Les soirées jeux 100% femmes : Pourquoi ça fait débat ?
👩 Après les soirées dansantes 100 % femmes, faut-il tenter la table de jeu non mixte ? Exemples et mode d’emploi terrain pour assos !
Après la danse, les dés. Les soirées jeux 100% femmes : Pourquoi ça fait débat
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L’essentiel en 3 points
- Les soirées dansantes féminines montrent qu’un loisir peut devenir plus accessible par le cadre, les horaires et le sentiment de liberté.
- Les études sur les joueuses décrivent encore des barrières autour du jeu de société : culture masculine, stéréotypes, manque de légitimité ressentie.
- Une soirée jeux réservée aux femmes peut être utile si elle reste ponctuelle, justifiée et reliée à une vraie politique d’accueil mixte.
Une piste de danse, trois heures, et une question qui interpelle le monde ludique
On croyait parler de discothèque, et voilà qu’un meeple tombe au milieu du débat.
Au Cercle des Bains, à Genève, les verres sont roses, la musique part tôt, et personne n’a besoin d’attendre une heure du matin pour avoir le droit de sortir. Le reportage paru dans la Tribune de Genève ce samedi 9 mai consacré aux soirées « Maman sort danser » raconte une formule assez simple : des femmes, de 18 à 99 ans, une piste réservée, des horaires… raisonnables, et cette idée qu’on peut vouloir danser sans devoir négocier avec le regard masculin, la fatigue du lendemain ou la logistique familiale.
Dit comme ça, on pourrait croire à une parenthèse légère. Trois heures, une playlist, quelques stands, une tombola, puis retour maison avant que la nuit ne bascule en mode zombie. Mais le sujet touche quelque chose de plus profond. Parce que si la piste de danse peut devenir, ponctuellement, un espace entre femmes, pourquoi la table de jeu ne pourrait-elle pas l’être aussi ?
La question pique. Forcément. Le jeu de société aime se raconter comme un espace convivial, horizontal, presque naturellement bienveillant. On s’assied, on distribue les cartes, on explique les règles, tout le monde rigole. En théorie. En pratique, une table peut aussi devenir un petit théâtre social : celui qui explique trop, celle qu’on coupe, celui qui teste la compétence de la nouvelle venue, celle qui n’ose pas demander une deuxième explication parce qu’elle ne veut pas passer pour « la débutante ». Rien de ouf. Justement. C’est souvent le détail qui fatigue.
Ce que racontent les soirées dansantes réservées aux femmes
Le concept « Maman sort danser » vient d’Allemagne, sous le nom « Mama geht tanzen ». La promesse officielle est limpide : une fête de 20 h à 23 h pour celles qui n’ont plus envie, ou plus la possibilité, de commencer leur soirée quand leur réveil familial va bientôt sonner. En Suisse romande, le format s’est installé chez nous à Genève, Lausanne et Nyon, porté notamment par Myriam Boumediane Aebischer, elle-même mère de trois enfants et employée à plein temps.
Ce n’est pas seulement une affaire de maternité. Le papier de la Tribune le souligne : l’événement est ouvert à toutes les femmes majeures, pas uniquement aux mères. Des jeunes femmes, des mères venues avec leur fille, des femmes plus âgées. Le nom attire peut-être un public, mais la fonction est plus large : offrir un espace où l’on peut sortir tôt, danser, discuter, s’habiller autrement, respirer un peu.
Le détail qui compte, c’est la non-mixité. Certaines participantes parlent d’une ambiance plus détendue. D’autres évoquent la liberté vestimentaire. L’une explique que sa tenue pailletée, elle ne l’aurait probablement portée que dans une soirée queer. Ce n’est pas anodin. Dans les lieux festifs, la liberté n’est jamais seulement une question de musique. Elle dépend aussi du regard des autres, du risque d’être abordée, de la manière dont un corps féminin devient soudain disponible dans l’imaginaire de certains inconnus.
Transposé au jeu, le parallèle n’est pas parfait. Une ludo n’est pas une disco. Une table d’initiation à Azul n’a pas grand-chose à voir avec une piste de danse dense à minuit. Mais les deux lieux partagent une chose : ce sont des espaces publics ou semi-publics où l’on se met en scène. On entre, on prend place, on montre qu’on sait, qu’on ose, qu’on appartient au groupe. Et parfois, on se retient.
