Découvrez les jeux à ne pas rater en 2017

2017 s’annonce comme une bonne année ludique. Voici les jeux qui nous font déjà très, très envie.

Les nouveautés

Outlive

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Un jeu qui va faire du bruit à sa sortie. Financé à plus de 400’000 dollars sur KS en 2016. Sortie prévue pour février-mars chez La Boîte de Jeu. Aventure, exploration dans un superbe univers post-apo signé par Miguel Coimbra. Une grande claque ludique du début d’année.

Sbires

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En mars chez Gigamic. Un jeu de plateau fun et stratégique dans lequel on va pouvoir faire des crasses à ses voisins. Mais pas que. A l’univers déjanté. On se réjouit de découvrir ça.sbires

Great Western Trail

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La VF chez Gigamic de cet excellent jeu. L’un des meilleurs de 2016. Pour avril.

Mafiozoo

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Le prochain jeu Super Meeple (Tikal, Amun-Re). Le nouveau jeu de Rüdiger Dorn (Istanbul, Goa) basé sur la mécanique de son excellent jeu, Louis XIV. Qui était déjà très, très bien. Mafiozoo vous plongera au cœur de la mafia où chaque joueur va incarner un mafieux qui souhaite devenir un affranchi. Un (gros) jeu de placement et d’influence qui donne vraiment envie. Annoncé pour Cannes.

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Jetez un œil aux illustrations signées par Damien Colboc et dites-moi que le jeu ne vous fait pas aussi envie…

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Doggy Bag

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Le nouveau Blam! Sortie prévue fin mai / début juin. Un jeu de bluff, d’os et de chiens. Je l’ai testé à Essen, et il est vraiment sympa.

Twelve Heroes

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Twelve Heroes, le nouveau jeu des lyonnais de Catch Up Games (Freak Shop, SOL), annoncé pour février. Un jeu de cartes d’affrontement orienté combos uniquement pour deux joueurs de deux auteurs nippons, Masato Uesugi (Welcome to the Dungeon) et Takashi Sakaue. Le jeu tient en une trentaine de minutes avec des règles assez simples mais pas mal de réflexion. Un concentré minimaliste.

Nous l’avons découvert au Bar à Jeux de Genève en avant-première en novembre, et le jeu a rencontré un beau succès.

Paper Tales

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Aussi chez Catch Up Games. Pour Essen. La refonte (principalement visuelle) de Vorpals. Là encore un jeu de cartes (toujours orienté combo), également par Masato Uesugi (Welcome to the Dungeon). De 2 à 5 joueurs, un mélange de draft et de gestion de l’espace avec une mécanique de vieillissement des unités très intéressante. Tendu, profond. Franchement addictif.

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Grumpf

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En plus d’Outlive, la Boite de Jeu va publier Grumpf, un jeu de rapidité et d’observation familial vraiment très fun pour 3 à 6 joueurs d’une durée de 15 minutes.

Chaque joueur incarne une tribu qui va essayer de capturer les animaux de la faune locale placés sur six plateaux au centre de la table. Le but: avoir des séries d’animaux différents. Un excellent mélange entre placement, réflexion et temps limité. Sortie en juin.

Cottage Garden

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Patchwork était l’un des meilleurs jeux de 2015. Le voici de retour, en VF chez Blackrock, et avec Cottage Garden il peut se jouer jusqu’à 4 joueurs. Sortie prévue début janvier. Tout bientôt, donc.

Crazy Mistigri

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Chez Cocktail Games. De Bruno Cathala et Matthieu Lanvin. Le jeu du Pouilleux revisité. Un jeu de cartes de défausse dans lequel on doit se débarrasser de paires (de chats). Très familial et fun. Rien que les illustrations donnent envie.

Magic Maze

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Le nouveau Sit Down! (Rockwell), un jeu coopératif unique. Essentiellement silencieux, simultané et en temps réel qui bouleverse les ­habitudes! Frais, fun et original. Disponible à Cannes.

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Les Maîtres de l’Italie

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Non, Ystari n’est pas mort. De loin pas. Cyril est toujours motivé, même si les projets Space Cowboys (Unlock 1 & 2, Sherlock Holmes, Détective Conseil, Watson & Holmes) lui prennent du temps.

