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Jeux de plateau

Catch, tarot et taupes voleuses : Notre Vichy 2026 en 3 jours

🔥 Vichy 2026 : catcheurs, taupes voleuses et chefs d’orchestre à mimer. On a testé les pépites du salon pro pour vous éviter les flops.


Article écrit par :

Altaripa

Vichy 2026 : Compte rendu du salon professionnel

Un catcheur en carton s’est fait éjecter du ring à deux mètres de nous, et c’est là qu’on a su que Vichy 2026 serait un bon cru.

Comme chaque année, voici un tour d’horizon des prochaines sorties de jeux repérées lors du salon professionnel de Vichy, qui s’est tenu du 13 au 15 septembre 2026.

Comme chaque année, on a passé trois jours — du 13 au 15 septembre 2026 — à arpenter les allées du salon professionnel de Vichy, carnet en main et mollets en feu, pour vous ramener notre sélection des prochaines sorties et nos coups de cœur du moment. Entre un jeu de catch qui se joue sur un plateau de morpion, une enquête chez des taupes voleuses et un jeu à pratiquer les yeux fermés, le programme s’annonçait déjà original. Voici tout ce qu’on y a vu, testé, et parfois adoré.

Championnat du monde sur BGA

Cosmoludo organise un championnat du monde sur ses jeux Kamon, Yoxii, Oxono et Hokito.

Infos et inscriptions (jusqu’au 20 septembre !) ici.


Coups de coeur

Lucha Furia (chez Fedora Games) : Fedora Games est une maison d’édition suisse qui publie des jeux d’auteurs, d’autrices et d’illustrateurs suisses.

Lucha Furia est un jeu pour 2 à 4, signé Vincent Bourgeois et illustré par Joël Ferrari. Le jeu est une simulation de catch sur un terrain de morpion.

Les catcheurs entrent sur le ring par cases de trois, du même côté, et poussent ceux qui sont devant eux. Les catcheurs éjectés du ring tombent sur des cartes action qui les font soit rentrer par un côté, soit rester hors du ring, soit revenir au centre, soit faire tourner le ring d’un quart de tour.

Si, à un moment donné, trois catcheurs d’une même couleur se retrouvent alignés, ce joueur est éliminé. Chaque fois qu’on élimine un joueur, on gagne une chaise que l’on peut envoyer sur le ring au moment opportun pour obliger un catcheur à se déplacer avant de rentrer.

Un jeu rapide et original.


Oracles (chez Fantasy Games) : version française du jeu Soothsayers. L’éditeur a réussi le tour de force de conserver les illustrations d’origine (un tarot de 1900) tout en proposant un design de carte moderne et attrayant.

Le jeu est une course : il faut être le premier à récolter n jetons triangulaires (n vaut de 5 à 7 selon le nombre de joueurs). Il propose quatre actions : gagner de l’argent (ou acheter un jeton), piocher des cartes dans la rivière, améliorer ses actions et capturer des cartes Tarot dotées de puissants pouvoirs.

Chaque fois qu’on possède une action ou un tarot plus puissant que les autres joueurs, on gagne un jeton — que l’adversaire peut nous reprendre s’il devient plus fort à son tour. On peut aussi obtenir des jetons permanents en les achetant, ou grâce aux pouvoirs de certains tarots.

Un excellent jeu !


Les Yeux Fermés (chez Blue Cocker)

Au bas de la photo, on aperçoit le plateau de jeu, un symbole yin-yang noir et blanc entouré d’un cercle jaune. Le but du jeu : poser une bille sur le cercle jaune, poser un doigt dessus et fermer les yeux, puis déplacer la bille sur le plateau. Si la bille est noire, elle doit finir entièrement sur une zone noire ; une bille blanche, entièrement sur une zone blanche ; une bille transparente, à cheval sur les deux zones.

Certains défis viennent corser l’exercice : par exemple, une petite bille noire à positionner à cheval entre une zone noire et le cercle jaune, ou une bille blanche à déplacer sans toucher aucune autre bille.

Le jeu est original et excellent : dix niveaux, plus trois à débloquer, avec la possibilité de rejouer chaque niveau à difficulté accrue.


Jour 1

Detective Box : trois nouvelles enquêtes, de difficulté croissante, sont annoncées pour 2027 : « La route des âmes », « Synapse 404 » et « Jeux mortels ».

