Critique de jeu : Kingdom Builder

Présentation

Kingdom Builder (KB) est paru pour Essen en octobre 2011, créé par Donald X. Vaccarino (Dominion) chez Queen Games.

Pour 2 à 4 joueurs, d’une durée de 30-45’.

Thème

Dans KB, on développe son royaume dans des territoires vierges : désert, forêt, plaines, etc. On y place ses masures pour agrandir son domaine. Le thème est ténu, collé.

Matériel

Pour jouer à KB il ne faut pas être ni daltonien ni épileptique ; les couleurs du plateau représentant les différents terrains sont criardes, et les illustrations simplistes. On a furieusement l’impression que les terrains ont été réalisés au neocolor, tellement le tout est grossier, confus & discordant.

Passer 30-45’ sur KB est un supplice. J’exagère à peine, mais à peine. Un seul mot pour résumer le matériel : laid.

Les cartes d’objectifs sont, elles, tout à fait convenables et… lisibles.

Mécanique

La mécanique est ultra-simpliste. On a une carte « terrain » en main, qu’on joue à son tour. On place alors 3 de ses maisons sur le terrain correspondant, si possible adjacentes à ses maisons déjà en place. Une fois la carte jouée, on en tire une nouvelle.

Dès qu’on touche une case avec un jeton spécial, on obtient le jeton qui permet alors des actions spéciales à son prochain tour : rajouter une maison, déplacer une maison (ha bon, c’est possible ?).

Comment gagner ? Au tout début du jeu, on tire 3 cartes objectifs qui rapporteront des points de victoire à la fin de la partie : être adjacent à la montagne, dans la plaine, adjacent aux cités, etc. Chaque partie est ainsi différente. Quoique.

Interaction

L’interaction est extrêmement faible. A part se placer sur divers terrains pour bloquer ses adversaires, on ne peut pas faire grand-chose. Cela paraît déjà beaucoup, mais en fin de compte, on ne bloquera jamais un joueur, on le poussera juste à aller s’installer ailleurs, c’est tout, et ce n’est pas sûr que cela lui fasse perdre des points de victoire.

De plus, hors de son tour, on attend sans pouvoir faire grand-chose. A 4 joueurs, cela peut devenir assez long, surtout si les autres joueurs sont en possession de plusieurs effets spéciaux qui leur offrent des actions supplémentaires.

Conclusion

L’auteur a développé ici un jeu d’une simplicité unique et déconcertante, destiné à un public familial. On joue une carte, on pose 3 maisons, et on tire une nouvelle carte. Voilà.

Le tout est extrêmement simple. Trop, en fait. Au final, on a affaire à un jeu creux, vide, plat, sans intérêt.

Ma critique est acerbe, mais au final, on a pas grand-chose à se mettre sous la dent. On joue sa carte, et voilà. Ses choix (pseudo)stratégiques sont excessivement faibles.

KB est clairement un jeu tactique et opportuniste, mais sans aucune richesse ni intérêt.

Ce que j’ai aimé

La simplicité des règles

Un jeu grand public, qui pourrait amener des non-joueurs vers des jeux plus conséquents

Ce que j’ai moins aimé

Un jeu creux, n’apportant strictement rien aux jeux de société modernes

Un plateau criard, confus et laid

Des choix tactiques simplistes

Une interaction inexistante

M’embêter en y jouant

11 Comments

  1. Tiens… cette fois je ne partage pas du tout ton avis. je passe sur les considérations esthétiques, qui restent très personnelles, pour revenir sur le jeu en lui-même: je trouve que ce jeu est d’une rare élégance au niveau de ses mécanismes. Alors oui, il est assez déconcertant sur une première partie sur laquelle, si on a mal anticipé, on peut se sentir prisonnier. Mais aussitôt dépassé cette première frustration, on se trouve face à un système d’une simplicité énorme, mais qui permet bien des subtilités dans les choix à chaque tour. Pour moi, ce jeu rejoint les plus grands standards modernes (carcassonne, aventuriers du rail) et je ne serai pas du tout étonné qu’il remporte le Spiel cette année !

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  2. Cher Bruno,

    merci pour ton commentaire, qui rejoint en tout point ma critique en fait.

    Comme je le dis, le jeu est d’une simplicité déconcertante. Mais trop simple en fait. La limite entre simple et simpliste est très délicate… Je ne vois pas trop l’intérêt d’un jeu aussi… creux, encore une fois.

    Et pour revenir sur le Spiel, puisque aucun de tes jeux n’a (encore) été primé, c’est bien la preuve que le Spiel n’est pas gage de qualité 😉

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  3. je rejoins l avis de bruno des montagnes , un jeu simple a priori mais pas si simpliste que ça ,arrive à optimiser le score en fonction des objectifs (même si le hasard y met des siennes ),n est pas si évident que ça et demande réflexion et opportunisme aussi (pas naturel pour tous les joueurs , tout le monde n’est pas fan d’hansa teutonica ).Le système plateau + carte objectif rend le jeu différent a chaque partie et toutes les personnes (de différentes associations , différent type de joueur ,pas le même moment de jeu (décompression pour gros joueur ,début de soirée pour joueur bruyant 😉 ) )à qui je l ai présenté l’on apprécier et on très vite appréhender le système.
    un bon petit jeu pour se mettre en bouche ou pour débuter sur les jeu dit moderne.

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    1. Merci Patrick pour ton avis.

      Et c’est justement ce que j’ai apprécié dans le jeu, son côté « portail » pour du plus lourd.

