Jeu, arnaque et Kickstarter: 122 mille dollars partis en fumée, ou presque

Temps de lecture: 2 minutes

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Il fallait bien que ça arrive un jour ou l’autre, et voilà, c’est enfin tombé: le premier gros clash sur Kickstarter.

En mai 2012, The Doom That Came To Atlantic City! un projet de jeu de plateau lovecraftien (et très Monopoly-like) a été lancé sur la plateforme de financement participatif Kickstarter. En un mois il a récolté la coquette somme de 122’000 USD pour un montant minimum nécessaire de 35’000.

Tout récemment, le 23 juillet 2013, la maison d’édition qui a lancé le projet a officiellement annoncé que le projet était tout simplement annulé! Pourquoi? Apparemment pour des questions de soucis de production, mais ce n’est pas très clair…

1’246 personnes ont participé au financement, et d’après les responsables du projet, ceux-ci vont tout faire pour rembourser l’argent: « My hope now is to eventually refund everyone fully » mais cela va prendre du temps, sans rien pouvoir promettre. Bref, les 1’246 personnes qui ont versé les 122’000 USD l’ont « bien dans l’os, et profond » comme on dit par chez-nous: imaginez-vous, 122’000 USD, ce sont près de 110’000 CHF ou 90’000 euros. Pas mal, non?

D’autant que la plateforme Kickstarter n’assume AUCUNE responsabilité dans cette affaire, elle se dégage de tout remboursement ou poursuites judiciaires. Lisez les commentaires furieux pour vous donner une idée de la réaction des gens, réaction plutôt naturelle dans ces circonstances. Quelles possibilités leur restent-ils? Pas grand-chose, puisque chaque « backer » a versé entre 50 et 200 USD, donc pas « suffisamment » pour entamer individuellement des démarches contre les développeurs.

Coïncidence, nous parlions du phénomène Kickstarter il y a quelques jours encore, le Crowdfunding, menace ou opportunité pour le monde du jeu, et cette histoire me rappelle (encore et toujours) furieusement l’affaire Krok Nik Douil et nos pépètes qui ont disparu puisque nous n’avons toujours rien entendu officiellement de son éditeur ni de son jeu Massilia lancé en… février 2012 sur la plateforme de financement participatif française Ulule (50 euros de perdus).

Bref, il faut véritablement apprendre à se montrer prudent avant de financer un projet sur le net. Malheureusement, cette histoire causera certainement beaucoup de tort à tous les développeurs qui comptent sur le financement participatif pour réaliser leur projet.

Est-ce que cette histoire vous refroidit?

Pour lire l’annonce sur Kickstarter

Pour lire notre article sur le Crowdfunding

10 Comments

  1. Oui il fallait bien que ca arrive mais la on a de la communication, ce n est pas un gars qui se barre avec la caisse. KS est et restera du participatif et non des précommandes qu’on se le dise … Avec les risques que ca engrange. Je pense que ca,nuira plus aux petits projets et renforcera ceux des grosses maisons d’édition.
    sinon je fais aussi parti de la galère knd, aux dernières news c’est pour essen 2013 … Mais je ne crois plus au père Noël 😉

  2. Parler d’arnaque est très exagéré: c’est visiblement plus un gars dont les compétences et l’expérience ont été largement dépassées par son propre enthousiasme et le succès du financement. Je ne crois pas qu’il y ait volonté de nuire.

    À voir s’il tiendra sa promesse de rembourser les contributeurs, mais il y a au moins de l’honnêteté dans la démarche.

    1. Mouais, la différence est subtile entre une arnaque et un mec qui se lance sans aucune expérience de la chose. Le minimum, quand on demande 35000€ est de se renseigner un peu à l’avance sur comment ça marche, combien ça coûte, etc …

      Bref, tu sais pas faire, tu lances un tout petit projet à 5000€ d’un projet léger/moyen … Tu te lances pas dans un truc énorme … C’est pas le tout d’être enthousiaste, il faut aussi être un minimum lucide …

      Mais bon, tout le monde sait qu’un projet aujourd’hui sur KS, c’est de la communication. Tu peux être un branque en n’importe quoi, tant que tu fais des visuels de oufs et une bonne vidéo, à toi les pépètes, même si c’est pour faire de la merde …

      Bref, un système qui met bien en évidence l’évolution du monde actuel : l’importance donnée partout à l’aspect marketing et superficiel des choses, au détriment des compétences et de la qualité …

