Critique de jeu: Santorini. Efficace. Fulgurant.

Temps de lecture: 4 minutes

Efficace, beau, épuré. Pétillant

  • Date de sortie: Printemps 2018 en multilingue (français, allemand, anglais…)
  • Auteur: Gordon Hamilton
  • Illustrateurs: Lina Cossette, David Forest
  • Editeurs: Spin Master
  • Nombre de joueurs: 2 à 4 (optimum 2)
  • Age conseillé: dès 8 ans (voire même 6-7 ans)
  • Durée: 30 minutes, voire moins selon les parties
  • Thème: construction
  • Mécaniques principales: abstrait, déplacement, construction

Santorini, de quoi ça parle?

Tout est dans le titre. De Santorin

La superbe île grecque bien connue pour son architecture aux couleurs et dômes blancs et azur

Ici:

Le but du jeu étant de construire des maisons sur l’île qui commence vide et qui se remplit peu à peu

Si le thème n’est pas franchement sexy ou original, le matos, déluge d’étages de bâtisse en plastique, et l’île, surélevée de base, comme la vraie, rend le tout plutôt crédible, cohérent

Et les cartes « divinités », pour peu qu’on les utilise, rajoutent une petite couche mythologique fun. Ou pas. Nous y reviendrons plus bas

Et comment on joue?

On peut y jouer en mode simple, sans cartes, ou en mode avancé, avec une ribambelle de cartes « divinités » aux pouvoirs particuliers à en faire baver un Bruno Cathala, le spécialiste des persos aux multiples pouvoirs variés et chatoyants

Chaque joueur et joueuse dispo de deux figurines bâtisseuses, une femme et un homme. A son tour, on doit déplacer l’une des deux d’une des huit cases adjacentes, diago y compris

On peut également monter sur un bâtiment adjacent, mais que d’un étage supplémentaire. Du rez au premier, du premier au deuxième, etc.

On peut également descendre d’un bâtiment, quelque soit sa hauteur, pour se poser sur une case adjacente

Deux contraintes: la case ne doit pas contenir une autre figurine et on ne peut pas monter sur un bâtiment avec un dôme. Sachant que les bâtiments peuvent compter trois étages plus un dôme

Une fois sa fig déplacée, on doit ensuite construire un étage de bâtiment sur une case à présent adjacente à la fig déplacée. On peut ainsi poser un premier étage et commencer un bâtiment, rajouter un étage sur un bâtiment déjà construit ou enfin poser un dôme (pour bloques l’autre. Car une fois le dôme azur posé, le bâtiment est fini)

Ça, c’est dans le mode simple du jeu

En mode avancé, on rajoute des cartes « dieux » qu’on commence par drafter avant de jouer, le pouvoir de chaque dieu pouvant s’activer à un moment précis

Le jeu s’explique en une minute, des règles simplissimes, épurées, extrêmement efficaces

Et comment on gagne?

Dès que l’une de ses fig atteint le troisième étage d’un bâtiment, c’est gagné!

Ultra-simple

Sauf que

Pour y arriver, il va falloir transpirer des neurones

Blocages, contre-blocages, entourloupettes et manigouilles

Interaction

Santorini est presque un jeu abstrait, presque un jeu d’échecs. Presque. Déplacement, construction. Blocage

Donc oui, forcément, l’interaction est très, très forte. Mais vraiment

Préparez-vous à faire des coups vicieux pour remporter la victoire (genre, bloquer une fig derrière une muraille de bâtiments. Efficace)

Et à combien y jouer?

A 2

Uniquement à 2

On peut y jouer à 3, en utilisant obligatoirement les cartes, pas de mode simple possible, et à 4 on joue en équipe, mais c’est trop long / lent / casse-pieds

A 2, Santorini est vraiment excellent

Les modes à 3-4 sont plutôt là comme artifices inutiles

Alors oui, oui, on peut s’amuser à 3, à 4, mais le jeu est dément à 2

Alors, Santorini, c’est bien? Critique

Oui

Vraiment

Efficace, épuré, franc, direct et méchant

En mode simple

Le seul et unique mode qui devrait être joué

En mode avancé, on a l’impression de jouer à Tempête sur l’Échiquier (si vous connaissez). On rajoute des pouvoirs / actions spéciales, comme pousser des fig adverses, sauter d’étages, etc, mais au final, ça en devient trop chaotique

Le mode #teamvieuxcon puriste fonctionne à merveille avec Santorini. Pas besoin de lui rajouter les tonnes de cartes « dieux » aux pouvoirs mi-débiles, mi-chaotiques, mi-inutiles

Alors oui, ces pouvoirs changent, épicent et apportent de la variabilité aux parties, mais les parties sont déjà tellement différentes sans elles qu’il n’est pas besoin de les rajouter

Ces cartes « dieux » me rappellent les cartes funky supplémentaires de l’excellent Schotten Totten (rebooté par IELLO en 2016). Fun. Mais bordéliques. Je les ai jetées, tout simplement, tellement le jeu « de base » est bien meilleur sans elles, tout simplement

L’ennemi, le mieux, le bien, tout ça. Sauf que dans Santorini, même « le mieux » est très discutable

Cela ne veut pas dire que le jeu est mauvais. Loin de là. Juste qu’en mode #teamvieuxcon juste avec les règles de base / simple, le jeu est excellent. Tout simple, très riche

Score:

Anticipation: 5/5. En printemps 2016, quand il est sorti sur KS et ses 700’000 récoltés, il a réussi à susciter un très gros buzz

