Critique de jeu : Gears of War le jeu de plateau

Temps de lecture: 5 minutes

Présentation

Gears of War (GoW) est un jeu de plateau coopératif pour 1 à 4 joueurs, d’une durée d’1 à 3 heures selon le scénario et le nombre de joueurs. Créé par l’indestructible Corey Konieczka (les Demeures de l’Epouvante, Rune Age…) et édité par FFG en vo et bientôt Edge en vf.

Tiré du très bon jeu vidéo d’action survitaminé et bourrin, le 3e épisode vient d’ailleurs juste de sortir, GoW le jeu de plateau reprend le même univers / graphisme / punch.

Thème

Le thème est extrêmement bien rendu et exploité.

Mais le thème est extrêmement léger : des hordes de monstres, les Locusts, sortent de l’intérieur de la Terre pour se jeter sur l’Humanité, c’est malin, mais heureusement que de vaillants soldats, les COG, comme Coalition of Ordered Governements, sont là pour faire le ménage. Bref, on joue des concierges armés et de très mauvaise humeur.

Léger, on vous l’a dit.

Matériel

Comme toujours avec l’über-prolifique éditeur américain, le matériel est somptueux : les figurines sont extrêmement représentatives du jeu vidéo, les tuiles de terrain sont sombres et immersives.

Petit souci toutefois, les cases et les murs ne sont pas toujours clairement visibles et le terrain peut parfois prêter à confusion, surtout dans l’agitation. Attention donc à bien observer les tuiles au moment de les placer.

Mécanique

Les règles, malgré les quelque 20 pages, sont au final très simples et fluides.

A son tour, un joueur commence par tirer deux cartes, cartes qui lui permettra d’effectuer des actions mais qui représentent également ses points de vie.

Puis il dispose d’une seule action pour laquelle il lui faudra obligatoirement dépenser une carte : déplacement de deux cases, attaque, ou utilisation de la carte.

Enfin, on termine son tour en tirant une carte pour activer les monstres, « l’intelligence artificielle », qui les fera souvent apparaître, se déplacer et attaquer nos chers techniciens de surface bourrés aux anabolisants.

Le système de combat, le cœur-même du jeu puisqu’il s’agit avant tout d’un jeu d’action, est ultra-simple, voire même simpliste diront certains, mais l’auteur a préféré ici une fluidité et nervosité au contraire d’une mécanique riche et profonde qui freinerait le tout : l’attaquant lance un certain nombre de dés selon l’arme utilisée, le défenseur pareil, et la différence de touchers et de résistances infligent les dégâts. Oui, simple, avec toutefois un système de choix de type d’attaque, les armes pouvant être utilisées soit de façon « normale », sans devoir défausser de munitions, soit une attaque puissante.

Évidemment, qui dit dés dit hasard, très prégnant dans le jeu, mais c’est ce qui confère tout l’épice du jeu, prier ses dés de toucher ses sales vermines qui ne se sont même pas essuyé les pattes avant d’entrer.

Rajouter à cela certaines cartes qui peuvent être exceptionnellement jouées hors de son tour selon leur pouvoir : manœuvre d’évitement pour une défense améliorée, attaque préemptive avant celle des Locusts.

Une action supplémentaire peut également jouée à son tour, moyennant une carte défaussée : récupération d’armes ou munition abandonnée, réanimation d’un camarade de classe…

Bref, le tout est extrêmement fluide et la prise en main du jeu est rapide.

Missions

Il y a 7 missions dans la boîte de jeu. Sachant que l’ordre des tuiles de la mission est tiré au hasard lors de la mise en place, on n’a jamais la même configuration, ce qui renouvellera le jeu.

Connaissant l’éditeur, on peut néanmoins s’attendre à de futures extensions : nouvelles missions, nouvelles tuiles, nouveaux monstres, nouveaux personnages.

Les 7 missions sont de difficulté croissante, et déjà la 2e est bien couillue. Quand un niveau de la mission est réussie, on progresse et on retourne la prochaine carte d’objectif, comme dans l’excellent jeu de cartes Le Seigneur des Anneaux (pour ceux qui connaissent. Les autres, courez l’essayer)

Au contraire des Demeures de l’Epouvante, on ne place pas tous les niveaux sur la table. On place les tuiles / terrain que niveau par niveau, on ne voit donc pas tout dès le début, ce qui laisse surprise et exploration.

