Y a-t-il vraiment trop de jeux? Une réponse pertinente

42, Flickr, CC, by Liz Jones
42, Flickr, CC, by Liz Jones

A la suite de notre article qui se posait la question de savoir s’il y avait trop de jeux, @sdouche sur Twitter nous a laissé un commentaire extrêmement riche, critique et pertinent. Attention, je préfère vous prévenir, l’auteur n’y va pas avec le dos de la cuillère et son avis est très tranché sur la question. C’est cette intégrité que vous apprécions sur Gus&Co.

Avec son accord, nous avons décidé de publier son commentaire en tant qu’article pour lui offrir plus grande visibilité. Alors, y a-t-il trop de jeux sur le marché?

« Mouais. Tout d’abord, pour répondre correctement à la question, il faut une donnée supplémentaire : le volume du gâteau. Autrement dit, le volume de CA (chiffre d’affaire) du monde du jeu de société. En augmentation ou en stagnation, le constat est bien différent. Le 1er cas est bien moins grave que le second. Il serait donc intéressant de récupérer ses informations (mais comme il ne semble pas avoir de syndicat français des jeux de société, cela peut être dur). Mais dans les 2 cas, il existe des effets pervers que l’on ressent :

a. La fenêtre de tir pour un jeu (autrement dit, le temps nécessaire pour que le jeu trouve son public) se raccourcit : de plusieurs années, on est passé à plusieurs mois puis maintenant quelques semaines.

b. Conséquence malheureuse, les éditeurs et auteurs essayent de buzzer bien avant la sortie du jeu. On se retrouve donc avec le même défaut du monde du jeu vidéo : on parle sans cesse de jeux non sortis et à peine de ceux qui sortent. Au bout de 3 jours, on l’oublie.

c. C’est la roulette russe pour les éditeurs qui voient leurs jeux ne pas marcher si un autre évènement sort au même moment. C’est la course à l’échalote entre eux. Les effets pervers sont nombreux (faux buzz dans les forums, faux profil pour noter les jeux, faux commentaires, achat de personnalités pour parler de leur jeu… Il suffit de voir certaines notes sur TricTrac : un compte nouvellement créé qui met 10 à un jeu).

d. Autre conséquence, cela va mettre pas mal de boites sur le carreau qui auront raté leur fenêtre de tir.

e. Pire, sachant que leur chance de réussite diminue (plus d’offre, moins de visibilité), les éditeurs risquent d’investir beaucoup moins et / ou de prendre beaucoup moins de risque. Les jeux du type Pepperoni Party vont augmenter.

f. Personne n’est maintenant capable d’avoir une vision globale du jeu. Il faudrait dépenser 2’000 euros par an et surtout jouer toute l’année pour au moins tester chaque jeu une fois. Cette profusion est néfaste pour la qualité des conseils qui est la base de la vitalité du marché français (conseil en boutique, dans les ludothèques…).

g. Le nombre de mauvais jeux à mathématiquement explosé (perso, je ne comprends pas l’intérêt de 90% des jeux que je vois autour de moi). Cela donne une mauvaise image du jeu, les chances de tomber sur un bon jeu devient bien plus dur car il faut l’avoir testé (point f.) ou au moins en avoir entendu parler.

h. Et enfin, on peut ressentir une autre conséquence fâcheuse dans la qualité des médias j2s (ou jeux de société) qui est assez médiocre. Cela se résume bien souvent à des commentaires de fanboys un poil attardés et au français approximatif. Aucune analyse, aucun recul, cela se résume à des séries d’annonces de sorties et d’explications bâclées de jeu.

On se moque à raison des jeux dans les grandes boutiques: Uno, Monopoly et autres vieilleries sans nom (bon j’espère qu’il existe aussi quelques jeux plus récents). Mais cette stabilité a un avantage : le jeu est connu, au moins de nom, car les gens ont eu le temps d’en entendre parler. Tout le monde peut l’expliquer. Le client se sent en terrain conquis.

Maintenant, passons au magasin spécialisé. Il suffit de voir la tête hallucinée des couples qui entrent pour la première fois et se retrouvent devant 30 jeux à 2, 20 jeux de bluff, 40 de stratégie… La plupart de ceux que j’ai croisés (je passe un peu de temps dans les boutiques) repartent sans rien acheter en disant « on va y réfléchir ».

Parce que le grand public ne va pas sur TricTrac, encore moins sur les autres, et ne prendra surement pas le temps de lire les fiches ni les comptes rendus. C’est un microcosme ludique de quelques milliers de personnes (90% des gens que je conseille en boutique ne connaissent pas TT, et la plupart des gens que je croise en ludothèque n’y va pas). C’est à mon sens une illusion de croire que la profusion de média va résoudre quoi que ce soit. »

 Que pensez-vous de tout ça? Etes-vous d’accord avec @sdouche?

