Best-of été 2015. La Révélation Flagrante

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Après une micro-pause hier pour fêter le premier août et notre fête nationale suisse (et vous proposer un concours, au passage), on continue notre best-of estival pour vous proposer un petit article paru en novembre 2011. Sur la révélation flagrante.

Même après 4 ans, l’article n’a pas pris une ride et s’inscrit encore et toujours dans une cruelle réalité.

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Pour l’avoir constaté dans de nombreux salons et également dans notre Bar à Jeux, les gens rejouent extrêmement rarement à un jeu. A peine une partie terminée qu’ils se lancent déjà dans une autre aventure ludique.

Il faut reconnaître que le marché ludique actuel est tellement saturé (MàJ : déjà en 2011!), les sorties tellement proches et nombreuses, que les joueurs ne prennent pas le temps de rejouer à un jeu, pour ne pas « perdre de temps » et en découvrir d’autres.

Nous en avions déjà parlé dans notre article reprenant celui de Matt Drake sur la gloutonnerie ludique, cette tendance est en nette augmentation. D’où des auteurs et éditeurs qui ont compris le marché et qui proposent désormais des formats courts et des règles simples, voire même des versions light de leurs jeux (The City / RFTG, L’Ile Interdite / Pandémie, Mundus Novus / Mare Nostrum, etc), pour satisfaire une clientèle consommatrice et superficielle. Superficielle dans le fait de rester à la surface du jeu.

Après deux de nos critiques, Tournay et Innovation, nous soulignions le fait qu’il est important d’y jouer, d’y rejouer et d’y rejouer encore pour en retirer un véritable plaisir ludique. Les premières parties de ces deux jeux sont touffues, les mécanismes / cartes / pictogrammes freinent et crissent.

Il est pourtant évident qu’une seule partie d’un jeu ne témoignera pas de sa juste valeur. Ce n’est seulement qu’après 3-4-5-10 parties que l’on en appréciera subtilité et richesse.

Et si ce n’est pas le cas, si après une partie on en a fait le tour, c’est que le jeu ne jouit pas d’une grande durée de vie et ne représente au final aucun intérêt. Acheter un jeu 20-40 euros et y jouer 1-2 fois paraît crétin. Et cher.

Quand un jeu n’est pas fluide, il faut savoir pourquoi: problèmes de règles? Longueur? Ou juste richesse intrinsèque?

Il faut en effet lutter contre son hyperactivité ludique, son ADD anglo-saxon, Attention Deficient Disorder pour défaut d’attention. Rien de tel que rejouer pour mieux comprendre les règles et enfin rentrer dans un jeu & un thème.

Si un jeu me « résiste », j’en apprécie encore plus les parties suivantes pour relever le défi, comme un jeu coopératif d’ailleurs.

Serions-nous devenus des joueurs & consommateurs compulsifs, toujours en attente de l’excitation du neuf ? Dès qu’un jeu a été essayé, lapalissade, il n’offre en effet plus rien de neuf; l’excitation diminue, il faut passer à autre chose.

Bref, si un jeu n’offre pas de révélation flagrante, qu’il faut faire plusieurs parties pour en apprécier stratégies et finesses, il faut à tout prix éviter le « play & pass ». Se faire violence pour ne pas passer à autre chose, et rejouer pour apprécier.

Quand l’offre ludique était plus ténue, comme dans les années 80 et 90, on restait alors plus facilement sur un jeu pendant plusieurs mois (j’ai dû faire 15 millions de parties des Colons de Catane à sa sortie). Avec 1’400 jeux en 2011 (MàJ : et 2’000 en 2014), ce n’est toutefois pas de loin facile.

Vous en pensez quoi ? Il vous arrive de jouer et rejouer et rejouer à un jeu? Lequel?

10 Comments

  1. Tres bon article sur un sujet tres intéressant. Il est vrai que plusieurs de ma ludothèque n’ont été joué que tres rarement. Pour ma part, le jeux auquel j’ai joué et rejoué pas mal de fois c’est Spyrium. Et j’avoue qu’après avoir lu cet article, je me dis que je vais plus profiter de ma ludothèque actuelle avant de l’enrichir davantage.

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  2. Je fus pendant longtemps un humer consommateur de jeux ne rejouant que rarement à des jeux. Depuis j’ai trouvé Warhammer Conquest. Une obsession qui me dure depuis 1 an et qui constitue 98% de mes parties de l’année.
    Peut-être est ce juste que nous attendons de trouver chaussure à notre pied !

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  3. Je crois que commepour tout c’est une question d équilibre. j’ai énormément de plaisir à ressortir les mêmes jeux (cyclades, kemet, civilization, dungeon lords, 7 wonders,…) le problème j’ai l’impression ne vient pas de la motivation de rejouer (je parle pour moi) mais de rejouer régulièrement avec les mêmes personnes et de manières par trop espacées. au final il n’est pas rare de jouer et qu’il y ait au moins un joueur qui n ait pas jouer à ce jeu et si on se revoit 6 mois plus tard on a déjà un peu tous oublié les subtilités,. Jouer à un jeu nouveau présente aussi l’avantage qu’on est un peu tous à niveau. On a pas le vieux biscard qui éclate les pauvres débutants.

