70% des gens utilisent leur portable en magasin. Et vous?

Imaginez la scène. Vous rentrez dans une boutique spécialisée en jeux. Dehors il pleut, vous avez le temps, mode cueilleur·se, pas chasseur·se

Vous flânez. Vous autopsiez les étagères. Puis soudain, votre regard se fige sur une boîte. Ce jeu, vous en avez entendu sur Twitter, sur FB, vous avez vu passer quelques photos sur Insta. Vos amis vous en ont déjà parlé. Il vous le faut

Vous agrippez la boîte et la délogez de son écrin. Vous l’humez, la palpez. Que regardez-vous en premier? L’illustration, souvent superbe, de la couverture? Les caractéristiques, nombre de joueurs, durée de partie, âge? Ou… le prix?

Le prix, peut-être

And now

Et maintenant? Que faire? Le jeu vous intéresse. Mais pouvez-vous vous le permettre ce mois? Avec la rentrée ludique, est-ce que vous n’auriez pas déjà explosé votre budget ludique mensuel? Est-ce que cet achat est vraiment raisonnable? Impulsif? Compulsif? Nécessaire? Et ne pourriez-vous pas trouver ce jeu ailleurs, moins cher?

Et là, comme 70% des consommateurs, vous sortez votre arme préférée. Votre portable. Votre smartphone. Votre GSM. Votre natel. Vous saisissez la référence, le titre du jeu pour savoir s’il vous le faut vraiment

Vous vous baladez peut-être sur les forums de TT. Vous vous arrêtez sur une vidéo sur LX. Sur des commentaires sur BGG. Sur une critique sur G&C. Est-ce que le jeu remporte un bon score? La tyrannie du rating, encore et toujours

Et maintenant que votre envie a été renforcée, validée par les retours d’autres personnes, allez-vous vous rendre en caisse?

Minute, papillon

Il vous reste encore quelque chose à vérifier. Le prix du jeu. Ne pourriez-vous pas le trouver ailleurs pour moins cher? Maintenant que vous avez jeté votre dévolu sur la bête, est-ce que le prix proposé par la boutique est vraiment une bonne affaire? Ou prohibitif?

Vous surfez alors sur Amazon, bien que souvent cher, ou sur Philibert, sur Ludikbazar, sur Helvétia Games Shop et d’autres sites de boutiques en ligne, à la recherche de la même réf. Trouverez-vous moins chers? Et quels seront les frais de port?

Pour finalement répondre à une question toute simple: est-ce que ça veut la peine.

Have fun

La prochaine fois que vous vous trouvez dans une boutique de jeux, un magasin d’électronique ou d’électroménager, levez le nez des articles deux secondes et observez les autres personnes. La surprise pourrait être grande. Vous pourriez voir que plusieurs d’entre elles ont les yeux rivés sur leurs écrans

Car oui, c’est aujourd’hui une réalité, en magasin, la grande majorité des client.e.s consultent et ont une interaction avec leurs portables. Pour comparer les prix, consulter les commentaires

Est-ce mal? Un mal nécessaire? Comment est-ce que les vendeur.se.s doivent réagir? S’en offusquer?

D’abord, en prendre conscience. Difficile d’en faire l’impasse ou même d’interdire l’utilisation du portable

Tout dépendra bien évidemment du type de client·e. Idéal, fidèle, mécontent ou comparateur

Act, not react

Difficile pour le ou la vendeuse de réagir à cet état de fait. Prendre du temps pour conseiller, tout ça pour que le ou la cliente finisse par consulter son portable et achète moins cher en ligne. Du temps… perdu?

Les boutiques peuvent avoir deux réactions:

Ignorer celui ou celle qui a le nez sur son portable. Et tant pis. Il ira acheter ailleurs. Ne pas perdre de temps, d’énergie. C’est la réaction du fataliste, de la résignation

Proposer une plus-value. Peut-être que oui. Cette personne ira acheter ce jeu ailleurs. Mais elle se souviendra aussi du conseil, du contact. Et quand elle cherchera un autre produit, une autre fois, elle reviendra dans la boutique. C’est la réaction de l’optimiste, du pari

Quelle réaction est la plus saine?

Et vous? Quand est-ce que ça vous arrive de consulter votre portable en boutique quand vous voulez acheter un jeu?

L’infographie sur les 70%

 

22 Comments

  1. Que les magasins installent des brouilleurs 🙂
    Pour ma part, quand j’achète un gros truc en magasin, c’est parce que je sais déjà quoi acheter. Sinon quand je découvre qqchose de nouveau en rayonnage et qui m’intéresse, chez moi, à tête reposée, je me renseigne.

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    1. Merci pour votre commentaire!

      Nous « pratiquons » l’écriture inclusive depuis quelques mois. Plus qu’une habitude. Une évidence

      Dans tous nous événements (Bar à Jeux, Sherlock Live, Zombies…) nous relevons une majorité d’inscritEs. 60-40 en tout cas, voire un peu plus

      Alors pourquoi TOUJOURS ne parler que de joueurs ou de participants? Cela n’a aucun ses. Oups oui pardon, au temps pour moi, parce qu’il peut y a voir 17’000 féminins et un seul masculin et bim le masculin l’emporte

      Un peu 2014 tout ça

      L’écriture inclusive, vrai progrès ou pure lubie?