      Mais bon, AMHA, passé cet aspect, le jeu ne mérite pas qu’on s’y attarde: une seule carte en main, 3-4 terrains similaires à disposition. Trop léger tout ça. Mais bon, à lire TOP 10 2011 on comprend que KG ne puisse pas forcément plaire à notre rédaction exigeante.

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  4. Je rejoins Bruno sur le fait qu’il s’agit d’un jeu beaucoup plus fin qu’il n’en a l’air.

    Je l’ai fait tourner pas mal dans mon entourage pour recueillir des avis d’experts et de joueurs plus occasionnels dans la perspective de Cannes. Si le jeu est parfois très agréable, pas mal de joueurs n’accrochent pas et j’ai vu beaucoup de joueurs déçus. Parce qu’ils se sont laisser bloquer, parce que le tirage des cartes ne laisse pas de place à l’erreur, parce que ce n’est tout simplement pas un jeu très fun. Du coup, je ne trouve pas qu’il remplisse le rôle d’un jeu qui amène des non-joueurs vers le jeu de société, il risque même d’en décourager. Pas sûr donc que ce soit un Spiel idéal.

    Du même auteur, j’ai beaucoup aimé Dominion bien entendu mais également Nefarious.

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  5. Ooooh quelqu’un d’autre qui apprécie Nefarious! Ca se fait rare, je me sens moins seul 🙂

    Sinon pour en revenir à Kingdom Builder, je n’ai pas été vraiment transcendé par ma première (et seule pour le moment) partie. Mais j’ai eu l’impression qu’il pouvait gagner en profondeur au fil des parties malgré la relative sensation de simplicité (à la limite du simpliste) qui prime au départ.
    Bref, je me prononcerais de manière péremptoire dans mes prochaines parties 🙂

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  6. Ouch! Je viens de lire la critique de Kingdom, avec laquelle je ne suis pas d’accord. Comme écrit par quelqu’un d’autre, l’esthétique est une chose, mais qualifier le jeu de « creux »… On est face à un excellent jeu de blocage, qui ne récompense pas seulement l’opportunisme, loin de là!

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  7. En lisant une interview de Donald, voici qu’il en dit : « Queen wanted the game to be more for families than for gamers. I mean we would like gamers to play it too, but you know, it seemed like a game that could click with families. There was a more complex version I made at one point – basically just four random abilities per board instead of two matching abilities and a castle – and it seemed like that was too complex for families. We went with the family version. »

    Voilà, on est d’accord.

    http://meepletown.com/2012/02/game-designer-interview-donald-x-vaccarino-again/

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  8. Je suis assez éffaré de lire cette critique sur Kingdom Builder.

    Sur le matos d’abord la moindre des choses était d’éclairer le lecteur: les plateaux amovibles sont bien pensés, bien pratiques, bien épais, et tous les pions sont en bois. C’est agréable à jouer et à manipuler, et bien au dessus de beaucoup d’éditions modernes.
    Après on aime ou pas, mais objectivement, le matériel est fonctionnel et lisible.

    L’information qui manque cruellement par contre c’est de signaler que les traductions sont déplorables et incompréhensibles. Que les règles sont écrites avec les pieds, que les fautes de frappes et d’impression sont multiples. Voila LE point noir du jeu, qui méritait d’être signalé.

    Parlant de la mécanique, Vous oubliez encore de nous dire l’essentiel: Kingdom Builder est un jeu de pose !
    Et l’essence du jeu de pose c’est … les règles de pose. Ici il est obligatoire de poser « adjacent, si possible » et sur le terrain dont on a pioché la carte.
    C’est extrèmement contraignant c’est vrai, voir frustrant, mais ca ne l’est que si l’on n’a pas pigé le truc.
    Les règles sont expliquées en 5 min, mais là ou un débutant couinera sur les contraintes de pose, un bon joueur sera capable de s’ouvrir le jeu et prendra facilement l’ascendant. On peut appeler ca de l’opportunisme, mais il y a indéniablement une composante stratégique, et un certain plaisir.

    Finalement la seule chose que l’on peut qualifier de simpliste ici c’est votre approche, sans doute limitée à une seule partie.
    Pour ma part je pense que vous êtes passé complètement à côté, et c’est dommage. Kingdom Builder est un jeu simple, mais pas simpliste. C’est d’ailleurs à cela qu’on reconnait un grand jeu.

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  9. Ben, moi je l’ai acheté malgré cette critique et j’ai fait deux parties. Une à deux joueurs et une à trois. Clairement, suivant les objectifs à atteindre, on peut avoir des déroulements de parties très différentes: sur la partie à trois, les objectifs étant de gérer un certain nombre de cités sur les différentes parties de cartes, on a passé du temps à calculer à chaque fois le nombre de cités des adversaires et, là, ça a traîné – surtout que le fiston a voulu rentabiliser au maximum. Mais il a adoré 🙂 La première partie, à deux, s’est révélée très fluide grâce aux objectifs plus faciles à visualiser.
    Évidemment, je n’ai probablement pas les mêmes goûts que chez Gus (des testeurs exigeants aux goûts pointus mais qui pleurent la mère quand les gens ne sont pas gentils) mais j’ai apprécié le côté « ouvert » des cartes et l’obligation de se plier à des contraintes simples mais pas tordues.
    Ma femme déteste le look du plateau mais je l’ai trouvé très efficace (surtout pour les manipulations). Dans tous les cas de figure, j’ai eu envie d’en refaire une petite pour voir si je pouvais m’adapter à de nouvelles conditions.

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