Preview : Desperados of Dice Town, le nouveau Dice Town

Crédit photo Auré
Crédit photo Auré

Gus&Co a l’immense plaisir d’accueillir un nouveau membre dans sa Team, la mirobolante et pimpante Auré. Elle signe ici son tout premier (excellent) article sur la preview de Desperados of Dice Town qu’elle a eu la chance de tester en grande avant-première, quelques 2d6 semaines avant sa sortie officielle. Attention, même si le matériel fait « pro », le jeu que vous verrez ici est encore un proto.

Desperados of Dice Town n’est pas une extension de Dice Town mais un autre jeu situé dans le même univers: le Far West où règne la loi du plus fort et du plus fourbe…

Un jeu de Bruno Cathala et Ludovic Maublanc – oui, oui, comme Dice Town – illustré par Pierô et édité par Matagot. 2-4 joueurs dès 8 ans, environ 7-10mn par joueur.

Comme son nom l’indique, c’est un jeu de dés. Et que faut-il faire de ces dés? Libérer son gang de desperados de la prison où il a été écroué au grand complet. Le vainqueur est celui qui a rendu la liberté à tout son gang tout en étant simultanément le plus riche (ou le moins pauvre…).

Chaque joueur est à la tête de l’un de ces gangs de 5 malfrats, reconnaissables à leur style vestimentaire. Ci-dessous, les Mexicains. (Ce jeu n’est pas édité par Repos Prod, comme ces beaux sombreros pourraient le laisser penser, mais par Matagot.)

 

Crédit photo Auré
Crédit photo Auré

Un pictogramme identifie chaque personnage-type, qui se retrouve dans chaque gang. Ainsi, il y a, du moins puissant au plus puissant: la bouteille, le poing, le poignard, le pistolet, et les deux pistolets.

Plus le personnage est puissant, plus il est difficile à sortir de prison. Mais plus il est difficile à sortir de prison, plus il causera de dégâts aux adversaire une fois qu’il sera sorti de prison…

En effet, le personnage-bouteille (l’homme à tout faire? le bon à rien?) ne nécessite que deux « actions » pour être libéré, alors que le personnage aux deux pistolets (l’adjoint du patron? le grand méchant?) en nécessite six.

Au début de la partie, les personnages sont placés face prison, le numéro le plus élevé représentant le nombre d »actions » à accomplir pointé vers le haut. Ci-dessous, la disposition du matériel d’un joueur au début de la partie:

 

Crédit photo Auré
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Les pouvoirs des personnages sont identiques d’un gang à l’autre, sauf en ce qui concerne le personnage le moins puissant qui dispose d’un pouvoir unique. Celui de Pedro le Mexicain est ainsi de gagner de l’argent.

Crédit photo Auré
Crédit photo Auré

Chaque joueur débute la partie avec 200 dollars représentés par des jetons de poker – n’oublions pas que nous sommes dans un Saloon du Far West! – et puisqu’il n’y a à priori pas moyen d’en gagner, il va falloir éviter d’en perdre!

Et comment perd-on de l’argent, ou plutôt comment en fait-on perdre à ses adversaires? Exactement comme au jeu de fléchettes du killer: en étant le premier à avoir complété un objectif afin d’attaquer, par la répétition de celui-ci, les joueurs qui n’ont pas encore atteint ce même objectifs.
Ainsi aux fléchettes, les joueurs qui ont « fermé » le 19 (exemple pris au hasard) en l’atteignant avec 3 fléchettes peuvent faire perdre 19 points aux joueurs qui ne l’ont pas encore fermé, en l’atteignant à nouveau avec une fléchette.

Dans Desperados of Dice Town, la libération d’un personnage protège contre l’attaque de son équivalent d’un gang ennemi. Or, ces attaques visent précisément à faire perdre de l’argent. Voilà voilà.