Kaspela (chez De Architecturart) : cet éditeur produit habituellement des livres dont vous êtes le héros. Celui-ci a la particularité de se déplier et de se replier pour parcourir, petit à petit, un panorama de 5 mètres de long (rassurez-vous, on ne déplie pas les 5 mètres pendant la partie).

Ginko (chez Le Lion Vert) : le but principal du jeu est de poser des cartes portant des valeurs de 2 à 16 dans une grille 4×4.

On peut prendre une carte dans la rivière ou en piocher deux (ou plus, avec certains pouvoirs), mais la carte prise doit obligatoirement être posée sur notre plus petite case libre. Il devient donc difficile de placer les cartes de 2 à 16 dans l’ordre. Certaines cartes offrent des pouvoirs pour déplacer une carte ou en inverser deux ; on peut aussi activer ce pouvoir en alignant quatre cartes de même couleur.

Deux objectifs supplémentaires s’ajoutent : réunir des cartes portant un certain symbole, et former des paires de cartes de deux couleurs.

Bon jeu, qu’on a envie de rejouer pour affiner son optimisation.

Fragments (chez Iello) : un jeu narratif que l’on parcourt en associant des pièces de puzzle. Certaines pièces permettent d’en récupérer d’autres. Des symboles permettent de retourner des pièces pour résoudre de petites énigmes ou faire avancer l’histoire. On vous en a déjà parlé en détail ici :

On n’a fait que le tutoriel, qui explique simplement les règles et montre qu’il faudra réfléchir à ses actions pour ne pas tomber dans des pièges. Malin et original — la qualité de l’écriture sera la clé de la réussite de ce jeu.

Une première boîte, avec un chapitre, sortira avant une boîte plus grande contenant quatre chapitres.


The Gang Deluxe (chez Iello) : une version inutile… donc indispensable ?

Loop (chez Iello) : un jeu de défausse façon « président », mais on garde devant soi les cartes défaussées. On jouera ensuite avec les cartes d’un autre joueur pour voir si l’on peut vider sa main plus rapidement.

Quelques éléments font varier la partie : on défausse deux cartes avant de jouer (pas forcément les mêmes que le joueur précédent), et si l’on joue un 8 dans une combinaison, on ramasse les cartes et on peut relancer ce que l’on veut. Et si l’on s’est défaussé d’un 8, on peut le révéler pour inverser la force des cartes. Un bon jeu de défausse avec un défi en plus.

Troyes (chez Pearl Games et Qined Games) : Troyes est de retour, 16 ans plus tard ? Chic ! première image du plateau (attention, il s’agit d’un prototype, le design n’est donc pas définitif !). Le jeu sera financé en participatif sur Gamefound en 2027.

Nuits Rouges – L’affaire Quantum Tech (chez XD Games) : un jeu d’enquête en réalité augmentée. Une application permet de voir des cartes — un meuble, par exemple — en 3D, avec la possibilité d’ouvrir un tiroir pour en récupérer un objet.

Leur précédente proposition était Amelia’s Secret. Ce nouveau jeu ajoute la possibilité d’interroger des témoins ainsi que le jeu en coopération, chacun avec son téléphone ou sa tablette, chaque joueur disposant d’un rôle et d’une capacité (un objet qu’il peut utiliser). Le jeu arrivera sur Kickstarter — restez à l’affût pour être informés.

Concept Stories (chez Repos Prod) : un concept narratif. Un joueur lit, sans rien dire, le début de l’histoire, puis doit faire découvrir aux autres ce qui s’est passé en utilisant le principe de Concept : un concept principal, puis des cubes pour préciser les personnages, les objets, les formes ou les couleurs. L’histoire se déroule en trois parties ; une fois qu’on a trouvé, on peut lire l’histoire complète, qui est une histoire vraie. Une très bonne modernisation du jeu.

Journey Horizon (chez Kyf Edition) : un jeu excellent et magnifique, dont on vous parlait déjà lors du salon de Cannes.

Mystère sous Terre (chez Red Cat Games) : un jeu de déduction. Il faut deviner quelle taupe a volé quel légume, ainsi que son chapeau, le lieu où elle se trouve et l’heure du vol. On pose une carte de sa main, face cachée, sur la carte du voleur, et de petits trous nous indiquent combien d’éléments notre carte a en commun avec lui. Dès 7 ans. Fonctionne très bien — pas évident de trouver le voleur quand on n’a pas de carte à zéro point commun.


