Donjons et Dragons : The Deck of Many Things
Jeux de rôle

L’arrivée d’Asteria chamboule les codes de Donjons et Dragons

🌟 Asteria entre dans la légende de Donjons et Dragons ! Un personnage, résolument autiste, qui pulvérise les stéréotypes.


Donjons et Dragons : Un personnage TSA

Asteria entre dans l’histoire. Ce personnage inédit de l’univers Donjons et Dragons est présenté comme la première figurine autiste de la célèbre franchise de jeux de rôle sur table. Créée par l’autrice Makenzie De Armas, qui est elle-même concernée par le trouble du spectre de l’autisme (TSA), la princesse devenue paladine Asteria fera son apparition dans le supplément à venir The Deck of Many Things.

Son introduction est un événement marquant pour la communauté D&D, ouvrant la voie à plus d’inclusivité. Elle propose aux joueurs et joueuses neurodivergent(e)s de s’identifier à un personnage qui leur ressemble. Et remet en question la perception traditionnelle du jeu de rôle encore trop souvent perçu comme réservé aux profils neurotypiques et masculins.

Asteria, personnage (neuro)atypique

Wizards of the Coast, l’éditeur américain de Donjons et Dragons (D&D), introduit nouveau un personnage nommé Asteria dans sa prochaine publication, The Deck of Many Things. Asteria est le premier personnage TSA dans l’univers de D&D.

Asteria est une princesse devenue paladin qui apparaît dans le The Deck of Many Things, un prochain supplément à venir pour le célèbre jeu de rôle. Asteria est décrite comme « une princesse devenue paladin » et, comme Xanathar, Mordenkainen et Tasha dans d’autres suppléments, elle accompagne le livre en faisant divers commentaires.

Le TSA du personnage n’est pas une simple étiquette, mais influence ses actions et ses expériences de manière nuancée. Cette décision est considérée comme une étape importante pour rendre la communauté de D&D plus inclusive.

The Deck of Many Things

Le Deck of Many Things est un ensemble de deux livres et d’un jeu de cartes développant l’artefact magique vu ailleurs dans Donjons et Dragons. Le jeu de cartes lui-même contient 66 cartes. Parmi elles, 22 se trouvaient dans la version originale. Et 44 sont inédites.

Le Book of Many Things offre des options pour intégrer ce jeu de cartes dans vos parties. Le Guide de Référence des Cartes détaille comment utiliser chaque carte pendant une partie de Donjons et Dragons.

Donjons et Dragons - Deck of Many Things

TSR ? TSA

Il ne faut pas confondre TSR, qui a lancé Donjons & Dragons il y a bientôt… 50 en 1974, et TSA, qui signifie Trouble du Spectre Autistique. On pourrait aussi dire « autisme », mais le champ de l’autisme est tellement différent, tellement varié, qu’on préfère parler de TSA.

👉 À lire également : Ludothérapie pour l’autisme : L’éveil par le jeu.

L’évolution de D&D

Donjons et Dragons a parcouru un long chemin depuis sa création dans les années 1970. Perçu à l’origine comme un jeu destiné aux personnes blanches, masculines et neurotypiques (= qui ne sont pas affectées par un TSA, des TDAH ou des troubles dys-), depuis quelques années, le jeu est devenu plus inclusif et accueille une base de joueuses et de joueurs diversifiée. En témoigne l’introduction d’Asteria, un personnage qui non seulement diversifie la narration, mais rend également le jeu plus compréhensible pour les personnes autistes.

À lire également : Les joueurs neurodivergents trouvent une place à la table de jeu.

Le processus de création

Makenzie De Armas, la créatrice d’Asteria, souligne que l’autisme du personnage n’est pas un simple « ruban » ajouté par souci de diversité. Il fait partie intégrante de sa personnalité et de ses actions. Par exemple, le livre mentionne l’hyperfocalisation d’Asteria sur un puzzle au point qu’elle en oublie de manger. Ce niveau de détail ajoute de la profondeur au personnage et le rend compréhensible pour ceux qui vivent des expériences similaires.

L’impact sur la communauté

L’introduction d’Asteria devrait trouver un écho auprès d’une nouvelle génération de joueuses et de joueurs de D&D en quête de représentation et d’inclusion. Des organisations telles que Baltimore’s Child, The School Library Journal et l’association australienne Autism Actually ont souligné les avantages que les jeux de rôle sur table peuvent offrir aux personnes présentant un TSA.

L’avenir des jeux inclusifs

L’introduction d’un personnage autiste comme ici dans The Deck of Many Things n’est pas seulement un événement ponctuel, mais signifie une tendance plus large de l’industrie du jeu de rôle vers l’inclusion. Elle remet en question les normes traditionnelles et ouvre de nouvelles voies pour la narration et le développement des personnages.

👉 À lire également : Le jeu de rôle dur à queer.

Des perspectives uniques :

🧠 L’autonomisation par la neurodivergence : Le personnage d’Asteria démontre que la neurodivergence peut être une source d’autonomisation plutôt qu’une limitation.
📖 Remise en question des récits traditionnels : L’introduction d’Asteria remet en question l’idée reçue selon laquelle D&D n’est pas adapté aux personnes autistes en raison de ses aspects sociaux.
🛠️ Le rôle des autrices et des auteurs : Les expériences personnelles de concepteurs tels que Makenzie De Armas peuvent grandement influencer la création de personnages plus inclusifs.