Il n’est pas question de lancer des fléchettes, mais des dés – évidemment. Contrairement à Dice Town, les chefs de gang ne jouent pas simultanément mais chacun leur tour. Les 4 dés, dont 5 faces reproduisent les pictogrammes des personnages et la sixième la fameuse « action » représentée par une étoile, peuvent être jetés trois fois jusqu’à obtention d’une combinaison satisfaisante.

Crédit photo Auré
Crédit photo Auré

La combinaison de dés ci-dessus permet, à choix:

– d’effectuer 2 actions avec le personnage-poing

– d’effectuer 2 actions avec le personnage-deux-pistolets

– d’effectuer 1 action avec chacun des deux personnages mentionnés

Lorsque le personnage est encore en prison, ces actions le font avancer vers la libération; une fois qu’il en est sorti, elles activent son pouvoir qui consiste généralement à faire perdre de l’argent à ses adversaires. Dans l’exemple ci-dessus, si le joueur choisit d’attribuer les deux actions au personnage-poing qui est activé, cela fera perdre 6$ aux joueurs dont le personnage-poing n’est pas encore activé et ne peut donc pas les protéger contre cette attaque.

Le vainqueur est celui qui a rendu la liberté à tout son gang tout en étant simultanément le plus riche. Si un joueur libère tous ses desperados mais n’est pas le plus riche, le jeu continue jusqu’à ce que lui ou un autre remplisse ces deux conditions.

Mais!

Comme dans tout jeu de Maître Cathala qui se respecte, il y a des cartes d’effets spéciaux, qui ajoutent un peu de sournoiserie au jeu puisqu’elles sont gardées secrètes jusqu’à leur activation.

Crédit photo Auré
Crédit photo Auré

Par exemple, le tricheur permet de choisir la face d’un dé. Toutes ces cartes ont des noms évocateurs: dynamite, Winchester…

Comment obtient-on ces précieuses cartes? Avec les dés bien sûr…

– 4 dés identiques permettent de piocher 4 cartes et d’en conserver 2

– 3 dés identiques permettent de piocher 3 cartes et d’en conserver 1

– n’importe quelle autre combinaison de dés permet de piocher une carte

 

Alors que toutes les informations sont visibles – quel joueur a libéré quel personnages, combien d’actions lui manque-t-il pour libérer tel ou tel, etc. – les cartes ajoutent un effet de surprise bienvenu. (Comme dans le récent SOS Titanic du même duo Cathala-Maublanc.)

Desperados of Dice Town est un petit jeu léger et fluide, très agréable. Amusant, mais sans oublier d’être un chouïa tactique. Un petit je-ne-sais-quoi qui rappelle Mr Jack, la possibilité de jouer jusqu’à 4 en plus. Je l’ai trouvé encore plus facile d’accès que son cousin Dice Town: il est expliqué en 2 minutes et compris dès le premier tour de jeu.

Le matériel, ici présenté sous forme de prototype, promet d’être chatoyant grâce aux illustrations du talentueux Pierô (dont on apprend, en zieutant sur un célèbre média social dont je tairai le nom mais qui commence par f, qu’il a réalisé la couverture de la boîte du jeu un jour où il avait la gastro – voilà pour l’anecdote people).

En bref, le matériel est constitué de:

– 5 gangs de 5 desperados dont les membres sont représentés sur 25 tuiles recto-verso format sous-bock

– 4 dés

– des cartes

– des jetons de poker

De quoi l’emporter partout 🙂

Public:

Casual Gamer & Hobby Gamer: oui

Party Gamer: tout dépend de la définition du jeu d’ambiance… l’on ne saute pas dans tous les sens en produisant des bruits incongrus, mais l’on rigole bien quand même!

Core Gamer: probablement pas

+

L’accessibilité du jeu, servie par un matériel aussi fonctionnel que joli.

Le joli matériel, au service du jeu.

Les illustrations de Pierô.

