Jeux de rôle,  Technologie

Ennie Awards : Et si les Oscars du JDR couronnaient des robots ?

🤖 Récompenser l’IA, trahir les auteurs et autrices ? Une décision polémique des Ennie Awards. Le clash entre modernité et authenticité.


Plongée au Cœur du Débat : Les Ennie Awards et l’Intelligence Artificielle

En bref :

  • Les Ennie Awards autorisent l’IA dans les soumissions, déclenchant une polémique sur l’éthique et la créativité.
  • Artistes et créateurs dénoncent un vol de propriété intellectuelle et une menace pour l’emploi.
  • La communauté JDR est divisée : outil pratique pour certains, danger existentiel pour d’autres.

Et si votre prochain MJ préféré était un algorithme ? Derrière les rires et les dés des Ennie Awards, une bombe à retardement créative vient d’être amorcée.

Vous le savez certainement si vous traînez vos pattes sur Gus&Co. Je kiffe le jeu de rôle (JDR). Et chaque année début août, curieuse, je guette les résultats des Ennie Awards : que va-t-il en sortir ? Quels jeux seront primés ? Les Ennie Awards, c’est l’événement qui célèbre l’excellence dans le monde du JDR. Ils se retrouvent aujourd’hui (pour la deuxième année) au centre d’une controverse, houleuse, concernant l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA). Et si on s’interrogeait sur les implications éthiques de leur choix ?

Pour résumer, comment un événement aussi symbolique peut-il légitimer des outils qui menacent, selon nombre de créateurs, l’essence même de la créativité humaine ? Allez, on en discute.

Que sont les Ennie Awards ?

Considérez les Ennie Awards comme les Oscars du JDR. Je dois toutefois nuancer : contrairement au cinéma, cette cérémonie repose sur un fragile équilibre entre expertise et démocratie. Depuis 2001, ces récompenses, votées par les fans, couronnent des créations lors de la Gen Con, temple, salon américain du jeu de société et du JDR. Mais, malaise : que vaut une récompense artistique, créative, si elle accepte des œuvres (partiellement) déshumanisées ?

Un pacte avec le diable ?

Les Ennie Awards autorisent les soumissions utilisant de l’IA, à condition qu’elles soient exclues des catégories liées au contenu généré. Je m’interroge : cette demi-mesure suffit-elle à protéger les artistes ? Prenons l’exemple d’un jeu aux illustrations IA : s’il peut concourir pour le « Meilleur Jeu », ne légitime-t-on pas indirectement un outil qui siphonne les styles d’artistes sans leur consentement ?

Le « système d’honneur » exigé pour déclarer l’usage de l’IA pour les Ennie Awards me laisse en vrai un peu sceptique. Oui, je vous l’accorde, c’est un euphémisme. Comment croire qu’un ou une autrice pressée par les délais résistera à taire l’usage de Midjourney pour une couverture qui claque ? Les sanctions a posteriori (disqualification, interdiction) me semblent perso bien faibles face à la tentation de tricher dans une industrie aussi compétitive.

Traduction :

« Contenu généré par l’IA

Les ENNIES acceptent les produits dont le contenu est généré par l’IA, mais ces produits seront exclus des catégories basées sur ce contenu (c’est-à-dire le meilleur art).

Par exemple, un produit dont la couverture a été créée par l’homme mais dont l’intérieur a été créé par l’intelligence artificielle pourra être classé dans la catégorie « Meilleure couverture », mais sera exclu de la catégorie « Meilleure illustration intérieure ». Les personnes qui soumettent des produits à l’examen devront indiquer quelles parties de leur travail contiennent de l’intelligence artificielle.

Remarque : il s’agit en grande partie d’un système d’honneur, car il n’est pas possible pour le coordinateur des soumissions ENNIES ou les juges d’identifier avec une précision de 100% si l’art est original ou généré par l’IA, tout comme nous ne pouvons actuellement pas identifier les violations potentielles des droits d’auteur, ou la réutilisation de l’art d’autres produits. Les soumissionnaires devront confirmer que leurs produits sont exempts d’IA. S’il s’avérait après coup que ce n’est pas le cas, les soumissions actuelles pourraient être retirées de la liste, toute récompense ultérieure révoquée et le créateur pourrait se voir interdire de soumettre d’autres produits à l’avenir. »

À cœur et à cri

Je partage l’indignation de ceux qui voient dans cette politique une trahison. L’IA, je le répète, n’est pas un outil neutre. Derrière ses promesses de « rationaliser les flux de travail » se cachent des modèles entraînés sur des œuvres pillées, une consommation énergétique obscène, et une uniformisation culturelle. Je pense à Draconis 8, ce jeu accusé d’utiliser (beaucoup) d’illustrations IA : sa médiocrité générique a révélé ce que l’industrie risque de devenir – un désert de créativité, peuplé de clones algorithmiques. S’aider de l’IA pour ses parties de JDR, OK, why not. Mais décerner un prix pour des créations avec IA, c’en est une autre.