Ystari back en 2017? Peut-être. Avec deux sorties.

Les Maîtres de l’Italie, un jeu qui tourne depuis quelques années. Un deck-building dans l’Italie de la Renaissance créé par Pascal Ribrault. Hyper profond, hyper addictif. On croise les doigts pour 2017.

La Horde du Contrevent

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Chez… Ystari. Oui. L’adaptation de l’excellent livre d’Alain Damasio sorti en 2004. Un semi-coopératif plutôt balaise. Une adaptation très, très fidèle du roman.

Pour avancer, les joueurs activent les personnages de sa horde, avec, comme dans le roman, des personnage aux pouvoirs, aux objectifs de guilde spécifiques. Il faut réussir, mais il n’y a qu’un joueur qui gagnera. Semi-coopératif, donc. Avec le Vent à gérer bien sûr. Prévu pour 2017. Prévu. Sinon plus tard. Un gros carton ludique assuré. Ystari, revient!!!

L’Arbre

arbreLe nouveau jeu des éditions Asyncron annoncé pour Cannes. Un superbe jeu dans lequel on incarne des esprits de la forêt qui doivent faire pousser des… arbres. Oui, d’où le titre. Super écolo, super original. Un peu de poésie dans un monde de cubes.

Profiler

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Aussi chez Cocktail Games. Découvert en avant-première au Bar à Jeux de Genève. Vraiment excellent. Un jeu coopératif fun dans lequel il faut retrouver des personnalités selon des critères loufoques et une échelle de probabilité. Très bon. Sortie prévue pour mars.

Drôles de Zèbres

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Oui, c’est la réédition de ce « vieux » jeu de Bruno Cathala de 2004. Un jeu tactique à deux joueurs. Réédité par une toute nouvelle maison d’édition suisse, Ôz Editions. Prévu pour fin 2017.

Unlock

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Chez les Space Cowboys. Un Escape Game uniquement sur cartes et avec une appli très discrète pour rentrer des codes et faire un décompte du temps. Vraiment très balaise.

Le scénario d’intro et de démo peut d’ores et déjà être téléchargé ici. Sortie tout début février. La boîte comptera 3 aventures. Un gros carton de ce début d’année. Et un Unlock 2 avec trois autres scénarios prévu pour juin…

Victorian Masterminds

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Créé par un duo de choc, Antoine Bauza et Eric Lang. Chez Space Cowboys. Dans Victorian Masterminds, les joueurs incarnent des grands méchants façon Despicable Me, qui vont tenter de construire une méchante machine méchante pour dominer le monde. Placement, embauche, coups tordus. Et un matos 3D. Sortie prévue pour la Gen Con (août).

Serena

Un petit jeu de cartes malin des Valaisans d’Helvétia Games. Un petit jeu d’enquête et de déduction. Les joueurs incarnent des renards dans une soirée masquée pour retrouver la belle Serena. Pour avoir joué au proto, j’ai trouvé trèèèèès sympa. Sortie annoncée pour Essen.

Hope

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Sortie boutiques en mai de ce jeu tant attendu chez Morning. Conquête et exploration spatiale sur un plateau en (fausse) 3D. Vivement.

7e Continent

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Quelques petits mois de retard pour ce tonitruant KS. Exploration, aventure, le tout se jouant avec des cartes. Un énorme carton en 2017. Livraison prévue pour les backers du KS en mai.

Lisboa

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Gros jeu de gestion et de placement d’ouvriers sur l’histoire de Lisbonne. Par l’auteur lusitanien Vital Lacerda (The Gallerist, CO2, Vinhos, Kanban). Ca va envoyer du lourd.

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Charterstone

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Le nouveau jeu du talentueux auteur américain Jamey Stegmaier (Euphoria, Scythe). Pour une fois sans lancement sur KS. Un jeu de construction, de placement d’ouvriers, le tout en format Legacy (le jeu évolue d’une partie à l’autre). Classe.

Dice Forge

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Certainement l’une des sorties les plus attendues de 2017. Après Mysterium en 2015, Libellud revient en force cette année avec ce jeu original de dice crafting/dice building. Autrement dit, on change et améliore les face de ses dés. Créé par Régis Bonnessée, le patron des éditions Libellud qui a déjà créé Lords of Xidit (réedition de son Himalaya) et l’excellent Seasons.