Le jeu de société, cet espace si neutre qu’il ne l’est pas toujours
Dans le milieu ludique, l’idée d’un problème de genre déclenche vite un soupir. « On joue, c’est tout. » Vraiment ? Les recherches récentes invitent à être moins rapides dans nos conclusions. Dans une étude publiée dans European Journal of Cultural Studies en 2024, Ryan Scoats et Marcus Maloney ont mené 43 entretiens avec des femmes qui jouent à des jeux de société modernes. Leur conclusion n’est pas que les joueurs hommes seraient tous des monstres. Ce serait idiot, et faux. Leur conclusion est plus fine : beaucoup de joueuses décrivent encore le jeu de société hobby comme un espace perçu comme masculin, adossé à une culture geek où la compétence, l’ancienneté et la maîtrise des codes peuvent servir de douane, de barrière invisible.
Le mot important est là : invisible. Personne ne met forcément un panneau « réservé aux habitués ». Mais la barrière existe. Une joueuse qui arrive dans une asso où tout le monde parle extensions, sleeves, BGG rating, campagnes legacy et optimisation d’ouverture peut très vite se sentir de trop. Pas parce qu’elle est incapable. Parce que les espaces passionnés fabriquent leurs propres rites d’entrée, et que ces rites sont souvent plus accueillants pour ceux qui les maîtrisent déjà.
Une seconde étude des mêmes auteurs publiée en 2025, centrée sur le sexisme et les stéréotypes, montre aussi comment certaines femmes sont ramenées à des goûts supposés, à un niveau présumé, à une position de moindre autorité. On connaît la scène : « Tu vas voir, ce jeu est simple », dit avec la meilleure intention du monde, mais répété dix fois à la même personne, cela finit par dessiner un plafond très bas. Le paternalisme n’a pas toujours une moustache de méchant. Parfois il porte un t-shirt de festival et explique les règles de trop près.
Le problème n’est pas de faire découvrir un jeu. C’est même plutôt cool de faire découvrir un jeu. Le problème, c’est quand l’accueil devient contrôle. Quand aider signifie prendre la main. Quand la nouvelle joueuse n’a pas seulement besoin d’apprendre les règles, mais de prouver qu’elle a le droit de les apprendre.
Alors, une soirée jeux réservée aux femmes, ça sert à quoi ?
Une soirée entre femmes ne règle pas le sexisme dans le jeu. Pas plus qu’un wagon réservé aux femmes ne supprime le harcèlement dans les transports. Les travaux sur la non-mixité le rappellent : ces espaces suspendent temporairement certains rapports de domination, mais ne les abolissent pas. Ils peuvent donner de l’air. Ils ne remplacent pas le travail de fond.
Mais l’air, parfois, c’est déjà balèze. Dans une ludothèque, un bar à jeux ou une assos, un créneau réservé aux femmes peut servir de première marche. On vient avec une pote. On pose des questions sans craindre les réactions pénibles. On choisit un jeu sans devoir se la raconter experte. On parle aussi de ce qui se passe aux tables mixtes : les petites remarques, les interruptions, les explications non demandées, les blagues relou, les invitations insistantes après la partie. Le tout sans devoir transformer chaque phrase en procès-verbal pour convaincre l’homme assis en face que, oui, ça existe.
Ce point est central : la non-mixité n’est pas forcément un rejet des hommes. Elle peut être une économie de justification. Pendant deux ou trois heures, on ne débat pas de la réalité du problème. On joue. On compare les stratégies. On rate une manche. On rit. Et parfois, rien que ça, c’est déjà politique, même si personne n’a envie de coller un manifeste sur la boîte de 7 Wonders.
Le milieu francophone du jeu a d’ailleurs vu émerger Safe in Game, assoce créée à partir de témoignages de violences sexistes et sexuelles dans le milieu ludique. Elle propose notamment un espace d’écoute et d’entraide en non-mixité choisie. Si un tel cadre est jugé utile pour écouter, soutenir et libérer la parole, il n’est pas absurde de penser qu’un cadre ponctuel puisse aussi aider certaines personnes à entrer, ou revenir, dans la pratique ludique.