      Sinon, pour répondre à la question de Gus, non, ça ne me refroidit pas, je l’étais déjà. Ca me conforte plutôt. Disons que sur KS, je ne bakerai qu’à très petite échelle quelque chose qui me plait, en me disant à l’avance que bon, y’a de bonnes chances de ne jamais le recevoir. Et idéalement, j’attendrai plutôt que ça sorte en boutique ou sur le marché de l’occasion …

  3. Ouais, Ulule, Kickstarter, leurs systèmes sont basés sur des paris. Ils ont joué, ils ont perdus. Point. Les gens investissent de l’argent en connaissance de cause, on ne va pas pleurer dès qu’un jeu ne sort pas. Après, ce genre de comportement, de la part de cette éditeur, me conforte dans l’idée d’un besoin de rationaliser le système comme l’argent investie.
    Donner 200$ sur un simple promesse de jeu, d’un éditeur inexistant ou peu existant, c’est un peu con je trouve.

    1. Le point où j’ai des doutes c’est « en connaissance de cause ».
      Je pense que beaucoup de gens se font avoir en pensant qu’ils sont sûr d’avoir quelque chose ou d’être remboursés, même si c’est dans longtemps. Je serai vraiment curieux de savoir combien de gens savent qu’il n’y a aucun engagement à recevoir véritablement quelque chose …
      Après, quand on est au courant, je n’ai aucun problème avec ça. Tu prends un risque, des fois tu gagnes, des fois tu perds … Mais bon, plus cette information est oubliée, mieux les projets marchent. Ni KS, ni les projets n’ont intérêt à préciser au moment du backing « Attention, si ça se trouve, t’auras rien du tout et il ne te restera que tes yeux pour pleurer … ».

  4. C’est pas un peu con, c’est un choix, parfois on se plante…
    Pour le coup même si je comprend que les mecs l’aient mauvaise, il me semble que le type est honnête, à défaut d’avoir été compétent.
    Si on veut un vrai cas d’arnaque il faut voir le projet de réédition des Corbeaux d’Odin sur kickstarter, le mec à disparu sans laisser de traces avec les 20 000$ de son projet.
    Ce qui n’est pas le cas ici.

  5. Salut à tous,

    je ne suis pas d’accord quand je lis « Kickstarter n’assume AUCUNE responsabilité dans cette affaire […] ». Du moins sur la forme qui sous-entend que pour toi KS devrait en assumer. Hors il est très clair que non, jamais. KS n’est là que pour réunir le financement pas plus. ll existe des structures qui s’impliquent dans le développement ou l’accompagnement une fois le financement atteint, c’est le cas, par exemple, de certains projets My Major Compagny.

    Il y a plusieurs structures de Crowdfunding et chacune a ses spécificités. L’accompagnement et l’engagement est, pour moi, une grande différence entre elles.

    Après sur le terme « arnaque », de même que quelqu’uns ici, je trouve le terme un peu fort. Si l’intention de malveillance eu été prouvé, alors oui. Mais là ça sent plus le gars qui n’a pas su gérer son projet (et surtout le coté budgétaire sur la réalisation). Et c’est vraiment ce qu’on peut lui reprocher.

    Enfin quand on contribue à un projet, je pense qu’il faut être prêt à prendre un risque. L’expérience du porteur, le cadre dans lequel le projet se fait (et on pourrait en trouver d’autres) devraient permettre aux contributeurs de définir si le projet va globalement bien se passer. Ou d’en sentir le risque idoine. Et ainsi prendre ou pas ce risque. Je comprends que les contributeurs regrettent et en veuillent au porteur. Mais certains propos dans les commentaires du projet me semblent trop déplacés.

    Je pense qu’on en ait au début du Crowdfunding (mais plus à la naissance), qu’il y aura de temps en temps des histoires comme celle-ci mais que globalement, ça va « se tasser », les contributeurs choisissant avec de plus en plus de soins. Et les développeurs adaptant leurs projets à leurs capacités de mieux en mieux.

  6. Petite mise à jour de notre article, l’un des deux co-auteurs du jeu vient de s’exprimer sur cette débâcle et annonce que ni lui ni son collègue n’y sont pour quoi que se soit et qu’ils n’ont touché aucun sou, en ont d’ailleurs même perdu dans l’histoire.

    http://keith-baker.com/the-doom-kickstarter-my-response/

    Toute la responsabilité en incombe visiblement aux porteurs du projet, les (soi-disant) éditeurs.

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