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Un matos de dingue, aux illustrations signées par le talentueux Biboun. dice-forge-matos

Yamatai

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Premier semestre 2017 chez Days of Wonder, de Bruno Cathala et Marc Paquien. Le joueurs incarnent des architectes qui travaillent pour la reine pour lui construire une cité légendaire. Un jeu de construction « qui s’adresse au même public que Five Tribes » nous a assuré Bruno. Pour  2 à 4 joueurs. Le prochain carton chez Days après Five Tribes?

Curiosity

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Chez Bombyx, créé par Bruno Cathala (encore?!) et Florian Sirieix. Ambiance Steam-Onirique pour un jeu de gestion de ressources et de construction. Sortie prévue en… 2017.

Mountains of Madness

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Chez IELLO. Ambiance pulp pour ce jeu dans l’univers de Lovecraft. Créé par Rob Daviau (SeaFall, Pandemic Legacy). Et non, pour une fois pas du Legacy. Un coopératif en temps réel et de la folie (c’est du Lovecraft, après tout…). Les joueurs étant parfois affligés de certaines contraintes. Annoncé pour Essen. Un gros carton de fin d’année.

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Arena

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Toujours aussi chez IELLO, Arena for the Gods! le nouveau jeu de l’auteur de Big Book of Madness. Des enchères, de l’équipement, des dés et de la baston tactique. Mais pas que. Un jeu qui va cogner… fort. Forcément. Sortie en avril.

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Très attendu, aussi chez IELLO. De Richard Garfield (Magic, King of Tokyo). Prévu pour 2016, le jeu a été repoussé en 2017. Richard Garfield. Des lapins dans un univers fantastique. Du draft. Du contrôle de territoire… Sortie prévue en septembre. Bunny Kingdom:

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Le coin des extensions

En vrac, voici les extensions que nous attendons le plus:

Une grosse et excellente extension pour fêter les 10 ans de Jamaica. The Crew. Chez Gameworks (qui ne fait malheureusement plus rien depuis longtemps 😢). Vous voulez en savoir plus? Nous vous l’avions déjà présentée ici. Sortie annoncée pour juin.

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Une extension pour Kingdomino.

Deux extensions pour V-Commandos qui donnent vraiment, vraiment envie (déjà que le jeu de base est excellent!)

Une Xe extension pour Colt Express: Indiens & Cavalerie.

Une nouvelle extension pour Room 25: Room 25 Escape Room. Une extension qui peut se rajouter au jeu de base ou qui peut être jouée en stand-alone comme escape game sur plateau.

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La saison 2 de Pandémic Legacy. Une toute nouvelle boîte. Une toute nouvelle aventure. Plus ambitieuse. Un univers post-apo dans lequel les joueurs devront se battre pour leur survie.

Dice Town Cowboys pour Cannes. Une nouvelle extension pour Dice Town. Avec la possibilité d’utiliser ses as pour récupérer du bétail qu’on va pouvoir mettre sur ses terrains pour les protéger et augmenter leurs PV. Extension qui accompagnera la toute nouvelle boîte du jeu avec un matos pimpé.

Une extension annoncée pour Splendor. Annoncée pour juin.

Une extension pour Not Alone. Une extension qui boostera la créature pour la rendre plus puissante, et également pour booster les Traqués qui pourront chercher des survivants aux pouvoirs particulier. Sortie prévue pour le deuxième semestre.

Time Stories. 3 scénarios pour 2017 (si tout va bien). Lumen Fides. Un scénario qui se passe au début du 15e siècle. Dans lequel les joueurs incarnent des espions envoyés en Andalousie par le Pape pour enquêter sur les agissements de l’Eglise espagnole. Avec un ancrage historique extrêmement important. Et cette fois, le temps ne sera pas LE facteur déterminant. Suivi par deux autres scénarios aux ambiances très très différentes. Estrella Drive en juin, un scénar plutôt « adulte », sex drogue et rock n’roll (interdit aux moins de 16-18 ans). Puis un autre en septembre-octobre. Pirates.

