Les 5 règles pour faire un (très) bon jeu coopératif

Temps de lecture: 4 minutes

Couv-TH

Incroyable mais vrai, Mattel, oui la boîte qui fait principalement des jouets en plastique, a annoncé sortir un jeu de plateau coopératif pour Essen 2013.

Le jeu ne sortira visiblement qu’en allemand dans un premier temps et il s’agira d’un jeu pour enfants créé par Bryan Yu. L’un des titres envisagés est Treasure Hunters puisque les joueurs se baladeront dans un manoir hanté pour y trouver un… trésor. Avec fantômes et portes fermées. La couverture est signée par le talentueux Piero (Dice Town, Ghost Stories). Vous pouvez d’ailleurs suivre la progression de la couverture sur son blog ici.

Avec ce nouveau jeu coopératif prévu pour tout bientôt, penchons-nous sur les 5 éléments qui font un (très) bon jeu coopératif. Un jeu coopératif est donc un jeu dans lequel les joueurs jouent tous ensemble contre le jeu lui-même. Un bon exemple de jeu coopératif est le tout récent Désert Interdit.

hasardLe souci majeur dans les jeux coopératifs est bien souvent le hasard. Pour pouvoir proposer des défis aux joueurs et surtout renouveler les parties, il y a souvent une mécanique de pioche d’évènements. Les joueurs vont devoir ensuite tout faire pour lutter contre ces difficultés.

Et pourquoi ne pas proposer un jeu coopératif qui limiterait cette part trop souvent présente de hasard? La possibilité par exemple de connaître les 2, 3 prochains évènements, diminuer la part du hasard et de la tactique pour renforcer la stratégie.

kingIl y a souvent à la table un joueur qui se sent investi de la mission suprême de réussir impérativement la partie et donc de prodiguer des conseils à profusion. Il s’agit souvent d’un joueur qui connaît déjà le jeu et qui se croit être l’expert. Il se met alors à « contrôler » tous ses collègues à la table comme s’ils étaient ses « pions ». Une vraie plaie, car les autres joueurs ne décident alors plus rien et n’en retirent alors aucun plaisir. Comment jouer avec un King Speaker sans y laisser ses dents?

Un excellent jeu coopératif devrait tout faire pour éviter cet écueil. Comment? En renforçant le pouvoir de tout un chacun, en donnant des mini-missions, ou des pouvoirs personnels suffisamment riches et puissants pour que chaque joueur se sente intégré et soit « obligé » de participer sans qu’on lui dise quoi faire. Un bon exemple est Robinson Crusoé, à paraître bientôt en français chez Filosofia. Les personnages sont tellement complexes que tous les joueurs doivent bien les maîtriser individuellement.themeLe thème est essentiel dans un jeu coopératif. Pour que les joueurs aient du plaisir à y jouer et se sentent véritablement immergés dans une aventure épique, le thème y est évidemment pour beaucoup. Plus le thème sera « exotique » et captivant et plus les joueurs auront eu l’impression de vivre quelque chose à plusieurs.

Non seulement le thème se doit d’être attractif mais il est également important qu’il soit extrêmement bien intégré au jeu. Prenez beaucoup de jeux coopératifs et vous trouverez rapidement que le thème, même si intéressant, est bien souvent « collé » au jeu, pas assez exploité, ce qui risque de lasser et décevoir les joueurs sur le long terme. Il est important que les mécaniques du jeu servent véritablement le thème. C’est toute la différence entre les jeux européens, bien trop souvent à la mécanique ripolinée mais au thème collé, et les jeux américains, au thème fort et bien intégré.missionsDans beaucoup de jeux coopératifs les joueurs devront lutter contre l’apparition d’évènements immédiats tout en essayant de remplir une mission suprême : bannir des dieux / fantômes, retrouver des trésors, réussir divers missions, etc. Pour ne pas que les joueurs aient finalement l’impression de faire une patience à plusieurs, un bon jeu coopératif devrait proposer des missions, des quêtes riches et intéressantes.

Prenez l’exemple d’Andor, pas étonnant qu’il ait raflé autant de prix en 2013 (As d’Or, Kennerspiel), puisqu’il propose véritablement une immersion dans un univers médiéval-fantastique avec des quêtes captivantes.wahouBeaucoup de jeux coopératifs proposent aujourd’hui la même grammaire ludique « banale » : personnages avec pouvoirs spéciaux, évènements tirés au hasard, difficulté allant en croissance, etc. Lire la critique d’Yggdrasil pour vous en convaincre.

Les jeux coopératifs modernes sortis jusque-là ont rempli leur mission, apporter du neuf. Mais c’est bon là, on a fait le tour, ne trouvez-vous pas? Les prochains jeux coopératifs devraient proposer des expériences immersives, des aventures palpitantes, des péripéties épiques, d’aller au-delà du « banal ». Nous avons tous joué aux Chevaliers de la Table Ronde (Cathala-Laget), à Ghost Stories (Bauza), à l’Ile Interdite (Leacock), proposez-nous autre chose, faites-nous rêver, voyager, rêver!