    Après il ne faut pas culpabiliser d’avoir de nouveaux jeux eu prendre plaisir à les découvrir tant que ce n’est pas de l’achat compulsif et irréfléchie

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  4. Jouer a un LCG m’a bien calmé. Les extensions me forcent a rester dedans tout en pouvant apprécier le lot de nouveautés qu’elles apportent. Le format des parties est court mais il y a tellement de stratégies possibles et de choix a faire que j’ai l’impression que je ne m’en lasserais jamais !

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  5. Je n’échappe pas à une certaine forme de collectionnite :-/.

    Je suis la plupart des nouveautés pour autant que le thème m’intéresse (heroic fantasy, wargame et jeux plus familiaux), que le matériel me plaise et/ ou que le mécanisme de jeu soit novateur (ce qui est plus rare). Donc j’achète/j’essaie beaucoup de nouveaux jeux. Toutefois, ce qui prime pour moi, c’est le plaisir de jouer plus que l’effet « nouveauté ». Donc, je (re)joue très souvent à des jeux (beaucoup) moins récents.

    J’apprécie les jeux qui proposent un mode campagne qui demande de nombreuses sessions. Nous jouons entre autres à « Héros de légende », l’extension campagne de Descent (version 1) depuis 2010 au rythme d’une session par mois. Chaque partie renouvelle le plaisir de jouer (maîtrise des règles, tactiques inédites, retrouver son personnage et les joueurs, story telling, etc).

    En jeu familial (par exemple Jamaica, 7 Wonders, Splendor, Dominion ou encore Uno, Picomino,..), je ressort très régulièrement les boites pour des soirées jeux avec femme, enfants, conjoints, amis etc..Pour ces jeux, ce qui prime à mes yeux, c’est la simplicité des règles, la possibilité de jouer à plus de deux joueurs et de faire plusieurs parties en une soirée, de manière à permettre aux « perdants » de prendre leur revanche immédiatement. En général, je propose un jeu déjà connu et une nouveauté.

    Etant donné qu’il n’est pas toujours possible de réunir des joueurs, j’apprécie également certains jeux jouables en solo (jeux coopératifs ou jeux spécifiquement développés pour être joués en solitaire). Le nombre de parties peut être important car le challenge est à chaque partie de faire mieux que la précédente 🙂

    Par contre, certains jeux très spécifiques comme les « monster » wargames qui exigent plusieurs dizaines d’heures de jeu pour une seule partie, une surface considérable pour déployer la/les cartes (une table de ping pong ;-)), la maîtrise de minimum 50 pages de règles très spécifiques sont moins rejouables compte tenu de l’investissement en temps nécessaire. Pour la plupart de ceux que j’ai joué, je me suis limité à une voire maximum deux parties (qui ont parfois duré plusieurs années…)

    Donc, comme dans la plupart des domaines, AMHA il me parait clair que l’offre peut créer la demande. Toutefois, les joueurs que je connais rejouent de nombreuses fois aux jeux qu’ils apprécient et sont plutôt acquéreurs d’extensions de jeux qu’ils possèdent déjà plutôt que dans la course à la nouveauté. Bon, d’accord, on va tous à Essen…..

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  6. Bonjour

    Même si je suis collectionneur, j’ai constaté que la plupart des personnes qui jouent avec moi aiment rejouer aux mêmes jeux, même s’ils ne détestent pas que je leur en fasse découvrir d’autres.
    En général, il s’agit de jeux dont les règles doivent rester simples (explicables en 2 mn maxi) et qui amènent une certaine animation autour de la table. Ma femme en est la première consommatrice.

    Au grand désespoir des éditeurs de jeux, je dois constater que c’est le jeu simpliste du 7 qui marche le mieux dans mon entourage. Ce qui ne va pas arranger leurs finances…

    Perso, je préfère les jeux plus « lourds » mais comme j’ai un peu de mal à trouver des partenaires de jeux, je me suis tourné vers les jeux qui peuvent se jouer en solitaire, quand j’arrive à en trouver, car ce n’est pas évident. Ou bien, je tiens le rôle de divers participants. Parfois, je me les fabrique tout seul (encore en solitaire).

    Bonnes vacances

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  7. J’avoue, j’ai tendance aussi a faire de la collectionite, malgré tout, je te rejoins sur la nécessité de jouer et rejouer à un jeu pour en tirer la substantifique moelle. La seule problématique est évidemment le temps, la logistique et la motivation. D’où l’intérêt de certaines plateforme telles yucata ou boardgamearena, lesquelles permettent de s’adonner à ces jeux de nombreuses fois. Bien évidemment, l’on peut également citer ici les adaptations numériques de JdS.

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