- Le coronavirus s’étend dans 68 pays, causant près de 90’000 cas de personnes infectées et plus de 3’000 décès à travers le monde
- De nombreux pays, comme la Suisse et la France, ont décidé d’interdire des rassemblements importants de personnes, causant l’annulation ou le report de manifestations majeures (Salon de l’Automobile de Genève, Salon du Livre de Paris…)
- L’activité industrielle chinois est au plus bas, ce qui va avoir un impact direct sur la production mondiale, comme les jeux de société, entre autres
Cet article est une mise à jour de l’article paru il y a plus d’un mois, le 26 janviers 2020
Le 31 décembre 2019, les autorités sanitaires de la ville chinoise de Wuhan, dans le centre du pays, ont communiqué être aux prises avec des cas de pneumonie étrange. Quelques temps plus tard, les médecins découvrent qu’il s’agit en réalité d’un coronavirus. Ce coronavirus s’appelle ainsi parce qu’il ressemble à une… couronne
Covid-19 fait penser à un rhume, avec quelques symptômes habituels d’une grippe : maux de tête, fièvre, toux. Si les symptômes sont aigus, le virus peut tomber dans les poumons et tourner alors en pneumonie, ce qui peut alors compliquer la situation. Et dans certains cas, très rares pour l’instant, 2 à 3%, cette pneumonie peut alors s’avérer mortelle, surtout pour les personnes de plus de 60 ans aux défenses immunitaires et à l’organisme plus fragiles
Le nombre de personnes infectées par le coronavirus dans le monde s’approche des 90’000, et il vient de dépasser les 3’000 morts. De nombreux pays sont touchés, 68 pour l’instant, avec l’Italie qui vient d’annoncer 1’700 cas et qui représente le foyer infectieux le plus important d’Europe. Vous pouvez cliquer ici pour voir la carte mondiale des cas en temps réel réalisée par l’université de Johns Hopkins aux US
Pour freiner la propagation du virus, la Suisse a annoncé ce vendredi 28 février interdire les rassemblements de plus de 1’000 personnes, pareille pour la France pour les événements de plus de 5’000 personnes. Parce qu’en l’état, il n’y a pas de vaccin. Le seul moyen de ralentir et d’espérer éradiquer le virus, c’est faire comme lors de l’épidémie du SRAS en 2003-2004, de limiter les contacts, les rassemblements, la contagion
Il faut peut-être relever qu’avec les transports mondialisés contemporains, tel que l’avion ou les croisières, ce tout nouveau virus est en train de faire le tour de la planète. On se croirait dans le tout récent scénario Time Stories, Le Projet Hadal… Ou dans une vraie et vilaine partie de Pandémie…
Tout a donc commencé en Chine fin décembre 2019, dans la ville de Wuhan. Les scientifiques pensent que la souche de ce virus provient d’une chauve-souris, qui aurait ensuite infecté un pangolin. La maladie se serait alors transmise à l’être humain. Depuis, on a établi que ce coronavirus se transmet entre être humains via les gouttes de salive : toux, éternuements, postillons, et également par les mains si elles ont été en contact avec la salive, pour autant qu’on mette ensuite ses propres mains au visage
Et comble de malheur, cette pandémie est intervenue au pire moment de l’année pour les Chinois, et pour nous ! En effet, c’est juste en plein milieu du Nouvel-An chinois que le coronavirus s’est déclaré. Au moment des flux migratoires les plus massifs de la planète, avec des millions d’individus qui se déplacent en même temps à l’intérieur du pays pour partir retrouver leur famille pour ces quelques jours de célébration. Chose inouïe, le gouvernement chinois a alors aussitôt pris la décision de supprimer les festivités du Nouvel-An dans plusieurs villes, dont la plus importante, Shanghai. Et de placer un grand nombre de sa population en quarantaine dans plusieurs villes et régions
Tout ça pour réduire, gérer, contrôler, limiter, empêcher le plus possible les flux migratoires et gros rassemblements et donc, les transmissions. Tant que le virus reste confiné, on réduit ainsi toute contagion et propagation massives du virus. C’est en tout cas ce qui a fonctionné avec l’épidémie de SRAS en 2003. Le SRAS, également un coronavirus assez similaire à celui qui secoue actuellement la planète
Et les jeux de société, dans tout ça ?