Pendant la partie: 5/5. La très, très grosse claque. Un jeu tout simple, tout chou, très bon. Qui va développer de sérieuses compétences en observation et anticipation

Après la partie: 5/5. Comme chaque partie est différente, et qu’elles sont courtes, on joue, on rejoue, on re-re-joue

Score final: 5/5. Gros, gros coup de cœur. A 2. En mode simple. Tout le reste est superflu (même si les illustrations des dieux sont… divines). Et kudos au tout jeune éditeur de proposer un jeu à la parité homme-femme, fig et couv, sans balancer du boob

Ça râle, ça râle

Juste deux petits couac. Juste pour râler

Pas de thermo, juste de gros ziplock et tout le matos qui rentre à peine dans la boîte. Bof

Et

La règle en allemand en couleur. Et toutes les autres langues sont en noir et blanc. Et ça, c’est moche

Surtout que les couleurs aident à bien se représenter les règles. Economie de bout de chandelle pour un rendu moyen et cheap

Mais on lui pardonne facilement ces deux mini-micro-nano accrochages

Et encore une dernière chose

Si l’envie vous dit de partir cet été à Santorin et d’y jouer justement à Santorin sur une terrasse, voici une petite vidéo qui vous donnera certainement envie d’y aller

Vous pouvez trouver le jeu chez Philibert,

Et chez Jeu du Bazar

11 Comments

  1. Excellent jeu 😃😃😃

    Pas joué avec les dieux, mais certains sont vraiment « cheaté » !

    Par contre si le niveau entre les 2 joueurs est trop important, donner un dieu au plus faible peut permettre de ré-équilibrer le jeu.

  2. Hello Gus, j ai le jeu depuis l annee derniere en import Us. Texte et regle en anglais mais materiel irreprochable. Et surtout une base en carton sous le rocher… Somptueux. Joué a 2 et a 3 sans les dieux. Ca marche tellement bien et pour l age je suis d accord avec 7 ans pour peu qu on joue a autre chose qu au monopoly 😉. Clairement un jeu que je recommande .et qui plait !

  3. Moi je ne suis pas un accro des jeux abstraits abstraits à 2, donc je joue très souvent avec les dieux. Ça pimente, ça offre de nouvelles techniques à bloquer ou à exploiter. Je n’ai joué que 4 parties, mais je n’ai jamais trouvé les pouvoir cheatés, il faut juste savoir les appréhender.

    ça reste une question de gout, mais le jeu est excellent.

    Je demeure un grand fan du vénérable Torres qui le surpasse à 3 et 4 joueurs. Plus chaotique, Medina, plus agressif, un peu moins AP, plus pleureuse !

    Vivent les jeux de placement ! Vraiment plus à la mode aujourd’hui…

  4. Le jeu a aussi de petites ressemblances avec le vénérable Capitol. Qui lui se joue idéalement à 3 et éventuellement à 4. Là aussi, il faut construire ses bâtiments étage par étage, puis les finaliser par un chapeau à sa couleur et enfin le placer sur un emplacement du Capitole de Rome pour marquer des PV. Une variante géniale du ‘stop et encore’, car plus son bâtiment a d’étages, plus il rapporte des PV mais on risque de se faire prendre une place convoitée sur le Capitole. Le genre de jeux où on se bouffe tous les ongles afin la fin de la partie 🙂

  5. Dans Torrès, au contraire, le jeu ne prend tout son sel qu’avec l’usage des cartes de la variante. Qui créent tout sauf du chaos. Comme on ne peut utiliser qu’une carte par tour, et qu’il y a autant de cartes que de tours, cela veut dire qu’à chaque tour, on se demande si on va utiliser une des cartes ou si on la réserve pour un coup plus décisif plus tard dans la partie, quitte à ne jamais l’utiliser. Il m’est arrivé de ne jamais utiliser la meilleure carte en attendant en vain l’Opportunité avec un grand ‘O’. Mais parfois l’usage d’une carte à un moment clé permet de faire un coup inouï. Tout bête mais cela crée une tension irrésistible.

  6. Quand on pense que le volcan Santorin est à l’origine d’une catastrophe d’une telle ampleur qu’elle pourrait être à l’origine du mythe de l’Atlantide… Bon après les sciences nat’, l’art plastique: je trouve les illustrations énormes! Tellement drôles! Demeter dans les champs au milieu des bleuets, Hadès et son cabot à trois têtes et Adonis qui tord du… fessier, sont fantastiques.

  7. Si je vous ai bien lu vous avez jeté les cartes, mais… à la poubelle ? ou au fond d’un tiroir accessible à tous moment ? Car c’est à mon humble avis une erreur que d’avoir fait ça. Le jeu en mode classique est purement efficace et offre beaucoup de bonnes parties, c’est indéniable. Cependant l’ajout des cartes Divinités (simples au début et avancées par la suite) offrent un renouvellement stratégique qui rafraîchit les neurones un peu trop « habitués » aux schémas qui se révéleront lors des parties « classiques ». Je commence toujours par une partie sans carte (parce que c’est basiquement bon) la seconde partie inclue une Divinité tirée au hasard (no blasphème que de dire cela) à chaque joueur (et échange de celui-çi entre nous pour un dernier fightin’).
    Cordialement-Doud’

    1. Oui oui, poubelle

      #vieuxcon qui préfère le mode pur tout simple déjà super balaise

      Mais après, évidemment, vous avez les fervents défenseurs des échecs et de Tempête sur l’Echiquier. C’est (presque) pareil.

      Merci pour votre intervention Doud?

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