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Jeux de plateau

Dicebreaker : Un média ludique en péril

💥 Licenciements à Dicebreaker : l’acquisition par IGN plonge le média ludique américain dans le silence.


L’avenir incertain de Dicebreaker après l’acquisition par IGN

Dans le monde du jeu de société, Dicebreaker est (était ?) un phare, une source d’information et d’inspiration pour les fans. Depuis sa création en 2019, le site s’est imposé comme un leader dans le journalisme ludique.

Mais depuis l’acquisition du site par IGN le 21 mai, l’avenir de Dicebreaker semble bien sombre. Vous avez probablement remarqué le silence radio qui a suivi cette acquisition – un seul article sponsorisé publié en trois semaines, des chaînes YouTube et réseaux sociaux muets. Que se passe-t-il vraiment derrière cette façade silencieuse ?

La réponse est venue sous la forme d’un coup de tonnerre : Matt Jarvis, rédacteur en chef, et Alex Meehan, journaliste senior, ont été licenciés. Michael Whelan, responsable vidéo, a confirmé son départ peu après. Dicebreaker, tel que nous le connaissions, est en train de disparaître.

Des licenciements qui font mal

Matt Jarvis, qui dirigeait presque depuis le lancement du site en 2019, a envoyé un courriel aux contributeurs pour annoncer son départ imminent, tout en s’excusant pour son silence durant ce processus de licenciement. Alex Meehan a confirmé la nouvelle sur Twitter, après près de cinq ans passés chez Dicebreaker. Ces départs, combinés au silence assourdissant du site, laissent planer une incertitude inquiétante sur l’avenir du média.

Michael Whelan a ajouté son propre témoignage sur Twitter : « Dicebreaker, tel que vous le connaissiez, n’est plus. » Ses mots sonnent comme un glas pour les fans du site qui avaient trouvé en Dicebreaker un espace unique dédié aux jeux de société, avec un journalisme professionnel et des analyses pertinentes.

Une équipe réduite au silence

L’acquisition par IGN a laissé l’équipe permanente de Dicebreaker – composée de Michael Whelan, Olivia Kennedy et Maddie Cullen – dans le flou total. La communication, déjà minimale de la part de l’ancien propriétaire Gamer Network, l’est restée sous la nouvelle direction de Ziff Davis, propriétaire d’IGN. Aucune déclaration officielle n’a été faite, ni sur les licenciements de Jarvis et Meehan, ni sur l’avenir du site.

Dans son dernier courriel, Jarvis a exhorté les contributeurs à sauvegarder leur travail, car l’avenir du site était incertain. Il a également adressé un remerciement particulier à Chase Carter, Jason Coles, Alicia Haddick et Caelyn Ellis pour leur couverture exceptionnelle dans les domaines du jeu de cartes à collectionner, du jeu de société et du jeu de figurines.

Un média pionnier en péril

Dicebreaker a vu le jour en 2019, marquant un tournant dans l’industrie du jeu de société. Sa création a souligné l’essor fulgurant du hobby, en offrant un espace dédié aux reportages et analyses approfondies, loin des simples annonces de nouveautés et critiques de jeux. Le site a été l’un des rares médias à aller au-delà de la surface, en couvrant des sujets délicats comme la culture toxique présumée chez Pandasaurus Games, ou l’impact de la chute de Twitter sur les auteurs et autrices de jeux de société.

Les enquêtes publiées par Dicebreaker ont été rendues possibles grâce au travail acharné de journalistes comme Chase Carter, qui a depuis lancé Rascal News, un site dédié au jeu de rôle, aux côtés de Lin Codega et Rowan Zeoli. Pourtant, malgré ces réussites, l’acquisition par IGN a plongé Dicebreaker dans l’incertitude.

Le silence coupable d’IGN

Ce qui dérange le plus dans cette affaire, c’est l’absence totale de communication de la part d’IGN et de Ziff Davis. Pour un média qui revendique d’être proche de ses lecteurs, ce manque de transparence est tout simplement incompréhensible. IGN n’a pas seulement laissé tomber l’équipe de Dicebreaker, mais aussi sa communauté de passionnés en ne clarifiant pas ses intentions pour le site.

