Origin Story : L’apocalypse en aquarelle
🦸♂️ Héros ou Vilain ? Dans Origin Story, choisissez votre camp ! Un jeu de plis qui part en vrille (pour le meilleur et pour le pire).
Origin Story : Quand la Belote rencontre les Avengers (et que ça part en vrille)

⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.
Vous pouvez écouter cet article sous forme de podcast ici, généré par IA. Et nous sommes également sur Apple Podcast & sur YouTube Podcast ici :
L’essentiel en 3 points :
- Une direction artistique à tomber par terre tout en aquarelle qui change des standards du genre.
- Un mélange audacieux de jeu de plis traditionnel et de construction de pouvoirs.
- Des parties illisibles où le chaos et les combos l’emportent sur la stratégie.
Il est beau, il sent le propre, mais à l’intérieur, c’est le chaos total : on ne parle pas de votre chat, mais d’Origin Story.
Vous êtes Spider-Man. Vous venez de tisser une toile parfaite pour attraper le Bouffon Vert. Sauf que soudain, le Dr Strange débarque, remonte le temps, change la couleur de votre costume en rose fuchsia et déclare que la gravité ne s’applique plus ce tour-ci. Bienvenue dans Origin Story.
Nouveau-né de chez Stonemaier Games (les papas de Scythe, Vantage et Wingspan, rien que ça), ce jeu signé Jamey Stegmaier et Pete Wissinger nous promettait la lune : fusionner le classicisme rigoureux du jeu de plis (Trick-Taking) à la Jass et Tarot, avec la montée en puissance de l’Engine Building (construction de moteur), le tout servi sur un plateau aquarelle sublime.
Sur le papier, c’est le crossover du siècle. À table, c’est une expérience… disons, explosive, mais qui a la fâcheuse tendant de faire pschitt. Nous avons testé la version originale (la VF arrive en janvier 2026, patience !), et voici notre verdict.
Le pitch ? De zéro à héros (ou chanmé)
Dans Origin Story, vous avez 5 manches (chapitres) pour écrire la légende de votre personnage. Le cœur du réacteur ? Un jeu de 52 cartes tout ce qu’il y a de plus classique : 4 couleurs (Cerveau, Vitesse, Force et Amour – car oui, l’amour est plus fort que tout et sert d’atout maître. C’est CHOU !).
Jusque-là, votre grand-oncle fan de Tarot ne serait pas perdu. Sauf qu’à chaque manche, vous allez greffer des super-pouvoirs sur cette mécanique. Vous draftez des cartes « Histoire » qui s’ajoutent à votre tableau de bord : un trauma d’enfance par-ci, un gadget high-tech par-là, ou une mutation radioactive.
Ces cartes ne sont pas juste là pour faire joli (même si elles le sont, on y reviendra). Elles brisent les règles. Vous voulez échanger une carte de votre main en plein pli ? C’est possible. Annuler le tour ? Aussi. Espionner la main du voisin ? Évidemment.
Le twist savoureux ? Au début de chaque chapitre, vous choisissez votre alignement :
- Héros : Vous marquez 1 point par pli remporté. Classique.
- Vilain : Vous pariez sur l’échec total. Si vous ne remportez aucun pli, c’est le jackpot (4 points). Sinon, c’est la bulle.

Aquarelles et super-baffes
Parlons du visuel, car c’est la première chose qui frappe. Oubliez le style comic book flashy et numérique. Ici, l’artiste Clémentine Campardou, qui a déjà oeuvré sur Wyrmspan avec ses somptueux dragounets tout cute, nous offre une direction artistique tout en aquarelle. C’est doux, c’est pastel, c’est humain. On a l’impression de feuilleter un storyboard d’auteur plutôt qu’un blockbuster Marvel. C’est audacieux et, à nos yeux, c’est une réussite totale qui donne une identité unique au jeu. On aimera, ou pas. Nous, on surkiffe !
Le matériel, fidèle à la réputation de l’éditeur, est impeccable : plateaux façon pages de BD, jetons agréables, et une iconographie qui tente de mettre de l’ordre dans le chaos.
Le syndrome de la 3ème manche
C’est là que le bât blesse. Ou que le fun explose, selon votre tolérance au désordre.
Les deux premiers chapitres sont un délice de stratégie. On construit son petit moteur, on taquine les adversaires, on gère sa main. On se sent intelligent. Et puis arrive le chapitre 3. Une carte « Événement » aléatoire vient chambouler les règles de la manche (tout le monde joue face cachée, on échange les mains, etc.).
Aux chapitres 4 et 5, avec des joueurs et joueuses ayant accumulé 3 ou 4 pouvoirs actifs chacun, la table se transforme en une scène d’action illisible. « Je joue l’As de Force ! » « Je le transforme en 2 de Vitesse. » « J’annule ton pouvoir. » « Je rejoue le pli. » On ne joue plus aux cartes, on gère un flux tendu d’interruptions. Et en parlant de flux, j’ai justement eu la (mauvaise) sensation de jouer à… Fluxx. Ce jeu de cartes sorti en 1996 qui change de règles constamment.
Dans Origin Story, la stratégie cède le pas à l’opportunisme pur. C’est drôle, certes. C’est épique, parfois. Mais c’est surtout un immense « n’importe quoi » ludique où le vainqueur est souvent celui qui a survécu au hasard plutôt que celui qui a le mieux joué. On passe du reste plus de temps à annoncer ses modif sur le pli en cours que de jouer. Tout devient rapidement une prise de tête. Le plaisir de jouer cède sa place à un joyeux bordel à la table. On aimera, ou pas. Je pense que vous avez saisi ma position sur la question.

