Jeux de plateau

Les jeux vieillissent-ils mal ? Ou sont-ils mortels ?

Temps de lecture: 5 minutes

Thierry Cousteix nous propose ici un poème, lyrique et réflexif, sur les jeux de société actuels. Est-ce qu’un jeu peut, comme nous, vieillir ?


Les jeux vieillissent-ils mal ? Ou sont-ils mortels ?

Le jeu d’échecs a-t-il mal vieilli ?
Porto Rico ou Agricola accusent-ils des rides aux horribles répugnances ?
Moracaibo est-il déjà vieux avant l’âge ?

Je vous préviens, je vais vous poser beaucoup de questions et nous amener très peu de réponses.
Vous pouvez disposer si vous voulez.

Ces questions existentialistes méritent-elles d’être posées ?
Comme dirait le toujours fringant Aristote : les jeux sont-ils mortels ?
Et en même temps, comme dirait notre Président de la République française, la vraie question ne serait-elle pas plutôt : joueurs invétérés que nous sommes, jeunes ou vieux, vieillissons-nous bien ou…mal auprès de nos jeux ?

Vient poindre aussi la fameuse et fumeuse question de la définition d’un chef-d’œuvre qui serait sans âge…immortel.
Littéraire, musical ou ludique.

Qu’est-ce qu’être vieux ?
Nous ne parlerons pas de la vieillesse physique qui n’est pas notre propos ici.
On a l’âge de ses artères, dit-on. Aussi je vous souhaite une bonne santé.
Passons…

Suivons ce jovial et toujours alerte Montaigne.
Pour Montaigne, la vieillesse est l’âge des loisirs, de la liberté, de la cessation de ce qu’il appelle « l’embesognement ».
« La vieillesse est ainsi l’âge où nous vivons l’intégralité de notre condition d’homme», écrit-il dans ses Essais.
Je l’aime beaucoup ce Montaigne. En passant je vous conseille de lire, cet été, le petit livre d’Antoine Compagnon, « Un été avec Montaigne ».

Il faut admettre que la notion de vieillesse n’est pas la même chez les Romains d’hier, chez les africains d’aujourd’hui, chez vous, chez moi.
Et que sera-t-elle demain ?
Une histoire de culture, encore.
D’appréhension culturelle, de préhension culturelle.
De prétention culturelle.

Comment aborder notre sujet ?

Concernant les jeux comme les œuvres littéraires ou musicales, prenons garde d’éviter les pensées sommaires et tapageuses caractéristiques de notre temps.
Abattre des statues, censurer des livres, condamner des auteurs classiques, ériger des bûchers, des potences ou des échafauds à l’emporte-pièce, sans jugement…sans jugeote, sans nuance, sans connaissance…est la nouvelle pratique inculte aujourd’hui. Comme une sorte de défaite de la pensée où
« tout vaudrait tout».
Et c’est ce que l’on veut nous faire croire. Abaisser le niveau.
Pour moins réfléchir. Ronronner. Tout aplanir.
Quoi de plus dérangeant voire révolutionnaire, encore aujourd’hui, qu’un poème de Rimbaud ou un tableau de Courbet ?

Revenons à nos moutons d’Agricola.
Certains jeunes sont déjà des vieux cons avant l’âge et certains vieux jeux sont encore frais et jeunes dans leur mécanique.

Qu’est ce qui pourrait avoir vieilli dans un jeu ?
Sa mécanique ?
Son thème ?
Son matériel ?
Les sensations qu’il procure ?
Car oui, les sensations comme les sentiments peuvent vieillir et…mourir.

Certains jeux vieilliront avec nous et c’est rassurant.
Ils prendront de la bouteille dans notre ludothèque comme nous, du ventre.

Et puis d’autres, atteints dès leur sortie, de « jeunisme compulsif tape à l’œil » nous aguicheront une ou deux soirées.

Certains d’entre eux nous resteront en mémoire, avec nostalgie, peut-être, comme d’autres seront vite oubliés.

Certaines œuvres nous accompagneront, d’autres nous quitteront avec ou sans regret.

Je garde dans ma ludothèque, comme dans ma bibliothèque, des chefs d’œuvres et des futilités, comme des rations de vie que je grignote avec délectation, à l’envie.

Ce jeu léger comme une plume me rappelle J., ce livre inconsistant m’évoque une plage aux pieds ensablés, cette chanson frivole me réveille de rires insouciants.

