La fin du « de minimis » américain : Vous ne passerez pas !
🛑 Panique aux US ! Depuis aujourd’hui, en modifiant le régime « de minimis », le protectionnisme de Trump menace directement la diversité ludique.
Trump coupe l’herbe aux pieds des colis
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L’essentiel en 3 points :
- Donald Trump a mis fin à l’exemption de droits de douane pour les colis de moins de 800 $ (fin du de minimis).
- Face à l’incertitude bureaucratique, 25 pays (dont la France et la Suisse) ont suspendu leurs envois postaux vers les États-Unis.
- Les conséquences redoutées sont une explosion des prix, une réduction drastique de la diversité des jeux disponibles aux USA.
Avec la fin du de minimis, Vingt-cinq pays ont cessé d’envoyer des colis aux États-Unis, et nos précieuses boîtes de jeux sont les victimes collatérales de cette guerre commerciale.
C’est un événement significatif qui vient de se produire dans le domaine du jeu de société, et ses répercussions s’étendent bien au-delà. Alors qu’on pensait l’industrie déjà bien secouée par les surtaxes chinoises et la guerre commerciale en cours, Donald Trump vient de signer un décret qui pourrait changer la face de notre hobby à jamais. Le message est brutal : « Vos jeux étrangers, on n’en veut plus. » Ou alors, il va falloir les payer beaucoup plus cher.
Bye bye « de minimis »
Le coupable ? La suspension du régime d’exemption dit de minimis. Derrière ce nom barbare se cache cachait une règle simple et géniale : jusqu’ici, tout colis d’une valeur inférieure à 800 $ envoyé aux États-Unis passait la douane comme une lettre à la poste (vous apprécierez la formule !), sans taxe ni paperasse.
Mais ça, c’était avant aujourd’hui. Par un décret exécutif signé le 30 juillet 2025, Trump a suspendu le régime d’exemption dit de minimis qui permettait jusqu’ici l’importation sans droits de douane de colis de faible valeur. Et dès aujourd’hui, vendredi 29 août 2025, c’est tolérance zéro. Que vous envoyiez un set de dés à 10 $ ou la dernière grosse boîte Kickstarter à 200 $, tout sera potentiellement taxé et soumis à un contrôle douanier complet.
Pour les marchandises expédiées via le service postal international, les colis seront soumis aux droits de douane selon l’une des méthodes suivantes:
- Droit ad valorem : un droit égal au taux effectif imposé en vertu de la loi sur les pouvoirs économiques d’urgence internationale (International Emergency Economic Powers Act (IEEPA) applicable au pays d’origine du produit. Ce droit sera calculé sur la valeur de chaque colis.
- Droit spécifique : un droit variant entre 80 et 200 dollars US par article, en fonction du taux de droit effectif en vertu de l’IEEPA applicable au pays d’origine du produit. Cette méthode sera applicable pendant six mois (à compter du 29 août 2025), après quoi tous les envois seront dédouanés selon la méthode ad valorem.
Pour résumer, oui, c’est du protectionnisme pur et dur, déguisé sous des prétextes sécuritaires (Trump évoque la lutte contre le trafic de drogue… oui, apparemment nos boîtes de jeux servent à importer du fentanyl 🙄).
25 pays disent « Stop ! »
L’effet a été immédiat et cataclysmique. Ce ne sont pas les douanes américaines qui bloquent, mais bien les services postaux du monde entier qui jettent l’éponge. France, Suisse, Royaume-Uni, Japon, Allemagne… Au total, 25 pays ont suspendu leurs envois de marchandises vers les USA.
Pourquoi ? Parce que c’est le bazar total. Personne ne sait comment appliquer les nouvelles règles. Plutôt que de risquer un embouteillage monstre de colis bloqués en douane, les opérateurs préfèrent tout arrêter.
Sur BoardGameGeek, c’est la consternation. Et la colère. Les joueurs et les joueuses américaines réalisent qu’ils risquent d’être coupés d’une grande partie de la diversité ludique mondiale. L’incertitude règne en maître.
Une industrie prise en étau
Rappelons que cette mesure tombe sur un secteur déjà asphyxié par la politique commerciale de Trump. Début 2025, les tarifs sur les jeux fabriqués en Chine (soit 80% de la production) avaient explosé, atteignant parfois le taux délirant de 145 % !
Cette fois, la fin du de minimis frappe tout le monde, pas seulement la Chine. C’est une nouvelle barrière qui se dresse contre un loisir, une économie, une industrie, qui se sont construits sur les échanges internationaux.
Rappelons les régimes du de minimis en vigueur ailleurs. Les pays membres de l’Union européenne et utilisant l’euro partagent les mêmes seuils de minimis et suivent ces règles :
- Les droits et la TVA sont dus pour un envoi de marchandises d’une valeur supérieure à 150 EUR.
- Les droits sont exonérés lorsque les marchandises d’un envoi sont valorisées en dessous ou à 150 EUR.
- La TVA est toujours facturée, quel que soit la valeur des marchandises.
Quelles conséquences pour nous, joueurs et éditeurs ?
Le scénario, catastrophe, est déjà en marche :
- Moins de choix, moins de diversité : Les petits éditeurs étrangers, ceux qui font des jeux de niche qu’on adore, vont hésiter à vendre aux USA. Trop compliqué, trop risqué. Le marché américain risque un appauvrissement culturel majeur.
- Des prix qui flambent : Importer coûtera plus cher. Taxes, frais administratifs… tout cela sera répercuté sur le prix final payé par le joueur aux US.
- Le cauchemar Kickstarter : Imaginez un éditeur européen avec des centaines de backers américains. S’il ne trouve pas de solution logistique viable, il pourrait être contraint de les rembourser plutôt que de livrer le jeu. Pas glop !
L’excuse écologique ?
Ironie du sort, cette « fermeture des frontières » (des taxes plus élevées, en vrai) pourrait théoriquement réduire l’empreinte carbone de notre cher hobby. Moins de colis traversant les océans, c’est moins de CO2.
Mais ne rêvons pas. L’idée de relocaliser la production aux USA est un vœu pieux à court terme. Les usines n’existent pas et les coûts seraient prohibitifs. La dépendance à la Chine est quasi totale.
Et maintenant ?
Le secteur navigue à vue. On cherche des parades : passer par le Canada ou le Mexique, tenter de regrouper les envois… ou simplement abandonner le marché américain en attendant des jours meilleurs.
Pour les joueurs américains, la période s’annonce compliquée. Il faudra payer plus cher, être (très) patient, ou se recentrer sur la production locale.
Des recours juridiques sont en cours, mais en attendant, l’industrie retient son souffle. L' »affaire du Don’t ship games to the US » montre la fragilité d’un hobby mondialisé face aux aléas politiques. Espérons que le jeu, qui par essence crée du lien, finira par reprendre ses droits sur le protectionnisme.
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