Odéon (chez Open Your Eyes Games) : un jeu basé sur la musique.

La mécanique de choix — quatre actions parmi six — est originale. On dispose de quatre tuiles, avec d’un côté une note et de l’autre un silence. Lorsqu’on pose une tuile sur sa partition, la note se trouve au-dessus d’une action et le silence sur l’action d’à côté ; seule l’action surmontée d’une note sera donc activée ce tour-là. Des tuiles silence-silence permettent de former une petite pyramide pour activer quatre actions sur six (l’une d’elles sera même activée deux fois).

Les actions permettent de récupérer des œuvres musicales, d’envoyer des élèves étudier (piste de bonus), de les placer dans l’orchestre, ou de faire venir des spectateurs. Les types d’œuvres permettent de placer les spectateurs aux meilleures places ou d’envoyer les élèves aux meilleurs pupitres de l’orchestre.

Bon jeu : la mécanique de pose est originale, mais on craint qu’au bout de quelques parties, les tours ne finissent par trop se ressembler.

Jour 2

Fugu (chez Helvetic) : le but est d’échanger ses cartes eau contre l’une des trois cartes visibles. Chaque carte porte un chiffre différent, et il faut que les chiffres soient placés dans l’ordre croissant. On peut retourner une carte (ancre visible) si l’on ne veut pas respecter l’ordre des chiffres, mais plus on a d’ancres, plus on encaisse de points négatifs.

Il faut regrouper les poissons bariolés sans séparateur entre eux, éviter de placer les Fugu à côté d’un poisson, entourer les pieuvres de coraux, et l’on marque des points pour chaque ensemble de trois coraux différents.

On s’arrête lorsqu’on estime qu’une carte côté ancre nous ferait perdre plus de points qu’elle n’en rapporterait.

Minute Maestro (chez Sofa Edition) : chaque joueur choisit une carte décrivant un son — cloche, pistolet, marteau-piqueur — et le chef d’orchestre distribue à chacun une partition de difficulté 1 à 3.

Le chef d’orchestre compte les temps 1, 2, 3, 4, et chaque joueur doit reproduire son bruit lorsqu’il y a une note à ce temps. La note peut être simple, double, longue (deux temps), forte ou chuchotée. Le chef d’orchestre dispose de plusieurs essais, mais on perd des spectateurs à chaque réécoute. Il faut avoir le plus de spectateurs à la fin des trois manches.

Babioles (chez Moona Games) : on mise des cartes de sa main pour récupérer deux lots de cartes (sauf celui que l’on a soi-même misé), le but étant de constituer les meilleures collections. Si l’on ne veut rien miser de sa main, on peut piocher une carte, mais on choisira alors en dernier.

Clean Up (chez Oya) : on a six cartes en main. On pose une carte devant soi (plus grande que la précédente et différente de toutes celles déjà posées), puis on peut défausser, sur l’une des deux piles, autant de cartes de sa main que possible tant qu’on respecte l’un des critères suivants : chiffre +1, même couleur, ou la somme de la carte et de celle qu’elle recouvre égale 10.

Si l’on parvient à se défausser de toutes ses cartes, on en repioche six et on continue, en posant d’abord une carte devant soi puis en défaussant ce que l’on peut. On marque un point par carte posée ou défaussée. Si l’on ne peut pas poser de carte plus grande devant soi, on défausse les cartes posées devant soi et on marque le carré du nombre de cartes ainsi défaussées. Le premier joueur à atteindre 77 points gagne.

Back to Back (chez Play Punk) : un jeu coopératif dans lequel il faut deviner deux mots. Le joueur actif choisit un mot et écrit cinq indices ; il en révèle un, et les autres joueurs se concertent pour proposer une réponse. Si c’est faux, un deuxième indice est révélé, puis éventuellement un troisième, jusqu’à ce que le mot soit trouvé.

S’il reste des indices non révélés, les autres joueurs peuvent tenter de deviner l’un des indices restants.

Melodies (chez Next Move) : un jeu de défausse coopératif. Le but est que tous les joueurs aient défaussé toutes leurs cartes en un certain nombre de tours.

