IA générative : Kickstarter dort, Gamefound contre-attaque
🛑 Gamefound tape enfin du poing sur la table ! L’IA générative est désormais strictement contrôlée dans ses nouvelles CGU. Et Kickstarter ? Et Backerkit ? On décrypte.
Gamefound sort les crocs contre l’IA

L’essentiel en 3 points :
- Gamefound révise ses CGU. Déclarer son usage de l’IA (textes, images, règles) avant le pledge est obligatoire, sous peine de « shaming » public.
- Malgré une politique pionnière en 2023, la plateforme ferme les yeux sur les abus et n’applique aucune sanction aux gros projets.
- Awaken Realms, maison-mère de Gamefound, utilise massivement l’IA. Ils régulent surtout pour se protéger juridiquement, pas pour défendre les illustrateurs.
L’intelligence artificielle, c’est le Voldemort du jeu de société : tout le monde s’en sert, mais personne ne veut prononcer son nom.
L’IA dans les jeux, de société, de rôle, vidéo… vaste sujet. On va pas se mentir, c’est devenu l’éléphant (artificiel) dans la pièce. Mais là, Gamefound vient de taper un grand coup sur la table.
Dans ses nouvelles CGU pour les créateurs, fraîchement mises à jour hier soir lundi 22 février 2026 et envoyées par mail à tous leurs utilisateurs et utilisatrices, le géant polonais du crowdfunding ne rigole plus. Fini l’opacité. Si tu utilises une IA générative, tu dois cracher le morceau avant même que les backers ne lâchent un seul euro. Et ça concerne tout. Les images, les textes, les vidéos… et même, ce qui est complètement dingue, les mécaniques de jeu.
Mais le plus ironique dans tout ça ? Awaken Realms, dont le CEO Marcin Świerkot a fondé Gamefound. La maison-mère de Gamefound biberonne elle-même ses propres blockbusters à coups de Midjourney. Faites ce que je dis, pas ce que je fais. Bon après oui, elle est (plus ou moins) transparente sur le sujet.
Et pendant ce temps, à Vera Cruz
Et Kickstarter, pendant ce temps ? Bah, ils dorment un peu sur leurs lauriers.
Ils avaient pourtant dégainé une politique dès août 2023. Transparence, consentement des artistes, blabla. Sur le papier, c’était beau. Dans les faits ? Une vraie passoire. L’affaire More Terraforming Mars! l’a bien prouvé. La campagne a ouvertement admis utiliser des IA qui s’assoient sur le consentement des artistes originaux. La sanction de Kickstarter ? Aucune. 2,2 millions de dollars récoltés pépère. Circulez, y a rien à voir.
Franchement, il aura fallu quelques gros bad buzz pour faire bouger les lignes. Vous vous souvenez de la campagne pour l’édition spéciale de Puerto Rico 1897 sur Gamefound (par Awaken Realms, justement) ? Ces fameux personnages avec six doigts et des rouages accrochés au vide cosmique… Ça piquait les yeux. Ravensburger a dû taper une sacrée gueulante pour faire virer ces horreurs.
Gamefound sort le bâton. Mais pas de pélerin

Le truc avec les nouvelles règles de Gamefound, c’est l’arme de la honte publique. S’ils te chopent à cacher de l’IA, ils te suspendent. Ou pire, ils balancent un gros avertissement public aux backers. Le bon vieux name and shame. C’est efficace. Même si, d’expérience, on sait très bien que la plateforme cherche surtout à se blinder juridiquement en refilant le bébé (et les potentiels procès pour violation de droits d’auteur) directement aux éditeurs. Habile.
Et au milieu de ces deux géants, on a l’irréductible BackerKit. Eux, ils ont carrément banni l’IA générative pure et simple. Point barre. Les humains d’abord.
Parce que soyons honnêtes, la situation actuelle est catastrophique. Une étude universitaire récente a lâché une stat hallucinante : sur 42 énormes projets Kickstarter récents, seuls DEUX ont admis utiliser de l’IA.
Vous y croyez, vous ? Moi non. La stratégie du mensonge par omission est devenue le sport national du crowdfunding.
La vraie pression, au final, elle ne viendra pas des plateformes. Elle viendra de nous. De notre portefeuille. Heureusement que chez nous, des initiatives comme le label « Illustré à la main » de la Charte des Illustrateur·ices Ludiques (CIL) – superbement illustré, c’est le cas de le dire, par le jeu Mozaïk et ses 33 artistes ! – permettent enfin d’y voir un peu plus clair.
L’incident Ryan Dancey du 18 février 2026 illustre la (très, très grande) sensibilité du sujet : le COO d’Alderac Entertainment Group (AEG) a publié sur LinkedIn qu’une IA pourrait « come up with Tiny Towns or Flip 7 or Cubitos ». Il a été licencié fissa dans les 24 heures. Bref, on n’a pas fini d’en parler.
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