Excellent à 2, à 3, à 4 – bien que procurant (logiquement) des sensations plus tendues en duel.
Un brin de fourberie sournoise qui ajoute un piment bienvenu.
La clarté des règles.
La fluidité.

La sensation qui rappelle le killer, le risque d’un accident de fléchettes en moins.

Le hasard, pour ceux qui n’aiment pas le hasard, présent dans le tirage des dés et des cartes.

La limite à 4 joueurs, alors que c’est le type de jeu léger et amusant que l’on aime sortir à 5, 6…
Résumé:
Un jeu vraiment agréable, qui passe très bien.

Chouette découverte, j’ai hâte qu’il sorte pour l’acheter et y rejouer!

 

12 Comments

  1. Je l’avais testé en version nettement moins avancée il y a une année et ça avait été un bon moment effectivement. je me réjouis de voir ce qu’il donne maintenant.

  2. Quelques renseignements / précisions complémentaires:

    – La boite finale est carrée et sert de piste de dés

    – on ne démarre pas avec 200$ mais 50$ par joueur

    – les dés finaux sont gravés. Il n’y a pas d’autocollant. Et la face action ne présente pas une étoile mais un impact de balle

    – Le jeu de fléchettes correspondant le mieux à Desperados n’est pas le killer, mais le Cricket (tout le jeu a été construit sur cette inspiration là)

    – Au delà de 4 joueurs le jeu n’est pas intéressant pour deux raisons essentielles:
    1: temps d’attente trop long entre chaque tour
    2: possibilité de se faire éliminer en un seul tour trop importante

    Je ne connaissais pas l’anecdote concernant pierô et la couv… faut il y voir une relation avec la teinte dominante de cette image…

    1. Aaaah c’est donc un impact de balle 🙂

      Mea maxima culpa pour la confusion killer\cricket, je joue très souvent aux fléchettes pourtant. Sans doute que le terme  »killer » me paraissait plus approprié au vu du thème…? Bref, désolée.
      En tout cas, le jeu rend très bien cette sensation!!

      1. Content que tu aies apprécié le jeu. ça fait vraiment plaisir.

        Au passage, néanmoins, une prochaine fois, il serait agréable que tu demandes l’autorisation avant de prendre des photos d’un prototype en cours de travail et de les publier. En l’occurrence, là, le jeu était démontré à titre confidentiel dans l’espace de soirées JOCA.

        Merci d’avance

        1. « Confidentiel » pour 100 joueurs à la soirée? Et un envoi en newsletter pour annoncer la preview? Faudrait revoir la définition du terme alors.

          Et demande a été effectuée auprès des organisateurs, comme expliqué par Auré.

          C’est dingue ça, va bientôt falloir montrer son passeport, faire des vaccins et subir des fouilles rectales pour publier des photos de jeux???

          Oui je sais nous journalistes ludiques sommes la lie de l’humanité mais sans nous aucune annonce / info / photo / critique. Même chose que pour Madame Ching http://gusandco.net/2014/01/12/madame-ching-la-nouvelle-collaboration-bruno-cathala-hurrican/. Encore que pour Desperados c’était officiel. Oups pardon confidentiel. Ou officiel. Non confidentiel.

          Je fais mon « boulot » de redac-chef en « protégeant » ma journaliste, mais si vous les auteurs / éditeurs préférez garder le contrôle de l’info sur votre jeu avant sa sortie, le mieux que je peux vous proposer c’est d’éviter d’en parler, ou de le présenter, tout simplement Après faut pas jouer les divas quand c’est publié. Le mieux encore, pour soigner son image, c’est d’éviter de s’en prendre aux journalistes qui transmettent l’info, au péril de leur corps (ils doivent souvent manger des chips pendant les soirées jeux).

          C’est dingue ça, on n’arrête pas de faire plein de pub positive pour des jeux et on se fait ramasser en aval pour certains. Ça refroidit beaucoup ça.

          Bravo Auré pour ton article positif et bien écrit rédigé avec l’accord des organisateurs (qui collaborent avec l’éditeur si je ne me trompe pas)!