      Prenez votre stylo, vous avez 4h

      Aimé par 1 personne

      1. C’est votre choix, mais je trouve ça assez pénible à lire pour ma part. Je préfèrerai lire « le client ou la cliente » que « le client.e ». Et pour la question du genre je préfèrerais largement que la langue soit neutre comme en anglais où l’on ne se pose pas la question lorsqu’on dit « the customer ». Ca règle aussi la question du « you » qui passe pour « tu » ou « vous » et on n’a donc plus de question métaphysique à se poser pour savoir si on doit vouvoyer ou tutoyer. Désolé, je crois que je me suis écarté du sujet 🙂

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  2. Salut Gus !
    Première fois que je prends la peine de commenter, même si je vous suis avec bonheur depuis à peu près deux ans. L’écriture inclusive, ça part d’une bonne idée, mais je suis d’accord que c’est un peu lourd à lire. D’autres possibilités sont:
    – utiliser des termes génériques: « la clientèle » au lieu de « le ou la cliente », même si on peut parfois perdre en précision
    – alterner: une fois le client, une fois la cliente
    – accorder systématiquement les adjectifs au féminin, en considérant qu’on parle de personnes 😉
    – changer la règle de grammaire: de la même manière que la convention actuelle est d’accorder les adjectifs au masculin en cas de conflit, on peut décider de faire l’accord avec le nom le plus proche

    D’un autre côté, votre choix a l’avantage de mettre en avant l’écriture inclusive, et donc de faire prendre conscience au lectorat 😉 de cette problèmatique… A ce propos, avez vous remarqué que dans la première infographie, les femmes n’apparaissent que pour les achats « impulsifs » et « en solde » ?

    Merci encore pour tout votre travail,
    Yves

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    1. Tous les exemples que vous citez (termes génériques ou épicènes, l’accord de proximité, alternance) sont aussi de l’écriture inclusive. L’utilisation du point médian, c’est juste une abréviation pour éviter d’écrire « les machines et les machins ».

      Aimé par 1 personne

        1. En voyant les réponses à mon commentaire, je vois que je me suis mal exprimé: je voulais dire que l’utilisation du point pouvait rendre plus « difficile » la lecture. Je n’ai rien contre l’écriture inclusive, j’essaie de la pratiquer aussi, j’opte en général pour l’épicène (merci pour ce mot que je ne connaissais pas ;o). Vivant en Espagne, j’utilise aussi le @ pour signifier à la fois le masculin (o) et le féminin (a) en espagnol…
          De toute façon je ne crois pas qu’il y ait de choix parfait, à partir du moment où la règle officielle n’est pas respectée, les puristes te tombent dessus, et toute grammaire alternative choque au départ, puis on s’habitue…
          Pour en revenir au fond, je n’ai pas de portable, donc pas grand chose à rajouter… Je correspondrais plutôt au client « idéal » (même si je ne suis pas le mieux placé pour juger ;o), je n’achète que très peu, et quand je vais dans une boutique je sais en général ce que je vais y acheter…
          Bonne continuation, et merci pour le cours d’écriture inclusive ;oP
          Yves

          Aimé par 1 personne

  3. Soit…écriture inclusive donc. Mais alors pourquoi n’y aurait-il que nos « amis » hommes qui « nous en auraient parlé » ? Et pourquoi n’indiquer que le »nombre de joueurs » hommes ? Et pourquoi ne reprendre une statistique faites uniquement sur les « consommateurs » hommes ? Et pourquoi le rangement serait-il l’apanage des femmes : « étagères » et non « étagèr.e.s » ?
    L’inclusif serait-il sélectif ? 😉
    Bon c’est pour taquiner un peu…parce que l’écriture inclusive pourquoi pas…mais je ne voudrais pas que votre temps disponible se consacre à la forme, et à une relecture que j’imagine contraignante, plutôt qu’a nous écrire des articles sur le fond toujours aussi intéressants !

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  4. Sinon (pour en revenir à l’article 🙂 ) j’ai effectivement tendance à regarder sur mon téléphone dans les magasins de jeux pour m’assurer que le jeu me plairait, en savoir un peu plus sur les mécaniques, les avis d’autres joueurs etc parce que je sais ce qui me plait ou pas et pourrait prendre une décision plus informée. En revanche je ne suis pas forcément d’accord pour le prix, à moins de trouver une vraie différence, une fois que je suis en magasin, que j’ai fait mes recherches, que je suis maintenant persuadée qu’il me le faut… Il me le faut ! tout de suite ! Et la boutique me permet d’avoir ce jeu immédiatement sans retourner chez moi, passer commande puis attendre la livraison (imagine que ce soit un vendredi ! Attente tout le week-end ET de nombreuses soirées jeux où l’on aurait pu tester la bête !)
    Concernant les boutiques, de toute façon la concurrence en ligne est une réalité. A elles de savoir se démarquer en proposant bons conseils, découvertes, soirées jeux, récompenser les acheteurs fidèles (soirées spéciales, avant premières, soirée réduction/soldes en priorité, carte de fidélité etc), ateliers de peinture sur fig., tournoi de magic etc les possibilités sont multiples pour fidéliser, il faut tirer avantage au maximum du fait qu’elle ne soit pas en ligne justement et qu’elles puissent permettre la rencontre et l’échange.

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  5. Pour ma part, quand je me rends en boutique, il m’arrive de comparer les prix en ligne et les commentaires sur différents sites. Par contre, à moins de trouver une différence démesurée, si j’ai bénéficié des conseils des vendeurs, je trouve limite malhonnête de les suivre tout en achetant ailleurs.

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