Sherlock Holmes Détective Conseil. La réédition de Queen’s Park+Carlton House+La Piste Tordue pour juillet. Rien de neuf. Mais fin 2017, 10 scénarios inédits et originaux écrits par un anglais. Donc du tout neuf!

Et pendant ce temps, chez Gus&Co?

NIFFF 2017

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De nouveau en juillet 2017 nous allons collaborer avec le Festival de Films Fantastiques de Neuchâtel, du 30.6 au 8.7 pour proposer un événement grandeur nature… inquiétant et immersif.

Le Bar à Jeux saison 2017

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Le Bar à Jeux de Genève sera de retour en 2017. Pour rencontrer des gens et découvrir des jeux. Avec toujours des invités et des avant-premières en exclusivité.

Nuit des Musées, 20 et 21 mai, Genève.

Sherlock Holmes Live – Nemesis

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Le retour de Sherlock Holmes Live. Pendant la Nuit des Musées, samedi soir 20 mai et dimanche 21. Pour vivre une aventure intense dans la peau d’un détective, plongé dans une affaire mystérieuse. Et en grande avant-première l’affiche. Ouverture des inscriptions en février-mars.

Et vous, quels sont les jeux que vous attendez le plus en 2017?

Le POP 5. Les 5 meilleurs jeux de 2016

Après toute une semaine pendant laquelle nous vous avons dévoilé les meilleurs jeux de 2016,

les meilleurs jeux à deux joueurs

les jeux les plus immersifs

les meilleurs jeux Core

les meilleurs Party-Games

les meilleurs Gateway Games

Voici notre POP 5 de l’année. Les 5 Meilleurs Jeux de 2016. Tout simplement.

Not Alone

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La critique

Scythe

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La critique

Watson & Holmes

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La critique

Great Western Trail

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La critique

Codenames

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La critique

Et trois Outsiders de dernière minute: Kingdomino, le jeu de rôle Degenesis et L’Age de Pierre Junior, le jeu pour enfants dès 4-5 ans.

 

Et vous, quel est votre POP 5 ultime pour 2016?

Critique de jeu: Great Western Trail. Exaltant

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Great Western Trail (GWT) a été créé par Alexander Pfister, le talentueux auteur qui a déjà pondu le blockbuster de 2015 (et début 2016 pour la VF) Mombasa. Bref, désormais un garçon à surveiller. De très, très près.

Great Western Trail est co-édité par les Allemands d’Eggertspiele et les Américains de Stronghold Games. Sorti en octobre 2016 à Essen en VO, allemand & anglais. Pour 2 à 4 joueurs, dès 12 ans, d’une durée de 90 à 150 minutes. Mais comptez plutôt le double, surtout lors de vos premières parties.

Et ça parle de quoi?

Dans GWT les joueurs incarnent des ricains au 19e siècle qui participent au développement industriel de Kansas City et environs. Le Missouri, l’Arkansas, tout ça. Pas vraiment le far-west non plus. Et qui doivent transporter un cheptel de vaches des ranches du Texas à Kansas City.

Le but étant de développer le chemin de fer, l’élevage de bétail et l’urbanisation. Alors bon, évidemment, nous sommes dans un jeu à l’allemande. Dans un gros jeu à l’allemande. Dans un très gros jeu de gestion à l’allemande. Autrement dit, le thème est relégué au second plan au profit de mécaniques ludiques ripolinées. Non, on ne se sent pas véritablement plongé dans un contexte immersif et prenant. Oubliez le storytelling. Mais on n’est pas là pour ça.

Et comment on joue?

Impossible d’expliquer GWT en quelques mots. Ni ici, ni IRL. Il faut y jouer. Se lancer. Il y a tellement, tellement, tellement de mécaniques diverses et variées qu’il paraît pratiquement impossible de tout couvrir.

Essayons.

En (très) gros (veuillez excuser nos raccourcis): GWT est un mélange entre pose d’ouvrier (un seul) sur un itinéraire spécifique sur lequel on va construire (Caylus rencontre Egizia/Francis Drake), et deck-building à la Dominion (en achetant des cartes « bétail » améliorées).

A son tour, on déplace son meeple sur un chemin et sur des bâtiments qu’on va activer. Voilà. Si l’on a joué des cartes « bétail » de sa main, on en reprend pour en avoir 4. Et à son prochain tour, son meeple doit être déplacé plus loin sur la piste. Il ne peut revenir en arrière. Voilà. En (très) gros.

