Polémique: faut-il plus de transparence dans les blogs ou podcast ludiques?

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Après notre article 5 manières de rendre votre blog ou podcast ludique plus transparent de la semaine passée, le débat fait rage sur notre site mais également sur Twitter.

Visiblement, la plupart des commentateurs ne sont pas favorables à mettre une telle charte en place, pour eux il est inutile d’indiquer l’origine des jeux présentés, s’ils ont été reçus par les éditeurs ou achetés. La majorité de nos confrères préfèrent ne pas l’indiquer.

Selon les commentaires, et je résume en gros, nos lecteurs peuvent faire preuve de capacité de discernement et savoir par eux-mêmes d’où provient quoi, pas besoin d’en rajouter, on risquerait de perdre en fluidité voire même au final de transparence selon certains.

D’autres voix s’élèvent pour préciser qu’au final, tant que les jeux sont chroniqués et que l’objectivité est de mise, pas besoin d’en estampiller l’origine.

Bref, un débat d’idées extrêmement intéressant, avec, au fond, peut-être le besoin  de se poser une question essentielle, qui sommes-nous au juste.

En tant que blogueurs ou podcasteurs, sommes-nous « juste » des passionnés qui partageons notre passion, ou sommes-nous un réel service public, un canal d’information, voire même une vitrine publicitaire? Sommes-nous astreints au même code déontologique que les médias « traditionnels »?

Pour creuser le sujet, je vous joins ici la chronique d’Eliane Ballif dans l’excellente émission Médialogue de la Radio Suisse Romande du samedi 1er février 2014. Médialogue est une émission qui se penche sur les médias que j’écoute assidûment chaque semaine, et Eliane Ballif est directrice du Centre Romand de Formation des Journalistes, elle y aborde justement cette idée de charte qui semble visiblement créer une polémique sur notre site.

Shanouillette, rédactrice sur JedisJeux, nous a fait l’honneur vendredi 25 avril de lâcher un bon gros commentaire, riche et extrêmement intéressant, qui fait intelligemment avancer le débat plutôt que d’essayer de le fermer.

Avec son accord, le voici publié in extenso. On y apprend également que la journaliste est en train de monter un nouveau site à vocation neutre et sans affiliation. On se réjouit pour deux raisons : 1. ça fait toujours plaisir de voir la naissance d’un nouveau collègue, plus il y a de voix plus il y a d’approches et moins on a une vision unique et fermée 2. si le site tient ses promesses de neutralité le lecteur a finalement tout à y gagner.

Voici son commentaire:

Ce billet est basé sur mon commentaire suite à l’article de Gus sur « 5 manières de rendre votre blog ou podcast ludique plus transparent ». Gus a souhaité publié mon commentaire à la une, et je l’en remercie. J’en profite pour exposer un peu mieux ma pensée.

A titre personnel, je rejoins totalement Gus dans sa démarche sur la transparence concernant les critiques de jeu. A mon sens, dans le web ludique francophone, la question de la déontologie est extrêmement pertinente car le plus souvent absente et occultée. Pour ceux qui douteraient de l’intérêt de ce débat, je les invite à lire cet article qui parle de la presse spécialisée des jeux vidéo : « Une presse sous influence » par Frédéric Lemaire.

A la lecture de cet article, vous pourrez constater que le problème soulevé ici n’est pas une invention de l’esprit ou une lubie du « donnez-nous de la transparence », mais révèle au contraire une importante problématique qui touche tous les critiques spécialisés (musique, cinéma, jeux vidéo…etc) et peut causer leur perte de crédibilité.

Frédéric Lemaire conclut : « un modèle de médias basé sur le mercantilisme et la compromission n’est pas viable, car incapable à terme de s’attirer la confiance du public ». Le marché actuel des jeux de société étant en plein essor / professionnalisation, il s’agit je pense d’un moment privilégié pour définir des règles que nous voulons suivre (aussi utopiste que cela puisse paraitre à certains).

Un journaliste n’est pas censé accepter une quelconque gratification contre publication d’une information. Oui mais qu’est-ce qu’un journaliste ? Vaste sujet en 2014 ! Le terme « journaliste  » fait débat et ce depuis son origine. Existe-t-il de « vrais journalistes » ludiques avec carte de presse en France ? En tout cas, le positionnement entre un journaliste spécialisé et un rédacteur amateur est parfois très proche, y compris (surtout ?) dans notre domaine, et les éditeurs en tirent leur parti, tandis que le lecteur n’est que rarement informé des enjeux.

Une chose est sûre, sur le web ludique, on se retrouve souvent face à un mélange plus ou moins subtil entre le publi-communiqué et l’information. Quand on retrouve partout des critiques dithyrambiques, est-ce que c’est au lecteur de lire entre les lignes et de « recouper les informations » ? Bien sûr, il peut le faire s’il a le temps, mais c’est à la base le travail d’un journaliste.