23 Comments

    1. Tout n’est pas si noir, depuis le monopoly de nouveaux jeux se sont fait une place au soleil (en notoriété comme en volume de vente) :
      Les aventuriers du rail
      7wonders
      Dixit
      Zombicide

      Certes on risque de passer à côté d’un bon jeu, mais une telle profusion impose aux jeux qui durent d’être vraiment bons.
      Il faudrait 40 ans pour lire tous les livres de la rentrée littéraire 2014… on en est pas encore là non ?

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  1. Je pense qu’il faut aussi parler d’une production légitime importante : combien de protos ou de jeux intéressants vois-je passer sans pouvoir leur accorder le temps que je voudrais ? Combien d’auteurs à succès en puissance se bousculent au portillon de riches éditeurs ? Et pourtant beaucoup seront éclipsés (point i.) par une production de mauvais jeux mais moins risqués comme le dit Sébastien.

    Mais à mon avis, le temps du mono-Monopoly est révolu. Je croise régulièrement des Time’s Up ou autres Dixit en grande surface. Je pense que les jeux dits modernes se sont fait connaître du grand public geek, merci sans doute aux TableTop, chroniques de M. Phal ou même Marcus. En tout cas, dans le monde du développement logiciel c’est carrément démocratisé.

    Moi je dirais même : il y a trop de bons jeux.

    PS : y a-t-il trop de projets sous SVN ?

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    1. C’est plutôt « merci aux ventes », car les grands magasins, ils ne prennent pas un jeu parce que Marcus ou Mr Phal l’a chroniqué, mais parce qu’en boutiques spé, il se vend par brouettes…

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  2. Je suis en accord avec sa critique du « français approximatif » utilisé dans certaines critiques ou commentaires et je trouve cela très subtil de l’avoir pratiqué lui-même pour le démontrer.

    Je pense que le conseil en boutique reste le meilleur qui soit. Combien de fois je suis arrivé en boutique avec l’idée précise d’un jeu que je voulais acheter et comme suite à la discussion avec le vendeur – merci Patrice 🙂 – je découvre des points particuliers que forcément telle critique a oublié de mentionner en testant très rapidement le jeu – non une partie ne suffit pas à écrire un article … -.

    Personnellement j’ai fait jouer des « débutants » en commençant par les colons de Catane – forte interaction – ou Pandémie – beaucoup de personnes, particulièrement du sexe féminin, n’aiment pas la compétition et privilégient la coopération – et ça fonctionne plutôt pas mal.

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  3. Belle analyse en effet. Mais comme la plupart des problèmes qui touchent notre société à l’heure actuelle, j’ai bien peur que l’on assiste à une fuite en avant plutôt qu’une réelle tentative pour résoudre le problème. J’ai bien peur également qu’il ne faille pas s’attendre à ce que la solution vienne de la source mais plutôt du bas de la chaine alimentaire. Peut être que les boutiques spécialisées pourraient limiter leur offre ce qui aurait la vertu de permettre un meilleur conseil et éviterait de ne pas troublers les néophites qui poussent pour la première fois les portes de la boutique…
    En tous cas ce qui est sûr c’est que le mode de financement participatif qui donne à peu près à n’importe qui la possibilité d’éditer n’importe quoi accentue encore cette crise.

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  4. Tu as oublié de dire que j’ai écrit ce billet vers 4h30 du mat :). Le « un poil attardé » était de trop (je sais que je tu m’as demandé si je voulais le modifier) bien que je reste souvent dubitatif sur la qualité des articles. C’est généralement d’un enthousiasme tellement exagéré, d’une telle superficialité que je ne lis que très peu les sites qui existent actuellement. Pourtant je serais le premier à payer pour un contenu riche (longue interview des auteurs, éditeurs, explications fines des mécaniques, retour sur les jeux importants du monde ludique…). Je suis d’ailleurs abonné TT car j’apprécie beaucoup les vidéos.

    Pour répondre à Zenigata, Time’s Up ou Dixit, le discours se voulait surtout sur la stabilité de l’offre. Mais la remarque sur les protos est pertinent.

    Une autre réflexion qui m’est venu ensuite est le crowdfunding qui permet de « rectifier » le marché, si par exemple le marché ne prend plus de risque.

    > PS : y a-t-il trop de projets sous SVN ?

    SVN doit mourir (on parle ici d’informatique :)).

