Les métiers du jeu de société. Le développeur de jeux

developer2

Et nous continuons notre panorama des métiers du jeu de société.

Quand on parle d’un éditeur de jeux de société, on pense, à tort, que celui-ci ne fait qu’une seule chose, produire un jeu. Alors que la réalité est bien plus complexe. Un éditeur de jeux doit gérer différentes tâches, différents postes:

Le dirigeant

Le chargé de communication et / ou le community-manager

Le développeur

Le responsable des événements

Le chargé de projet

Nous vous avons déjà présenté le chargé de projet et le chargé de communication. Voici aujourd’hui le développeur.

Le développeur de jeux

Nous avons interrogé deux développeurs au sein de maisons d’édition de jeux de société, Cédric Lefebvre, développeur et patron chez Ludonaute, et Arnaud Charpentier, développeur et associé chez Matagot.

cl-ludonaute

Bonjour Cédric, vous êtes développeur de jeux et dirigeant de Ludonaute (Colt Express, Discoveries), une maison d’édition de jeux de société. Quelles sont vos missions comme développeur?

Je suis en charge dans un premier temps de repérer des jeux au potentiel intéressant. Puis dans un deuxième temps une fois que l’équipe Ludonaute s’est mise d’accord sur le fait d’aller plus loin, c’est moi qui suis en charge de la relation avec les auteurs, de discuter avec eux de mettre le doigt sur ce qui ne va pas dans les jeux pour essayer de résoudre les problèmes ensemble.

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Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir développeur de jeux?

Comme j’ai commencé ma « carrière ludique » en tant qu’auteur, développer un jeu était quelque chose que je savais faire, donc ce que j’ai commencé à faire avec mes jeux j’ai continué à le faire avec ceux des autres, sous une forme et avec une intensité très variable en fonction des auteurs avec qui on a pu travailler.

Quelles sont les compétences nécessaires pour être un (bon) développeur pour une maison d’édition de jeux de société?

-savoir communiquer avec l’auteur,

-avoir un esprit hyper critique et chercher systématiquement la faille,

-savoir écouter toutes les remarques faites par tous les testeurs et avoir une bonne capacité d’analyse et de synthèse.

Quelles sont les plus grandes difficultés, les plus grands défis comme développeur?

Mettre en relation l’expérience de jeu liée au matériel et à la manipulation avec celle lié à la mécanique du jeu. Parfois comme dans Colt ou Discoveries ça marche vraiment bien et c’est un succès, mais d’autres fois il nous est arrivé d’abandonner des projets car on n’y est pas arrivé.

Sur quel projet travaillez-vous actuellement?

Actuellement on a la deuxième extension de Colt Express qui est en fin de développement. Et on a 3-4 projets qui sont encore au niveau « étude ». C’est à dire que soit on hésite sur leur faisabilité, soit l’on n’a pas fixé encore de calendrier.

Les décisions sur ces projets vont se faire probablement d’ici début février et on verra ceux qui vont vraiment passer en phase de « développement ».coltexp

Comment est-ce que le métier de développeur a évolué en quelques mois, années?

Pour avoir discuté avec pas mal de monde, le concept même du métier de développeur est très flou et peut grandement varier. Il est donc pour moi impossible de répondre à ta question de façon générale, je dirais que pour moi il évolue plus en fonction des gens avec qui je travaille qu’en fonction d’un critère temporel.

Racontez-nous une journée professionnelle type.

Ca varie entre, je bosse toute la journée pendant 12h avec le nez sur mon écran d’ordi à: je réfléchis sur mon canapé en discutant et en buvant des cafés, entrecoupé de pause pour jouer à Hearthstone. Donc raconter une journée type c’est pas facile. J’ajouterai même que le jour où je pourrais répondre à cette question je changerai de métier.

Merci pour toutes ces précieuses réponses Cédric.

Arnaud, à droite, et Hicham à gauche, patron de Matagot
Arnaud, à droite, et Hicham à gauche, patron de Matagot

Bonjour Arnaud, vous êtes développeur de jeux et associé de Matagot (Cyclades, Kemet), une maison d’édition de jeux de société. Quelles sont vos missions?

La mission est de pousser les tests aux maximum. Il faut jouer, jouer et jouer encore. Par exemple j’ai entre 150 et 200 parties entre Barony et Zombies Vs Cheerleaders derrière moi. Et pourtant les jeux étaient très aboutis dès le départ.

Le but est de s’assurer que l’équilibre et le plaisir ludiques sont au maximum. Pour cela il faut organiser des parties tests et les retours des auteurs, constamment mettre à jour les prototypes et… tester et tester encore.

Kemet-box

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir développeur?

Venu à Matagot par « hasard » pour gérer la comptabilité je suis tombe amoureux du hobby et me suis retrouvé à connaitre de mieux en mieux le jeu de société. Aimant jouer et créer j’ai fini par prendre ce rôle dans la société lorsque mon agenda me le permettait. Actuellement je suis en retrait et Hicham gère l’essentiel du développement.

Quelles sont les compétences nécessaires pour être un (bon) développeur pour une maison d’édition de jeux de société?

Il faut une large culture ludique, un gout de la perfection, un esprit ouvert et créatif. Le sens de la synthèse et de la communication pour s’adapter aux auteurs, en effet autant certains aiment les retours détaillés et les propositions, autant d’autres veulent uniquement des retours sur les points qui « accrochent » et retravaillent et testent eux-même.

barony

Quelles sont les plus grandes difficultés, les plus grands défis comme développeur?

L’équilibre est toujours le plus grand défi. Il faut s’adapter aux auteurs, ne pas se prendre pour un auteur mais parfois faire des propositions.

Sur quel projet travaillez-vous actuellement?

Presque plus aucun… plus de temps. Mais j’ai travaillé sur Kemet, Ta-Seti, Room 25 Season 2, Ultimate Warriorz, Barony… Actuellement il me reste Inis et « WS ».

Comment est-ce que le métier de développeur a évolué en quelques mois, années?

On ne peut pas parler d’évolution, disons que Matagot fait de plus en plus le choix de privilégier les auteurs plus matures qui généralement peuvent traiter un « problème » seul, le tester et le proposer après, plutôt que ceux qui bien que talentueux nécessitent un suivi plus approfondi.

Racontez-nous une journée professionnelle type.

Aucun salarié n’est affecté à temps plein à cette activité. Essentiellement Hicham la mène avec des soirées jeux qui regroupent les membres de l’équipe qui souhaitent participer.

Merci Arnaud pour toutes ces réponses.

Et pour continuer notre panorama, nous inviterons prochainement des dirigeants de maisons d’édition de jeux de société.

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