Le Seigneur des Anneaux Les Deux Tours, article bannière
Critiques de jeux,  Jeux de plateau

Le Seigneur des Anneaux : Les Deux Tours. Plis, périls et silence

💍 Orthanc ou Barad-dûr ? Les Deux Tours, la suite du jeu de plis Seigneur des Anneaux. Plus dur, plus beau, plus épique. Notre critique.


Le Seigneur des Anneaux : Les Deux Tours. Plis, périls et silence de mort

Le Seigneur des Anneaux : Les Deux Tours

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.


Vous pouvez écouter cet article sous forme de podcast ici, généré par IA. Et nous sommes également sur Apple Podcast & sur YouTube Podcast ici :

L’essentiel en 3 points :

  • Une suite qui complexifie la formule avec les Tours et les Fardeaux.
  • Une direction artistique « vitrail » toujours aussi époustouflante.
  • Un défi coopératif corsé où le silence est votre pire ennemi (ou meilleur ami).

Vous pensiez que le plus dur dans le Seigneur des Anneaux, c’était de marcher pieds nus jusqu’au Mordor ? Faux. C’est de faire comprendre à votre partenaire qu’il doit jouer son As maintenant.

C’est reparti pour un tour (ou deux). Après une Communauté de l’Anneau qui a su marier l’improbable, la belote coinchée et Tolkien, Office Dog remet le couvert. Mais cette fois, Frodon tire la tronche, Gollum nous parle dans la tête et les Orques frappent à la porte. Spoiler : on va souffrir, et on va aimer ça.

Le Gouffre de Helm est assiégé. La pluie bat les armures. Legolas compte ses flèches, Aragorn hurle des ordres, et vous… vous regardez désespérément votre main en vous disant : « Bon sang, si je joue mon 3 de Montagne maintenant, est-ce que Gimli va comprendre qu’il doit couper ? ». Bienvenue dans Le Seigneur des Anneaux : Les Deux Tours – Le jeu de plis coopératif.

Un an après nous avoir bluffés, ce nouvel opus autonome (standalone pour les intimes) débarque sur nos tables. La promesse ? 17 nouveaux scénarios pour revivre le tome 2 de la saga, toujours sans dire un mot. Alors, simple « More of the same » ou véritable évolution ? On a testé, on a transpiré, et voici notre verdict.

Le Seigneur des Anneaux : Les Deux Tours matos

La Belote de la Terre du Milieu (mais en pire)

Pour celles et deux qui auraient hiberné dans la Moria ces deux dernières années, le principe est un cousin germain de The Crew. Nous sommes face à un jeu de plis coopératif. On joue des cartes de couleur (ici des lieux comme Fangorn ou le Mordor), on doit suivre la couleur demandée, et la carte la plus forte remporte le pli. Jusque-là, votre grand-oncle Roger maîtrise.

Là où ça se corse, c’est que nous sommes une équipe. À chaque manche (chapitre), nous incarnons des personnages (Aragorn, Faramir, etc.) avec des objectifs secrets obligatoires. Si un seul joueur ou joueuse échoue à valider son contrat narratif, c’est la défaite immédiate pour tout le monde. Et comme dans tout bon couple en crise, la communication est… compliquée. Interdiction de parler de vos cartes. Tout doit passer par le regard, le timing et cette goutte de sueur qui perle sur votre front quand vous jouez une carte risquée.

Quoi de neuf à l’Est ?

Si vous avez poncé le premier volet, vous vous demandez : « Qu’est-ce qui change, à part la couleur de la boîte ? ». Eh bien, pas mal de choses, mes petits Hobbits.

1. La Guerre des Tours : C’est dans le titre, c’est sur la table. Deux nouvelles cartes entrent en jeu : la Tour Blanche (Orthanc) et la Tour Noire (Barad-dûr). La Blanche est un super-atout qui écrase tout. La Noire est un « trou noir » qui annule la Blanche si elles se rencontrent dans le même pli. Cette petite mécanique de « bluff forcé » ajoute une tension délicieuse. Qui a la Tour Noire ? Dois-je sacrifier ma Tour Blanche maintenant ?