Y a du hasard?

Non.

Ou alors juste dans sa main de cartes « bétail ». Et encore, on peut changer sa main avec certaines actions.

Great Western Trail est un très gros jeu stratégique. On peut plus ou moins planifier ses 5 prochains tours. Avec la petite surprise des cartes en main. Qu’on peut plus ou moins contrôler. Ça change de l’abondance de jeux tactiques sortis en 2016. Donc non, pas de hasard.

On gère quoi, au fait?

Les cartes: comme dans tout deck-building on commence avec des cartes moisies. Puis on peut plus tard faire l’acquisition de meilleures cartes. Qui coûtent cher.

Les assistants. Il y en a trois types: les cowboys, qui aident à l’achat des cartes « bétail ». Les ingénieurs, qui permettent de développer le rail. Les ouvriers, qui permettent de construire des bâtiments.

Des PV bien sûr, qu’on amasse au fil de la partie.

Des améliorations de ses actions personnelles.

L’argent, surtout, le nerf de la guerre. En quantité très très limitée. Ce sont les cartes qui permettront de récolter de l’argent quand le bétail sera vendu à Kansas City.

Interaction? Pas interaction?

Plutôt pas. Ou très peu. Très froide, en tout cas. Mais omniprésente. On peut poser des bâtiments pour ralentir le passage des autres, voire même leur exiger une taxe de passage. Course aux PV bien sûr, bien qu’il n’y ait pas de piste des scores visible. Course au bétail, en sélectionnant les meilleures races de vaches avant les autres. Acquisition d’assistants moins coûteux, aussi.

Encore un de ces jeux qui va diviser la communauté ludique. Certains diront qu’on peut jouer à GWT tout seul dans son coin. Tandis que d’autres voix s’élèveront pour apprécier son interaction subtile, certes pas rutilante mais toute en finesse.

Si on ne peut pas faire péter une ogive nucléaire sur la ferme de son voisin, l’interaction dans GWT est omniprésente. Différente certes, mais néanmoins omniprésente. Avec cette question constante: quelle est la stratégie que les autres suive? Une orientation bétail? Bâtiments? Chemin de fer? Mixte? Ne pas lever le nez de son plateau personnel empêcherait de suivre la progression de ses voisins. Et contrecarrerait toute forme d’adaptation.

Risqué.

J’ai mes règles

Pour l’instant (décembre 2016) le jeu n’existe qu’en VO, allemand et anglais. Comme tout le matériel est bourré de picto et qu’il n’y a aucun texte, le jeu peut tout à fait se pratiquer en VO.

Ou pas du tout en fait.

Car les règles sont hyper touffues, hyper denses. Si elles se résument assez facilement (cf ci-dessus), dans le détail elles sont vraiment ardues et bourrées de détails.

Et les picto. Il y en a des milliers. OK on n’a pas vraiment compté, mais quand même. Et pour les comprendre pendant ses 1-2 premières parties, il faut se préparer à avoir le pif plongé dans les règles. Ce qui ne dérange pas trop pour un jeu d’une taille et d’une complexité pareilles. Si les joueurs ne maîtrisent pas la langue de Donald Trump ou Angela Merkle, il faut juste oublier. Il y a tellement de petites règles qu’on aurait tôt fait de se planter. Ca serait dommage. Autant attendre la VF confirmée chez Gigamic pour avril 2017.

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Alors pourquoi c’est tellement bien?

Great Western Trail est l’un des meilleurs jeux de 2016 (et 2017 quand il sortira en VF). Si ce n’est le meilleur. D’une richesse et d’une complexité rares. Alors évidemment, à ne pas mettre entre toutes les mains. Le jeu s’adresse vraiment à un parterre de connaisseurs, de joueurs experts, exigeants, prêts à se triturer du neurone. De ceux qui s’éclatent à Through the Ages, Scythe ou les gros jeux d’Uwe Rosenberg.

Et pourquoi c’est tellement bien, si c’est juste un mélange entre Caylus et Dominion? Parce que le jeu présente, entre autres, deux mécaniques savoureuses et exaltantes:

La rareté.