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    1. Finalement tout ça c’est le propre d’un business sans grosse barrière d’entrée en terme de production (investissement initial raisonnable pour produire un jeu). Ce qui permet à un plus grand nombre d’acteurs de tenter leur chance avec comme conséquence une offre plus grande.

      Est-ce que pour autant cela nuit à la qualité des jeux, j’en suis pas sûr, s’il y avait moins de jeux produits, seraient-ils vraiment meilleurs?

      A mon avis, la problèmatique lié à cette forte production se situe au niveau de la distribution et cela spécialement pour un marché de niche tel que celui du jeu de société pour joueur « averti ».

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  5. Une augmentation du prix des jeux certainement lié à cet état de fait est déjà déploré ou a prévoir En effet, si les éditeurs sont obligés de multiplier les sorties pour augmenter les probabilité d’avoir un jeu qui marche, et bien il faut qu’à lui seul, cet éventuel jeu qui marche permette d’amortir tous les autres essais manqués. Sans compter qu’il faut investir dans la com’ et que la com’ c’est cher.

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  6. Il y a 2 ans j’aurais dit  » il n’y a pas trop de jeux, il y a des jeux pour tout le monde « .
    Aujourd’hui, j’avoue que je reviens sur ce que j’aurai pu dire… il y a trop de jeux !!!
    Je trouve ça même effrayant toutes ces sorties, que je n’arrive même plus à suivre.

    Et même si on n’est pas dans la même cours que les jeux vidéos (en volume et en thune), il se passe exactement la même chose aujourd’hui avec les jeux de société !

    Avant (quand j’étais jeune ;)) il y avait la sortie semestrielle, voire annuelle ! Le jeu vidéo que tout le monde attendait, en tout cas en fonction de tes accointances (jeu de rôle, fps, sport etc…)
    Aujourd’hui, excusez moi du terme, mais ça dégueule de sorties de jeux vidéos. On nous gave de sorties et les joueurs consomme ça comme jamais avant !!
    Je m’en suis rendu compte avec le jeune frère d’un pote. En fait, moi le vieux, j’achète mon jeu vidéo, j’ai investi pour y jouer quelques mois, voire plus, tranquille, à mon rythme.
    Le jeune il achète un jeu vidéo, il joue 2 semaines, il passe à autre chose, à un rythme effréné.
    On nous a gavé et tout le monde est rentré dans le jeu (c’est le cas de le dire :))

    Je suis convaincu qu’il se passe la même chose dans le jeu de société et … pareil, on est rentré dans le moule pour la plus grande joie des éditeurs.

    Alors ça n’enlève rien à la qualité des jeux. Une très grande partie sont vraiment bons. Et c’est pareil dans les jeux vidéos. C’est très rares les grosses bouses…. donc comment résister ??

    Et pour alimenter ma comparaison … pas plus tard que cette semaine, le rapprochement de days et d’Asmodée. Quand j’ai lu l’article sur TT j’ai pensé tout de suite au monde du jeu vidéo !!! Les gros avalent les petits, Ubisoft, Electronic Arts, Activision/Blizzard.
    Il n’y a plus un nombre conséquent d’éditeurs… il y a juste l’Éditeur et les « studios » qui gravitent autour. Et le même terme « studio » a été repris dans l’article de TT.

    Alors l’article de TT dit que c’est bien, que ça fait du bien au secteur… sûrement… mais nous les consommateurs on va tout droit dans la même direction que le jeu vidéo, et on a pas finit l’indigestion !
    Ça ne fait que commencer….

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    1. Non, ça ne fait jamais bien au secteur quand il ne reste plus qu’un grand, qui mange les plus petits et peut faire sa loi comme il le veut s’il le souhaite. Vive la diversité des éditeurs et des distributeurs…

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  7. Je trouve ce qui est dit très pertinent et le ton légitime vu comment évolue ce secteur. A ceci près que je pense que même TT ne vole pas bien haut et entretient largement la surproduction. Je rajouterai juste que l’argument écologique me semble aussi à prendre en compte, ne serait-ce que par principe : produire des tas de trucs inutiles, ça ne vous pose pas un problème en soi ? Quelqu’un sait comment finissent les invendus après avoir été soldés, bradés ou déstockés ?

