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Jeux de plateau

Ce 8 mars, oubliez la princesse à sauver : 7 héroïnes de jeux de société qui changent la donne

Capitaine, exploratrice, bibliothécaire… Fini les clichés ! Ce 8 mars, on vous présente 7 héroïnes de jeux de société qui dépoussièrent nos parties.


7 héroïnes de jeux de société pour nous inspirer

Vous pouvez écouter cet article sous forme de podcast ici, généré par IA. Et nous sommes également sur Apple Podcast & sur YouTube Podcast ici :

L’essentiel en 3 points :

  • Le monde du jeu reste très masculin, mais les joueuses s’imposent de plus en plus.
  • De la capitaine des années 20 à la serveuse post-apo, 7 héroïnes pulvérisent le mythe de la « demoiselle en détresse ».
  • Jouer ces personnages modifie profondément le rapport de force autour de la table et repense ce que signifie « être puissant ».

L’As d’Or 2026 vient de se terminer avec zéro autrice récompensée. Il est peut-être temps de parler de celles qui portent nos parties.

Oubliez les codes promo sur les cosmétiques et les distributions de roses à la va-vite. Sérieusement. Aujourd’hui 8 mars n’est pas la « fête de la femme ». C’est une journée internationale ancrée dans de vraies luttes pour les droits. Historique. Politique. Et quand on pose les yeux sur nos tables de jeu de société… le constat fait encore mal.

Les chiffres piquent. En 2018, la chercheuse Tanya Pobuda lâchait une statistique brutale : sur les 200 meilleurs jeux de BoardGameGeek, à peine 2,4 % impliquaient une autrice. Sur les couvercles de ces boîtes ? Seulement 23 % de personnages féminins.

Le milieu ludique a longtemps ignoré la moitié de la population. Prenez le sacro-saint Spiel des Jahres : en plus de quarante ans, une seule autrice (Susan McKinley Ross pour Qwirkle) l’a remporté en solo. Et du côté francophone, regardez le palmarès de l’As d’Or 2026. Sur les quatre jeux primés, on compte zéro autrice. Rien. Pas même en co-création. C’est désolant.

Mais, et c’est un grand MAIS, les lignes bougent. Un peu. Elizabeth Hargrave a pulvérisé le plafond de verre avec Wingspan. Des monuments du JDR comme Pathfinder ou D&D 5e ont imposé une vraie parité visuelle il y a déjà une décennie (adieu les armures-bikinis ridicules par -10°C). Les joueuses, elles, sont là : près de 30 % du public régulier, et même majoritaires chez les jeunes qui consomment du jeu de rôle.

C’est exactement dans cet espace en pleine mutation que s’imposent nos 7 héroïnes. Jouer ces personnages, ce n’est pas juste cocher une case diversité pour faire joli. C’est reprendre le pouvoir sur le récit. Refuser le cliché usé de la soigneuse muette ou de la demoiselle en détresse.

Voici 7 héroïnes qui redéfinissent sérieusement la puissance sur un plateau.

Jenny Barnes : la doyenne qui n’attend personne

Jenny Barnes

Elle traîne ses guêtres depuis le tout premier Horreur à Arkham en 1987. Quarante ans de service. Mondaine fortunée, Jenny débarque en ville avec ses deux calibres .45 nickelés pour retrouver sa sœur kidnappée par une secte. Elle ne crie pas à l’aide. C’est elle qui défonce la porte. Polyvalente, indépendante financièrement (merci son Trust Fund), elle inverse totalement le stéréotype lovecraftien de la victime.

Capitaine Sofi Odessa : celle qui tient la barre

Dans Sleeping Gods (2021), vous êtes Sofi Odessa. La capitaine du vapeur Manticore en 1929. Une femme aux commandes d’un équipage entier dans l’entre-deux-guerres. Et le jeu de Ryan Laukat traite ça avec une normalité absolue, ce qui rend la chose d’autant plus percutante. Vous dirigez le navire à travers un livre d’aventures de 170 pages. Une vraie leader nommée au cœur d’une campagne massive, c’est encore beaucoup trop rare.

La Spellweaver de Gloomhaven : le canon de verre

Spellweaver

Parmi les classes de départ du monstre Gloomhaven, on trouve cette magicienne Orchid. Six malheureux points de vie. Un courant d’air et elle s’effondre. Mais voilà, sa carte signature (Éther vivifiant) lui permet de récupérer tout son deck, doublant littéralement son endurance. Elle rase des salles entières. Jouer la Spellweaver, c’est accepter que la fragilité extrême puisse devenir l’arme stratégique ultime.

Wanda : la survivante sur rollers

Zombicide (2012). Wanda bossait dans un drive-in. Elle esquivait les mains baladeuses des clients sur ses patins bien avant l’apocalypse zombie. Ajoutez-lui une tronçonneuse et elle devient la survivante la plus létale de la boîte. Avec sa compétence de mouvement hallucinante (deux zones par action), elle transforme une vulnérabilité sociale en domination pure. Balèze.

Mary Kingsley : l’Histoire sur un plateau

Une vraie figure historique (1862-1900) balancée dans le jeu de survie The 7th Continent. La véritable Mary Kingsley a bravé les conventions victoriennes étouffantes pour explorer l’Afrique équatoriale. La jouer, c’est rappeler une évidence que l’Histoire a souvent effacée : l’exploration n’a jamais été le monopole exclusif des hommes en casque colonial.

Daisy Walker : la bibliothécaire de l’extrême

Daisy Walker

Dans Horreur à Arkham Le Jeu de Cartes, Daisy ne sort pas les poings. C’est une érudite de l’université Miskatonic. Son identité ludique repose entièrement sur les tomes et les grimoires. Elle prouve qu’on peut survivre à l’horreur indicible par l’intellect pur. La connaissance y devient une mécanique implacable.

Eila : l’héroïne de l’intime

Eila et l’éclat de la montagne. Ce jeu propose une quête viscéralement différente. IELLO a choisi le pronom « elle » pour ce personnage, alor qu’en anglais le pronom est « they », non genré. Et Eila ne cherche pas à massacrer des monstres, mais à traverser des émotions. L’histoire aborde frontalement la perte et le deuil. Avoir une protagoniste dont l’aventure principale est un voyage psychologique reste d’une rareté précieuse dans l’industrie.

La partie (c’est le cas de le dire) est loin d’être gagnée

Sept héroïnes. Sept façons radicalement différentes d’occuper l’espace. Aucune ne correspond à un modèle unique. Et c’est précisément le but.

On ne va pas se mentir, avec 85 % des jeux les mieux notés toujours conçus exclusivement par des hommes, la route est longue. Mais chaque héroïne bien écrite, chaque autrice qui s’impose, modifie l’imaginaire de notre hobby.

Ce 8 mars, regardez un peu ce qui se passe à votre table. Qui prend la parole ? Qui décide ? Et quelles histoires choisit-on de vivre ? Parce que l’héroïsme, au fond, ce n’est pas un genre. C’est un droit à l’action.

Quand vous choisissez un personnage, le genre est-il un critère ?

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