On ne peut pas réorganiser les cartes dans sa main, mais on peut jouer autant de cartes identiques ou formant une suite, à condition qu’elles soient côte à côte. Une portée musicale impose une contrainte : si, par exemple, les notes descendent, il faut que la majorité des cartes défaussées au premier tour soient grandes (des 9, par exemple), afin qu’aux tours suivants la majorité soit des 7 ou des 6, puis de plus en plus petite. Chaque joueur dispose d’un pouvoir pour l’aider. Le jeu propose plusieurs chapitres, avec des défis et des pouvoirs différents.

Prix des Boutiques Ludiques

Travail éditorial : Gagnant Kodama pour Le Petit Théâtre.

Travail d’illustration: Gagnante Charlotte Lacroix pour Osmosis.

Travail auctorial : Gagnant Alexandre Poyé pour Limit

Jour 3

Wingspan Pocket (chez Matagot) : une version condensée (30 minutes) de Wingspan, sur une seule ligne. La partie s’arrête lorsqu’un joueur a posé son sixième oiseau.

Jouer un oiseau en payant son coût, piocher une carte oiseau ou nourriture, pondre un œuf, et activer les pouvoirs de sa ligne d’oiseaux : voilà les actions possibles. On marque des points pour les oiseaux, les œufs, les cartes glissées sous d’autres cartes, et les cartes objectif.

Irkalla (chez Joodini Edition) : une exploration de donjon en 20 minutes, en temps réel. On explore des piles de cartes pour trouver des gemmes et la sortie, on récolte des armes ou des pouvoirs pour combattre les monstres et survivre.

Une application sert de chronomètre, diffuse une musique d’ambiance et déclenche les événements automatiquement — mais on peut aussi y jouer sans elle, pour les allergiques au numérique. Pas notre type de jeu, mais l’ambiance et la tension sont bien présentes. Pour les amateurs du genre.

La Part du Lion (chez Gigamic) : un jeu d’influence chaotique. À chaque tour, piochez deux cartes et gardez-en une (à la fin de la partie, si vous avez la majorité sur un personnage, vous empochez l’argent qu’il détient). Jouez l’autre carte pour ajouter ou retirer de l’argent à un personnage, déplacer votre jeton d’influence (+2), ou déplacer un personnage dans la ligne de succession du roi. Ou bien jouez-la face cachée pour comploter : ces cartes seront révélées en fin de partie et pourront elles aussi déplacer des personnages. Selon leur ordre final dans la succession, ceux-ci gagneront de l’argent supplémentaire.

On révèle ensuite, personnage par personnage, qui détient la majorité et remporte l’argent — en cas d’égalité, on le partage.

Domiko (chez Daimon Play) : chaque joueur dispose de huit tuiles qu’il doit assembler en respectant les couleurs et les longueurs des côtés.

On marque deux points par côté pour la couleur la plus longue, deux points pour chaque côté qui referme un espace vide, moins un point par côté rouge exposé à l’extérieur, et deux points si l’on termine en premier. On rejoue ensuite avec chacun des sets de huit tuiles de ses adversaires, en essayant de faire un meilleur score.

Conclusion

On a aimé l’inventivité de ce cru 2026. Un jeu de catch sur plateau de morpion, ça ne s’invente pas deux fois. Merci Lucha Furia. On a un peu moins aimé nos mollets à la fin des trois jours, et Irkalla nous a rappelé que le temps réel, c’est amusant pour les monstres, nettement moins pour les articulations.

Ce salon est plutôt pour vous si vous aimez découvrir les jeux avant tout le monde et que vous cochez déjà mentalement vos précommandes 2027. Il l’est moins si vous détestez qu’on vous parle d’un jeu que vous ne pourrez pas acheter avant plusieurs mois. Dans ce cas, on vous donne rendez-vous en 2027, boîtes en photo à l’appui.

En résumé : Vichy 2026 nous a donné plus de raisons de nous réjouir que de raisons de rester sur le carreau (contrairement aux catcheurs de Lucha Furia).

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One Comment

  • Guillaume

    Bonjour Gus and co. Merci pour cette sélection. Je ne vois aucun de mes envies de jeux dans votre sélection 🤣 ( sauf Troyes). Point de Super meeple, Tea and rhum, Vin et Fromage, Greylune, Near, Markers and Shakers,etc…? En tous cas il y en a toujours pour tous les goûts ! Merci. Guillaume

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