Les défenseurs de l’IA rétorquent qu’elle « démocratise » la création. Je leur oppose un exemple concret : un jeune auteur utilisant ChatGPT pour générer un scénario se prive de la magie de l’erreur, de ces « accidents » créatifs qui font naître Donjons & Dragons ou Monsterhearts. L’IA produit du contenu, pas de l’art.

Quel JDR léguerons-nous ?

Je refuse de céder au fatalisme technologique. Les Ennie Awards pourraient être pionniers en exigeant des preuves d’éthique : provenance des datasets, compensation des artistes référencés, audit carbone. Je propose même une catégorie « IA Éthique », où les outils ne seraient pas bannis, mais strictement encadrés.

Cependant, je crains que ces mesures ne suffisent pas. L’industrie doit choisir : veut-elle des jeux écrits par des humains, pour des humains, ou devenir l’appendice divertissant du capitalisme de surveillance ? Au passage, pour ceux du fond près du radiateur, je rappelle que le JDR naît de l’intimité d’une table, de regards qui s’illuminent devant un twist narratif humain. Y intégrer l’IA, c’est risquer de remplacer cette étincelle par le clignotement froid d’un serveur. OK, traitez-moi de boomeuse.

Conclusion : L’heure des choix

Je quitte ce débat avec une conviction renforcée : les Ennie Awards, en acceptant l’IA, jouent aux apprentis sorciers. Leur politique actuelle, perso, je la juge naïve et dangereuse. Faut-il appeler au boycott des œuvres IA, demander aux auteurs et autrices à signer des chartes éthiques, et les juges à exiger plus de transparence ? Je vous laisse seul.e juge.

L’utilisation de l’IA dans les JDR devrait-elle être interdite aux Ennie Awards ?

Alors non, clairement, la technologie ne reculera pas. Mais je crois, profondément, que la communauté JDR saura défendre ce qui fait d’elle une exception : sa capacité à célébrer, non pas des algorithmes, mais l’imprévisible génie humain.

Petit récap (toujours pour les deux du fond qui ne suivent pas)

Arguments pour l’IA (illusoires ?)Arguments contre l’IA (sous-estimés ?)
« Génération rapide de contenu » ➔ Mais à quel coût éthique ?Menace pour l’originalité et l’emploi des artistes
« Accessibilité » ➔ Ne cache-t-on pas ici une paresse créative ?Vol de propriété intellectuelle via les datasets
« Modernité » ➔ Le progrès justifie-t-il tout ?Impact environnemental désastreux et opacité des IA

J’invite chaque lectrice et lecteur à interroger ses valeurs : voulons-nous des récompenses qui honorent des humains… ou leurs substituts algorithmiques ?

Ennie Awards 2025 : parce que même Cthulhu préfère encore l’horreur faite main.


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10 Comments

  • de revel

    Je ne comprends pas cette cristallisation sur l’IA. L’IA c’est de l’algorithmique pas de la magie. Pourquoi considérer qu’une branche de l’informatique est plus malsaine que toutes les autres ? Si vous voulez faire un prix qui récompense le travail créatif d’un être humain, vous devez exclure effectivement l’utilisation d’outils… oui mais jusqu’où ? Est-ce que vous devez l’exclure uniquement quand il a été réalisé à 100% par la machine ? Moins ? Est-ce qu’une oeuvre réalisée avec des pinceaux et de la peinture sur une toile est plus digne que celle réalisée sur un ordinateur avec une multitude d’outils d’assistance ? Est-ce qu’une oeuvre réalisée par une seule personne est plus digne que celle réalisée par plusieurs ? Est-ce qu’un prompt est un travail créatif ? Les algorithmes pillent alors que les humains s’inspirent, c’est ça la différence ? un verbe ? Est-ce que l’IA n’est utile que quand elle ne menace pas des emplois (vous pouvez l’utiliser autour de votre table de jeu de rôle mais pas la diffuser) ? uniquement l’IA ? Est-ce que les films pixar sont inacceptables comparativement aux dysney d’origine ? Enfin, est-ce qu’un jeu se limite à ses illustrations ?

  • de revel

    Dernière chose concernant l’impact environnemental : effectivement, l’informatique et l’IA en particulier est consommatrice d’énergie et d’eau. Mais les trois postes qui génèrent le plus de CO2 sont le transport, l’alimentation et le chauffage. Dans l’informatique le plus gros consommateur en énergie est le streaming audio et vidéo. Peut-être faut-il revoir nos priorités individuelles ?

