Critique de jeu : Russian Railroads

Temps de lecture: 4 minutes

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Nous avons reçu un exemplaire presse de l’éditeur pour critique sur notre site. Malgré ce « cadeau », nous déclarons garder toute objectivité quant à la présente critique.

Nous avons fait 5 parties complètes avec toutes les configurations possibles avant de pouvoir rédiger cette critique.

presentationRussian Railroads (RR) est sorti chez Filosofia en grande avant-première pour Essen 2013. Les boutiques et le public qui n’avaient pas fait le déplacement l’ont eu quelques semaines plus tard.

RR est un gros jeu de gestion pour 2 à 4 joueurs créé par Leonhard Orgler & Helmut Ohley (Poseidon, déjà un jeu de « train » dans la série des 18xx).themeRR est un jeu de train. Mais pas vraiment. Dans RR on doit construire son réseau ferré dans l’Union Soviétique et relier plusieurs villes majeures.

Mais au contraire des jeux de trains « ordinaires » tel que Steam, Trains, Railroad Tycoon et autres 18xx, il n’y a pas de carte de l’URSS sur laquelle on s’étend. Non. Chaque joueur possède un tableau personnel avec les différents réseaux, le but étant de poser les rails le plus loin possible.

Avant RR je dois avouer que je ne connaissais rien de l’Age d’Or des chemins de fer communistes. Honte à moi. C’est réparé depuis RR.

Quoique pas vraiment, car au final le thème n’est pas particulièrement bien exploité, mais c’est bien souvent le problème récurrent dans les gros jeux de plateau « à l’allemande » dans lesquels les mécaniques sont plus importantes.

materielUn matériel sans faute : petites pièces en bois de couleurs et tailles différentes pour représenter les rails, et belles illustrations.

Un bon point pour toute la pictographie car les mécaniques sont plutôt lourdes (oui, comme des trains soviétiques. Ok je sors) et complexes. Grâce à l’important travail de l’éditeur et graphiste l’ergonomie visuelle est très claire et fluidifie le jeu une fois les concepts de base maîtrisés.

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mecaniqueRR est un « bête » jeu de placement d’ouvriers. A son tour on place ses ouvriers sur le plateau commun pour obtenir : rails, déplacements, mécaniciens, améliorations, etc. Pas excessivement original soyons honnête, une grammaire ludique en déjà-vu.

Mais ce qui rend RR captivant ce sont les multiples choix à prendre : avancer sur les tous les fronts? Se spécialiser? Avec une mécanique de course contre les autres joueurs pour se développer plus rapidement.

interactionQui dit placement d’ouvriers dit nécessairement blocage des autres joueurs en tentant d’anticiper sur leurs stratégies.

L’interaction n’est pas « chaude », i.e. on ne peut pas détruire les rails de ses voisins, on pourrait avoir l’impression de se développer tout seul dans son coin de plateau personnel, mais ça serait une magistrale erreur de ne pas s’adapter aux autres. Ils construisent et upgradent leurs rails? Faut-il les coller aux talons ou préférer une toute autre stratégie?

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publicCasual & Familles : non, clairement pas, RR regorge de mécaniques complexes certainement indigestes pour les nouveaux joueurs.

Party Gamers : non, clairement pas.

Hobby Gamers et Core Gamers : évidemment oui pour les deux!

conclusionRR est un très très bon jeu de placement d’ouvriers, avec beaucoup de déjà-vus de tous les côtés, mais toutefois très bon car toutes les différentes mécaniques s’imbriquent parfaitement.

On pourrait croire que le jeu est lourd, surtout avec un livret de règles plutôt bien fourni, mais au final tout est clair et fluide. Après 2-3 tours max les joueurs en auront bien cerné le fonctionnement. Mais des joueurs confirmés, je précise, voir la rubrique « public » ci-dessus.

Durée de vie? Très bonne, car on aura envie d’essayer diverses stratégies, et les mécaniciens dispo ainsi que les cartes bonus changent à chaque partie.