2. Frodon, ce boulet (qu’on adore) : Le jeu est coupé en deux, comme le livre.

  • Acte 1 : Frodon et l’Anneau ne sont pas là. On gère la guerre en Rohan avec Aragorn & cie. C’est brutal, direct, on tape de l’Uruk-hai.
  • Acte 2 : Le retour du Porteur. L’Anneau revient (toujours aussi puissant), mais avec des Jetons Fardeau. Ces petits marqueurs en bois viennent pourrir votre main ou vos conditions de victoire, simulant le poids psychologique de l’Anneau. L’ambiance change radicalement, passant de la bataille épique à la survie mentale.

3. Incarner les Méchants : C’est notre coup de cœur. Certains scénarios vous demandent de jouer… des Orques ! L’idée de génie ? Il faut équilibrer leurs victoires pour simuler la fuite de Merry et Pippin profitant de la zizanie chez l’ennemi. Jouer pour « ne pas trop gagner, mais gagner un peu quand même », c’est un casse-tête savoureux.

C’est beau, mais c’est dur

Visuellement, c’est toujours la claque. Le style « vitrail » d’Elaine Ryan est une merveille absolue. On a l’impression de manipuler des reliques sacrées plutôt que des bouts de carton. Côté difficulté, par contre, accrochez-vous. Le jeu est plus exigeant que son prédécesseur. Les erreurs se paient cash et le silence à table devient parfois assourdissant.

Est-ce grave ? Non, car la frustration fait partie du voyage. Réussir un chapitre après trois échecs, juste parce qu’on a enfin réussi à se « connecter » mentalement avec ses partenaires, procure une dopamine rare.

Les Deux Tours, verdict

Alors, on y retourne ?

Oui, mille fois oui. Si La Communauté était l’apéritif, Les Deux Tours est le plat de résistance. Plus riche, plus narratif, plus traître aussi. Il parvient à raconter une histoire forte avec de simples mécaniques de cartes, un tour de force qu’on ne se lasse pas d’admirer. Préparez le café, la soirée va être longue.

On a aimé : L’esthétique du vitrail qui décolle la rétine, la mécanique de bluff des Tours, et le plaisir pervers de jouer des Orques contre soi-même.

On a moins aimé : La difficulté parfois punitive (Sauron ne fait pas de cadeaux) et le fait que les bavards vont souffrir le martyre.

C’est plutôt pour vous si… Vous cherchez un jeu intelligent qui tient dans la poche et que vous avez un groupe de potes télépathes.

Ce n’est plutôt pas pour vous si… L’idée de perdre sur un malentendu vous donne envie de retourner la table.

Un jeu pour les gouverner tous… ou du moins, pour les occuper tous jusqu’à 3h du matin en essayant de sauver ce fichu hobbit !

Très, très bon !

Note : 4.5 sur 5.

  • Label Dé Vert : Non. Pour en savoir plus sur le label Dé Vert, c’est ici.
  • Création : Bryan Bornmueller
  • Illustrations : Elaine Ryan, Samuel R. Shimota
  • Édition : Office Dog / Asmodee
  • Nombre de joueurs et joueuses : 1-4 (clairement meilleur à 3-4)
  • Âge conseillé : 10+
  • Durée : 30 minutes par chapitre
  • Thème : Le Seigneur des Anneaux, méd-fan
  • Mécaniques principales : Coopératif, jeu de plis, communication limitée. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.

Rejoignez notre chaîne WhatsApp


Gus&Co : 100% Indépendant, 0% Publicité

Vous avez aimé cet article ? Depuis 2007, nous faisons le choix difficile de refuser la publicité intrusive pour vous offrir une lecture confortable. Mais l'indépendance a un prix (hébergement, temps, achat de jeux).

Pour que cette aventure continue, vous avez deux moyens de nous soutenir :

Le soutien direct : Rejoignez nos mécènes sur Tipeee pour le prix d'un café par mois.

☕ Soutenir Gus&Co sur Tipeee
Votre réaction sur l'article ?
+1
7
+1
2
+1
0
+1
0
+1
0
+1
0

3 Comments

  • Benjamin

    Bonjour,
    J avais été lassé par le mode solo du premier opus.
    Je voulais savoir ce qu il en était à ce niveau pour le deuxième volet.
    Merci à vous!

  • William

    La tour blanche est Minas Morgul, résidence du Nazgul roi sorcier, anciennement Minas ithil, tour de la lune . Et la tour sombre Orthanc. La connaissance du matériel de base de Tolkien par l’illustratrice est formidable.

À vous de jouer ! Participez à la discussion

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

En savoir plus sur Gus & Co

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture