Jeux de plateau

Le patron de The Broken Token démissionne

L’industrie du jeu de société n’est pas épargnée par des affaires de harcèlement. Le cas de The Broken Token.


The Broken Token

Malheureusement, comme d’autres secteurs d’activité, ce n’est pas parce que des sociétés fabriquent, vendent ou créent du jeu de société qu’elles sont épargnées par des affaires de harcèlement. Nous vous le révélions il y a quelques temps, suite à un article publié sur Medium le 18 août par l’une de ses employées, le fabricant d’accessoires pour jeux de société Broken Token est dans la tourmente.

Et suite à cette affaire, c’est ce jeudi 2 septembre sur Twitter que le PDG de The Broken Token a annoncé sa démission.

Greg Spence, le PDG et fondateur de The Broken Token, a ainsi annoncé qu’il quitterait ses fonctions de PDG à compter d’hier, vendredi 3 septembre.

Une démission qui survient après que des allégations d’agression sexuelle ont été rapportées dans l’article sur Medium rédigé par Ashley Taylor, une ancienne employée, affirmant qu’elle aurait eu des relations sexuelles inappropriées alors qu’elle travaillait dans l’entreprise. L’article est plus qu’explicite.

Deux ajours après cet article, le patron de Broken Token s’en est défendu et a nié ces allégations.

Les allégations de harcèlement se sont toutefois répandues dans l’industrie du jeu de société, et de nombreux éditeurs de jeux de société ont commencé à rompre les liens avec The Broken Token, comme Cephalofair Games, éditeur de Gloomhaven, Evil Hat Productions, Bezier Games, Floodgate Games, Iello et d’autres qui détenaient un accord avec The Broken Token pour créer des inserts pour leurs jeux.

Depuis environ deux semaines après son démenti, le patron de Broken Token Greg Spence semble avoir quelque peu changé sa position. Il a admis la relation, qu’il qualifie de «consensuelle», et son caractère inapproprié, et s’en est par la suite excusé. Cependant, il nie toujours les allégations de harcèlement et de menaces dirigées contre son ancienne employée Mme Taylor.

Sa déclaration a également indiqué qu’« à la lumière de ces événements », The Broken Token devra réduire son personnel de 23 employés à 10.

Les activités de l’entreprise sont désormais confiées à Kelsey Royer. Il semble que Spence ne quitte pas réellement l’entreprise, ou ne la vende à un nouveau propriétaire, c’est juste qu’il continue à y travailler, mais moins. Comme aucune plainte pénale ou civile n’a été déposée par l’ancienne employée, ni par d’autres de l’entreprise, Spence peut continuer à travailler au sein de sa société.

The Broken Token a été fondé en 2013 après avoir créé un insert en bois pour le jeu de société King of Tokyo. Ces inserts permettent de placer tout le matériel du jeu dans la boîte, pour mieux le ranger et l’organiser. Le succès fut au rendez-vous, et The Broken Token s’est mis à en créer pour d’autres jeux.

Aujourd’hui, à la lumière de cette affaire, des excuses et des changements au sein de la société, reste à savoir si les éditeurs de jeux de société seront prêts à renouer ou à maintenir les liens qui les unissent avec The Broken Token.

Rappelons que cette affaire de harcèlement n’est pas la seule, ni la première qui touche l’industrie du jeu de société. Il y a une année, c’est le co-fondateur du célèbre jeu Cards against Humanity qui a démissionné, suite à des allégations de comportements inadéquats, et toxiques, avec certaines de ses employées.

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