Mais pourquoi parler du coronavirus sur notre blog ???
Depuis juillet 2019, nous avons introduit deux nouveaux éléments dans toutes nos critiques de jeux. Deux éléments qui paraissent cruciaux à nos yeux : l’étiquette écologique du jeu, communément appelé l’EcoScore, ainsi que le lieu de fabrication, d’assemblage du jeu. Les deux vont évidemment de pair. C’est ce second élément qui nous intéresse ici aujourd’hui
En suivant le fil régulier de nos critiques, vous avez pu relever un point commun entre la plupart des jeux chroniqués : la très, très grande majorité des jeux de société auxquels nous jouons en Europe est produite, assemblée en Chine
Vous devinez la suite
À cause de ce coronavirus, des quarantaines imposées et de la situation d’urgence sanitaire, certaines villes chinoises se muent en ville fantôme. Les gens évitent de sortir de chez elles pour éviter d’être contaminées
La très, très grande majorité des jeux de société auxquels nous jouons en Europe est produite, assemblée en Chine.
Jetez un œil à cette vidéo, la situation est hallucinante !
Aujourd’hui, la chute de l’activité manufacturière en Chine est confirmée ! Un indice indépendant, tombé au plus bas niveau jamais enregistré, a confirmé lundi l’effondrement de l’activité manufacturière en Chine en février, reflet de la paralysie provoquée par l’épidémie du nouveau coronavirus
Les restrictions de circulation et les mesures de confinement drastiques imposées par les autorités ont paralysé l’industrie chinoise et compliquent le redémarrage des usines, toujours privées d’une grande partie de leurs ouvriers
Les mesures de confinement drastiques imposées par les autorités ont paralysé l’industrie chinoise et compliquent le redémarrage des usines
Une situation qui risque de poser un réel souci pour la production et l’approvisionnement des jeux sur les étagères de nos boutiques préférées de notre côté-ci de la planète ! Et pas de que les jeux, bien sûr. Il suffit d’inspecter les étiquettes des habits que nous portons en ce moment-même. La plupart indiquent certainement… Made in China
D’un point de vue économie et écologique, ce nouveau coronavirus Covid-19 aura peut-être une incidence indirecte majeure. Il finira par modifier la production mondiale et mondialisée qui se repose sur la Chine comme premier pays producteur. En utilisant la Chine comme… plaque tournante, avec le coronavirus, ce modèle est terminé
En utilisant la Chine comme… plaque tournante, avec le coronavirus, ce modèle est terminé
En plus des personnes infectées par la maladie, l’un des aspects les plus effrayants de cette crise n’est pas les dommages économiques à court terme qu’elle cause, mais la perturbation potentielle à long terme des chaînes d’approvisionnement
Les constructeurs automobiles chinois et les usines chimiques ont signalé plus de fermetures que d’autres secteurs. Les informaticiens n’étaient pas revenus dans la plupart des entreprises la semaine dernière. Les sociétés de transport maritime et de logistique ont signalé des taux de fermeture plus élevés que la moyenne nationale chinoise. Les effets d’entraînement de cette grave perturbation se feront sentir dans les chaînes d’approvisionnement mondiales des pièces automobiles, de l’électronique et des produits pharmaceutiques pour les mois à venir
Et on le voit déjà avec les masques de protection ! Certaines pharmacies sont en rupture, et elles ne peuvent plus en obtenir, car ces masques sont tous fabriqués en Chine
Ce coronavirus annonce peut-être le chant du cygne chinois. Des entreprises commencent à se tourner vers d’autres pays pour leur production, comme le Mexique par exemple