Dans le cadre de l’info et du conseil au joueur, le lecteur devrait être en droit d’attendre plus de transparence (même si le mot agace tant il est cuisiné à toutes les sauces), surtout avec la multitude de jeux qui sortent. Bien sûr, le rédacteur amateur n’est pas tenu de respecter des règles déontologiques strictes comme le doit un journaliste professionnel, il n’existe aucun cadre éthique obligatoire (même si le parlement européen en a discuté et le débat agite régulièrement la toile).

Aujourd’hui c’est à chacun de se positionner selon sa conscience, et son objectif – qui est souvent le simple plaisir de s’adresser aux passionnés.

Mais quand j’entends un éditeur dire « prends ma boite, mais tu n’en parles pas si tu n’aimes pas » je n’ai pas l’impression d’être du côté des passionnés. D’ailleurs, je sais que peu de lecteurs imaginent qu’il existe de fait ce genre de protocoles, et quand ils l’apprennent, ils sont souvent choqués. Je les comprends. Personnellement, je n’aime pas avoir à négocier ma liberté de parole. (Cela n’empêche pas que je trouve les gens supers humainement, mais il ne faut pas tout mélanger…). Je pense que la majorité des éditeurs est suffisamment professionnelle pour comprendre qu’un autre compromis devrait exister afin que chacun puisse effectuer sa tâche en toute intelligence… et faire confiance aux lecteurs pour le reste.

Notons que c’est déjà la démarche de certains et je ne crois pas qu’ils le regrettent.

Parlons de l’expérience Jedisjeux par exemple puisque c’est celle que je connais bien. Sur Jdj ont été mis en place des contrats « moraux » avec les éditeurs, la plupart du temps il s’agit du deal suivant : un jeu contre un test s’il n’est pas trop négatif, sinon un article plus neutre de présentation du jeu, façon « c’est dans la boite » (note : cela ne veut pas dire que les « c’est dans les boites » présentent que des jeux qu’on n’a pas aimé, d’autres raisons font qu’on utilise ce format).

Quand dans le passé, nous n’avons pas tenu la ligne dictée par certains éditeurs, certains ont pu réagir durement en coupant toute communication et ce, pendant des années.

La question est simple : un rédacteur prendra-t-il le risque d’une critique négative quitte à ne plus rien recevoir ensuite, ou est-ce qu’il préfèrera mettre de l’eau dans son vin ? Précisons que les éditeurs qui envoient leur jeu « A » n’apprécieront pas plus que leur jeu « B » qu’ils n’ont pas envoyés soit descendu sur le même site ! Ainsi, aussitôt qu’on accepte les termes de certains éditeurs, on se retrouve coincé à devoir dire ce qu’ils attendent -ou bien se taire.

Bien sûr, journaliste ou blogueur, on ne sera et on ne pourra pas être objectif, mais on a le devoir d’être honnête (et c’est d’ailleurs une des premières choses qu’on apprend en école de journalisme).

Or, recevoir des boites permet de continuer à être à la pointe de l’info, tester un max de choses, et les bénévoles qui passent beaucoup de temps à écrire ont bien le droit à une compensation s’ils le souhaitent. De plus, clairement, on ne peut pas faire un article de fond complet sans un minimum de parties, ce qui oblige à posséder le jeu et acheter toutes les nouveautés est impossible !

Le critique qui reçoit des jeux se retrouve donc un jour ou l’autre face à un dilemme un peu insoluble. Voilà aussi pourquoi partout on ne parle que des jeux « qu’on aime », et voilà peut-être pourquoi il y a des réactions de rejet devant l’idée de charte de transparence que propose Gus.

A mon avis, la communauté des amateurs et des passionnés produit un certain nombre de contenus de qualité et il est tout à fait normal de fournir une contrepartie à cet effort qui participe à l’évolution et à la professionnalisation du milieu, mais déontologiquement, et avec tout le respect que j’ai pour leur travail, ça ne devrait pas être aux éditeurs de le faire.

Ces réflexions (entre autres) m’ont amenée à vouloir développer un nouveau site dont l’objectif est d’être plus pro, plus indépendant tout en étant ouvert à des rédacteurs choisis, de plusieurs profils, avec un système de rétribution juste, basée sur l’appréciation des contenus par les lecteurs.

Sans entrer dans les détails, une des idées de ce site est de donner un espace d’expression libre (mais argumenté et respectueux) où les rédacteurs seront récompensés pour leurs contributions.

D’expérience, le bénévolat profite toujours à quelqu’un, alors autant valoriser directement ceux qui ont des choses intéressantes à dire. Le site est en construction actuellement, mais vu le sujet débattu ici, je ne pouvais pas rester sans en parler !