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  8. Tout le monde parle du jeu vidéo. Je pense que le domaine où le monde ludique veut tendre est le monde de la BD. Et les ressemblances sont nombreuses :
    – très grande majorité des auteurs pas ou peu rémunérés
    – des acheteurs passionnés
    – des points de vente spécialisés
    – une multitude de sorties, pas toutes pertinentes
    – des sociétés de micro-éditions
    – et derrière une poignée de gros éditeurs mais surtout distributeurs qui eux font énormément d’argent.
    – la nouvelle d’une politique de retour sur deux jeux (une news tric-trac que je n’arrive pas à retrouver de suite)

    Si vous n’êtes pas convaincu, visionnez ce documentaire SOUS LES BULLES : https://www.youtube.com/watch?v=IilOp2Te_zg&list=UUGznW9KavmA-75KtbNg-Drg
    Tout d’abord, il est très intéressant. Et en remplaçant BD par Jeu, je pense que l’on peut entrevoir quelques similitudes …
    Le discours de promouvoir des petites boites est un peu faussé. En fait, les distributeurs n’ont pas grand chose à faire de vendre 100.000 ex. d’un jeu ou 1000 ex. de 100 jeux. Pour eux, c’est à peu près la même chose.

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  9. « Tout va trop vite! Tout va trop vite… C’est dingue… Tout va trop vite! Heeyyy! Heeeyyyy l’aut jour j’ai… Ah ouai non c’était pas moi… Aahhh! Ouuuu! Non non non non ouai ouai! »
    Redouanne harjane est un visionnaire…
    A moi aussi ça me cause dans mon cœur ce qui se discute là… « Le jeu le plus écoresponsable sera toujours celui qu’on ne produit pas »…
    Ludicalement, bien a vous messieurs

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  10. Je vais me faire l’avocat du diable, ne m’en veuillez pas 🙂
    Depuis quelques années, je lis et j’ai même écrit des billets de ce genre.
    Mais avec l’expérience (ou l’age) je pense qu’il ne sert à rien de râler. Ce qui se passe était prévu, et ne changera pas. C’est dans l’ordre des choses. Les gros cherchent à gagner des parts de marché, les médias sponsorisés vendent du buzz à gogo, les acheteurs suivent…

    Comme pour les BDs, les jeux vidéos, le jeu de société devient multiple et oui il sort des milliers de clones chaque année.

    Cela alimente très bien les consommateurs qui vivent de cette façon.

    Le petit monde du jeu ne peut plus tout connaitre ni tout savoir. C’est inéluctable. Alors ma façon de faire est de devenir difficile et d’approfondir encore plus qu’avant un jeu que j’aime. Je n’achète quasi plus aucun jeu et je revends tous les jeux qui ne me conviennent plus.

    Lorsque je demande des conseils, je m’adapte au public. Si c’est familial/non joueur, je laisserai le buzz fonctionner car c’est son role. Lorsque je conseille des personnes avancées dans leur connaissance du jeu, j’affine mes questions pour orienter la personne vers un jeu encore vendu en boutique mais certainement pas un best seller comme dirait M. D’Epenoux.

    Je ne prends plus de revues de presse sur JDJ pour cette raison aussi. J’en ai marre des jeux à jeter qui sont bien, sans plus. (Splendor le jeu calibré sans odeur ni saveur, oui je te regarde)

    Il demeure un gros problème au jeu : le nombre d’exemplaires réalisés est très très faible et empêche de vrais jeux de s’installer. Dans 1 a 2 ans il n’y aura plus la moindre boite si l’éditeur ne croit pas en cette façon de voir ! Voila pour moi un vrai problème qui me pousse à jouer aux nouveautés, sans pour autant les acquérir.

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  11. être joueur commence à être un « métier » à plein temps…. il faut tester les jeux (fini, je n achète plus sur un nom ou une poignée d’articles) ou chercher l’info et croiser les avis. Cela prend du temps. Ensuite libre à nous d’avoir le recul, de ne pas croire qu’il faut posséder le dernier X. Il y a bcp de jeux, si vous en loupez un, il y en aura tjs un autre qui vous plaira…

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  12. Merci à tous pour vos très riches commentaires, ça nous fait extrêmement du bien de constater que le débat atteint, grâce à vous, un très bon niveau sur Gus&Co.

    J’aime beaucoup :

    Ludodia : « Le jeu le plus écoresponsable sera toujours celui qu’on ne produit pas »

    Et

    Morlockbob : « Ensuite libre à nous d’avoir le recul, de ne pas croire qu’il faut posséder le dernier X ». Il FAUT posséder. Aaaaaah, la sempiternelle ritournelle mentale de l’homme (blanc). Mais comment ça tu n’as pas le X (peut être appliqué pour tout type d’objet de consommation, jeux, smartphone, consoles, ordinateurs, etc.)? La honte. Comme animaux grégaires nous avons besoin d’appartenir à un groupe, réel ou « virtuel ». Posséder le X nous rassure, nous relie (religion=relegere) aux autres. Non, faire l’impasse sur X ne nous mènera pas à la chute mais nous fera du bien. « Tout » le monde parle / joue à X (remplacez X par les buzz ludiques), alors il me le faut aussi, sinon je ne fais pas partie du groupe.