Un arrêt massif de la production, c’était déjà une réalité avant sans le coronavirus. Et les éditeurs de jeux devaient faire avec. Le Nouvel-An chinois implique en effet chaque année une fermeture complète des usines pendant une à deux semaines. Rien n’est produit, rien n’est acheminé. Les éditeurs doivent alors bien anticiper, jongler avec ce jalon du calendrier chinois. Pour les éditeurs de jeux de société qui font produire en Chine, la très, très grande majorité d’entre eux, cet événement représente une sacrée épine logistique dans le pied. Surtout avec Cannes qui déboule quelques semaines plus tard
Avec ce coronavirus et la situation qui empire, avec de nouveaux cas décelés chaque minute, chaque seconde, les chaînes d’assemblage risquent fort de rester muettes pour un certain temps. Les employés, et on les comprend, vont en effet préférer rester à la maison, au chaud et en sécurité, plutôt que de se retrouver potentiellement en contact avec le virus
Nous ne sommes pour l’instant pas au courant si une usine de fabrication et d’assemblage de jeux de société se trouve dans les villes placées actuellement en quarantaine, dont Wuhan. Mais ce que l’on sait, c’est que l’usine de Whatz Games se trouve à Shanghai
Avec ce coronavirus et la situation qui empire, avec de nouveaux cas décelés chaque minute, chaque seconde, les chaînes d’assemblage risquent fort de rester muettes pour un certain temps.
Allez faire un tour sur un « petit » échantillon du catalogue de Whatz Games, vous verrez à quel point c’est l’un des fabricants majeurs du jeu de société : 7 Wonders Duel, c’est eux. King of Tokyo, c’est aussi eux. Tous les jeux Super Meeple ou Origames, ce sont eux aussi !
Avec une production industrielle chinoise qui fonctionne au ralenti, dans le meilleur des cas, que va-t-il se passer avec la production et l’exportation des jeux de société ? Et quid des jeux financés sur Kickstarter et très souvent produits en Chine ? En toute logique, le temps que la situation sanitaire se tasse et s’améliore (si ça arrive un jour…), on peut s’attendre à de gros et sérieux retards, voire même des annulations de certains titres si les usines ferment pour une longue durée
Toute cette situation inquiétante représente peut-être un bon enseignement pour les éditeurs de jeux de société. Qu’il suffit de faire produire un jeu en Europe pour éviter ce genre de soucis lié à la mondialisation
Mais ce n’est pas aussi facile que cela. Vous l’avez certainement remarqué, dans toutes nos chroniques nous plaçons le terme « assemblé en », et non « produit en ». Une nuance qui a tout son poids
En effet, quand un jeu indique sur sa boîte « made in Poland », ou « Made in Germany », ce n’est pas aussi simple que cela. D’où proviennent les encres utilisées pour imprimer les cartes et le plateau ? Qui a produit le thermo présent dans la boîte ? Est-ce que les meeples viennent vraiment de Pologne ou d’Allemagne ? L’indication « fait en… » indique le lieu final d’assemblage. Il est justement question d’assemblage. La plupart des fabricants européens commandent des pièces par-ci par-là, notamment en Chine. Une fois arrivés, l’usine ne fait alors qu’assembler le tout pour la mise en boîte
J’imagine que la plupart des éditeurs de jeux de société qui font produire en Chine, Asmodée (et donc FFG, Space Cowboys, Days of Wonder, Repos Prod…), IELLO, Super Meeple, etc. doivent être à l’heure actuelle en pleine inquiétude : où en est la production de leurs jeux ? Que va-t-il se passer avec le réassort, ainsi qu’avec leurs nouveautés attendues et annoncées ?
Produire un jeu, ou n’importe quel produit en réalité, sans passer par la Chine et sa grande expertise et faibles coûts de main d’oeuvre, de matériel, devient un rapide casse-tête. Avec la mondialisation, quand la Chine tousse, c’est le monde entier qui a peur de tomber malade. Aujourd’hui, avec ce nouveau coronavirus, c’est avéré
Avec la mondialisation, quand la Chine tousse, c’est le monde entier qui a peur de tomber malade.
