Critique de jeu : Darjeeling

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Darjeeling

L’heure du thé a sonné

Darjeeling est un excellent jeu. Voilà, c’est dit. Et pour vous en convaincre, voici pourquoi.

Darjeeling, c’est d’abord un jeu de plateau triple. Trois plateaux, trois aspects dont il faudra en effet tenir compte.

1. Caisses

Le thème de Darjeeling est bien évidemment de produire du thé ; thé blanc, thé noir, thé vert, thé rouge. Les règles expliquent même les différences et modes de production pour encrer le thème au jeu, et c’est pour une fois parfaitement réussi pour un jeu de gestion à l’allemande aux thèmes trop souvent collés artificiellement (la liste d’exemple est bien longue).

Bref, on produit du thé. Pour cela, on doit prospecter avec son pion et se balader sur un plateau composé de tuiles. Il s’agira de trouver les tuiles les plus intéressantes, sachant que certains déplacements coûteront des points de victoire. Une fois prise, une nouvelle tuile tirée d’un sac viendra la remplacer. C’est d’ailleurs le seul hasard présent dans le jeu, le tirage de tuiles du sac, et c’est bien peu, puisqu’on pourra se balader (en payant des PV) pour trouver les tuiles nécessaires.

Sur les tuiles sont dessinées des morceaux de caisses. Pour produire et vendre du thé, il faudra recomposer et fermer les caisses de même couleur.

Ce plateau de tuiles représentera malicieusement l’Inde (forcément), la Chine ou le Sri Lanka, à choix selon la préférence et la difficulté. Il est même possible de créer sa propre carte. Nous nous sommes d’ailleurs amusés à essayer une partie avec un plateau représentant le canton de Genève, juste pour rigoler.

L’interaction entre joueurs y est assez forte puisqu’il faudra se saisir des tuiles avant les autres joueurs, anticiper leurs mouvements, les piéger, les bloquer, les obliger à dépenser plus de PV.

2. Marché & bateaux

Darjeeling possède un malin système pour représenter l’offre et la demande, une cascade. En effet, moins une sorte de thé est demandée, plus on recevra de PV, et c’est là que la « cascade » intervient. On prend la couleur du jeton de la sorte de thé (rouge, noir, vert, blanc) que l’on vient de produire (en fonction de la couleur des caisses obtenues par son prospecteur), et on le place tout au début de la cascade, sachant qu’il y a deux jetons par couleur, et que l’on remporte alors la différence en PV entre les deux.

C’est astucieux, clair, et très interactif puisqu’il faudra être observateur, calculateur mais surtout opportuniste pour parvenir à produire la bonne sorte de thé au bon moment et profiter de la « cascade » au mieux et ainsi casser les plans des autres joueurs.

On rapportera également à chaque tour un nombre de PV équivalent à la place occupée sur les bateaux de livraison présents sur le plateau, sachant que chaque fois qu’un joueur place sa production, la valeur diminue et finit-même par disparaître. Il faudra donc se dépêcher de placer longtemps avant les autres, ou après, c’est selon. Là aussi l’interaction est forte.

3. Théier

La pièce principale du plateau n’est finalement qu’une piste des scores, mais très à-propos puisqu’elle représente un champ de théier sur lequel on avance son pion pour marquer ses points de victoire. Il ne faudra pas trop quitter cette piste des yeux, car la partie s’arrête quand le premier joueur aura atteint 100; ne vous laissez donc pas prendre par surprise.

Enfin, le matériel est de très bonne facture (bateaux en bois, cascade, prospecteur qui pousse une caisse) même si on a quand même des cubes de bois.

Oui, Darjeeling est un excellent jeu, simple et fluide, une partie durera entre 45’ et 60’ et on enchaînera volontiers les parties. Avec ce genre de jeux « d’opportunistes » où il faudra être là avant les autres, le jeu tourne mieux à plus qu’à moins. A 2-3 c’est bien, le système des bateaux s’adapte à toute configuration, mais Darjeeling devient vraiment riche à 4-5.

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