    Finalement, dans certaines tribus modernes on montre tatouages, tenues vestimentaires, logorrhées spécifiques, dans le milieu ludique c’est pareil mais avec la possession du jeu X.

    Ou j’ai tout faux?

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    1. Je remplacerais possession par « Quoi t’as pas encore joué au dernier jeu X qui tue !? Looser va. » 🙂
      Merci à toi, Gus de proposer et d’assumer ce genre de sujet de façon sérieuse.

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  13. Mouais, il y a quand même plusieurs bémols à apporter à cet article.
    Autant, l’analyse est surement vraie du point de vue éditeur, autant du point de vue joueur, affirmer  » Le nombre de mauvais jeux à mathématiquement explosé (perso, je ne comprends pas l’intérêt de 90% des jeux que je vois autour de moi) » est très subjectif et un peu « enfant gâté ».
    Selon moi, le nombre de bons jeux a, dans le même temps, également explosé.
    Ayant connu une certaine période de disette, il y a encore quinze ans, je ne vois pas comment on ne peut pas se réjouir, en tant que joueur, de la période actuelle.
    Choisir entre toutes ces bonnes nouveautés n’est pas sans poser des problèmes de budget, certes, m’enfin il y a pire tout de même.

    Etant par ailleurs fan de BD, je me réjouis également de la production, en tant que lecteur, d’avoir un choix d’aussi bonne qualité.

    Le problème de la pulsion consumériste est un problème de libre arbitre, on ne peut que se blâmer soi-même lorsque l’on cède au buzz. Et c’est malheureusement un problème de société plus général. Mais comment peut-on en vouloir aux éditeurs et médias du JdS lorsque l’on achète un jeu qui n’est pas fait pour nous ?

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  14. Il y a 2 minutes : « les enfants, arrêter de mater une video, d’écouter une musique et de jouer à Minecraft en même temps ! Faite une chose à la fois bon sang ! »

    Le problème c’est que la surproduction de media, quelque soit sa forme, changent notre façon de consommer le dit media.

    Le jeu ne fait pas exception. Grande production (et non pas surproduction, pour moi ça ne veut rien dire), ça signifie qu’on consomme plus ou différemment. Là où on pouvait tous suivre l’actualité ludique il y a 10 ans, aujourd’hui, nous nous spécialisons, nous nous renseignons, nous consommons donc de l’information avant pour être sûr de notre coup et comme il y a profusion d’information, la danse recommence…

    Au final, c’est notre caractère qui se révèle sur notre façon d’aborder notre hobby, alors qu’il y a 10 ans nous nous retrouvions tous autour de puerto rico (c’est un exemple ^^), aujourd’hui, nous nous rapprochons de ceux qui aiment les mêmes jeux que nous et/ou de ceux qui ont la même conception du jeu (kleenygamer, partygamer ou coregamer par exemple).

    On peut faire un paralèlle avec le jeu vidéo, les amateurs de plate-forme ne sont pas forcément les mêmes que les amateurs de MMO…

    Mais je rejoins jcdx, je pense également que le jds s’approche plus de la BD. Et la politique de mega-media-monopolesque du jeu video a moins de sens sur le jds.

    Concernant le buzz, le jds, en tant que produit de consommation, n’échappe pas à la politique des 20-80 bien connu de la grande distribution : 20% des produits réalisent 80% des ventes.
    L’objectif pour les éditeurs est donc de faire partie des 20% qui se vendront le plus et c’est normal. Ils ont une boite à faire tourner.

    Paradoxalement à toutes les peurs que l’on pourrait avoir, je pense pour ma part qu’une très grande production et que quelques mastodontes sur le marché est une très bonne chose.

    1: cela montre la très bonne santé du secteur de notre hobby ^^
    2: Il y aura toujours des gros buzz, des éditeurs qui ne prendront pas de risques, mais c’est également un domaine de passionné, et des auteurs voudront faire des choses différentes, ils voudront se démarquer et être original, à nous de dénicher les perles rares 🙂
    Malgré la politique expansionniste du grand méchant microsoft, Linux a réussi à percer ^^ Et peut-être est-ce aussi grâce à Microsoft (pas tapé !!! :p) qu’on a tous un PC aujourd’hui à la maison…
    3: Ne nous leurrons pas, c’est également les grosses boites et les gros éditeurs voir distributeur qui ont du poids sur le monde des media et qui peuvent aider à développer et faire partager notre hobby

    m2c

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