Mike Didymus-True, rédacteur en chef de BoardGameWire, a exprimé son indignation face au traitement réservé à l’équipe : « Les licenciements sont déjà assez mauvais, mais le fait que l’équipe ait été tenue dans l’ignorance totale est absolument répréhensible. »

Des perspectives d’avenir incertaines

Alors, que réserve l’avenir pour Dicebreaker ? Matt Jarvis a laissé entendre que le site resterait en ligne pour l’instant. Mais sans une équipe solide pour le soutenir, il risque de perdre l’essence même qui faisait sa force. IGN pourrait-il transformer Dicebreaker en un simple agrégateur de contenu sponsorisé ? C’est une possibilité. Cependant, il est difficile d’imaginer que les passionnés de jeux de société resteront fidèles à un média qui n’honore plus l’esprit critique et l’exploration qui faisaient sa renommée.

Les départs de Matt Jarvis et Alex Meehan créent un vide difficile à combler. Les articles de fond et les enquêtes pointilleuses qui faisaient la spécificité de Dicebreaker risquent de disparaître, laissant la place à un contenu plus standardisé et orienté marketing. La communauté du jeu de société perdrait ainsi une voix précieuse et critique.

La valeur du journalisme spécialisé

Ce bouleversement soulève une question importante : quelle est la place du journalisme spécialisé dans le monde du jeu de société ? Alors que l’industrie continue de croître, atteignant des milliards de dollars de chiffre d’affaires, le besoin d’une couverture médiatique approfondie est plus crucial que jamais. Les joueurs ne se contentent plus de simples annonces et revues ; ils recherchent des analyses, des critiques honnêtes et des enquêtes sur les coulisses de l’industrie.

Dicebreaker incarnait cette vision du journalisme ludique. Que ce soit à travers des interviews exclusives, des enquêtes sur les comportements toxiques ou des reportages sur les tendances émergentes, le site offrait un contenu riche et pertinent. La disparition de cette diversité éditoriale serait une perte majeure pour l’industrie.

Une lueur d’espoir : la communauté en action

Malgré l’incertitude, tout n’est pas perdu. La communauté du jeu de société a déjà montré qu’elle pouvait se mobiliser pour soutenir les journalistes et créateurs-créatrices en difficulté. Rappelez-vous l’affaire de l’OGL de Donjons & Dragons, où la mobilisation des joueurs et joueuses a contraint Wizards of the Coast à revenir sur sa décision. De même, le lancement réussi de Rascal News par Chase Carter et Lin Codega montre qu’il existe un marché pour un journalisme indépendant et spécialisé.

Les fans de Dicebreaker pourraient suivre cet exemple et soutenir Matt Jarvis, Alex Meehan et les autres membres de l’équipe dans leurs futures entreprises. Que ce soit par le biais de Patreon, de crowdfunding ou en soutenant leurs nouveaux projets, la communauté peut jouer un rôle clé dans la préservation du journalisme ludique de qualité.

Ce que signifie la fin de Dicebreaker tel que nous le connaissions

La fin de Dicebreaker dans sa forme actuelle est un rappel brutal des réalités économiques du journalisme spécialisé. Les acquisitions par des géants du numérique comme IGN peuvent certes apporter des ressources et une plus grande visibilité, mais elles peuvent aussi étouffer l’esprit indépendant et critique qui fait la force de ces médias.

Pour les passionnés, cela signifie qu’il faut être plus sélectif dans leur consommation médiatique. Soutenir les créateurs-créatrices indépendants, les sites qui valorisent le contenu de qualité et les journalistes qui osent poser des questions difficiles est essentiel. La disparition de Dicebreaker en tant qu’entité indépendante souligne l’importance de défendre un espace médiatique diversifié et engagé. Alors oui, on prêche pour notre paroisse !

Conclusion : un adieu ou un nouveau départ ?

L’avenir de Dicebreaker reste flou, et il est difficile de dire si le site retrouvera sa gloire passée sous la direction d’IGN. Mais une chose est sûre : la passion et l’expertise des anciens membres de l’équipe ne disparaîtront pas. Elles trouveront de nouvelles voies d’expression, que ce soit à travers de nouveaux projets ou d’autres médias.

Pour les passionnés de jeux de société, c’est un moment critique pour montrer que le journalisme spécialisé a sa place dans cette industrie en pleine expansion. Soutenons ceux qui osent poser les questions difficiles, qui creusent au-delà de la surface et qui nous offrent des perspectives uniques sur notre loisir préféré.

Ensemble, nous pouvons faire en sorte que le journalisme ludique continue de prospérer, en honorant l’esprit de Dicebreaker et en soutenant celles et ceux qui portent la flamme du journalisme spécialisé.


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