Bon revenons à nos bœufs d’Agricola. Je tourne en rond autour de ce sujet délicat.

Les sonates de Bach, le Comte de Monte Cristo de Dumas ou L’origine du monde de Courbet auraient-ils vieilli ?
Je ne crois pas. J’ose l’affirmer. Et je prétends même que ces œuvres sont encore plus jeunes, « modernes » et révolutionnaires que bon nombre de musiques, livres ou tableaux d’aujourd’hui.

Alors les jeux vieillissent-ils mal ?
Qui peut oser dire qu’un jeu a mal vieilli ?

Je ne parle pas volontairement de ceux qui se permettent d’affirmer qu’un jeu a vieilli sans l’avoir joué ou dire que Bach a vieilli sans jamais l’avoir écouté.
Ceux-là, ignorants, enterrent et tuent l’œuvre artistique avant l’heure.
Je ne les compte pas. Je ne les considère point.

J’ai l’habitude, mauvaise ou bonne, à vous de trancher, de dire que ce sont les joueurs qui font le jeu.

De la mécanique périmée d’un jeu.
A part quelques « chef-d’œuvre ludiques » tels que le jeu d’échecs, le Go, et d’autres que je vous laisse énumérer ou contester, peut-on estimer une date de péremption pour la mécanique d’un jeu ?
Est-ce que le style de Flaubert a vieilli ?
Est-ce que la mécanique d’un Agricola a vieilli ?
Qui peut dire ça ?
Qui peut dire que le style de Balzac a vieilli ?
Je n’ai pas la réponse.
Juste dire que ce sont les joueurs qui font le jeu.
Un peu comme un lecteur donnera vie, ou pas, au livre lu.
Si vous faites découvrir Agricola à un nouveau joueur qui n’a joué qu’au Cluedo ou au Monopoly et bien il sera possible qu’il le trouve révolutionnaire dans sa mécanique.
En revanche, un joueur chevronné avec cent jeux dits à « l’allemande » dans sa ludothèque, qui achète tout ce qui frétille dans le genre, va probablement le trouver dépassé par sa mécanique.

Du thème dépassé voire inacceptable d’un jeu.
L’avantage des jeux abstraits comme le jeu d’échecs c’est qu’il se place au-dessus de la mêlée.
La question du thème est intéressante et, peut-être, plus facile à traiter.
Pas si sûr.
Prenons le thème d’un vieux jeu comme Puerto Rico sorti en 2002. Une histoire de commerce de marchandises dans un pays où l’esclavagisme régnait.
Prenons encore le tout nouveau Maracaibo et son histoire de colons.
Ça se discute.
Et surtout aujourd’hui où le sujet est très sensible. Trop sensible.
Puerto Rico a-t-il a pris un sacré coup de vieux ?
Maracaibo est-il déjà vieux avant l’âge ?
Que dire d’un jeu comme Agricola pour un joueur végan ?
Est-ce que les Trois Mousquetaires de Dumas sont dépassés, thématiquement ?
Ça se discute.

Donc, de la nuance, encore de la nuance, toujours de la nuance.

D’un matériel démodé d’un jeu.
Qu’a-t-on fait de mieux que les pièces épurées de Staunton pour le jeu d’échecs ?
Aimez-vous le bling-bling vide de sens ?
Ou préférez-vous la sobriété sensée ?
Là encore, question de goûts.
Mais restons méfiants devant pléthore de brillance.

De sensations ludiques arriérées.
Difficile. Que répondre à ça ?
Je me souviens d’une partie mémorable d’un jeu anodin dont je ne me souviens même plus du nom.
En revanche je me souviens parfaitement des personnes autour de la table.
De chaque sourire, de chaque regard.
Je me souviens d’une longue partie d’échecs ennuyeuse. Je n’avais pas envie d’y jouer aux échecs à ce moment précis, mais je ne pus résister à l’offre.

Tous ces points ne nous indiqueraient-ils pas une voie pour préciser la définition d’un chef-d’œuvre ludique ?
Le jeu d’échecs passe à travers toutes ces mailles du filet du temps.
Le chef-d’œuvre est unique et la médiocrité plus nombreuse.

Les artistes créent à partir du déjà vu, déjà lu, déjà écouté.
Ils ne cherchent pas à faire mieux. Ils cherchent un sens à leurs vies, et à la nôtre.

Merci.