Dans le web ludique français et même Européen, il existe peu de sites de référence, et certains, comme Tric Trac qui ne s’en cache aucunement, ont un positionnement éditeur fort.

Malgré tout, ce positionnement n’est visible que de personnes déjà averties dans le milieu, et ne sautera pas aux yeux des nouveaux arrivés, ni des nombreux visiteurs « de passage ».

Partant de ce constat, je pense que l’idée d’une charte est intéressante mais plus dans le sens d’une sorte de « déclaration d’indépendance journalistique ».

Je crois que sur un site, il serait assez étrange d’un point de vue rédactionnel de dire « attention cet article a été subventionné » et « celui-là c’est de la vraie liberté de parole ». A mon sens, pour être crédible et cohérent, il faut positionner sa ligne éditoriale : être indépendant… ou pas, mais que les choses aient le mérite d’être claires. En tout cas, c’est personnellement quelque chose qui me tient à cœur et je suis heureuse de découvrir que quelqu’un comme Gus, pilier de la blogosphère ludique, se pose le même genre de questions.

 

6 réflexions au sujet de « Polémique: faut-il plus de transparence dans les blogs ou podcast ludiques? »

  1. Une lecture en effet très intéressante et dans laquelle je me retrouve, ayant fait partie de l’aventure Jedisjeux durant 9 ans. Nous avions d’ailleurs levé le sujet et voté, et il faut avouer que le résultat ne fut pas tranché, mais bien équilibré. Les raisons de chaque choix étaient elles bien variées. Mais je pense pour ma part que préciser ne peut que nuire, car à vouloir être trop honnête, on risque en effet de lever le doute.

    Je me retrouve aussi quand on signale des éditeurs qui n’envoient plus de jeux car j’ai mis une critique dure. Il est vrai que recevoir un jeu et le descendre, même nous, nous en sommes gênés, mais je suis de ceux qui prônent le fait qu’il faut pouvoir dire tout haut ce qu’on pense, et ce tout le temps. De plus, ne voir que des avis positifs sur un site ou une fiche de jeu rendrai à mes yeux ces avis totalement inintéressant. C’est pour cette raison que, par exemple, je ne supporte pas qu’on tombe sur une personne ayant mis un avis négatif sur un jeu avant qu’il ne sorte parce qu’elle y a joué à un festival et que l’éditeur a peur que ce premier avis fasse une réaction en chaine, alors qu’on ne s’offusque pas des avis positifs émis avant parution d’un jeu, qui sont parfois des avis de complaisance. Quant à l’argument du « pas assez joué », il m’agace profondément. En effet, on ne jouera jamais beaucoup à un jeu qu’on n’apprécie pas. Et le nombre d’avis positifs après une unique partie sont eux aussi légion. J’en fait à tour de bras, pensant que la chose peut se prêter à certains jeux, quitte à revenir dessus (et la chose n’arrive en effet que bien rarement, la première impression étant bien souvent la bonne.

    Idem pour les éditeurs disant la chose à demi-mot : « si t’as pas aimé, tu peux attendre plusieurs mois pour mettre en ligne ? ». « Si t’as pas aimé, je préfère que tu dises rien ». « On aurait aimé/pensé une note un peu meilleure » (quand on a mis un 6 ou un 7/10. Oui, mais il y a de bons jeux qui ne sont pas non plus de véritables bijoux). Sans parler de ceux qui disent qu’on peut mettre ce qu’on veut et qui nous font la tronche quand la critique ne leur convient pas, ceux qui sous-entendent qu’on dit ne pas apprécier un jeu parce qu’on est en froid avec l’éditeur, ou l’auteur (alors que les joueurs que nous sommes ne se concentrons que sur les jeux).

    Fort heureusement et ce la majeure partie du temps, tout se passe bien des deux côtés, ces cas restant isolés. Et je pense que la précision du jeu reçu est inutile. D’ailleurs celui qui la mettra est justement celui qui n’a rien à se reprocher. Et puis, il faut arrêter de prendre les lecteurs pour des imbéciles : les articles sont signés, et chacun se fait sa propre opinion sur le rédacteur.

    Les rédacteurs de critiques de jeux sont avant tout des passionnés, et en ça, ça protège pas mal.
    Nous ne ferons pas dans le jeu de société les erreurs commises il y a plusieurs années dans les magazines de jeux vidéos, qui se sont sabordés eux-mêmes en ne mettant des avis (en % ou des notes sur 20) que très bons, même sur les très mauvais jeux. Ils ont perdu leurs lecteurs, qui ne s’y retrouvaient pas. Tout simplement.