  • Vinz

    Bonjour Andariel.
    Je ne suis pas toujours d’accord avec toi, mais sur ce sujet, je le suis à 100 %.
    Pour ma part, si je sais qu’un jeu / « créateur » utilise l’IA, je le boycotterai.
    Merci pour cet article et cet engagement.

  • Vinz

    Rebonjour.

    Je ne vais répondre qu’une seule fois, pour indiquer que mon avis précédent n’est que mon avis personnel, sur les impacts de l’IA sur la partie artistique et sur les emplois.
    Mon but n’est pas de partir dans des débats sur le CO2, la disparition des glaces au Groënland et des ours polaires, ou je ne sais quoi encore…
    Je travaille dans l’informatique, sur des baies de stockage et des serveurs hébergés dans des datacenters qui consomment énormément.
    Donc je connais le principe de consommation…

    Il faut différencier les outils de production du produit fini.
    Tu parles de pinceaux et de peinture, mais les artistes travaillent de plus en plus avec des tablettes numériques.
    Je n’ai rien contre, chacun travaille avec le support qu’il veut.
    Ce sont simplement des outils informatiques, mais pas de l’IA.
    Il s’agit d’une vraie création, dû à l’imagination et au talent de dessinateur de l’artiste qui est payé pour la produire.
    Il ne faut pas confondre outils et IA.

    Des tableaux très célèbres ont été peints par plusieurs peintres, sous la direction d’un maitre.
    Donc aucun rapport non plus avec le travail d’un seul artiste ou de plusieurs.
    L’IA ne crée pas. Elle reprend de façon froide le travail de création d’autres personnes.

    Pour les auteurs qui reprennent trop le travail des autres, il y a des copyrights et des procès pour plagiat (Cf par exemple l’histoire Copycat avec les comiques).
    Pour l’IA, cela reste à voir…

    Je ne suis pas systématiquement anti-progrès.
    Par exemple, je suis pour des outils automobile d’aide à la conduite, comme l’assistance au freinage d’urgence.
    Mais je suis contre tout ce qui débilise l’être humain en faisant tout à sa place, comme la conduite automatique qui est désirée par certains.

    Je n’ai rien contre des outils qui peuvent inspirer, mais je suis contre le fait que des personnes incompétentes basent tout leur succès sur un outil qui fait tout pour eux.
    Par exemple les étudiants (et même des travailleurs dans certains domaines) qui font leur mémoire via des outils d’IA comme ChatGPT et ne savent même plus écrire et réfléchir (sujet remonté de plus en plus par les enseignants).
    Dans un autre domaine, je suis contre beaucoup de chroniqueurs télé qui ne créent rien, ne savent rien faire, mais sont payés pour critiquer des vrais créateurs, en se faisant passer pour des gens plus spécialistes que toi ou moi.
    En résumé, je suis pour faire progresser l’être humain, et récompenser son travail, et non pas le simple pompage…
    Puisque tu cites Pixar, des oeuvres comme Wall-e (animation Pixar) ou Idiocraty (film non Pixar) sont des fictions, mais qui se rapprochent de plus en plus de la réalité…

    Et puis il faut voir pour limiter les dérives.
    Par exemple tout ceux qui sont déjà largement bénéficiaires, et qui veulent utiliser l’IA pour l’être encore plus, au détriment de l’être humain.
    Car tout progrès amène forcément ses dérives, ou est systématiquement détourné par des personnes malintentionnées…

    Pour ma part, je suis pour le contact humain.
    C’est pour cela que quand on me propose de jouer à un jeu de société en ligne, à chaque fois je réponds que je ne suis pas intéressé, car pour moi le but principal d’un jeu de société est de se réunir autour d’une table en présentiel.
    Si je me mets sur un PC, ce sera pour jouer à jeu vidéo… autre forme d’interaction complémentaire dans mes loisirs.

    Donc je le répète, je boycotterai des oeuvres résultant de l’IA, car je ne veux pas donner mon argent à quelqu’un qui va s’en mettre plein les fouilles en payant seulement une IA, sans fournir d’effort que le fait d’avoir apporté un peu d’apport financier au départ.
    Je veux récompenser des personnes qui réfléchissent et qui créent, pas des spéculateurs.
    De même que je boycotte les caisses automatiques et les magasins sans employés, autant que je le peux, ou d’autres choses dans d’autres domaines.

  • Sdompi

    L’ IA n’ est qu’un outil.

    Le problème n’est pas l’outil mais l’être humain.

    C’est lui qui a fait en sorte que cet outil pioche dans une base de données d’oeuvres sans l’accord des auteurs.

