Dungeon Hoard, ou quand l’escroquerie s’empare aussi des jeux de société

Temps de lecture: 2 minutes

La campagne de Dungeon Hoard, un jeu de société lancé sur Kickstarter, vient tout juste d’être annulée car le jeu appartenait en réalité à… quelqu’un d’autre

Dans le monde du jeu de société, il paraît parfois extrêmement difficile de protéger un jeu. Certains jeux et mécanismes en inspirent bien d’autres. Le cas bien connu de Caylus (hello la réédition de 2019 !) qui a lancé une palette de jeux de placement d’ouvriers plus tard. Ou les Loups-Garous de Thiercelieux, qu’on a longtemps accusé d’avoir copié un jeu russe (Mafia).

Même le tout récent Werewords, nommé au Spiel 2019, est supposé être une pâle copie d’un jeu japonais nommé Insider sorti trois ans plus tôt, obligeant l’éditeur américain de Werewords de se fendre d’un communiqué pour se justifier

Ou s’arrête l’inspiration et quand commence la copie? Voire pire, l’escroquerie ?

Dungeon Hoard, histoire (fumeuse) d’une escroquerie

L’éditeur White Helm Games a lancé il y a quelques jours sur un Kickstarter un petit jeu de cartes, Dungeon Hoard. Mais ce Kickstarter vient tout juste d’être annulé

Après avoir levé 388 dollars sur son objectif de 5’500, les backers du projet se sont finalement rendu compte que le jeu existait déjà. Pour de vrai. Chez le même éditeur

Un éditeur qui décide de relancer le même jeu pour une réédition sur Kickstarter, c’est possible ? Oui, ça se fait parfois

Sauf que

Et c’est là que l’histoire devient désopilante / lamentable / piquante / horrible (rayez les mentions inutiles), l’éditeur du jeu White Helm Games n’a jamais lancé cette campagne

Un ou une imposteure s’est fait passer pour l’éditeur du jeu pour lancer une campagne bidon sur KS, pour ensuite empocher le pactole, au minimum 5’000 USD si le montant avait été atteint

Le ou la voleuse a donc volé à la fois le jeu et le nom de l’éditeur pour lancer sa campagne et tenter d’arnaquer les backers

Pourquoi s’arrêter en si bon chemin

L’arnaqueur ou arnaqueuse a lancé une autre campagne pratiquement en même temps pour un autre jeu, également copié / volé, Christ is Born (Jésus est né… Euh, un jeu de société sur… Jésus ? OK)

Sauf que là aussi, ce jeu existe déjà chez un vrai éditeur. Et comme pour Dungeon Hoard, le campagne a été aussitôt annulée suite à des plaintes de backers

Ce qu’on retiendra de toute cette affaire

S’inspirer de mécaniques déjà existantes, les épaules des géants, tout ça, tout le monde le fait dans le monde de la création. Copier, remixer, s’inspirer, on en parle souvent ici. Mais reprendre un jeu en entier, se faire passer pour l’auteur et l’éditeur en usurpant leur identité et tenter de lever de l’argent sur KS en abusant de la confiance des joueurs, là c’est autre chose. C’est de l’arnaque pur

3 responses to Dungeon Hoard, ou quand l’escroquerie s’empare aussi des jeux de société

  1. Alex says:

    Côté ransom game aussi il y a la campagne KS d’unbroken ou l’éditeur a envoyé les copies US/Can pour éviter les poursuite et demande une ransom pour envoyer les jeux au backer d’Europe et du ROW. Maquillé par des fdp mal géré mais au final 7000 copies en retail (et sur Amazon) avant que les backer ait quoi que a soit (Ha si un pnp….)

  2. Rhialto says:

    Il y a aussi eu cette histoire avec Megara Entertainment, qui a lancé plusieurs campagnes Kickstarter en sachant pertinemment qu’elle ne pourrait pas les honorer (l’objectif étant de financer d’autres activités déficitaires de la société) … .

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