Les Rolling Stones à partir du blues, Mozart à partir de Bach et Maupassant à partir de Balzac.
Et Knizia, Cathala ou Pfister font de même, à partir du déjà joué.
Et les prochains auteurs de jeu feront de même.
Peut-être pourrait -on dire que le chef-d’œuvre propose une rupture.

Alors quels seraient les chefs-d’œuvre ludiques qui n’auraient pas vieilli ?

Un jeu exceptionnel. Un jeu d’exception qui crée une rupture
Qui crée son propre critère ?

Un jeu du passé encore présent.
Une nouvelle conjugaison : du présent du passé ?

Ce n’est pas si simple.

Alors que conclure ?

Que nos jeux vieillissent avec nous, comme nous.
Bien ou mal.
Certains nouveaux jeux viendront nous donner un coup de jeune ou de vieux.

Que d’autres vieux jeux seront abandonnés au fond d’une étagère.
Ingrats que nous sommes.
Jusqu’au jour, à l’occasion d’un bon ménage, en soufflant la poussière, de nos yeux ébahis, on se dira : « Et si on y rejouait ? ».
Et après l’avoir joué on se dira : « Mais pourquoi l’avons-nous oublié, ce jeu ? Il est pourtant exceptionnel ! »

« Auprès de mon jeu
Je vivais heureux
J’aurais jamais dû
M’éloigner d’mon jeu
Auprès de mon jeu
Je vivais heureux
J’aurais jamais dû
Le quitter des yeux ».

Merci Brassens.

Comme une vieille chanson d’auto-tamponneuse ou un « vieux » quatrain de Baudelaire.

Donc la question du vieillissement d’un jeu n’est pas la bonne question.
Un jeu peut vieillir et rajeunir.
Changer de vie, renaître.
Et mourir si on n’y joue plus.

Merci d’avoir lu mes questions sans réponses.
Je vous souhaite une belle et jeune vieillesse.

Et de conserver, « malgré la brume et l’ombre du temps, tous les rayons de l’aube en vos âmes d’enfant. »

Merci Verhaeren.

Thierry Cousteix

14 Comments

  • gerardleplessis

    Je crois que le jeu tout comme nous peut naître, grandir, évoluer (ou ne pas évoluer) puis, un peu plus tard, connaître le vieillissement et disparaître.
    Il peut aussi faire des petits plus ou moins réussis. C’est le cas des échecs qui ont donné naissance à une ribambelle de variantes (certaines d’entre elles sont évoquées dans mon blog WordPress) …..
    Bonne journée
    Gérard

  • patrikcarpentier

    Je ne pense pas que la très grosse majorité des jeux vieillissent. Bien sûr, à un moment donné, il y a une mode dominante qui marque son époque.

    Par contre, l’habillage du jeu peut terriblement vieillir, d’où l’intérêt de replonger dans les siècles passés pour thématiser un mécanisme. Ainsi un jeu d’enfoirés parlant de dieux grecs ou germains passera mieux l’épreuve du temps que le même jeu parlant de la présidence de Sarkozy ou de Hollande. C’est le même principe qui fait qu’on figure le temps qui passe avec un sablier plutôt qu’avec une montre digitale. Idem pour la locomotive à vapeur versus le TGV.