Une soirée jeux non mixte, et la tempête
À Genève, la question n’est pas théorique. En 2022, la ludothèque du Petit-Saconnex avait prévu une soirée jeux en mixité choisie, sans hommes cisgenres. L’événement a été annulé après une vague de réactions hostiles. Rappelez-vous, chez Gus&Co on en avait parlé à l’époque, et les commentaires sous l’article montraient exactement ce que ce genre de proposition déclenche : des soutiens, des incompréhensions, des accusations de discrimination, des expériences personnelles, et parfois cette colère un peu étrange de personnes qui semblent découvrir qu’une porte fermée pendant trois heures peut être vécue comme la fin du monde et de la civilisation, pas moins.
Le plus intéressant, rétrospectivement, n’est pas seulement l’annulation. C’est l’échec du cadre de discussion. Beaucoup de débats sur la non-mixité tournent autour d’une question formulée de manière brutale : « A-t-on le droit d’exclure les hommes ? » Cette question a sa place, notamment juridiquement. Mais elle écrase souvent la question d’avant : pourquoi certaines femmes ont-elles demandé ce type d’espace ?
Dans un article, dans une affiche, dans une annonce Facebook, l’ordre des phrases change tout. « Soirée interdite aux hommes » produit une réaction. « Créneau ponctuel réservé aux femmes, proposé à la suite de demandes d’usagères qui ne se sentent pas toujours légitimes ou à l’aise aux tables mixtes » en produit une autre. Pas forcément une approbation, mais au moins un terrain plus honnête. Le mot « interdit » donne envie de sortir le code pénal. Le mot « diagnostic » oblige à écouter deux minutes. Ce n’est pas la même partie.
Le droit, ni joker magique, ni carton rouge automatique
La question juridique mérite de sortir du réflexe. En France, le Code pénal interdit les discriminations fondées sur le sexe, notamment lorsqu’elles consistent à refuser un bien ou un service. Mais le même ensemble de textes prévoit des exceptions, notamment pour certains accès aux biens et services fondés sur le sexe lorsque la différence de traitement est justifiée par la protection des victimes de violences sexuelles, le respect de la vie privée et de la décence, la promotion de l’égalité des sexes, les intérêts des femmes ou des hommes, la liberté d’association ou l’organisation d’activités sportives. Traduction prudente : ce n’est pas « toujours interdit », mais ce n’est pas « open bar » non plus. L’objectif, la proportion, le contexte et la manière de faire comptent énormément.
En Suisse, la Constitution fédérale consacre l’égalité et interdit la discrimination, mais la loi fédérale sur l’égalité se concentre surtout sur les rapports de travail. Le cas des événements publics réservés à un groupe est donc plus délicat. Une réponse de la Ville de Genève, à propos d’une jam musicale en mixité choisie organisée par l’AMR, a défendu l’idée d’un outil ponctuel, proportionné et justifié par une sous-représentation documentée. Le texte formule une idée utile : la mixité choisie peut être un « outil et non un but en soi ».
C’est probablement la boussole la plus solide pour une soirée jeux. Si l’événement est ponctuel, lié à un besoin identifié, complémentaire à une programmation mixte, annoncé avec clarté, puis évalué, il est plus défendable. S’il devient un filtre permanent, mal expliqué, sans diagnostic et sans travail sur les soirées mixtes ordinaires, il devient beaucoup plus fragile. Moralement, socialement, juridiquement. Bref : avant d’imprimer les affiches, parlez à un ou une juriste si votre événement est public, subventionné ou commercial. Le jeu n’annule pas le droit. Même avec une carte « annuler l’action ».
Comment organiser sans transformer la soirée en grenade dégoupillée
La première règle est simple : ne commencez pas par la solution. Commencez par le problème. Est-ce que des joueuses ne viennent pas ? Est-ce qu’elles partent plus tôt ? Est-ce qu’elles disent se sentir testées, interrompues, infantilisées ? Est-ce que les tables d’experts sont monopolisées par les mêmes personnes ? Est-ce que les bénévoles savent quoi faire en cas de remarque sexiste ou de comportement collant ? Sans diagnostic, la soirée réservée devient un symbole flottant. Et les symboles flottants, en ligne, finissent rarement bien.
La deuxième règle : gardez la mixité au centre. Un créneau entre femmes ne doit pas devenir l’alibi qui permet de ne rien changer le reste du mois. C’est le piège. On organise « la soirée safe », puis on laisse les soirées ordinaires avec les mêmes dynamiques. Non. Le but d’un sas est d’ouvrir vers autre chose. Une soirée réservée aux femmes devrait donc s’accompagner d’un code de conduite visible, de personnes référentes, de tables d’initiation, d’animateurices formées, et d’un vrai droit de dire stop sans passer pour rabat-joie.