    C’est comme vouloir interdire les couteaux sous prétexte qu’un abruti s’en serve pour trucider son voisin plutôt que pour couper un aliment.

    Le problème n’est pas l’outil couteau, c’est l’abruti d’être humain.

  • Vinz

    Tout à fait d’accord pour l’exemple du couteau…

    C’est la raison pour laquelle je boycotte l’IA en tant que concepteur de produit fini, mais pas forcément en tant qu’outil.
    Je ne boycotte pas ce qui aide les gens, mais ce qui les remplace. Et ça c’est quand je le peux…

    Je suis contre les outils quand ils sont utilisés pour faire régresser l’humanité au lieu de la préserver.
    Je suis contre les outils quand ils sont utilisés par des minorités pour faire encore plus de profits au dépend d’une majorité (c’est ce qui se passe entrer autre pour tous les services, que ce soit dans les magasins ou les services publics).
    Je suis contre les outils quand ils remplacent entièrement le savoir-faire et font disparaître la connaissance et les contacts humains.

    • de revel

      Tes pensées sont nobles, mais la technique n’a pas d’éthique, c’est l’être humain qui doit en avoir. Je comprends le sens du boycott : espérer qu’il amène des humains à revoir leur comportement pour des raisons économiques. Quant à moi, l’utilisation de l’IA pour illustrer un jeu n’est pas un critère d’exclusion du jeu.

      • Ettesiun

        Je vous trouve un peu rapide.

        Accessibilité : cela permet a de véritables artistes ( scénariste, créateur de monde, etc…) de créer des oeuvres qui n’aurait pas pu voir le jour car ils n’ont pas les compétences autres ( dessins, illustrations, mise en page,…).

        Sur le ‘vol’ de contenu : l’IA apprend en utilisant les contenus de véritable artistes. Mais les artistes apprennent aussi en imitant ‘dautres artistes. Combien d’artistes ont commencés en copiant leur artiste prefere ? Musique, dessin, texte… C’est souvent cela que l’on fait en cours, on apprend déjà a copier.

        Sur la qualité, et la qualité inimitable de l’oeuvre humaine : soit le résultat est qualitatif, quelque soit le moyen d’y arriver, soit il ne l’est pas. Peut être qu’une IA n’arrive pas a faire des chefs d’oeuvres, mais elle fait mieux que la majorité des humains. Il faut juger le résultat et non le moyen.

        Sur le chômage, la concurrence déloyale : il y a un véritable problème de rémunération des artistes, un sujet complexe qui fonctionne mal dans une économie de marché. Le fonctionnement actuel doit être amélioré, indépendamment de l’IA, mais c’est vrai que l’arrivée de l’IA va pas aider.

        Sur la pollution et le changement climatique : la aussi un vrai débat, assez complexe, sur le coût climatique de ce qui n’est qu’un loisir. Honnêtement je ne sais pas comment ça se compare a d’autres loisirs polluants ( voyage au bout du monde, course de voiture, ski,…) Mais c’est une vraie question.

        Un autre problème qui n’est pas abordé : la surdose de contenu médiocre : avec la facilité de créer des contenus passables, les contenus de qualités ( quel que soit l’outil utilise) seront d’autant plus noyé dans la masse, et difficile a faire émerger. Vu du public, on trouvera toujours les meilleurs produits qui apparaîtront, mais nombre de créateur ne parviendront pas a percer, et abandonneront.

        Il est intéressant de comparer avec la democratisation de la photo numérique de qualité au grand public il y a 15 ans. Beaucoup de photographe argentique ont perdu leur métier, car la maîtrise technique n’est plus le critère principal pour faire un photo réussie. C’est désormais beaucoup plus la capacité a créer de véritables oeuvres d’art, ou a être capable de capturer le bon moment bien cadré de façon certaine ( typiquement : mariage).

  • Tata

    Pour le manque de créativité et les jeux clones, on n’a pas attendu l’IA!

    Combien de jdr aujourd’hui sont totalement originaux sans s’inspirer de sources ludiques existantes? Combien de « clone » de d&d?

    L IA ne pille pas, elle copie ou s’inspire des œuvres accessibles. Elle n’accède donc pas aux œuvres protégées ou absente du web.
    Mais depuis des milliers d’années l’humain s’inspire, modifie, améliore très souvent des réalisations d’autres humains.
    Combien de jeu aujourd’hui inspiré par les oeuvre de HPL par exemple? Et qui ne rapporte rien aux éventuels ayant-droit.

    Une IA n’a pas d’idée, donc elle n’est pas créatrice. Derrière il y a ( aujourd’hui) toujours l’humain.

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