Essen, mais WTF ?

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Mais

Dans un peu moins de 3 mois aura la foire du jeu à Essen en Allemagne, du 24 au 27 octobre 2013.

Essen, c’est quoi ? Mais surtout, WTF ? Pourquoi est-ce qu’Essen est devenu LE « pèlerinage » ludique mondial? Pourquoi est-ce que cette foire exerce une telle fascination sur le public?

1. Un évènement mondial

Essen attire de nombreux joueurs et professionnels (auteurs, éditeurs, illustrateurs, distributeurs) du monde entier, et pas qu’Allemands, et pour ça, c’est assez dingue. Passer devant un stand coréen ou grec fait son petit effet, on a un peu l’impression de faire un tour du monde concentré, et de se sentir dans LE lieu, puisque de très nombreuses nationalités font le déplacement.

2. Un évènement fédérateur

A Essen, joueurs et professionnels se rencontrent IRL. C’est un peu LE rendez-vous annuel entre potes et auteurs, des gens que l’on « côtoie » tout le reste de l’année sur Twitter, FB, email. Et là, paf, on peut se serrer la main. On peut même y rencontrer des VIP, des auteurs à succès, la friiiiime.

3. Un évènement ludique

Mais l’élément principal d’Essen, ce sont les jeux. Chaque année, et cela ne cesse de progresser, des tonnes (littéralement) de tous nouveaux jeux y sont présentés. Les auteurs & éditeurs font tout pour coller leurs sorties / agenda à Essen. Un éditeur qui veut « exister » se doit de présenter 1-6 jeux (je dis ça pour l’éditeur néerlandais White Goblin qui présentera 6 (!) jeux en 2012). Du coup toute cette frénésie s’auto-alimente puisque les joueurs / consommateurs veulent être parmi les premiers à découvrir / acheter ces nouveautés.

4. Un évènement payant

Cela m’a toujours interloqué: l’entrée à Essen est payante, près de 11 euros par jour. Oui, on paie pour… acheter. Évidemment, on n’est PAS obligé d’acheter, mais 11 euros pour voir des stands de jeux c’est quand même surprenant. Et pas loin de 150’000 personnes font le déplacement.

5. Un évènement peu jouable

A Essen, on y va pour se balader, pour découvrir, pour rencontrer, mais peu pour jouer. Il y a très peu de tables de jeux à disposition, il faut soit se battre, soit venir très tôt (quoique, ça suffit pas vraiment), soit réserver ses tables. Quelques éditeurs voient grand et prévoient beaucoup d’espace de jeux, tel Queen Games ou Asmodée, mais en général, c’est assez difficile de jouer à Essen, sans compter le bruit ambiant qui ne favorise pas vraiment la concentration et le plaisir.

6. Un évènement de collectionneurs

Les éditeurs l’ont bien compris, pour attirer le joueur / acheteur à Essen, et surtout sur leur stand, le goody est de bon ton. Je m’explique. Un goody, c’est un bonus spécial au jeu: une carte spéciale, une mini-extension, des autocollants, des pions particuliers, etc. Bref, du matériel promotionnel. L’éditeur belge Repos Prod en est devenu un spécialiste, puisqu’à chaque Essen, pour lancer leur(s) nouveau(x) jeu(x), ils proposent t-shirts, cartes, planches uniques.

7. Un évènement 2.0

Pour peu que vous suiviez les flux ludiques RSS, Twitter (Twitter et les jeux de société, qui suivre, ici) ou FB, à l’approche du mois d’octobre il devient très difficile, voire largement impossible de ne PAS entendre parler d’Essen. Photos, annonces de sorties, impressions, etc. Du coup, ça donne envie, ça aliment la « frénésie ». Si on a loupé Essen l’année passée, on fera tout pour y participer cette année.

8. Un évènement consommateur

Être parmi les premiers à découvrir les nouveautés, cf #3, c’est un peu retrouver son âme d’enfant le matin de Noël. On sent l’agitation, la dopamine frétiller, c’est le culte de la nouveauté. Pouvoir ensuite écrire une critique d’un tout nouveau jeu donne un sentiment de pionnier à l’avant-garde du mouvement.

9. Un évènement fun

Avons-le, les européens ne sont pas les plus exubérants au monde. Le Cosplay y est plutôt discret, on n’est pas à la Tokyo Expo ou à la GenCon,  et ceci malgré une halle principalement dévolue au jeu de rôle et au grandeur nature (armes factices, costumes). Mais il n’en reste qu’Essen est fun. On ne voit pas le temps passer, on s’y amuse.

S’y amuser? Vraiment ? Et bien oui, car au final on se trouve immergé dans son passe-temps favori, le jeu, comme plongé dans un océan de cubes et de cartes. Et entouré par d’autres milliers de fan, subitement on se sent moins seul quand le reste de l’année, on sort un jeu de plateau et qu’on on passe trop souvent pour un hurluberlu (j’adore cette expression, son étymologie ici) auprès du « grand public ». Essen, c’est peu la ruche du jeu, on s’y sent comme appartenant à une « colonie » d’abeilles, faisant partie de la même « famille », et c’est bon de se sentir entouré. La preuve en images que j’ai tourné l’année passée à 10h du matin jeudi à l’ouverture.

Et vous, y serez-vous cette année ?

2 Comments

  1. Si l’entrée n’était pas payante, les stands vendraient beaucoup moins. C’est une technique de base de l’organisateur de salon, et que les exposants constatent. Un client qui paie veut rentabiliser son investissement et achète. Un client qui ne paie pas butine, regarde, mais ne consomme pas. L’homme est un animal étrange…

  2. Un visiteur ne paye pas pour consommer. Pas que. S’il n’y avait pas la vente ou en dehors du salon, par exemple juste à coté, ouverte à tous, il y aurait autant de visiteur ou un chiffre comparable. Même si je crois à l’effet de « rentabiliser son déplacement ».

    Un visiteur vient pour découvrir. Il paye sa découverte. L’achat ne vient qu’après finalement. Après le pass 4 jours revient à 30 €. Dans le budget d’un toulousain qui va à Essen, c’est presque une virgule.

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