Troisième règle : soignez les horaires. L’article sur « Maman sort danser » rappelle un point trop souvent oublié dans les loisirs : l’inclusion passe aussi par l’agenda. Une soirée jeux qui commence à 20 h 45, avec explication de règles à 21 h 10 et partie de trois heures, exclut mécaniquement des parents, des travailleuses, des personnes fatiguées, des personnes qui dépendent des transports. Tester un format 18 h 30 – 21 h 30 peut être plus inclusif qu’une affiche militante de trois pages. Parfois, la révolution ressemble juste à une pizza commandée assez tôt. Oui, c’est justement ce qu’on essaie de faire avec notre Bar à Jeux.
Quatrième règle : choisissez des jeux qui ne fabriquent pas une hiérarchie immédiate. Pour une première soirée, mieux vaut des jeux courts, accessibles, où l’erreur ne ruine pas deux heures de partie. Du coop, du déductif léger, du jeu d’ambiance malin, un ou deux formats plus experts pour celles qui en veulent. L’objectif n’est pas de prouver que les femmes peuvent jouer à du lourd. Bien sûr qu’elles peuvent. L’objectif est de créer une soirée où personne n’a besoin de prouver quoi que ce soit. Nuance importante.
Formats possibles : la palette plutôt que le marteau
| Format | Ce que ça peut apporter | Ce que ça peut coûter |
| Soirée jeux réservée aux femmes | Un sas pour débutantes ou revenantes, un sentiment de sécurité, une parole plus libre, un test concret d’un nouveau public. | Polémique possible, sentiment d’exclusion chez certains habitués, fragilité juridique si le cadre est flou. |
| Soirée mixte avec facilitation forte | Un changement durable de culture, une inclusion plus large, moins de crispation publique. | Demande de former les bénévoles, d’intervenir vite, de ne pas laisser les comportements lourds s’installer. |
| Créneau “débutantes bienvenues” | Abaisse la barrière d’entrée sans exclure formellement, utile si le frein principal est le niveau ou la timidité. | Moins protecteur si le vrai problème est le sexisme ordinaire ou le sentiment d’insécurité. |
| Table “venez avec une amie” | Effet d’entraînement simple, rassurant, peu conflictuel. | Peut reproduire les mêmes dynamiques si l’animation n’est pas cadrée. |
| Communauté de soutien en parallèle | Espace pour parler, partager, orienter, créer des liens au-delà d’une soirée. | Ne remplace pas l’amélioration des soirées ouvertes à tout le monde. |
Le meilleur format n’est donc pas celui qui coche la case idéologique. C’est celui qui répond au frein réel. Une table réservée aux femmes peut être utile si le frein est l’insécurité, la fatigue de devoir se justifier ou le sentiment de ne pas être légitime. Si le frein principal est la complexité des règles, une soirée débutantes fera peut-être mieux. Si le problème est l’ambiance globale, il faut surtout former l’équipe et intervenir plus vite.
En clair : ne choisissez pas la non-mixité parce qu’elle fait débat. Choisissez-la, éventuellement, parce qu’elle répond à un besoin que vous avez pris le temps d’entendre.
Check-list avant d’annoncer une soirée entre femmes
Vous avez prévu d’organiser une soirée jeux réservée aux femmes ? Minute, papillon. Checkez cette check-list, elle pourra peut-être vous aider :
| Question à se poser | Réponse attendue avant lancement |
| Quel problème veut-on résoudre ? | Des freins précis, documentés par des retours de joueuses, pas une intuition vague. |
| Pourquoi la non-mixité est-elle proportionnée ? | Parce qu’elle répond à un frein de sécurité, de légitimité ou de parole que d’autres formats ne suffisent pas à traiter. |
| Combien de fois ? | Un test ponctuel, annoncé comme tel, avec bilan après coup. |
| Que fait-on pour les soirées mixtes ? | Code de conduite, référent·es, formation, tables d’initiation, réaction claire aux comportements problématiques. |
| Comment communique-t-on ? | Objectif explicite, ton calme, aucun effet “punition”, pas de wording sensationnaliste. |
| Comment évalue-t-on ? | Questionnaire court, retours anonymes, indicateurs simples : fréquentation, confort, envie de revenir. |
Conclusion
Alors, faut-il organiser des soirées jeux réservées aux femmes ? Oui, parfois. Mais le mot-clé, c’est parfois.