Car au final le jeu ne m’offre pas la possibilité de gagner et de rétamer mes adversaires et ainsi de me sentir plus fort, mais la véritable possibilité de vivre une aventure à plusieurs, et ceci sans bouger de son salon. Après tout, les jeux coopératifs, et les jeux en général, sont de formidables machines à partager et à rêver!

Qu’en pensez-vous? Trouvez-vous qu’un jeu coopératif actuellement sur le marché remplisse ces différents facteurs?

18 Comments

  1. Un des autres avantages du jeu coopératif, C’est qu’on arrête d’être des adversaires pour vivre ensemble une aventure. Et à la fin, il y a pas juste un gagnant, Médias les souvenirs communs de cette épopée.

    1. Bon, captivantes, j’ai été peut-être un peu fort Stéphane, j’avoue.

      Mais quêtes plus intéressantes tout de même que juste réaliser des paires, des brelans ou des carrés de cartes semblables… Ou dégager des événements aléatoires.

  2. Très bon article!
    Passionné de jeux depuis une dizaine d’années, je me tourne aujourd’hui seulement vers les jeux coopératifs principalement pour jouer avec ma chérie! Nous trouvons plus de plaisir dans cette forme que dans les jeux où l’on va s’affronter.

    Mais il est vrai que l’offre aujourd’hui n’est pas encore suffisante à mon goût et j’espère bien qu’elle va s’étoffer!

    Continuez comme ça ! Au plaisir!

  3. Bonjour
    Auriez vous des noms de jeux cooperatifs américains à me donner pour illustrer cet article?
    Je suis aux us et j’aimerai ramener un bon jeu, coopératif pourquoi pas. Merci pour les tuyaux

    1. Bonjour,

      difficile de donner une réponse à l’emporte-pièce, tout dépend de votre « habitude » de jeu. Préférez-vous les « gros » jeux, coopératifs ou pas, ou plutôt légers et familiaux? Selon votre réponse nous pourrons vous orienter vers l’un ou l’autre. Il n’y a pas de jeu ultime mais de jeu ultime pour un certain joueur.

  4. Robinson Crusoé : Aventures sur l’île maudite : Parait que ça renouvelle un peu le genre et que les choix des joueurs influencent directement le comportement de l’île.

    Lettres de Whitechapel : Semi-coopératif puisqu’un joueur se retrouve contre les autres, le thème est connu et apprécié (même si l’idée d’avoir à commettre des crimes quand on joue le rôle de Jack semble en gêner certains).

    Mice and Mystics : Déjà plus classique d’en l’approche du coopératif, on se rapproche de Ghost Stories. Parait que le Storytelling est omniprésent et met sacrément l’ambiance, que le thème plait au petits comme aux grands et que la qualité du matériel est au rendez-vous.

    Ces trois jeux ne sont pas encore disponible en langue française, il faudra donc attendre un peu avant d’avoir les avis de la communauté francophone. N’est-ce-pas Gus&Co ? 😉

  5. De ce que je lis finalement le meilleur jeu coopératif est … un jeu de rôles !

    je cite :

    « Les prochains jeux coopératifs devraient proposer des expériences immersives, des aventures palpitantes, des péripéties épiques »

     » la véritable possibilité de vivre une aventure à plusieurs, et ceci sans bouger de son salon. Après tout, les jeux coopératifs, et les jeux en général, sont de formidables machines à partager et à rêver! »

    Cela me fait vraiment penser à des jeux de rôles …

    1. Héhé Sylvain, (je sors justement maintenant de 5h de partie de jeu de rôle, Pathfinder version Savage Worlds. Parenthèse fermée).

      Oui, un bon jeu de plateau coopératif pourrait s’approcher d’un jeu de rôle.

  6. LE jeu collaboratif US, plus pour les mômes mais je m’en lasse pas, c’est l’excellent Castle Panic et son extension.
    A noter que le mois prochain sort un jeu avec la même mécanique mais avec des… zombies !

  7. Sincèrement, je n’ai pas encore essayé de jeu coopératif. Si vraiment je dois en essayer un, je commencerais par CO2, l’auteur de Vinhos. D’excellent critiques concernant justement la mécanique du coopératif, ne laissant pas le joueur en tête faire tout le boulot. Conséquence les évenements négatifs sont trop vite résolus d’apres les Cr de parties. Malgré cela, ce jeu me tente vraiment…

  8. En lisant les deux premiers points de ton article, je me suis dit que t’aurais dû l’intituler « Les 5 règles pour rater un jeu coopératif » mais finalement en lisant la suite ça va mieux.

    Je trouve dommage de ne pas parler de Hanabi qui sort complètement du lot en tant que jeu coopératif puisqu’il s’appuie à fond sur la mécanique et pas du tout sur l’immersion et le thème.

    Tu ne parles pas non plus de Escape le temple maudit qui, je trouve, apporte aussi quelque chose de frais et de nouveau au genre.

    Dans le même état d’esprit, je te conseilles de jeter un oeil à http://www.boardgamegeek.com/boardgame/142267/bomb-squad qui mélange un peu ces deux genres, avec une touche de Roborally aussi !

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