Le choix.

La rareté, une mécanique connue dans la plupart des jeux de société qui en usent et abusent: temps, ressources diverses. Pareil dans GWT. On passe sa partie à se battre avec le manque d’argent et ces satanées cartes vaches. La corde au cou. Du coup on se sent propulsé dans un combat épique. Contre le jeu et contre soi-même.

Le choix. Ou leS choiX, plutôt. Puisqu’il y en a six cent mille. Environ. Quel assistant prendre? Combien? Quelle stratégie adopter? Sur quel bâtiment se déplacer? Lequel construire? Quand? Quelles améliorations préférer? Tant de questions à se poser. Tant de choix cruciaux à faire. On se sent alors investi dans la partie. Sortez l’aspirine, vos synapses vont souffrir.

Si le jeu annonce des parties de 150 minutes, à quatre, comptez plutôt le double. Mais plongé dans le Flow, cette zone du bonheur et de l’intensité, on aura l’impression qu’elle aura duré dix minutes. Avec le besoin urgent d’aller pisser depuis quatre heures qui prouvera que non, non, ça fait quand même plus que dix minutes en fait.

Ne cherchez plus, Great Western Trail est l’un des meilleurs jeux de 2016!

Le seul hic du jeu, et il faut le souligner: un plateau hyper chargé. Pas toujours lisible. Et à mesure que la partie avance le plateau devient de plus en plus encombré. Ça pique les yeux. Les forêts, pas très claires (un bâtiment confère un bonus pour tous ses bâtiments jouxtant des forêts. Encore faut-il toutes les forêts), les bonus de tous les côtés (risques, drapeaux, croisements…) qu’on aura tôt fait de négliger. Un plateau pas très ergonomique, soyons honnêtes. Mais vu la richesse et la complexité du jeu, difficile de faire mieux. L’éditeur, le graphiste et l’illustrateur ont fait leur maximum pour offrir une certaine lisibilité.

Et à combien y jouer?

Toutes les config sont bonnes. A deux la partie sera plus courte, intense. Même à quatre le jeu est excellent et ne connaît pas de ralentissement. Comme chaque tour est extrêmement rapide: déplacement puis activation, il n’y aura pas de temps d’attente et de toute façon, cela permettra de préparer son prochain coup. Pas du tout un jeu vaisselle. A quatre, le jeu deviendra plus difficile puisqu’on sera en concurrence avec plus de joueurs, mais sinon c’est tout.

Analysis Para

Dans la très grande majorité des gros jeux stratégique, l’Analysis Paralysis guette. Même s’il y a quelques moyens pour l’éviter, ils freinent souvent le jeu. Surtout à 4 joueurs. Rageant.

GWT évite cet écueil en ne proposant pas de piste de scores. Les scores ne sont décomptés que lors de la fin de partie. Avant, difficile de tout compter à chaque tour. D’autant que le bétail, en main, rapporte aussi des points. Il devient par conséquent très difficile de suivre les scores. En tant mieux, on n’est pas dans une course constante au point. Cela ne veut pas dire qu’on peut faire n’importe quoi. On va évidemment chercher à optimiser tous ses coups, à rafler le plus de PV. Sans les scores affichés, on ne va pas essayer de se battre pour un malheureux point. Ou au contre se sentir déprimé d’être à la traîne. Et même si on ne pense pas gagner, on pourrait se tromper. Ou s’amuser. Tout simplement. Le but premier et fondamental d’un jeu. On ne joue pas pour gagner, mais pour jouer (enfin, pas pour tout le monde non plus).

Mais encore

Nous sommes en train de réfléchir à vous préparer un guide stratégique.

En attendant, un petit conseil en avance rien que pour vous: n’essayez même pas d’expliquer toutes les règles avant de jouer.

Oubliez.

Le jeu est tellement bourré de détails que vos joueurs ne se souviendront que du quart de la moitié du tiers. Présentez la carcasse. Les mécaniques de bases, essentielles. Puis lancez-vous. Les cas de figure et questions apparaîtront assez rapidement au fil de la partie. Et comme dit Bebert:

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En attendant, vous pouvez trouver Great Western Trail en VO:

Sur Philibert,

Et si vous habitez en Suisse, sur Helvétia Games Shop.