Analyses & psychologie du jeu,  Jeux de rôle

Le jeu de rôle, remède contre l’anxiété

Le jeu de rôle peut devenir une excellente façon d’aider à gérer son anxiété et améliorer ses compétences sociales.


Le jeu de rôle, contre l’anxiété

Les jeux de rôle permettent aux participantes et participants d’interagir avec d’autres personnes en assumant le rôle d’un autre. Ces jeux peuvent être utilisés pour apprendre à communiquer efficacement, à travailler en équipe et à résoudre des problèmes, tout en s’amusant. Et réduire une certaine forme d’anxiété.

Les jeux peuvent être adaptés pour les adultes et les enfants, selon leurs besoins spécifiques. Les jeux de rôle permettent aux participantes et participants de faire l’expérience des conséquences possibles liées aux choix qu’ils font, ce qui permet une meilleure prise de conscience des situations sociales.

Ces activités peuvent également amener les participants à penser par eux-mêmes et à prendre des décisions basées sur leur propre expérience personnelle. En outre, cela aide à amener une prise de conscience accrue des sentiments des autres et peut contribuer à réduire l’anxiété sociale chez ceux qui participent aux jeux.

Les jeux de rôle de table sont une forme de divertissement né dans les années 70 et qui connaît depuis une accélération, une effervescence mondiale. La seconde moitié du XXe siècle a vu la popularité des jeux de rôle tels que Donjons et Dragons augmenter considérablement. Les jeux de rôle se sont inspirés des jeux de stratégie et aux wargames historiques.

Ils se sont imposés parmi les enfants des années 1970 et 1980 (comme moi) en grande partie parce qu’ils intégraient une esthétique de fantasy, récemment popularisée par des auteurs comme Tolkien et ses contemporains. Mais pas seulement. De nombreux autres univers sont déclinés en jeux de rôle, à l’instar de Blue Rose.

Au fil du temps, les jeux de rôle comme Donjons & Dragons ont suscité pas mal de controverses. Si vous avez regardé la dernière saison de Stranger Things, vous savez de quoi je parle. On y retrouve un peu la… panique morale entourant le jeu et les personnes qui le jouaient pendant les années 1980. Une partie de cette panique n’a jamais vraiment disparu et persiste encore aujourd’hui.

De l’histoire vraiment ancienne

Mais.

Toutes les affirmations qui composaient la soi-disant panique satanique se sont finalement révélées être sans fondement, bien sûr. Mais la réputation des jeux de rôle repose sur les clichés, crétins, qu’ils sont réservés à des… losers, des marginaux. Comprenez par-là, une personne qui est considérée comme étant à la marge de la société, en raison de sa situation sociale, économique ou culturelle. Comprenez par-là, quelqu’un qui faisait du jeu de rôle, dans les années 80. Quel cliché !

Mais depuis ce vendredi 11 novembre, tout ça, c’est de l’histoire ancienne !

Une étude récente publiée dans la revue Social Work with Groups a suggéré que les jeux de rôle peuvent réduire l’anxiété et améliorer les compétences sociales.

Pour mieux comprendre de quoi on parle ici, l’anxiété est une réaction émotionnelle et physique à une situation perçue comme potentiellement menaçante. Cela peut se manifester par une inquiétude ou un sentiment de malaise, qui peut être accompagné d’un certain nombre de symptômes physiques tels que la transpiration, le tremblement, une hausse de la pression artérielle, des palpitations et une augmentation du rythme cardiaque.

L’anxiété peut être le résultat d’un certain nombre de facteurs, notamment des situations stressantes, des traumatismes passés, des problèmes de santé mentale, des troubles de l’humeur ou des problèmes physiologiques. Les personnes qui souffrent d’anxiété peuvent également être plus susceptibles de développer des maladies physiques, telles que l’hypertension et les maladies cardiovasculaires.

La recherche

L’étude sur le jeu de rôle et son impact sur l’anxiété, menée par le groupe Bodhana et l’Université Harrisburg of Science and Technology, a impliqué 25 adultes répartis en cinq groupes qui se sont réunis virtuellement une fois par semaine pendant 12 semaines entre mai 2020 et février 2021.

Les participantes et participants ont joué à un jeu de rôle à chaque séance et ont été évalués selon différents facteurs sociaux et anxiogènes.

Les données recueillies ont montré une diminution moyenne de l’anxiété auto-rapportée et une augmentation des scores de compétence sociale chez les participantes et participants, bien que certains groupes aient montré plus d’amélioration que d’autres pour certains types d’anxiétés.

De plus, les participantes et participants étaient satisfaits de leur expérience globale du groupe. Ce qui suggère qu’ils trouvaient agréable le développement des liens sociaux avec le jeu de rôle.

Bien que cette étude soit limitée par sa taille relativement petite, elle confirme toutefois ce que nous savions déjà : passer du temps ensemble autour d’un bon jeu est aussi divertissant que souvent bénéfique pour le mental.

Cette étude publiée le 11 novembre 2022 vient s’ajouter à d’autres précédentes recherches, qui démontrent toutes des apports, sociaux, psychologiques, favorables du jeu de rôle

👉 Défier dragons et démons : les perspectives des pratiquants sur la récupération de la santé mentale dans les jeux de rôle. 21 décembre 2020.

👉 Les jeux de rôle comme intervention thérapeutique avec des adultes pour augmenter la connexion sociale. 15 mai 2021.

👉 Laissez vos clients combattre des dragons : une évaluation rapide des preuves concernant l’utilité thérapeutique de « Donjons et Dragons ». 4 décembre 2021.

La prochaine fois que vous faites une partie de jeu de rôle, dites-vous que c’est pour votre bien ! Mental, social.


Article écrit par Gus. Rédacteur-en-chef de Gus&Co. Enseigne à l’École supérieure de bande dessinée et d’illustration, travaille dans le monde du jeu depuis 1989 comme auteur et journaliste.


Et vous, quelle est votre expérience avec le jeu de rôle et comment a-t-il affecté votre vie ? Racontez-nous ça, ça nous intéresse.

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One Comment

  • tapimoket

    J’ai démarré le JDR au tout début de son lancement (années 80). C’était mal vu par le public non initié car les rumeurs allaient bon train. Des rumeurs qui accusaient ce type de jeu comme provoquant de la paranoïa, de la schizophrénie, dédoublement de personnalité et autres conneries. Ça fait 35 ans que je pratique et ma santé mentale va très bien (sauf dans Cthulhu). Bien au contraire, il m’a permis socialement d’avoir des amis avec des liens forts qui ont duré dans le temps et professionnellement de savoir prendre la parole en public et d’improviser rapidement des réponses. C’est aussi un bon moyen d’évasion et d’expression à moindre coût.

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