Après, je sens déjà certains joueurs penser avoir trouvé une martingale, une stratégie qui fonctionnerait mieux qu’une autre, une mécanique cheatée comme dans Caverna, mais il s’agirait, comme le précise la définition-même de la martingale, d’une illustion: tout dépend des stratégies des autres joueurs et des éléments à dispo.

Précisons le système de décompte de points, relativement tarabiscoté: on multiplie les cases avancées par la qualité des rails, avec ou sans bonus à rajouter. Pas hyper facile et un peu capillo-tracté, mais bon.

A 2 à 3 à 4? Il y a deux plateaux centraux qu’on utilise selon la config, avec des options supplémentaires. Logique. Les parties sont donc autant intéressantes et tendues à 2 qu’à 4.

Je suis extrêmement content d’avoir découvert RR car pour être honnête, au contraire de mon ami, confrère et belge Ludigaume, je ne suis pas du tout un fan inconditionnel des jeux de train. A peine Les Aventuriers du Rail, et encore. J’aurais pu passer à côté de RR, et j’aurais fait une grave erreur. Et vous?

like

 

Un thème historique et original

Un « gros » bon jeu

Une pictographie bien foutue et claire

Une mécanique bien ripolinée, comme une locomotive russe (c’est ce qu’on appelle de l’humour ferroviaire. Ok je sors)

Des parties aussi bien à 2 qu’à 4

Un matos sans faute

Une bonne durée de vie

Énormément de stratégies possibles, ce qui donne envie d’y revenir

Filo est décidément un acteur ludique majeur dans le royaume des gros joueurs velus. Mais ça on le savait déjà depuis un moment. Et je ne dis pas ça parce qu’il y a de fortes chances qu’ils lisent ma critique et qu’ils soient ensuite pris d’une soudaine envie de me faire des bisous.

paslike

Pas le jeu le plus original de l’univers galactique ludique. Mais très bon quand même.

Un thème pas nécessairement bien intégré, mais c’est souvent le cas avec les jeux à l’allemande qui mettent l’accent sur la mécanique.

Le scoring tarabiscoté.

L’impression de faire un solitaire à plusieurs, c’est souvent le cas dans un jeu avec un plateau personnel.

 

mais

Avez-vous déjà lu notre TOP 10 des meilleurs jeux de placement d’ouvriers? RR y figure en très bonne position

Et notre critique tombe pile poil. Avez-vous déjà lu le 4e chapitre des Hard Gameurs qui parle justement de RR?

4 Comments

  1. Perso, je trouve ton avant propos superflu gus, tu perds en « légèreté ».
    Tu as bien expliqué le pourquoi du comment tu en arrives a cela dans un précédent article, c’est ok.
    Toutefois, on se doute que parfois ta redaction se voit offrir des jeux. On imagine aussi très bien que tu fais plus ou moins de parties selon la profondeur du jeu pour dépasser une éventuelle première impression décalée.
    A titre perso, je ne viens pas chercher dans tes reviews une pseudo objectivité froide, j’y trouve au contraire toute ta subjectivité de passionné au ton percutant assumé. Et il suffit de lire qqs articles pour le comprendre… Gus and co a l’éthique de livrer sa pensée librement.
    Ce message est un aveu de confiance. J’imagine qu’il trouvera un écho dans le cœur de tes fidèles lecteurs.
    Bien a toi.

    1. Merci Ludodida pour ton commentaire. Et je ne vois pas en quoi je perds en légèreté. 1-2 lignes de plus en guise d’avertissement / avant-propos seraient de trop???

      Un article qui pourrait t’intéresser plus à fond paraît demain mardi à 13h30… 😉

  2. Ca ne fait pas de mal de savoir d’où vient ce jeu. C’est différent si c’est Gus qui l’achète, on peut supposer un coup de coeur, ou bien si c’est un cadeau intéressé d’un éditeur. Maintenant, on sait tous que Gus est un communiste vendu au capitalisme. Ou pas.

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