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Jeux de plateau

Mosaic Studio : Un tout nouvel éditeur de jeux de société

🎬 Oubliez l’usine à jeux ! Thomas Provoost&co lance Mosaic Studio et ses « Metteurs en jeu » pour sublimer les auteurs. Préparez vos protos pour Cannes !


Mosaic Studio : Quand un éditeur de jeux se prend pour un réalisateur de cinéma

L’essentiel en 3 points :

  • Le tout nouvel éditeur de jeux de société Mosaic Studio aborde l’édition comme la réalisation d’un film, s’impliquant lourdement du rythme de la partie jusqu’au prix de la boîte.
  • Une équipe All-Star : Fondé par Thomas Provoost (ex-Repos Prod), le studio s’appuie sur la grande expertise de Matthieu Verdier et Aurélie Raphaël.
  • Sans aucun jeu au catalogue pour l’instant, l’équipe cherche des auteurs et autrices pour une collaboration étroite et donne rendez-vous au FIJ de Cannes.

Lancer une maison d’édition sans annoncer le moindre jeu, c’est comme ouvrir un restaurant et refuser de donner le menu : c’est audacieux, mais il faut un sacré chef en cuisine pour qu’on ait envie de s’asseoir.

Le marché du jeu de société adore les nouveaux éditeurs. Il en naît partout, souvent. Aujourd’hui, générez un logo par IA engagez un.e graphiste pour vous créer un logo, ouvrez un compte Instagram, et bam, vous voilà éditeur ou éditrice. Mais il y a un truc beaucoup plus rare dans cette frénésie de la nouveauté : expliquer comment on bosse, vraiment. Et c’est précisément ce que vient de faire Mosaic Studio, tout juste annoncé le 16 février 2026 via un communiqué.

Mosaic Studio communiqué

Un nouvel éditeur… et une promesse de “studio” plus que de “catalogue”

Pour l’instant, Mosaic Studio ne dévoile encore aucun jeu. Pas de titre grandiloquent, pas du 322e jeu de l’année de Bruno Cathala, pas de compte à rebours pour un énième financement participatif, pas de promesse de “2–4 joueurs, 45 minutes”. Pouic. En revanche, l’équipe braque tous les projecteurs sur sa méthodo : une collaboration extrêmement serrée entre la direction éditoriale et les auteurs et autrices, de l’étincelle initiale jusqu’au produit fini.

Et c’est là que le terme “studio” prend tout son sens. Chez Mosaic Studio, l’éditorial n’est pas seulement là pour tamponner « OK » sur un proto avant de l’envoyer à l’usine. Il s’implique sur le rythme de partie (le sacro-saint pacing), la durée, la montée en tension, et même la cohérence entre mécanique, identité visuelle, composants et prix final. L’objectif affiché ? Éviter le syndrome du jeu « Frankenstein » dont les idées se contredisent au moment où il faut imprimer… et garantir une expérience parfaitement homogène à table.

Les “Metteurs en jeu”, ou l’éditeur comme réalisateur

Le concept central de leur méthode repose sur des profils appelés “Metteurs en jeu”. Oubliez le terme ronflant de « chef de projet ». Mosaic les décrit plutôt comme l’équivalent du réalisateur au cinéma : quelqu’un qui accompagne, pousse, challenge l’auteur, et s’assure que l’expérience reste “juste” de l’ouverture de la boîte jusqu’au décompte des points.

Ce n’est pas qu’un simple effet de manche sémantique. Dans l’industrie, beaucoup d’éditeurs ont une équipe de développement. La différence ici, c’est la mise en avant explicite (et publique) d’un rôle-pont assumé entre le game design pur et la production.

La dream team (avec des jeux qui comptent)

Si l’on prête autant d’attention à une annonce sans la moindre boîte en carton à se mettre sous la dent, c’est grâce au casting. Derrière Mosaic Studio, on retrouve Thomas Provoost. Cofondateur historique de Repos Production (le fleuron belge fondé en 2004, derrière des mastodontes comme 7 Wonders, Concept ou Just One, intégré au groupe Asmodee en 2019), le monsieur sait manifestement flairer et fabriquer un best-seller. Et oui, c’est également lui qui a co-créé Playpunk, une autre maison d’édition en 2022 avec Antoine Bauza. Pourquoi fonder et taffer dans une maison d’édition de jeu quand on peut fonder et taffer dans deux maisons d’édition de jeu ? Prenez vos stylos, vous avez 4h.

Côté “Metteurs en jeu”, Aurélie Raphaël et Matthieu Verdier sont mis en avant comme le duo qui accompagnera les projets au plus près. Le communiqué précise qu’Aurélie se concentrera sur la création de lignes produits et sur les jeux enfants. Un rôle taillé sur mesure : dans un portrait publié par nos confrères de Ludovox, elle décrivait déjà très concrètement le travail (de l’ombre) d’une cheffe de projet (ajustement de règles, études de positionnement, optimisation matérielle avec l’usine, accompagnement de l’illustration…). Et en 2020, elle (se) confiait déjà : « Et j’aurai peut-être monté ma boîte de chefs de projets spécialisés, qui sait ? » Et bim, six ans plus tard, avec Mosaic Studio, le souhait est réalisé.

De son côté, Matthieu Verdier couvrira les segments famille, initié et expert. Un profil bien connu des ludistes, un auteur talentueux (l’excellent Sur les traces de Darwin), et également comme développeur chez Sorry We Are French. En clair : Mosaic Studio internalise, dès le départ, des compétences hybrides qui touchent autant à la mécanique pure qu’à la “mise en scène” de l’expérience.

Wanted : ils cherchent des auteurs et autrices

L’info la plus pertinente pour les créatifs qui nous lisent : Mosaic Studio cherche activement des auteurs et autrices. Ils ne se cachent pas derrière un formulaire de contact obscur, leurs emails sont publics :

  • matthieu [at] mosaic-studio.net
  • aurelie [at] mosaic-studio.net

Une première rencontre et des échanges « en vrai » sont d’ailleurs évoqués dans les allées bouillonnantes du FIJ de Cannes dans quelques jours. Vous savez ce qu’il vous reste à faire.

À noter que pour l’instant, leur site internet (et réseaux sociaux) n’en est qu’à l’étape d’ébauche. Tout va bouger tantôt.

Pourquoi on observe ça de (très) près

Parce que Mosaic Studio ne vend pas encore de boîtes : il vend une vision. Et cette manière de faire illustre une tendance lourde qu’on voit émerger de plus en plus clairement : des éditeurs qui assument leur rôle de “sparring partner” créatif, capables de challenger un proto non seulement sur “est-ce que la boucle mécanique tourne ?” mais surtout sur “est-ce que ce jeu raconte quelque chose d’intéressant à table, même sans narration ?”.

Reste la grande question : ce modèle “studio” ultra-encadré produira-t-il des jeux réellement différents, ou simplement des jeux mieux alignés, mieux finis et plus cohérents (quitte à perdre un tout petit peu de la folie brute de l’auteur et autrice) ? Réponse à la sortie des premiers titres. D’autant qu’ils teasent déjà avoir signé Andrea Robbiani et Renato Ciervo, le duo d’auteurs derrière l’excellentissime Fourmis (qu’on a beaucoup apprécié à la rédac). D’ici là, l’idée de considérer l’auteur comme un véritable partenaire qu’on pousse vers l’excellence a de quoi (nous) réjouir.

L'approche "Metteur en jeu" (où l'éditeur intervient lourdement sur la création), c'est :

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