Narratif ou mécanique ?
Le jeu s’appelle Origin Story, mais l’histoire est souvent un cadavre exquis absurde. Vous finirez peut-être avec un héros qui a des « Origines Extraterrestres », un « Allié Serpent Géant » et une « Maîtrise du Kung-Fu ». Ça ne raconte rien de cohérent, c’est juste un assemblage de bonus pour optimiser les points. L’immersion thématique s’effrite vite face à la nécessité de gérer ses cartes, ses plis.

Origin Story, verdict
Origin Story est un ado turbulent. Il a un potentiel incroyable, une gueule d’ange (merci l’aquarelle), mais il ne sait pas se tenir à table. Si vous cherchez la précision chirurgicale d’un The Crew, fuyez, vous allez faire une syncope. Si vous cherchez une ambiance « Munchkin » ou « Fluxx » mais avec un moteur plus moderne et que vous aimez rire du chaos ambiant, alors enfilez votre cape.
C’est un OVNI ludique, imparfait, parfois frustrant, mais indéniablement original. Et dans un monde de clones, l’originalité, c’est déjà un super-pouvoir.
On a aimé : L’audace du mélange des genres, les illustrations douces de Clémentine Campardou, et le dilemme savoureux « Héros ou Vilain » à chaque manche.
On a moins aimé : La « salade de pouvoirs » indigeste en fin de partie, le sentiment de ne plus rien contrôler dès la manche 3, et l’histoire qui n’a finalement ni queue ni tête.
C’est plutôt pour vous si… Vous aimez les jeux d’ambiance déguisés en jeux de stratégie et voir vos plans détruits par un coup du sort vous fait rire.
Ce n’est plutôt pas pour vous si… Vous êtes un puriste de la Belote qui compte les atouts et déteste qu’on change les règles en cours de route.
Un jeu qui a mangé un clown radioactif : c’est coloré, ça fait du bruit, mais on ne sait pas trop si on doit applaudir ou appeler les pompiers.
Oui, mais avec (beaucoup) de réserves.
- Date de sortie : Décembre 2025 en VO, janvier 2026 en VF
- Langue : Anglaise
- Assemblé en : Chine
- ITHEM : 3 sur 5. Pour en savoir plus sur l’ITHEM dans les jeux de société, c’est ici.
- IGUS : 2 sur 5. Pour en savoir plus sur l’IGUS dans les jeux de société, c’est ici.
- EcoScore : C. Si vous voulez en savoir plus sur l’EcoScore dans les jeux de société, c’est ici

- Label Dé Vert : Non. Pour en savoir plus sur le label Dé Vert, c’est ici.
- Création : Pete Wissinger, Jamey Stegmaier
- Illustrations : Clémentine Campardou
- Édition : Stonemaier Games
- Nombre de joueurs et joueuses : 1 à 5 (clairement meilleur à 3-4, pas plus !)
- Âge conseillé : Dès 14 ans (difficilement moins)
- Durée : 45 minutes
- Thème : Super-Héros
- Mécaniques principales : Cartes, plis. Pour en savoir plus sur les différentes mécaniques de jeux, c’est ici.
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One Comment
Fred de Gus&Co
Arf… dommage, il me faisait un peu de l’oeil celui-ci, mais du coup, ça douche un peu mes envies :-/
Merci d’être passé devant du coup 😉