    Ps : très poétique, le billet du jour 🙂

  • geekmate75

    Yo !
    Je profite de l’occasion pour donner mon point de vue de Game Designer.
    Désolé d’être aussi pragmatique mais je trouve la question hyper intéressante et je pense aussi que les réponses peuvent être un poil plus concrètes.
    D’abord je n’aborderais cette question que par les prismes de la compétition et de l’élégance du design, car je trouve que c’est sous ces angles qu’elle prend tout son sens.
    Et je m’empresse de répondre OUI. les jeux vieillissent mal. Très mal même.
    Commençons par l’élégance. D’abord qu’est ce que l’élégance en design ? C’est lorsqu’en retirant des éléments du jeu, vous obtenez un effet similaire, voir identique au final.
    Vous faites la même chose avec moins.
    Et si vous prenez l’histoire des jeux industrialisés, vous vous rendrez vite compte que nos jeux modernes font mieux avec moins. Il y a eu une prise de conscience et une analyse très poussé ces derniers temps pour comprendre comment améliorer des concepts, les rendre plus agréable, attendre moins son tour, gagner en efficacité sur la compréhension des règles, etc…
    Donc indéniablement et de manière purement pragmatique, les jeux d’il y a 20 ans sont moins bons que ceux d’aujoud’hui.
    Un exemple avec Magic The Gathering qui malgré tout son succès, me semble être un très vieux jeu lorsqu’on le compare avec la concurrence digitale.
    Notamment, le dernier jeu de Riot, Legends of Runeterra a réussi a faire un mix parfait entre accessibilité et profondeur.
    Si vous comparez les 2 jeux, ils ont simplifiés. La structure du tour est plus simple, bien que déroutante lorsqu’on n’a pas l’habitude, mais elle reproduit quasiment a l’identique ce que Magic propose.
    La courbe de mana est inspiré d’Hearthstone et rend le jeu beaucoup moins frustrant lorsque votre main de départ est privé de mana (ou au contraire full mana)
    Alors certes Magic est peut être toujours plus fort dans les synergies et la profondeur de jeu, mais le gain se fait à un prix très lourd sur l’accessibilité (les problèmes de mana, les murs de textes sur les cartes, la structure des tours assez complexes).
    Et des exemples comme ça, vous allez en trouver des centaines, voir des milliers.
    Les designers apprennent des erreurs de leur prédécesseur et font de meilleurs jeux aujourd’hui qu’hier.
    Une des raisons c’est que le Game Design est un art (ou une science, choisissez votre camp) encore jeune qui n’a pas encore réussi a installer une grammaire stable avec le temps. Les nouvelles technologies et les nouvelles techniques sont constamment en train de le remettre en cause, bien plus fortement que ne peux le faire la 3D ou le numérique au cinéma par exemple.
    une composante majeur du Game Design : l’ergonomie est aussi en plein essor, ce qui chamboule régulièrement la manière de voir les choses des designers / auteurs de jeu.

    Et sinon vu depuis le prisme compétitif, la aussi les jeux que vous évoquez ont pris un sacré coup de vieux dernièrement. Les Echecs par exemple, ne donne quasiment plus que des matchs nuls au plus haut niveau. Regarder la finale des derniers championnat du monde, il y a eu 12 égalité successives avant que les 2 joueurs n’arrivent a se départager… Et c’est un problème structurel du jeu.
    Pourquoi? parce que le nombre de scénarios d’une partie d’échec est limité mathématiquement. Et lorsqu’on arrive au plus haut niveau, les joueurs ne jouent plus vraiment en réfléchissant à une stratégie mais simplement sur la base de la mémoire des scénarios qu’ils connaissent. Ils savent que tel coup doit être répondu de tel manière pour éviter d’embrancher sur un scénario qui les mènerait vers la défaite.
    David Sirlin a d’ailleurs proposé de nouvelles règles pour modernisé les Échecs. Elles sont très intéressante et vous pouvez les pratiquer sans frais supplémentaire si vous avez un jeu d’Échec chez vous.
    En ajoutant de nombreux matchups et du mind game, le jeu devient moins déterministe et retrouve une dynamique intéressante. Malheureusement le statut institutionnel des Échecs empêchera sans aucun doute la popularité de cette nouvelle version.
    De plus, pour la grande majorité des êtres humains, le jeu d’Échec dispose de suffisamment de variantes de scénario pour être intéressant pendant de nombreuses années (voir toute leur vie).
    Enfin la plupart des jeux de société que vous citez (Agricola, Puerto Rico, etc…) ne dispose pas à mon sens de structure de jeu suffisamment profonde pour en faire des jeux compétitifs intéressant sur le long terme. Une centaine de parties devrait suffire à un joueur pro pour optimiser ses choix tout au long de la partie et j’imagine qu’il y aurait trop peu de scénario émergeant à plus haut niveau.

    Cependant tous les jeux qui se basent sur du mind game et/ou une pointe d’aléatoire me semble promis à une « jeunesse » bien plus longue.
    Des jeux comme le Poker par exemple, continue de procurer des émotions très fortes avec des scénarios qui paraissent nouveaux et improbables. Même si les scénarios sont là aussi limiter mathématiquement, leur probabilité d’émerger lors d’une partie n’est pas simplement du au fait des décisions prises par les joueurs. Il y a ce sentiment d’injustice qui donne beaucoup plus d’humanité au jeu qu’une froide partie d’échecs… Bon là il est temps d’arrêter, je m’égare sur des considérations personnelles.

    Merci pour l’article !

