Train, un jeu de plateau sur… l’Holocauste. SERIEUX?

ut_brendaromero_f

Brenda Romero (ou Brenda Brathwaite) est connue comme conceptrice de jeux vidéo aux USA. En 2009, elle a créé un jeu de plateau, Train, sur le thème de l’Holocauste, le but étant de placer des pions dans des trains pour les amener dans un camp de concentration. Si le thème est fort, et horrible, le but ici n’est pas de jouer avec l’histoire, mais bel et bien de créer des émotions grâce aux règles du jeu.

Comme l’auteure le dit elle-même sur son site, “Will people blindly follow the rules?” et “Will people stand by and watch?”.

Dans le jeu, les joueurs lisent des instructions sur une machine à écrire. Le plateau central est composé de rails de chemins de fer sur du verre brisé. Des pions, jaunes évidemment, comme l’étoile de David cousue sur les habits des Juifs, représentent les gens. Le but des joueurs est de faire rentrer le plus de pions dans les trains.

Au début du jeu, les gens ne savent pas à quoi ils jouent, ils ne font qu’insérer des pions dans des trains et essaient de le faire le plus efficacement possible. A chaque tour ils reçoivent une destination différente, et quand ils tombent sur Auschwitz les joueurs comprennent aussitôt de quoi il s’agit et qu’ils viennent d’envoyer leurs pions dans les chambres à gaz.

brenda-romeros-train-board-game-will-make-you-ponder-the-holocacDo0hz

L’émotion-clé que Romera a voulu que les joueurs ressentent est la complicité: « People blindly follow rules, » les gens suivent bêtement les règles. “Will they blindly follow rules that come out of a Nazi typewriter?”

Une fois que les joueurs ont compris de quoi il s’agissait, ils peuvent ensuite décider de la suite du jeu: vont-ils continuer à envoyer les pions dans les camps de concentration, ou essayer de les sauver, d’une manière ou d’une autre?

Bien sûr, Train est plus un support pour étudier le game design, il ne sera JAMAIS vendu sur Philibert ou présenté à Essen. Le but ici n’est PAS de jouer sur / dans / avec l’Holocauste mais bien de comprendre que les règles du jeu, les mécanismes, pouvaient susciter des émotions.
Si le cinéma, la peinture, la littérature parviennent bien à créer des émotions, qu’en est-il des jeux? Avec Train, la réponse est claire. Depuis 2009, l’auteure fait tourner son jeu dans les conférences de game design et les expériences sont à chaque fois différentes et fortes.
Voici plusieurs vidéos de Brenda dans lesquelles elle parle de game design et d’émotions.

3 Comments

  1. Secouer les émotions avec un thème racoleur? un peu facile.
    Il est clair que cela peut générer des réactions de tout genre, pour moi, biaisées à la base, car c’est un jeu, et le jeu permet d’être quelqu’un d’autre.
    Dans le genre soi et sa conscience, la référence (même si elle est plus basée sur l’obéissance dans le postulat de départ) reste l ‘expérience de Milgram, où l’on traite avec de l’humain, pas du pion en bois.
    enfin….chacun son shoah 🙂

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s