Conclusion

L’introduction du personnage Asteria n’est pas un coup d’épée dans l’eau, mais l’illustration d’une tendance de fond. Elle s’inscrit dans une volonté plus large de Wizards of the Coast et de l’industrie du jeu de rôle de se montrer plus inclusifs.

D’autres initiatives vont dans ce sens. Comme l’organisation Autism & Gaming qui promeut l’accessibilité des jeux aux personnes neurodivergentes. Ou encore la maison d’édition Monte Cook qui travaille sur des adaptations de jeux de rôle pour les rendre plus inclusifs.

La représentation positive de profils diversifiés dans l’univers ludique ouvre de nouvelles perspectives. Joueurs et joueuses y trouvent un environnement où s’épanouir. Et cette inclusion croissante devrait avoir un impact social positif. En favorisant la compréhension et l’empathie entre individus au-delà des différences.

La sortie de ce supplément pour Donjons et Dragons est annoncée, en VO, pour le 15 novembre de cette année pour la « modique » somme de 100 dollars, comprenant le deck et le livre.


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Article écrit par Andariel, chroniqueuse et rôliste (JDR, GN) queer qui se consacre au jeux de rôle, aux jeux narratifs et aux sujets LGBTQ+. Elle s’implique pour valoriser la présence des personnes marginalisées dans l’industrie du jeu.


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2 Comments

  • Axel Melchior

    Lourd. Je suis dyspraxique et j’ai jamais eu de mal à y jouer. C’est cool qu’il y ai un perso autiste mais faut pas en faire de la politique.

  • Milton

    Bonjours.
    Jouant et maitrisant à DD quasiment depuis sa crétion (j’étais alors TRES jeune), je suis extrêmement heureux du succès de cette auteure.
    Pour le reste,ma réction à l’article est plus ‘nuancée’.

    Aussi loin que je me souvienne, il ya a TOUJOURS eu dans nos rangs des femmes et des ‘personnes de couleur », en tant que joueur -euses) que de MJ.
    A nos débuts, le jeu n’était pas tant populaire auprès des ‘blancs’ que des ‘Geeks and Freaks’, c’est à dire que des personnes en général les moins ‘populaires’ qui trouvaient là un moyen de se réunir et de faire vivre leur imagination.

    Nous n’avons JAMAIS été extrêmement ‘typiques’, et pour tout dire, notre loisir était plutôt une occasion de nous stigmatiser pour nos petits camarades (voire de nous casser le gueule de temps en temps…)
    .
    Les années 80 nous ont offert la ‘panique satanique’ venue des USA. Les journaux ont commencé à s’intéresser à nous à l’occasion de plusieurs drames, nous assimilant à un mouvement ‘sectaire’ (occulto satanique?!?). Bref, c’est à cette époque qu’une grande part des clubs (existant à l’école ou fournit par les municipalités ont dû fermer grâce à ces soupçons), et la pression de nombreuses familles inquiètes ont éloigné de nombreux joueurs du loisir.

    Dans les années 90, nous avons vécu une autre ‘mode’ intéressante, liant Tolkien au Nazisme (ce qui est amusant car il avait envoyé les Nazis se faire f…e, alors qu’il était encore un écrivain assez méconnu et aurait pu devenir un best seller en Allemagne de l’époque).
    Nous sommes finalement devenus ‘à la mode’, et après avoir été décrié, notre loisir fait des émules. Très bien

    La rançon de la gloire est qu’il semble maintenant y avoir une version ‘correcte de jouer et de publier’, qui doit éviter éviter tout soupçon de racisme, sexisme, ‘ableisme’, genrisme…’inclive et diverse’, tant que cela n’implique pas une diversité … d’opinions différente (Hérésie !).

    Bref, il m’arrive de regretter les branlées que m’infligeaient mes bons vieux bullies. Rendez moi mon maire de village me regardant comme un sataniste, et mes potes de fac récitant doctement que Jdr= Nazisme…

    Donc, pour repartir sur l’article, ce n’est pas que l’on n’a pas l’habitude de se faire cracher dessus, mais…comment dire… en général, ce n’était pas parce qu’on était des réprésentants direct de la Bourgeoisie blanche patriarcale neurotypique cis genrée…

    Pour terminer, le nombre de personne dans le spectre autistique jouant a DD (entre autre) est assez énorme, depuis le commencement. Et j’en suis.

    Et c’est là qu’intervient le paradoxe. Vous parvenez à la fois à glorifier notre hobby, tout en insultant son public, et à magnifier la réussite provenant de ses ‘marges’ en omettant de comprendre que ces ‘marges’ SONT le coeur du public, et ce depuis le DEBUT….(parce que les ‘Geeks and Freaks’, c’est un milieu DE ‘neuroatypique’, pour réutiliser votre terme…)

    Alors, certes, on ne pense pas ‘comme il faut’, depuis toujours, et c’est malheureusement un peu notre marque de fabrique…Parfois, cela peut plaire, et c’est très bien.

    Mais quand cela n’est pas le cas, vous auriez le gentillesse de sortir de la longue file de nos contempteurs habituels ? Merci.

    Nous ne somme pas spécialement un ‘bastion blanc’ gardiens d’un pré carré quelconque.
    Ou traditionalistes.
    Ou occultistes.
    Ou satanistes.
    Ou Nazi.

    Donc,salut, et encore merci pour le poisson.

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