Le Désert Interdit VS l’Ile Interdite

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Puisque le Désert Interdit vient de sortir et qu’il reprend beaucoup d’éléments de son prédécesseur, l’Ile Interdite, voici un petit comparatif.

Le Désert Interdit est sorti en juillet 2013, l’Ile Interdite en juillet 2010, les deux créés par le même auteur Matt Leacock (Pandémie) et édités en VO par Gamewright et en VF par Cocktail Games.

Les deux sont des jeux de plateau coopératifs dès 10 ans d’une durée approximative de 45′ (on peut perdre bien avant…). La différence notoire entre les deux est le nombre de joueurs. Si l’île peut compter un maximum de 4 joueurs, le désert peut en accueillir 5. Appréciable.

themePareil, on se retrouve perdu et plongé dans un écosystème hostile et en perdition. Eau dans l’île, sable dans le désert. Dans l’île, les joueurs sont des chasseurs de trésor, tandis que dans le désert ils se sont échoués alors qu’ils étaient à la recherche d’un vaisseau solaire futuriste. Leur seul moyen pour s’en sortir est donc de le retrouver avant de mourir déshydraté ou happés par les tempêtes de sable.Dans les deux jeux le thème est bien exploité car on sent l’avancée inexorable de son destin funeste si l’on ne se dépêche pas.
materielLe désert jouit d’un matériel incroyable, presque baroque: les illustrations décrivent un univers steampunk, plus technologique et futuriste que l’île aux relents oniriques.

Mais le plus sidérant dans le désert c’est clairement son vaisseau, une grosse pièce en plastique (j’en profite au passage pour remercier les Chinois…) dans lequel les trésors / éléments à retrouver s’imbriquent parfaitement bien.

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Ce vaisseau n’a AUCUNE importance spécifique pour le jeu si ce n’est d’immerger le joueur dans le thème. Et comme disait Voltaire, « le superflu, chose si nécessaire ». Un kudos pour le désert et les éditeurs d’avoir préféré l’immersion à l’économie.

Vous allez me dire que le client finit quand même par payer cette pièce… Mais c’est la frime d’avoir ce vaisseau trôner sur la table et peu à peu se construire à mesure qu’on retrouve les pièces manquantes, on peut véritablement et visuellement suivre sa progression dans le jeu.

mecaniquePareil dans les deux: déplacement, enlever (eau ou sable), objets à pouvoirs particuliers, utilisation de pouvoirs des personnages très semblables, hormis l’alpiniste (oui, il y a des Alpes dans un désert), recherche de 4 éléments, tirage de cartes « catastrophes » et nécessité de se trouver sur une tuile finale tous ensemble. On perd quand le niveau de danger atteint son maximum, quand un joueur périt ou quand la réserve de sable est épuisée. Oui, presque tout pareil.Les deux mécaniques qui marquent une nette différence pour le désert sont:1. la gestion de l’eau, une réserve personnelle, pour éviter qu’un personnage ne finisse en pruneau séché, dans ce cas-là la partie est pliée pour tous,2. l’apparition des trésors / éléments / pièces du vaisseau. Dans l’île, il « suffit » (plus facile à dire qu’à faire) qu’un joueur réunisse 4 cartes semblables et se retrouve à l’endroit correspondant pour obtenir le trésor, alors que dans le désert ces éléments apparaissent au cours de la partie à l’intersection, ligne, colonne, de deux tuiles semblables retournées. Malin. Dynamique. Et surprenant.
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Pareille. Il s’agit dans les deux cas d’un jeu coopératif donc il est impératif de collaborer et de discuter un max pour gagner la partie tous ensemble.

Attention toutefois au phénomène de King-Speaker !

conclusion

Dans un marché du jeu qui commence sérieusement à se mordre la queue et à s’inspirer / copier parmi (créer=copier?), il devient de plus en plus en difficile d’être original. Ici auteur et éditeur sont parvenus à proposer une version upgradée de l’île. On retrouve les mêmes sensations de jeu tout en étant confronté à de nouveaux défis.

Si l’île était une version « édulcorée » de Pandémie, le désert est une version affinée et plus subtile que l’île.

L’île est une excellente plateforme d’initiation aux jeux de société modernes coopératifs, tandis que le désert s’adresse beaucoup plus aux gamers / joueurs habitués et exigeants. On pourrait dire que le désert est une sorte d’île+.

Mais. Mais le désert souffre toutefois d’un écueil, car s’il se veut clairement plus gamer, il faut préciser que ce type de joueur a une sacro-sainte horreur du hasard. Il aime contrôler, préparer ses 2-3-17 prochains tours, ce qui est clairement une gageure dans le désert puisque le sable est soufflé n’importe où n’importe comment, on ne peut s’y préparer. Une partie pourra être remportée sur le fil suite à un tirage favorable, ou pas. Au final on aura un peu l’impression de subir le jeu sans pouvoir véritablement influer dessus, juste en « jouant les pompiers » pour faire, et réagir, au mieux et désengorger tout ce désert. C’est clairement le thème qui veut cela, on ne peut pas contrôler les éléments naturels, il faut savoir y faire face et se préparer, mais tout cet aspect aléatoire pourra en refroidir certains.

C’est d’ailleurs le souci prépondérant dans la grande majorité des jeux coopératifs, l’omniprésence du hasard qui incarne une sorte d’IA permettant des parties à chaque fois fondamentalement différentes. Si dans l’île on a parfois l’impression de maîtriser quelque peu le jeu, puisqu’on sait à peu près quelle tuile va être affectée par un désastre, puisqu’elles reviennent après avoir été touchées, ce n’est plus le cas dans le désert, les cartes sortent sans aucun ordre particulier.

Autre souci, mais absolument pas inhérent au désert mais plutôt aux jeux coopératifs en général, c’est clairement le phénomène de King-speaker. Quelques idées pour ne pas y laisser ses dents.

Alors, faut-il posséder les deux? Ça, c’est à chacun de décider bien évidemment… Quant à moi je dirais :

  • Oui si vous avez un budget confortable en jeux
  • Oui si vous avez fait le tour de l’île et désirez pratiquer un jeu plus subtil, plus raffiné, plus difficile
  • Oui si vous avez l’âme d’un collectionneur et qu’il vous faut impérativement posséder toutes les nouveautés sur le marché
  • Oui si vous soutenez l’effort original de Cocktail Games de proposer des jeux plus gamers alors qu’ils sont plus habitués à nous proposer des party-games
  • Oui si vous aimez les jeux coopératifs, en général
  • Oui, si vous aimez le thème immersif « désert et turbines » steampunk

Mais je dirais aussi:

Non si vous cherchez un jeu coopératif véritablement plus gamer, car dans ce cas d’autres jeux plus amples et moins hasardeux s’offrent à vous, tel l’excellent (mais aux règles moisies) Robinson Crusoe (bientôt en VF chez Filosofia), ou l’intense (mais répétitif) Space Alert, ou encore le multi-primé Andor (As d’or, Kennerspiel 2013).

maisA la fin du livret de règles du Désert Interdit Matthieu l’éditeur écrit : « Fans inconditionnels du premier opus, nous avons adoré le second à la fois pour sa mécanique très originale et l’extrême tension générée par le jeu et attendons avec impatience le troisième opus de la trilogie ». Aaaaah, un troisième opus? Chez Gus&Co nous nous sommes amusés à l’imaginer, et ça pourrait s’appeler la Galaxie Interdite

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