Oui, si des femmes disent ne pas venir parce qu’elles ne se sentent pas à leur place. Oui, si le format est ponctuel, clair, proportionné. Oui, si la soirée sert de porte d’entrée vers une communauté plus accueillante, pas de petit îlot où l’on parque le problème. Oui, si les hommes ne sont pas désignés comme une espèce nuisible, mais si certains comportements masculins, eux, sont enfin nommés. Ce n’est pas la même chose.
Non, si l’événement sert surtout à faire joli sur Insta. Non, si l’on pense qu’une soirée par trimestre suffira à rendre inclusives des tables où personne n’ose recadrer le tonton du meeple qui explique aux femmes comment tenir leurs cartes. Non, si la non-mixité remplace la formation, l’écoute, la modération et le courage d’intervenir dans les soirées ordinaires.
La meilleure soirée jeux entre femmes est peut-être celle qui, un jour, n’aura plus besoin d’exister. En attendant, si elle permet à quelques joueuses de pousser la porte, de lancer leurs premiers dés, de gagner une partie sans qu’on leur vole leur stratégie, ou simplement de passer trois heures sans se demander si elles sont légitimes : franchement, pourquoi pas ?
Après tout, autour d’une table, le but n’est pas que tout le monde ait toujours accès à toutes les chaises. Le but, c’est que tout le monde puisse finir par se sentir invité. Et ça, dans beaucoup de lieux ludiques, la partie n’est pas encore gagnée.
Une soirée jeux réservée aux femmes, vous en pensez quoi ?
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6 Comments
patrikcarpentier
Pourquoi pas 🙂
Mais si on pousse la logique plus loin, à quand les soirées entre porteurs de lunettes, entre châtains-clairs ou amateurs de rougail ? 😀
Le nec plus ultra serait qu’on ne fasse plus attention à certains « critères », mais ce n’est pas pour demain, hélas…
Pierre&Caro
En lisant le début de l’article on a plutôt l’impression que le problème se situe entre les nouveau joueurs et les expérimentés… Après c’est comme souvent, si on fait l’inverse, ça risque de faire du bruit aussi et encore plus.
davidluudo
Merci pour votre article.
N’étant pas une femme, je ne peux me mettre à leur place et surtout pas dans leur vécu.
Rien d’étonnant à ce que les même conn** sexistes, racistes, bref discriminants en tout genre et manquant cruellement de confiance en eux puissent se retrouver autour d’une table de jeu. C’est le même gars que l’on retrouve partout dans notre quotidien : boulot, voisin, aux courses, en vacance, dans la rue…
J’ai toujours trouvé le milieu ludique beaucoup plus avenant et accueillant que d’autres milieux de loisirs bien plus fermés et élitistes. Toujours un accueil avec sourire bienveillant non feint, que l’on découvre cet univers ou que l’on soit initié. Une envie de transmettre simplement. Une bulle déconnectée de la réalité. Mais peut-être (de mon avis je dirai surement) qu’avec sa démocratisation vitesse grand V depuis le Covid, comme pour l’industrialisation du jeu, cette bulle s’est faite rattrapée par tous les travers de notre société.
T’as aussi les groupes de joueurs clichés très fermés (sans même qu’ils s’en rendent compte d’ailleurs) aux non initiés mais peu importe leur sexe. Peu courant quand même je pense mais c’est du vécu.
Ya également ceux qui jouerai avec n’importe qui, peu importe car ils ne lèvent même pas la tête, c’est uniquement le jeu qui les intéresse et des adversaires high level en mode Tableur excel puissance 10 full control, et aucunement le coté social. J’en observe de plus en plus.
A mes soirées jeux, la tolérance prime, à tout niveau, et même si ça passe par des recadrages : entre mauvaise foi de perdant frustré, celui qui veux que ça aille toujours plus vite et presse les autres, celui qui reproche aux autres « ah mais tu l’avais pas dis » etc
J’aurai toujours une attention particulière, un accompagnement à celui ou celle qui débute, en la/le faisant démarrer par des jeux simples, peu importe son âge, son sexe, sa religion, jm’en cogne, par contre je serai attentif à son caractère, son état d’esprit, sa confiance en elle/lui et son humeur du moment afin de ne pas la/le dégouter avec des « gros jeux » d’emblée ou en la/le lâchant dans la fosse aux compétiteurs sans pitié que certains/certaines peuvent être.
