Critique de jeu : Troyes

Troyes est certainement la bombe ludique de la fin de l’année 2010. Sorti pour Essen10 par une toute nouvelle maison d’édition belge (et non française, comme précédemment annoncée et corrigée par Sébastien Dujardin, l’éditeur & co-auteur lui-même), encore une, ce jeu s’est rapidement trouvé une place dans le cœur des joueurs. Il faut dire parmi les trois auteurs, Xavier Georges est déjà largement bien connu pour le très bon Carson City sorti en 2009 et le moins bon Palais Royal en 2008.

Dans Troyes, il faudra participer à la construction de la cathédrale de… Troyes. Le thème n’est pas tellement original (les Piliers de la Terre), mais assez bien rendu puisque de nombreux personnages cohérents viendront nous aider.

1 dé, 2 dés, Troyes dés.

La mécanique principale du jeu réside dans la gestion de dés. Imaginez un croisement entre Yspahan et Kingsburg, mais en survitaminé. Les dés seront principalement utilisés pour activer des cartes que l’on sort qu’aux trois premiers tours, pas aux suivants (4 tours à 2, 5 à 3, 6 à 4). Il y a trois couleurs de dés d’activation, et chaque couleur sera utilisée selon certaines cartes. La somme déterminera le nombre d’actions à disposition.

Pour les joueurs allergiques au hasard, il y a l’intelligente (mais chère) possibilité de tourner ses dés, un 1 donnera un 6, un 2 un 5, etc. ce qui permettra de gommer les mauvais tirages.

L’interactivité est extrêmement forte, puisque on peut acheter les dés des autres joueurs, et les déloger de certains bâtiments.

La durée de vie du jeu est également très forte, puisque les cartes d’action, et donc leur combinaison sur le plateau, change à chaque partie.

Bref, du tout bon. Mais ce n’est pas fini, puisqu’il y encore deux éléments astucieux et über-riches.

Les évènements : nous n’avons parlé que de trois couleurs de dés, alors qu’il y en a en fait 4, la noire, qui représente les évènements, pour la plupart négatifs. Les joueurs, en plus des cartes action, peuvent également jouer avec (ou plutôt contre) les évènements, et si rien n’est fait, ces mauvais pas s’accumuleront pour méchamment freiner les travaux à la cathédrale.

Mécène secret : il y a 6 personnages, on en distribue un caché par joueur en début de partie (2 pour une partie à 2). Ces mécènes rapporteront des points à la fin de la partie selon des critères particuliers. Bref, des objectifs secrets. Oui mais, on n’est pas dans Metropolys, puisque ces mécènes rapporteront des points à TOUS les joueurs à la table en toute fin de partie. Il sera donc important d’observer la stratégie des autres pour pouvoir deviner leur personnage et ainsi adapter la sienne pour également en profiter. Vraiment vraiment astucieux, on adoooooore !

Troyes est un donc un excellent jeu de gestion. Même s’il n’est pas du tout facile d’expliquer les règles en début de partie, le premier tour peut paraître fastidieux au vu du nombre incroyable de possibilités / actions offertes, une fois rentré dans le jeu, le tout devient extrêmement fluide et instinctif, preuve d’un très bon jeu. Attention toutefois, Troyes est à réserver à des joueurs ambitieux, passionnés, près à s’y investir pendant 90 minutes, on est loin d’un jeu familial, léger ou d’ambiance.

Déjà plus de 10 parties au compteur, et l’on ne s’y lasse pas. Certainement le meilleur jeu de 2010, 2011 va devoir transpirer pour le dépasser…

Bonne partie !

4 Comments

  1. Bonjour,
    Très content que le jeu vous plaise. Merci de bien vouloir noter que nous ne sommes pas une maison d’édition française mais belge 😉
    Bonnes parties!!!

  2. Merci Sébastien, corrigé ! Belge, ou suisse, n’est PAS français, nous vous comprenons 🙂

    Votre jeu est véritablement une bombe ludique, encore bravo pour la co-création et l’édition.

    Beaucoup de succès à vous, et au plaisir de découvrir de nouvelles cartes (et qui sait, un mini-plateau externe?) dans une prochaine extension pour Troyes pour Essen11. Je dis ça je dis rien…

    1. Bonjour Léonie,

      merci pour votre commentaire.

      Oui oui oui, beaucoup joué à 2, encore mieux qu’à 4, puisque le jeu est encore plus fluide & tendu.

      Ma configuration préférée, en fait, même si l’interaction en devient forcément moindre.

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