    • Thomas

      Je trouve votre analyse très intéressante, mais je ne suis pas vraiment d’accord avec certains de vos exemples.
      Pour Agricola, ce qui fait l’essence du jeu, c’est les cartes couplées au draft. Et les cartes se changent pour donner des synergies différentes, ce qui fait que contrairement aux échecs, le nombre de scénarios n’est pas limité (pour porto rico, si effectivement)
      Pour Magic, il est vrai que la problématique du mana a fortement inspiré ses héritiers. Mais, dans les années 90, le jeu était nettement plus simple que maintenant et il y avait beaucoup moins de textes sur les cartes. Puis, il s’est professionnalisé en complexifiant les règles, ce qui a permis de créer une vraie communauté.
      La simplification des règles sur les jeux vidéos suit une logique un peu différente, il faut convaincre très rapidement un public qui ne veut pas prendre le temps de lire règles et qui ne peut pas vraiment compter sur un copain pour lui expliquer. Et donc, plus le jeu est simple, plus il est efficace.
      La où je vous rejoins, c’est que Magic n’aurait pas pu être créé tel quel aujourd’hui. Mais je pense qu’il survivra à Lor et Heartstone (qui est déjà sur le déclin)

      • geekmate75

        Pour Agricola, j’avoue que je ne me souviens pas de tous les détails, j’ai du faire ma dernière partie il y a 10 ans (et je trouve le jeu vraiment excellent par ailleurs) mais il se trouve que la scène compétitive du jeu est assez limité malgré son succès.
        Ca me semble un très bon jeu de table à sortir une fois par mois en famille ou entre potes mais j’ai du mal a croire que des joueurs pourraient se passionner pour y jouer tous les jours de la semaine. je ne crois pas que le jeu soit assez riche pour « survivre » à ce genre de traitement et c’est ce qu’il faut pour un jeu qui se veut compétitif… Mais ce n’est clairement pas un jugement de valeur, je serais étonné que l’auteur ai eu ce genre d’intention avec ce jeu.

        Sinon, oui c’est tout a fait possible que Magic survive a encore bien des jeux de cartes. Je ne pense pas que le public se passionne pour un jeu parce que son design est excellent. Quelques part, ça me déçoit un peu, mais de la même manière que, formellement ce ne sont pas les meilleurs films qui finissent numéro 1 au box office. C’est un ensemble bien plus complexe qui fait le succès ou non d’un jeu.

        Je continue de penser que LoR est un jeu bien mieux conçu que Magic, mais Riot ne dépensera pas une somme infinie s’il n’arrive pas à imposer leur jeu…
        Quand au déclin de Hearthstone, ça reste vraiment à démontrer car si TFT a fait mal pendant quelques mois, HS a plutôt bien tenu le choc et s’est pas mal rétabli en termes de vu sur Twitch. Pourtant oui, j’imagine que Blizzard pourrait finir par lâcher car les jeux de cartes numériques ne sont pas leur coeur de métier. C’est juste une flèche de plus…
        En revanche, je ne vois pas WotC lâcher Magic…

    • geekmate75

      Je ne critiquais absolument pas la popularité des échecs qui comme vous le dites bien dans votre article reste un jeu populaire, joué par de nombreuses personnes. Par contre, ce problème de match nul au plus haut niveau existe bel et bien. Je pense qu’un jeu conçu aujourd’hui peut prendre en compte ce problème et le régler. C’est exactement ce qu’a fait David Sirlin par ailleurs.
      Ensuite la popularité du jeu, c’est vraiment un tout autre point. Et j’insiste sur le fait que je n’ai jamais dit que les échecs avaient pris un coup de vieux. En tous cas, pas sans le contexte. J’ai bien précisé au début de mon commentaire que mon analyse était faite via le prisme de l’élégance du design et de la compétitivité.
      Si on regarde ce problème de vieillissement via ses prismes, face a un jeu récent qui supprimerait ce problème, et qui aurait toutes les qualités du jeu d’échec, les échecs prennent réellement un « coup de vieux ». Tout comme un film en couleur qui aurait les mêmes qualités qu’un film en noir et blanc le fera paraître « vieux ».

