Le livret de règles perdu depuis 1 500 ans enfin retrouvé
🏛️ Oublié depuis 1 500 ans, un jeu de plateau romain retrouve toutes ses règles grâce à une IA ! Le Ludus Coriovalli et son gameplay inédit.
Quand une IA ressuscite un jeu de plateau romain disparu depuis 1 500 ans

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L’essentiel en 3 points :
- Un plateau de jeu romain vieux de 1 500 ans a été découvert aux Pays-Bas, mais sans aucune règle pour y jouer.
- L’IA mène l’enquête : L’algorithme Ludii a simulé des milliers de parties pour retrouver les règles exactes en analysant l’usure microscopique de la pierre.
- Il s’agit du Ludus Coriovalli, un jeu de blocage asymétrique (4 pions contre 2) qui prouve que les Romains maîtrisaient ces mécaniques bien avant le Moyen-Âge.
Perdre le livret de règles d’un jeu est une tragédie moderne insupportable, mais imaginez devoir deviner les mécaniques d’une boîte égarée il y a très exactement 1 500 ans !
Vous pensiez que l’Intelligence Artificielle ne servait qu’à générer des images de chats avec six doigts ou à rédiger des e-mails soporifiques ? Détrompez-vous. Elle vient de réaliser un exploit de ouf qui va ravir la fibre ludique (et historique) qui sommeille en nous : décoder les règles d’un jeu de plateau romain totalement oublié depuis quinze siècles. Et sans le moindre livret de règles caché au fond de la boîte, s’il vous plaît !
Un mystérieux caillou antique
Tout commence aux Pays-Bas, dans la ville de Heerlen, bâtie sur les vestiges de l’antique cité romaine de Coriovallum. Dans les collections du musée local dormait une simple dalle de calcaire blanc. À première vue, rien de très excitant. Mais en l’observant de plus près, l’archéologue Walter Crist a remarqué un motif géométrique incisé et, surtout, des traces d’abrasion très spécifiques.
Pas de doute, c’était un plateau de jeu ! Le problème ? La grille ne correspond à aucun jeu antique connu. Comment deviner à quoi jouaient les légionnaires il y a 1 500 ans sans la moindre notice ?
Ludii, l’IA qui joue aux archéologues
C’est là que la science moderne intervient. Une équipe de chercheurs (impliquant notamment les universités de Leyde, Maastricht et l’UCLouvain) a fait appel au Digital Ludeme Project et à Ludii, un redoutable système d’intelligence artificielle spécialisé dans la modélisation de jeux historiques.
Leur méthode est dingo : l’IA a été nourrie avec plus d’une centaine d’ensembles de règles de jeux anciens documentés. Ensuite, elle a fait s’affronter des « agents virtuels » sur des dizaines de milliers de parties. Son but ? Trouver la mécanique exacte de jeu qui forçait les joueurs à déplacer leurs pions exactement là où l’usure de la pierre (les micro-rayures) avait été constatée. Une vraie scène des « Experts », mais pour les geeks de jeux de société (comme nous) !

4 chiens contre 2 lièvres
L’algorithme a rendu son verdict ce 11 février 2026 dans la prestigieuse revue scientifique Antiquity. Oubliez les jeux de course (comme le Backgammon ou Heat) ou d’alignement. Ce plateau cachait un jeu de blocage asymétrique !
Désormais baptisé Ludus Coriovalli (le jeu de Coriovallum), il oppose deux adversaires de manière inégale : l’un contrôle 4 pièces (les « chiens »), l’autre seulement 2 pièces (les « lièvres »). Les joueurs déplacent leurs pions d’une intersection à l’autre sans jamais se capturer. Le but des chiens ? Restreindre les mouvements des lièvres jusqu’à les acculer dans un coin et les paralyser totalement. Le but des lièvres ? Survivre le plus longtemps possible. Un duel abstrait, froid et tactique.
Ce que ça change pour l’Histoire (avec un grand I)
Jusqu’à aujourd’hui, les archéologues pensaient que ce type de mécanique de blocage pur n’était apparu en Europe qu’au Moyen-Âge (comme le célèbre Hnefatafl des Vikings). Le Ludus Coriovalli prouve que les Romains maîtrisaient déjà cette asymétrie vicieuse des siècles plus tôt ! Et non, ce n’est pas la première fois que l’IA se lance dans de l’archéoludologie. On se souvient de la tombe découverte en 2018 en Slovaquie.
L’IA vient de nous offrir une véritable machine à remonter le temps ludique. Alors, à quand un financement participatif pour une version physique (en marbre) dans nos boutiques ?
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3 Comments
WSnop
On est d’accord que tout ça c’est de l’hypothèse ? Je veux dire, c’est parce qu’on a montré à l’IA qu’il existe la mécanique de blocage qu’elle l’a essayé sur ce jeu. Mais peut-être que ce n’est qu’un hasard et que les règles sont tout à fait différentes.
L’article reste néanmoins très intéressant, merci beaucoup !
WSnop
Je me suis peut-être un peu avancé, en allant lire l’article précédent qui traite du même sujet, le chercheur responsable de cette IA décrit la procédure : «Avec notre système, nous pouvons installer le matériel, rechercher des règles à partir de la date [de création], de la région, et du contexte culturel», a déclaré Browne. « Ensuite, nous pourrons rassembler les ensembles de règles susceptibles de s’être produits. ».
Évidemment comme dans tous les domaines de recherche il y a de l’hypothèse mais ça semble bien plus maîtrisé que ce que je ne l’imaginais.
Je dois avouer que je me méfies des IA, elles ont tendance à inventer quand elles ne trouvent pas de réponses. Mais cela concerne surtout les génératives.
cidrixx
« Je dois avouer que je me méfies des IA, elles ont tendance à inventer quand elles ne trouvent pas de réponses »
1 – Comme la plupart des humains dans la même situation (fournir une réponse même quand on n’a pas la solution du problème posé)
2 – Et finalement ça tombe bien car dans le cas cité par l’article c’est ce qu’on lui demande d’inventer. 😉
« Mais cela concerne surtout les génératives. »
Hé oui, d’où le nom d’ailleurs : « générative ».
On ne demande pas de renvoyer quelque chose qui existe déjà, mais de générer un résultat (en s’inspirant bien sûr de ce qu’on lui aura déjà appris).