La mission est perdue si tous les personnages sont en train de saigner méchamment et saloper le parquet. Comme dans le jeu vidéo, on doit toujours aller sauver ses collègues en danger, ce qui pousse à une grande collaboration, interaction et solidarité. Ou pas, si on préfère finir la mission tout seul. Mais comme dit le proverbe jamaïcain : « COG seul, Locusts voraces ».

Conclusion

GoW est un bon jeu de plateau coopératif d’action, une originalité dans les jeux coopératifs qui finissent souvent par se ressembler par leur côté répétitif et mécanique (Ghost Stories, Yggdrasil, les Chevaliers de la Table Ronde, etc.). On est véritablement plongé dans un univers méchant et nerveux, et on retrouve presque les mêmes sensations qu’avec le jeu vidéo.

Si vous aimez les figurines, tirer des lignes de vue avec une petite réglette pour savoir si vous êtes à découvert, lancer des dés et morfler au tirage, les thèmes forts (mais léger, on vous aura prévenu), changer des jeux d’enchères et de majorité qui inondent le marché ludique actuel, vous allez apprécier GoW, un bon jeu à l’américaine sans cubes de bois mais avec pléthore de figurines et de dés.

Mais attention, GoW n’est PAS la révélation ludique du siècle. Certes, le tout fonctionne bien, les parties sont tendues et nerveuses, mais le tout reste assez léger. On a clairement affaire à un jeu fun, pas profond mais mâtiné d’un peu de tactique.

GoW n’est pas un jeu hahaha (comprenez par-là un party game), mais on s’y amuse quand même beaucoup.

VO ? VF ? Si vous ne pouvez pas attendre la vf bientôt prévue par Edge, sachez que les cartes et le texte en anglais ne sont pas compliqués, même si on n’a pas lu l’intégral de Shakespeare, on peut tout à fait se débrouiller. Certes, pour des questions de confort, la VF est préférable, pour autant que la traduction soit bonne, pas toujours le cas.

Ce que j’ai beaucoup apprécié

Un jeu de plateau coopératif différent, vraiment collaboratif, dans lequel il faut s’entraider et protéger ses alliés. On n’a, pour une fois, pas du tout l’impression de jouer à un casse-tête à plusieurs.

Le thème bien exploité

La matériel, somptueux

Les différentes missions, vraiment différentes et immersives

Les règles, simples, fluides, nerveuses.

L’IA efficace

L’aspect tactique du jeu

Ce que je n’ai pas vraiment apprécié

Le manque de thermoformage dans la boîte, comme d’habitude avec les jeux de FFG. Je me dis qu’à force de répéter toujours la même chose dans TOUTES mes critiques de leurs jeux, le petit Christian T. Petersen, éditeur en chef de FFG, va m’écouter et aller faire un stage chez DoW ou Gameworks pour faire des boîtes au rangement pratique et éprouvé.

Le thème, vraiment léger, mais il s’agit ici d’une adaptation d’un jeu vidéo.

Les éléments du terrain, pas toujours très clairs.

Moins intéressant à 1-2 joueurs.

Un bon jeu, certes, mais pas la révélation ludique de l’année : déplacement, attaque.

2 Comments

  1. Pour le jeu à deux joueurs y’a toujours moyen de prendre deux persos par joueur, ça rend bien aussi 😀 et comme je le disais, le mode solo est toujours très pratique pour l’apprentissage des règles et ainsi éviter de perdre du temps lors de la partie entre pote et d’avoir balayer une grosse majorité de cas spéciaux !
    Sinon pour le thermoformage existant, c’est un vrai marronnier qui n’est pas résolu chez FFG/Edge. Par contre sans parler des extrêmes de DoW ou Gamesworks, un truc un peu mieux pensé qu’un bête carton plié pour au moins pouvoir ranger les tuiles une fois dépunchés ou des sachets zip pour ranger les éléments ne seraient pas de trop ! Le thermoformage je vote pas vraiment pour, bien souvent mal pensé il ne permet pas de ranger les éléments une fois les cartes protégées (claustrophobia par exemple)

  2. Merci pour ce test super sympa.
    J’ai entendu certaines critiques à propos de la gravure des héros qui est moins fine que celle des locusts…
    Perso ça m’a pas trop frappé, mais je pense qu’un myope peut parfaitement confondre les figurines 😉

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