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  2. On parle comme si l’influence de la note primerait sur tout . J’aime mieux les critiques complètes qui font le tour de la mécanique et me permettent de savoir si le jeu plaira à mon club . Donc une note de 9/10 pour un jeu reçu en cadeau ne me changera pas d’avis . Le dire c’est bien pour être transparent par contre

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    1. Moi, les critiques qui se contentent de parler de la mécanique m’indiffèrent : les règles du jeu sont souvent disponibles en ligne, plein de sites expliquent les règles en vidéo. Quand je lis une critique, c’est pour ressentir l’impression du critique sur le jeu. Après, bien entendu, il faut bien savoir que ce n’est qu’une impression, mais ça aiguille. Surtout si c’est argumenté, car ainsi, tu peux même penser après lecture d’une critique positive que le jeu n’est pas fait pour toi ou inversement.

      Bref, que ce soit le contenu d’une critique ou le fait de préciser que le jeu a été offert ou acheté, ce sont là deux débats sans fin, car toutes les positions sont défendables…

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  3. @Flessard : si tu as eu l’occasion de lire l’article sur les jeux vidéos http://www.acrimed.org/article4301.html, on y voit quand même l’importance de la note pour les éditeurs eux-mêmes. Il y aurait une répercurssion directe sur les ventes.

    Je suis d’accord avec toi que pour un certain nombre de personnes averties la description des mécanismes est ce qui va réellement leur permettre de faire un choix d’achat. Mais il ne faut pas se leurrer, toutes les études montrent l’importance de la note sur les passages à l’acte d’achat des masses, qui sont le coeur du chiffre d’affaire.

    A notre époque, les gens sont pressés, ils regardent les notes, les titres, la conclusion et parfois l’intro et les encarts de légende des images.

    @Limp : Pour ma part, je suis assez d’accord avec toi. D’un point de vue personnel, je m’intéresse surtout au ressenti des testeurs et à la manière de l’exprimer. Je lis souvent des chroniques sur jeuxvideo.com et c’est sur que leur manière de les construire met bien l’accent sur le ressenti : intro / approche critique des mécanismes et gameplay basée sur l’expérience de jeu / conclusion + et -.

    De la même manière quand j’hésite entre plusieurs films, je vais sur allociné et je regarde les notes, et là y a toujours la note moyenne d’abord qui peut me bloquer (peu de chance qu’un 2/5 presse me donne envie d’aller plus loin).
    Mais à partir de 3/5, comme il y en a plusieurs différentes qui vont souvent de 1 à 5 étoiles, je vais aller les lire pour voir si je m’y retrouve dans les argumentaires critiques.

    Tout ça pour dire, perso je ressens bien l’influence que les articles sur un produit (jeu vidéo, jeu de société, musique, cinéma…) ont sur mes actes d’achat.

    Les notes ont une importance certaine, mais les contenus argumentés également, et l’article de Shanouillette ne se borne pas à parler seulement de la note mais à l’orientation globale des articles quand il y a un lien entre rédacteur et éditeur qui peut mettre le premier en porte à faux avec des conséquences sur sa crédibilité ou/et sa capacité à exercer son travail/passion.

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  4. Tout d’abord je voudrais remercier Gus pour avoir levé le lièvre et Shanouillette pour son papier fort instructif.

    Étant qu’un simple joueur, je voudrais juste donner mon avis.

    Je suis entièrement d’accord avec Shanouillette qui dit « A mon sens, pour être crédible et cohérent, il faut positionner sa ligne éditoriale : être indépendant… ou pas, mais que les choses aient le mérite d’être claires. »

    En effet, je pense que les lecteurs de sites comme Gus&Co, Trictrac, jedisjeux et autre, devraient faire connaitre leurs lignes éditoriales et leurs positions par rapport au milieu « professionnel ». Je pense donc que plus qu’une charte de bonne conduite, une profession de foi écrite par chaque site en cohésion avec leurs pratiques, devrait être en lecture libre sur leur une page (facile d’accès bien sur ;))

    Cette profession de foi pourrait, par exemple, expliquer leur mode de fonctionnement (les accords de toutes sortes avec les professionnels, leur mode de notation etc). Cela assainirait le paysage sito-blogo-journalo-ludique.

    Chacun pourra se consacrer à son activité passionné, intéressé ou mercantile (attention il n’y a pas de mauvaise façon de faire…) mais au moins tout le monde serais averti de la manière de travailler et personne ne pourra reprocher au site leur positionnement.

    En fait, si charte il doit y avoir, elle devrait encadrer de manière claire le forma et les points obligatoires que l’on devrait trouver sur une profession de foi.

    Cette solution aurait deux avantages :
    1/ Chacun aurait le droit de travaillé ou de se conduire comme il le désir.
    2/ Le lecteur serait alors averti et aura un avis éclairé sur tel ou tel site.

    Je pense qu’il n’y a pas de mauvaise façon de faire, il faut juste le savoir, nous avons le droit de le savoir.

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