas, qu’elles soient, enfin, écoutées. Vous finirez par gagner plus souvent.

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