Une harmonie de table ça se gère, avant, pendant et même après. C’est sportif mais ça se gère. Sinon ca peut vite se dégrader dès lors qu’on accueille sans faire de sélection (on en revient à ça).
Et n’avoir pas que des gars autour d’une table, ça freine aussi le trop plein de testostérone, leur mauvaise foi et éventuels « débordements » etc. En gros les mecs se tiennent généralement mieux avec des femmes autour qu’entre gars. Là encore, rien de nouveau.
Je rejoins Pierre&Caro, pour moi le problème n’est pas lié spécifiquement aux femmes mais au différentiel de niveau et d’habitudes entre nouveaux joueurs/joueuses et expérimentés. Après ce sont les habituels préjugés ancestraux qui se greffent en plus dessus.
La seule différence notable entre homme et femme que j’ai très très souvent observé depuis plus de 20 ans avec le jeu de société et les couples entre autre, c’est que la femme assume ses émotions et aime jouer avec dans un jeu, elle appréciera bien plus facilement un jeu avec une part de hasard prépondérante alors que l’homme lui est très très souvent dans la volonté de contrôle total et percevra le hasard comme le fautif en pestant constamment dessus. Oui oui !
Si on regarde bien, des soirées qu’entre mecs ou copines ça existe depuis toujours, et tant mieux. Mais de vouloir le graver dans le marbre, c’est très tendance depuis quelques années, et du coup, que certains crient au scandale et d’autres le défendent bec et ongles (sans aucun mauvais jeu de mots) bah c’est monnaie courante de nos jours, c’est triste. Ceux qui critiquent se fichent de savoir si ya un réel besoin, tout ce qui compte c’est qu’ils aient raison dans le résultat : Yes on a interdit !
Entre effet de mode, réel ressenti demandant une réelle réponse, communautarisme supplémentaire, reproche à autrui notre peur de sortir de notre zone de confort, solution de facilité ou feu de forêt déclenché volontairement pour créer un besoin inutile ? Dans tout les cas ca va dans le sens du reste. Pas dans le bon sens. Et juste avec un peu de bon sens on s’en passerai.
Cdric
Les femmes ont pris l’habitude de faire avec nos comportements, remarques inadaptées (volontaires ou pas). Que ça nous plaise ou non, dès qu’on rassemble 10 bonhommes d’horizons différents, il est rare que tout le monde soit ok, même si ça ne part pas nécessairement de mauvaises intentions.
Souvent rien de grave, on se retrouve simplement avec ce que les femmes savent parfaitement gérer quotidiennement et qui ne les affectent pas plus que ça.
Néanmoins, que parfois des femmes veuillent être totalement libérées de ça pour dépenser leur énergie sur le jeu et la gestion des travers ludiques d’autres joueuses, je peux le comprendre.
Il n’est jamais agréable de se sentir exclu, mais savoir accorder de l’espace me paraît important, dans notre jeu comme ailleurs.
Jem Jaime
Le vrai progrès serait de faire des soirées interdits aux con.ne.s, qui comme le prouve les comportements humains depuis la nuit des temps, sont équitablement répartis entre les sexes 🙂
L’époque veut que l’on stigmatise les comportements pénible des hommes (o tempora o mores comme disaient les romains dans leur sagesse qui semble si lointaine) mais les autres genres recèlent la même quantité de spécimens nocif.ve.s.
Corréler les comportements déplacés à un genre (en mettant en place des soirées qui excluent ce genre sous prétexte qu’il porte le mal en lui), c’est l’exemple même d’une démarche discriminatoire basée sur les stéréotypes.
Tata
En privé on fait comme on veut mais en publique d’autant plus dans des lieux commerciaux la ségrégation est interdite.
Éduquer les personnes mal élevées ( homme ou femme) me semble plus constructif que de vouloir séparer les gens pour rester » entre- soi ».
Oui vivre ensemble demande des efforts et d’accepter les différences ( jusqu’à une certaine limite).
La difficulté pour s’intégrer quand on est novice dans un domaine n’est aucunement lié au sexe.
Finalement je me demande si ce ne sont pas ces personnes, celles qui veulent à tout pris ne pas se mélanger aux autres et rester entre elles en interdisant la présence des autres qui sont intolérantes et non des victimes du » patriarcat » ou de la société.