  • geekmate75

    Réponse au 2ème poste :
    J’ai regardé pour les championnats du monde de 2016 et il y a 10 matchs nuls sur 12 matchs…
    En 2014, je compte 7 nuls sur 11 matchs… Ca reste une grande majorité des matchs. On voit bien que le problème ne fait qu’empirer et n’est pas nouveau comme le laisse penser votre billet.. Certes peut être qu’il s’agit d’une génération de joueurs exceptionnels mais il ne faut pas se leurrer, ces parties seront étudiés, décortiqués par tous les prochains champions et l’avenir du jeu a plus haut niveau me semble réellement compromis vu la tendance…
    Après, ça ne remet pas en cause le fait que c’est un jeu qui permet une certaine créativité à plus bas niveau.

    • codecodecodec

      magic je veux bien, les echecs peut être mais la coinche !!!! vous allez qd même pas dire qu’on a fait mieux 🙂
      Sinon pour apporter un grain de sel, je trouve que certaines mécaniques ont vieillit et d’autres non. Par exemple, risk me semble particulièrement vieillit car le fait de jouer toutes les actions à son tour rend le jeu longagne face aux jeux qui utilisent des points d’actions pour répartir les actions comme cthulhu wars, blood rage … par contre d’autres jeux ne vieilissent pas car les créateurs n’ont pas trouvé de mécanismes equivalents mais plus efficace.
      L’exemple de magic est interessant dans la discussion. Car en effet le mécanisme de mana a été amélioré et en ce sens le jeu a vieillit mais apres, l’argument de la longueur du texte est a mon avis un autre problème. Faire des jeux facilement accessibles est plus une mode actuelle plutôt consumeriste que le fait que les jeux moins accessibles vieillissent.

      D’ailleurs les jeux complexes et peu accessibles, du moment que c’est récompensé par une grande profondeur de jeu ou d’univers sont recherché par une partie de joueurs qui en ont un peu marre du discours blizzard « simple à apprendre mais difficile à maitriser » qui vend du rêve à tout un chacun qui se désespère de voir des règles de jeux de plus de 3 pages …

      En jeux videos, il suffit de regarder les jeux paradox comme europa universalis qui sont tres complexes et qui pourtant restent la référence dans le coeur de nombreux joueurs. Donc, je dirai presque que l’aspect complexe de magic en fait un atout et le rajeuni

  • geekmate75

    Excellent la coinche, un de mes jeux préférés lorsque j’étais a la fac.
    Effectivement, celui ci est indémodable et le système d’annonce en début de partie, est très malin pour introduire un peu de mind game dans un jeu finalement très formaté.
    Par contre je ne pense pas que l’accessibilité soit juste un « discours à la mode ».
    La complexité des jeux n’est pas une contradiction avec l’accessibilité. Il est tout a fait possible de concevoir un jeu avec énormément de profondeur et de complexité tout en le gardant le plus accessible possible.

    Est ce qu’un film est meilleur parce qu’il dure plus longtemps ? Je ne crois pas. Il y a même des scènes d’explications qui peuvent être coupés par le réalisateur parce qu’elle abîment le rythme du film. Je pense que c’est pareil avec des points de règles qui peuvent être simplifié, enlevé, réarrangé afin de mieux collé avec la façon dont le cerveau humain fonctionne.

    Je doute fortement que ce soit la complexité elle même qui intéressent les joueurs. C’est surement plus une expérience globale de jeu qui crée de l’intérêt. Parfois, la complexité fait juste partie d’une nécessité pour produire un certain type d’expérience de jeu comme les jeux de gestion, de simulation, etc…
    Je n’ai pas joué a Europa Universalis mais il y a de fortes chances que le IV soit un meilleur épisode que le premier, qu’il y a de nombreuses améliorations d’interfaces, etc…

    Je réexplique l’élégance en design : si je peux obtenir le même résultat avec moins d’élément.
    Par exemple, il est plus élégant de dire que la terre tourne autour du soleil plutôt que le contraire. Pourtant dans l’absolue, les 2 sont vrais. Tout dépend du référentiel choisi.
    Sauf que pour expliquer le mouvement des autres planètes du système solaire vis a vis de la terre, vous obtenez des résultats très différents en terme d’explication si vous choisissez l’un plutôt que l’autre.

  • codecodecodec

    Je pense quand même que accessible et complexe est vite limité. Accessible et compliqué entièrement d’accord,les echecs, concordia, medina en sont des exemples : les problèmes générés sont compliqués à resoudre avec des règles assez simples. Par contre la complexité implique de nombreux mécanismes imbriqués, magic, les jeux de lacerda en sont aussi l’exemple.
    L’élégance peut se nicher dans ses 2 catégories extrêmes, mais l’élégance n’est pas toujours dans la modernité….

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