          Promis, la prochaine fois qu’on annoncera / parlera d’un jeu de Bruno Cathala on le fera 213 ans après sa sortie, pour éviter toute critique / litige / tensions / conflits / combat à coup de cure-dents araméen.

  3. Je n’attaque pas « ta » journaliste. Au contraire, je lui indique que je suis content de son rédactionnel. Et contrairement à ce que tu dis, il n’y a pas eu d’autorisation pour ce reportage, j’ai vérifié. Je sais bien que tu me diras « mais si » alors c’est mon dernier post, pour éviter la cour de récré.

    Je connais tes arguments (pub, etc…) mais tu refuses d’écouter les miens. Ce n’est pas grave. Effectivement, tu as raisons, les protos ne sortiront que dans des espaces dans lesquels les gens sont les bienvenus pour tester (qu’ils aiment ou pas d’ailleurs), mais savent aussi rester discrets. J’ai plein d’autres lieux de ce genre qui fonctionnent très bien. Et ça n’a rien à voir avec un quelconque problème de diva, mais juste avec un respect de la comm. des professionnels avec lesquels je travaille. Avec des conséquences que tu refuses de comprendre même quand on te les explique gentiment en privé.

    Je t’aime bien quand même..
    mais fais gaffe, mon papa il est plus fort que le tien.

    1. Un respect de la comm ??? Mais WTF ??? Respect de la comm, sérieusement? Quand le jeu est présenté en avant-première à 100 personnes et annoncé sur leur site et newsletter, et demande a été effectuée pour prendre des photos et en parler, tu parles de respect de la comm??? La prochaine fois qu’on voit un jeu tourner, il faudra faire quoi, coucher avec l’auteur / le président de les Français?

      Alors c’est facile de dire « tu refuses d’écouter les miens » et de jouer les divas. Oui je monte au créneau car je trouve vraiment « fort de café » (j’adore cette expression) de sortir le terme de « confidentiel » dans ce cadre-là.

      Et oui JE trouve que tu t’en prends à la journaliste qui là du coup se sent mal. Comme moi je me suis senti mal quand j’ai parlé de ton prochain jeu Madame Ching. En fait c’est fou ça, encore une fois, on essaie de faire « notre job » gratuitement qui plus est, on est à peine payé en bisous, et paf on se fait ramasser. Oui j’attends qu’on nous érige une statue. Ou un pins tiens. C’est bien les pins, surtout si on vit en 1986.

      Et pour ton papa je suis content d’apprendre qu’il est plus fort que le mien, en même temps c’est pas trop difficile, le mien a le cancer et il ne lui reste plus beaucoup de mois à vivre. Mais merci de me rassurer sur le tien hein.

      Après je me réjouis que tu réagisses à mes réactions comme ça ça fera plein de nouvelles réactions réactives et là j’ai la banane ce soir.

  4. Je rejoins Gus, si elle a demandé l’autorisation de prendre des photos et de les montrer, c’est à vos organisateurs de l’événement d’être prévenus de la bourde qu’ILS ont fait. Et plutôt que de passer par les commentaires, il aurait fallu voir ça avec Gus par email.
    Bref,

    Bruno est vraiment une machine à jeux. Comment arrive-t-il à avoir autant d’idées ? et surtout d’idées géniales ?
    J’adore l’univers de Dice Town (et pourtant je suis plutôt gros jeux). Mécanique et illustrations servent parfaitement le jeu et ma famille me demande de le sortir tout le temps. L’extension a super bien marché aussi.

    Je crois que mon neveu va être comme un fou quand on jouera à Desperados of DT. Je vais essayer de garder ça « confidentiel » pour qu’il ait la surprise. mouahahaha (ok ok ok j’arrête :p )

    Y a t il une date de sortie ? Cannes ? (je vais finir par demander à quelqu’un de faire mes courses là bas LOL)

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